> Bernard Buffet (Illustrateur)

ISBN : 2234063671
Éditeur : Stock (2009)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
" En été 1957, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédané de la morphine appelé le " 875 " (palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 août 2011

    brigittelascombe
    "Je me suis habituée peu à peu à l'idée de la mort comme à une idée plate,une solution comme une autre si cette maladie ne s'arrange pas".
    Voici les mots qu'écrit Françoise Sagan, intoxiquée au palfium en1957, dans Toxique,le journal écrit durant sa cure de ...désintoxication.
    Droguée,elle est droguée, en état de manque et pour émerger de cette déchéance elle attend chaque jour la douleur de "la bête en elle" qui réclame son du, une ampoule salvatrice pour tenir le coup.
    Des mots s'alignent au jour le jour, dépendance,dépression,angoisse,demande d'aide,sacrifices,souffrance alors que le personnel soignant curieux s'affaire et que sa bande de joyeux drilles, compagnons de bringues alcoolisées l'entoure de signes amicaux.
    Un témoignage poignant utile aux drogués, un portrait émouvant de cette écrivain à l'oeuvre abondante entre romans(Bonjour tristesse prix des critiques 1954),essais et pièces qui plongée dans d'innombrables lectures au fond de son lit, pioche l'espérance violente chez Appolinaire, le merveilleux de la pluie chez Carco et les enfants en deuil chez Rimbaud pour quêter une possible guérison et écriture personnelle.
    Ce que j'ai vraiment aimé dans ce livre c'est la symbiose parfaite entre les émotions ressenties par Françoise Sagan hospitalisée et les illustrations de Bernard Buffet (sur la maladie personnifiée) en lame de couteau,hachures,griffures en noir et blanc, la schizophrénie latente fort bien rendue par de maigres femmes en souffrance ou des décors de chambre d'hopital austère, le tout accompagné des mots de Sagan que le peintre écrit lui même de son écriture anguleuse,agressive,dure,pâteuse, à moins que ce ne soit le numéro de la chambre 815 qui exprime sa propre sensibilité perdue momentanément à travers l'artiste qu'il est lui !
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    • Livres 4.00/5
    Par Tampopo, le 19 février 2011

    Tampopo
    Françoise Sagan écrit "Toxique" en 1957, alors qu'elle n'a que 22 ans et déjà deux succès éditoriaux à son actif dont "Bonjour tristesse", publié en 1953. Avec "Toxique", la jeune Françoise Sagan lève un tabou, celui de la toxicomanie.
    Considéré comme subversif, le manuscrit restera dans les tiroirs de son éditeur jusqu'en 1964. L'auteur y raconte sans détour et avec une lucidité déconcertante pour son jeune âge, les affres de l'addiction médicamenteuse.
    À la manière d'un journal intime, l'auteur décrit le processus lent et douloureux qui la conduit jour après jour sur le chemin de la désintoxication.
    Par son sujet, la toxicomanie, et par son style, à la fois poétique et incisif, ce texte reste d'une grande modernité. "Toxique" est un texte prodigieusement bien écrit dans lequel l'auteur parvient à éviter deux écueils : la moralisation et l'autoflagellation.
    Il ne s'agit ni un déballage intime ni d'un acte de contrition mais bien d'un témoignage littéraire et pudique sur une parenthèse douloureuse dans la vie de l'écrivain. Il serait tentant d'y voir, a posteriori, les prémices d'une tendance lourde à l'addiction chez Sagan. Je suis trop jeune pour me rappeler de « Sagan l'icône people » et c'est tant mieux !
    J'ai lu ce texte court d'une seule traite, émue par ce que "Toxique" nous dit de ce "pays" de l'adolescence, si proche et si loin, entre appétit de vivre et mélancolie profonde.
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    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 04 février 2011

