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ISBN : 2266127748
Éditeur : Pocket (2007)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.56/5 (sur 1256 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La villa est magnifique, l'été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l'amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance.... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Iansougourmer, le 15 mars 2014

    Iansougourmer
    Je vois que ce livre a déjà été amplement commenté, et certaines critiques me paraissent très bonnes. Je vais donc me permettre d'être un peu fantasque et de livrer pèle mêle mes réflexions et impressions à propos de ce livre.
    Tout d'abord, je pense que ce livre doit être lu quand ces conditions sont réunies :
    1 – en été, au bord de la mer et sous une chaleur écrasante
    2- mettez vous dans l'ambiance en écoutant juste avant d'entamer votre lecture pull bleu marine d'Isabelle Adjani
    3- lisez le d'un trait la première fois, puis traînez pendant la deuxième lecture
    Pour moi qui lit rarement de la littérature française, il faut vraiment que le livre me plaise pour m'arracher à ma littérature japonaise. Mais certains livres attirent de manière irrésistible, et tel est le cas de Bonjour tristesse.
    Il y a d'abord la personnalité de Françoise Sagan. Qui n'a pas en tête l'image de cette femme mondaine, un peu dédaigneuse et lapidaire ? Alors on a envie de voir si cette femme qui paraît si brillante a mérité notre estime, et le premier réflexe afin de se faire une idée sur la question est d'ouvrir son œuvre la plus connue, son roman précoce qui fit tant de bruit, Bonjour tristesse.
    Ce titre est intriguant, un peu théâtral, doux amer et un peu elliptique. N'a t-on pas envie de savoir ce qu'est cette tristesse ? Et quand je vois que ce titre est tiré d'un poème de Paul Eluard, un de mes poètes préférés, je ne peux plus résister et j'ouvre le livre.
    Il y a quelque chose de paradoxal dans ce livre.
    On sent les sentiments négatifs envahir la jeune femme qui est le personnage principal, cette tension rampante qui menace d'exploser, et surtout le lecteur acquiert la certitude que ce récit ne pourra pas avoir de dénouement heureux. Or, en dépit de ce pessimisme diffus, ce livre conserve une vitalité étonnante qui empêche ce roman d'être uniquement un récit sombre. L'été, le caractère jeune et inconstant de la jeune Cécile et l'ambiance de la côte d'Azur empêchent de tomber dans la morosité. C'est avec grand talent que Françoise Sagan tempère cette tension dramatique par un certain épicurisme forcé qui menace constamment de se transformer en refuge contre la gravité et un futur jugé oppressant.
    Car ce livre c'est aussi l'opposition de deux femmes très symboliques. Il y a Anne qui incarne ces femmes bourgeoises un peu mûres pour qui le contrôle de soi même et de leur univers est essentiel, et manifestent donc du dédain pour tout élan violent et choses triviales.
    En face d'elle, il y a Cécile, qui représente ces nouveaux riches bohèmes qui se donnent un genre en paradant en société, en refusant les conventions bourgeoises de bon goût et de mesure, en voulant mener une vie oisive.
    C'est aussi la confrontation entre ces deux classes aisées que met en scène Françoise Sagan dans ce roman.
    Une confrontation qui se traduit par une tension psychologique oppressante.
    Le personnage de Cécile me rappelle exactement le personnage qu'incarne James Dean dans A l'est d' Eden, en ce sens que ce sont deux jeunes personnes assez belles et intelligentes qui n'ont pas de soucis matériels mais qui sont comme beaucoup de jeunes mal à l'aise dans le cadre familial. Rien n'explique cette fureur de vivre qu'ils ont entre eux, cette impossibilité qu'ils ont de se plier à une vie banale et rangée. Alors ils sont en colère, rejettent cette colère aigre qu'ils ont en eux et deviennent mauvais. Ils sont lucides du fait que cette colère n'a pas de motif, mais pourtant ils ne peuvent pas s'empêcher de l'éprouver et de s'y plonger avec une sombre griserie et de commettre leurs actes mauvais. Ils vont dégriser trop tard pour que les conséquences de ce qu'ils ont fait ne soient pas graves...
    C'est ainsi une forme de banalité du mal que Sagan nous expose, ce mal que l'on développe comme un jeu pour tromper la lassitude, nier sa propre banalité en se créant un rôle de manipulateur.
    En face de Cécile, Anne et le père de Cécile. de père, peu à dire sinon qu'il représente la banale médiocrité du parvenu sans scrupules, d'une bonne humeur qui masque mal un profond égoïsme.
    Et puis il y a Anne ! Anne, un prénom qui n 'évoque rien sinon la multiplicité des femmes qui ont porté ce prénom. Anne est bourgeoise, mais pas une petite bourgeoise à la Chabrol. Non , Anne c'est cette grande bourgeoisie, avec ces sourires énigmatiques, son rejet du fantasque comme du vulgaire,ce sérieux en toutes circonstances, cette ironie distanciée....
    Mais Anne c'est aussi LA femme. Pas la jeune fille un peu tête brûlée comme Cécile, mais ce type de femme au sommet, juste avant le déclin, toute en séduction , suggestion et beauté froide.
    Anne n'a qu'un seul défaut, cette perfection trop froide, qui rend jalouse Cécile, qui en fait un complexe d'infériorité maladif dans le chaleur de la côte d'azur ou tout n'incite qu'à la séduction....
    Mais finalement, Anne n'est qu'une femme, exceptionnelle, mais femme. Une femme seule qui s'accommoderait bien du père de Cécile, domestiqué et embourgeoisé. Comment cette femme brillante et déterminée pourrait elle échouer ? Tout sourit trop à Anne. Et Sagan punit cette réussite insolente par le petit objet pusillanime qu'est Cécile, qui remet Anne à sa condition de femme vulnérable qu'Anne semblait ne pas pouvoir être. Et le lecteur, amer, voit sortir Anne de scène comme elle y était entrée, avec ce charisme silencieux, et reste avec Cécile, honteuse et même pas grandie pas le résultat de son cruel jeu puéril. 
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    • Livres 4.00/5
    Par finitysend, le 06 janvier 2013