    Zazette97
    Publié en 1964 et réédité en 2009, "Toxique" est, comme son titre le laisse deviner, le journal tenu par Françoise Sagan lors d'une cure de désintoxication.
    En 1957, l'écrivaine alors âgée de 22 ans a le vent en poupe. Ses deux premiers romans, "Bonjour tristesse" et "Un certain sourire", connaissent un succès retentissant.
    Mais un tragique événement vient noircir ce joli tableau. Victime d'un grave accident de voiture qui la force à rester alitée durant plusieurs mois, Françoise Sagan a recours au Palfium 875, un dérivé de la morphine administré par les médecins pour diminuer les douleurs.
    L'accoutumance au produit est telle que l'écrivaine est transférée dans une clinique de désintoxication où elle séjournera une semaine, le temps de rédiger ce journal.
    Françoise Sagan avait seulement 22 ans lorsqu'elle rédigea ce journal. Savait-elle déjà, à ce moment-là, que sa dépendance à la drogue la poursuivrait toute sa vie?
    Une chose est sûre, la femme qui tient ce journal a peur. Peur d'elle-même, peur de ne pas pouvoir tenir le coup, peur de la solitude.
    Durant une semaine, elle déambule dans les couloirs de la clinique à l'image d'un animal en cage, regrettant sa liberté passée.
    Elle sait que les nuits parisiennes, l'alcool, la drogue, les excès de vitesse lui sont aussi nécessaires que dangereux. Avait-elle besoin de se sentir au plus près de la mort, de se mettre constamment en danger pour pouvoir apprécier la vie?
    Pour échapper à l'ennui comme à cette sensation prégnante d'étouffement, elle lit Apollinaire, Céline, Chateaubriand, Rimbaud, Proust, Michelet.
    En proie aux insomnies comme au manque de concentration induits par le manque, elle détaille la nature, les autres patients et s'observe à travers eux.
    "Toxique" n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un ouvrage exhaustif sur les affres de la dépendance mais il apparaît surtout comme un témoignage qui permet de mieux saisir la personnalité torturée de Françoise Sagan et l'univers tumultueux dans lequel s'inscrivent à la fois sa vie et son oeuvre.
    A la fois fragile, déraisonnable mais extrêmement lucide, Sagan ne tient pas en place. Si chacune de ses pensées se veut concise, s'envolant rapidement pour céder la place à une autre, les illustrations de Bernard Buffet caractérisées par un trait de crayon appuyé et des formes rudes ajoutent à la détresse de cette femme confrontée à elle-même.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/01/toxique-francoise-sagan.html
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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    InColdBlog
    Grâce à la ténacité de Denis Westhoff, fils unique de Sagan, Stock vient de publier Toxique, le journal que l'écrivain a tenu pendant les trois mois de sa cure de désintox en 1957.
    Annoncé un peu abusivement comme “inédit”, Toxique avait déjà été publié en 1964. Mais par peur du scandale, le tirage avait été volontairement limité. Dans les années 60, quel que soit son milieu social, séjours en clinique privée pour y subir désintox, lifting ou avortement étaient soigneusement passés sous silence. Les people n'existaient pas encore, et n'allaient pas en réhab comme d'autres vont en thalasso.
    En 1957, au volant de son Aston Martin, le « charmant petit monstre » avide de vitesse et de sensations fortes est victime d'un très grave accident qui a failli lui coûter la vie. Pour soulager sa douleur, les médecins lui administrent un dérivé morphinique qui la rendra dépendante et lui vaudra un passage en clinique.
    Pour tuer son ennui, Sagan lit, beaucoup. Rimbaud, Apollinaire, Proust, Céline, Michelet… Elle écrit aussi, dans ce journal, où elle exprime ses souffrances.
    Elle qui dévore la vie à pleines dents, jusqu'à l'excès, se retrouve seule face à elle-même et face à ses angoisses. D'ordinaire constamment entourée de ses amis, la fameuse “bande à Sagan”, elle dit son horreur de la solitude.
    Elle maudit la déchéance. Et alors qu'on lui impose la modération, elle se montre impatiente de traverser à nouveau les rues de Paris au volant d'un de ses petits bolides, de retrouver le chemin des boîtes de nuit.
    Ce qui frappe d'emblée dans ce court texte, c'est l'extraordinaire lucidité dont fait preuve cette jeune fille de 22 ans qu'était Sagan à l'époque.
    Sous ses dehors désinvoltes, elle évoque des petites choses futiles de son internement mais aussi de sujets aussi graves que la mort .
    Dans ce journal, elle fait preuve d'un détachement vis-à-vis d'elle-même qui frise parfois le manque de confiance en soi, et même d'estime de soi. Comme pour minimiser son propos, par pudeur ou par élégance vis-à-vis de son auditoire, elle use souvent d'adverbes comme « assez », « plutôt », « un peu ». Jamais elle ne se prend au sérieux, se moque parfois d'elle-même.

    Chaque page est illustrée de dessins à l'encre de chine que Bernard Buffet a réalisés spécialement pour le texte de Sagan. le mariage réussi des dessins aux traits anguleux de Buffet, qui renforcent l'impact du texte de Sagan en amplifiant sa violence retenue, donne à Toxique des allures de livre d'art.
    A propos de ces dessins, il est amusant de noter qu'une fois encore, Sagan va être, malgré elle, à l'origine d'un mini scandale : à cause des dessins de corps nus, iTune a refusé Toxique.
    Pour que le livre soit malgré tout disponible sur la plateforme Apple, l'éditeur de la version numérique a dû recourir à un stratagème en proposant une version expurgée qui évite soigneusement “le corps du délit”.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2010/01/18/Stup%C3%A9fiante-Sagan
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    • Livres 4.00/5
    Par Mamzelle, le 01 février 2011

    Mamzelle
    Dans la liste proposée par la dernière édition de Masse Critique, j'ai tourné, viré et tergiversé avant de me dire que je ferais bien une pause dans la littérature actuelle, dans les rentrées litté et autres actus chaudes. Repartir dans les écrits de mes premiers coups de coeur, voilà de quoi j'avais envie.
    Ma lecture de "Bonjour tristesse" date un peu mais c'est avec un vrai plaisir que j'ai retrouvé Françoise Sagan dans "Toxique", très efficacement illustré par Bernard Buffet.