    finitysend
    C'est mon premier roman de littérature générale , le premier que j'ai choisi de lire du moins .
    Et il m'a marqué à cause des paradoxes , des ambiguïtés , des affects intenses qu'il mobilise .
    Les personnages sont d'une remarquable présence et ils sont placés sous le signe de l'ambiguïté d'affects réalistes et denses , superbement argumentés et solidement étayés .
    Des paradoxes à chaque page : soleil , tristesse / amour , mépris /bonheur , jalousie / douceur aigre-douce / violence feutrée , affection /compagnie , solitude / argent facile , manque ...
    Toute cette richesse d'étude de la nature humaine est suggérée par l'allusion , soutenue par des phrases courtes , et animée par des personnages terriblement existants alors que peu décris physiquement .
    Alors l'imagination s'enflamme et la peinture morale s'anime ..
    Un roman court , triste et à la mélancolie agréablement pénible , desesperante de crédibilité et de réalisme palpable .
    Une leçon par l'exemple peut-être ?!
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 06 janvier 2013

    marina53
    Cécile, son père, Raymond et Elsa, sa compagne, ont loué pour l'été une villa sur les hauteurs de St Tropez. Cécile ne connait de l'amour que les baisers furtifs. Elle entretient une relation fusionnelle avec son papa, surtout depuis qu'elle a quitté le pensionnat. Elsa, la dernière conquête en date, jeune et mondaine, vient troubler cette connivence et leur mode de vie, fait de soirées et de moments distrayants. Malgré tout, l'été s'annonce radieux. Mais, c'était sans compter sur l'intrusion soudaine d'Anne, une amie de Raymond, qui vient également passer ses vacances avec eux. Plus âgée et plus ancrée dans la vie, elle jette son dévolu sur ce dernier et celui-ci ne tarde pas à succomber à ses atouts. Mais, Cécile voit d'un très mauvais oeil cette nouvelle relation, d'autant plus qu'elle-même rencontre Cyril, une jeune homme de 26 ans qui devient rapidement son amant... L'été s'annonce torride...
    Malgré sa date de parution et le jeune âge de Françoise Sagan au moment de ces écrits, ce roman reste encore d'actualité et j'ai trouvé son écriture très moderne. Avec des phrases courtes, une certaine poésie, le style de Sagan est incontournable, remarquable et singulier. C'est un roman sincère et plein de vie qui aborde des thèmes universels tels que l'amour et la jeunesse. Il est d'une grande justesse et plein de fraîcheur.
    Bonjour Tristesse, enchanteresse hardiesse de la jeunesse...
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    • Livres 3.00/5
    Par Rouletabille, le 24 juillet 2013

    Rouletabille
    J'avais adoré le film avec Sylvie Testud dans le rôle de Sagan. Mais avec ce livre "culte", je reste un peu sur ma faim. Certes il faut le replacer dans son contexte post seconde guerre mondiale.
    Pour autant je m'attendais à quelque chose de beaucoup mais alors beaucoup plus "scandaleux" vu tout ce que j'ai pu entendre et lire sur ce bouquin. Je vois pas en quoi il est plus remuant pour la société de l'époque que certains grands classiques du XIXe siècle.