    "Toxique" est le journal qu'a tenu Françoise Sagan à l'été 1957, alors qu'elle venait d'avoir un accident de voiture dont les séquelles l'obligeaient à prendre quotidiennement un dérivé de morphine, le palfium, appelé "875". Devenue dépendante, l'écrivain a fait un séjour dans une clinique spécialisée.
    C'est durant le laps de temps qu'elle a écrit "Toxique", même si elle serait restée sous influence du 875 encore quelques années après.
    Ce petit livre, qui se lit très vite, est un vrai journal: Françoise Sagan y jette des mots, des phrases, ses pensées, son quotidien, ses lectures, les visites qu'elle reçoit et sa frustration d'être enfermée. le tout sous morphine, ce 875 dont elle parle avec affection en évoquant "ces petites ampoules écrites en bleu, ces petites ampoules qui avaient l'air si sage et qui l'étaient si peu".
    C'est de désintoxication que "Toxique" est sensé nous parler, c'est de sa vie dont Françoise Sagan nous parle.
    De son amour de la littérature, de ses envies d'écrire mais de son incapacité à réfléchir plus loin qu'un début, de ses nuits alcoolisées dans le Paris de la fin des années 50, de sa lutte contre son propre corps, de cette hérésie qui fait qu'elle doit souffrir si elle veut être libre, de la simplicité avec laquelle toutes ses douleurs s'en vont en un appel à l'infirmière, de la honte de sa lâcheté, de ses envies d'après, de ses petites victoires "Une demi-ampoule. Nous arrivons. Je ne me sens pas trop mal.", de sa lucidité sur son état "Ses monstres ne sont pas les miens, ainsi se justifie à mes yeux l'Océan Atlantique. Je ne comprend pas grand-chose à cette dernière phrase".
    Les illustrations de Bernard Buffet sont un complément efficace. A coup de grands traits vifs, épais, noirs, il met en exergue l'état et les pensées de Sagan, dessinant certains passages, écrivant certains mots du même trait nerveux, faisant émerger sur les pages des corps nus allongés, alités, lassés, des croquis parfois dérangeants.
    Petit livre sans prétention donc, à ne pas lire sans avoir quelques connaissances de la vie de Sagan (sous peine de ne pas tout resituer dans son contexte) mais qui, comme les autres livres de l'auteur, a le mérite de figurer au palmarès de la littérature française.
    ------------------------------------------------
    "Toxique", Françoise Sagan
    Paru le 5 Janvier 2011 au Livre de Poche

    Lien : http://lesplumesdaudrey.fr/2011/01/17/toxique-francoise-sagan/
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 04 février 2011

    Mais il me semble que, désormais, mes seuls rapports heureux avec moi-même, en dehors des autres êtres et des quelques moments d'exaltation ou de bien-être physique que la nature procure, ne pourront être que littéraires.
    Ainsi donc les écrivains tomberaient dans le même piège que les comptables, les industriels et autres abrutis de travail.
    Pour se retrouver plus tard en proie à quelle solitude inactive : ça donne le frisson.
    Je comprends que M. et autres s'obstinent à bégayer dans les revues de tourisme.
    Car enfin, quand on a plus personne à embrasser, et que la solitude équivaut à un travail que personne ne vous demande plus, la vie doit être triste.
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  • Par claracambry, le 25 mars 2010

    En été 1957, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédané de la morphine appelé "875" (palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal que j'ai retrouvé l'autre jour
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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    A l’aube.
    J’ai dû aller chercher l’infirmière en bas. Je me suis retrouvée assise sur les marches de l’escalier, effondrée, lui répétant d’une voix que je sentais enfantine qu’il y avait plus de six heures que… En remontant avec elle, j’ai eu le sentiment de ce que pouvait être le sentiment de la déchéance.
    Finalement, elle a consulté l’infirmière chef (très bien) et me l’a donnée (l’ampoule). Mais je ne veux plus être ainsi martyrisée puisque l’on peut faire autrement. La souffrance me diminue. Et me fait peur.
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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    Le cœur me bat, comme on dit. J’essaye désespérément de ne pas tricher mais il suffit d’y penser pour que ça commence. La seule solution est d’attendre que ce soit vraiment douloureux. Et non pas prodigieusement énervant comme maintenant. Je m’épie : je suis une bête qui épie une autre bête, au fond de moi.
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  • Par Hebephrenie, le 05 juillet 2010

    Première position "à l'aise" sans doute depuis que je suis dans cette chambre où toutes mes attitudes sont de fuite, ou bien, sur mon lit, de refuge.
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Vidéo de Françoise Sagan

Des bleus à l’âme de Françoise Sagan Lu par Sylvie Testud Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...








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