    Au contraire ce livre fait preuve d'une belle finesse, l'antagonisme entre nos pulsions, nos sombres idées et nos remords est décrit avec conviction par Sagan. J'ai jamais eût le sentiment que l'auteur fasse l'apologie de je ne sais quelle doctrine prônant la décadence, la manipulation, le mensonge, la transgression. Au contraire, Sagan nuance immédiatement en invoquant les regrets, les interrogations de son héroïne Cécile.
    La vraie prouesse est d'avoir écrit cette histoire à 18 ans. C'est surtout pour cela que je mets un 3. Sinon l'histoire en elle même ne m'a pas vraiment emportée bien qu'il soit agréable de trouver dans les premières pages surtout tout le vocabulaire du soleil, de la chaleur, de trouver quelques bonnes phrases comme "son indifférences la protège de mille petites choses sordides, c'est un gage d'intelligence", "il est tellement facile de suivre mes impulsions et de me repentir ensuite".
    Mais bon je vois pas ce qu'il y a de si choquant dans ces pages même en essayant de me placer en 1954. En 1954 la littérature avait déjà connue bien plus sulfureux !
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    • Livres 4.00/5
    Par Tempuslegendae, le 12 décembre 2012

    Tempuslegendae
    «Bonjour Tristesse» fut le premier roman de Françoise SAGAN. Sur un fond d'amour insouciant, l'auteure nous fait un récit sublime du dernier été adolescent de Cécile.
    « Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.»
    Dans un souci permanent de protéger l'histoire, au point de ne jamais dévoiler par simple maladresse le moindre soupçon que peut contenir une intrigue, je préfère privilégier l'œuvre en l'approchant au mieux de son auteur.
    Françoise Quoirez, alias SAGAN est une romancière hors du commun, vous pouvez le croire.
    D'ordinaire, ses Romans se limitent aux figures du trio et du couple. Sur fond de solitude, «l'étonnant cadeau» d'un amour à la fois interdit et fou jette l'un contre l'autre les héros saganiens. Alors, comme souvent dans tout rêve romanesque, c'est la fête secrète, sacrèe, sacrilège; Cécile doit son indépendance à l'indulgence complice de son père, tout comme Lucile (dans La Chamade) est redevable de la générosité d'un amant quelque peu fané.
    Bref, il n'existe aucun immobilisme dans l'univers de Françoise SAGAN, son talent n'a rien de répétitif.
    Dans cette primeur synonyme de foudroyante réussite littéraire, nous découvrons un pastiche qui demeurera classique à l'auteure; son écriture évoquera la transparence d'un Radiguet. La brièveté de ses ouvrages la modestie d'une écrivaine consciente de ses limites, prudente, mais dont la suprême ambition demeure d'écrire un grand livre. Rien n'est incompatible.
    Du moins fait-elle entendre une voix originale et envoutante où tremble une émotion que d'heureuses métaphores libèrent en un éclair: la solitude, «une soie énervante et douce».
    Effectivement, Françoise SAGAN porte avec élégance le masque de la désinvolture, mais derrière celui-ci s'affiche un être humain, qui lui a du mal à se dissimuler.
    On se souvient d'une phrase curieusement belle, écrite par Paul VALERY:
    « Une manière d'Ange était assis sur le bord d'une fontaine. Il s'y mirait et se voyait Homme et en larmes et il s'étonnait à l'extrême de s'apparaître dans l'onde nue cette proie d'une tristesse infinie.»
    «Bonjour Tristesse» a été écrit en 1954, et ce roman ne possède aucune poussière dans l'âme.
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 05 juillet 2010

    Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte alors que la tristesse m'a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l'ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd'hui, quelques chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.
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  • Par marina53, le 04 janvier 2013

    Adieu tristesse
    Bonjour tristesse
    Tu es inscrite dans les lignes du plafond
    Tu es inscrite dans les yeux que j'aime
    Tu n'es pas tout à fait la misère
    Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
    Par un sourire
    Bonjour tristesse
    Amour des corps aimables
    Puissance de l'amour
    Dont l'amabilité surgit
    Comme un monstre sans corps
    Tête désappointée
    Tristesse beau visage

    Paul Eluard
    La vie immédiate
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  • Par kathy, le 20 janvier 2012

    La liberté de mes souvenirs à partir de ce moment m'étonne. J'acquérais une conscience plus attentive des autres, de moi-même. La spontanéité, un égoïsme facile avaient toujours été pour moi un luxe naturel. J'avais toujours vécu. Or, voici que ces quelques jours m'avaient assez troublée pour que je sois amenée à réfléchir, à me regarder vivre. Je passais par toutes les affres de l'introspection sans, pour cela, me réconcilier avec moi-même. "Ce sentiment, pensais-je, ce sentiment à l'égard d'Anne est bête et pauvre, comme ce désir de la séparer de mon père est féroce". Mais, après tout, pourquoi me juger ainsi? Etant simplement moi, n'étais-je pas libre d'éprouver ce qui arrivait. Pour le première fois de ma vie, ce "moi" semblait se partager et la découverte d'une telle dualité m'étonnait prodigieusement. Je trouvais de bonnes excuses, je me les murmurais à moi-même, me jugeant sincère, et brusquement un autre "moi" surgissait qui s'inscrivait en faux contre mes propres arguments, me criant que je m'abusais moi-même, bien qu'ils eussent toutes les apparences de la vérité. Mais n'était-ce pas, en fait, cet autre qui me trompait? Cette lucidité n'était-elle pas la pire des erreurs? Je me débatais des heures entières dans ma chambre pour savoir si la crainte, l'hostilité que m'inspirait Anne à présent se justifiaient ou si je n'étais qu'une petite jeune fille égoïste et gâtée en veine de fausse indépendance.
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  • Par Madimado, le 13 janvier 2011

    La liberté de penser, et de mal penser et de penser peu, la liberté de choisir moi-même ma vie, de me choisir moi-même. Je ne peux pas dire « d’être moi-même » puisque je n’étais rien qu’une pâte modelable, mais celle de refuser les moules.

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  • Par Sachenka, le 21 août 2012

    "Vous vous faites de l'amour une idée un peu simpliste. Ce n'est pas une suite de sensations indépendantes les unes des autres..."
    Je pensais que toutes mes amours avaient été ainsi. Une émotion subite devant un visage, un geste, sous un baiser... Des instants épanouis, sans cohérence, c'était tout le souvenir que j'en avais.
    "C'est autre chose, disait Anne. Il y a la tendresse constante, la douceur, le manque... Des choses que vous ne pouvez pas comprendre."
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