> Claude Demanuelli (Traducteur)

ISBN : 2070428184
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Feu d'artifice. Feu littéraire, feu de joie ou de tristesse, feu de plume bien trempée. Feu le "faux roman" et vive Zadie Smith ! Cette jeune auteur anglaise qui fait paraître en France Sourires de Loup, son premier roman, a tout d'un auteur de génie et son livre d'un r... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    jcfvc
    Cette jeune auteure d'origine jamaicaine et anglaise obtint un succès immédiat pour ce premier roman, écrit à 25 ans seulement. Les droits du livres furent même achetés avant même qu'il soit terminé, à un éditeur ayant lu les cent premières pages seulement lors de la foire du livre à Francfort.t
    C'est un roman foisonnant, à l'écriture baroque et flamboyante, s'inscrivant dans la tradition du grand roman anglais, de Fielding aux "Enfants de minuit" de Salman Rushdie, en passant par Dickens, rendant compte de la cociété anglaise en mutation, de ses crises, de la diversité des ses communautés et de son caraxtère multi-ethnique et multi culturel. Un livre cependant très profondément "british" par son humour décapant. et dévastateur, se moquant tout à la fois de la classe moyenne cultivée, des petits blancs racistes de la classe ouvrière, des "racailles" de banlieue totalement ignorantes de leur culture d'origine mais revendiquant cependant des racines qui leur sont totalement étrangères et inconnues. La langue est celle de la rue, totalement baroque et flamboyante elle aussi, un anglais en pleine mutation, sabir de cockney de la classe ouvrière, d'anglais standard de la télé et de la pub et de "pidgin" post-moderne. (petit nègre des banlieues, des minorités jamaicaines et indo pakistanaises) Je serais d'ailleurs curieux de lire ce roman également dans la traduction française pour voir comment cette énergie linguistique, ce mélange des genres et de styles a été adapté par le traducteur.
    Les héros en sont un cockney de base inculte et un indien originaire du Bengale, possédant un vernis de culture, attaché à ses racines, voulant pour ses deux fils une éducation de bons musulmans, qui ne pouvant payer deux billets d'avions, envoie, contre l'avis de sa femme, et de son entourage, l'un de ses deux rejetons au Bengale afin de le protéger contre la corruption et les vices occidentaux,. Les deux compères ont fait la 2ème guerre mondiale ensemble, gonflent tout le monde et leur famille en particulier en rabâchant leurs souvenirs militaires pas très glorieux, et pour ce qui concerne le bengali, les exploits (très improbables et contestés) d'un ancêtre qui aurait le premier mené une rebellion contre l'envahisseur anglais. Il sont tous les deux épousé sur le tard des femmes beaucoup plus jeunes et leur ont fait des enfants qui sont à l'image des adolescents actuels issus des minorités : le fils resté en angleterre du Pakistanais est un petit délinquant, leader charismatique d'une petite bande qui sera sensible aux fatwas prononcées par les barbus fondamentalistes de Bradford et ira brûler le livre d'un écrivain ayant "blasphémé" contre l'islam, et qui en profitera pour piller quelques magasins et agresser quelques passants "infidèles". le frère de cette petite frappe néanmoins sympathique, celui qui fut exilé d'autorité par le père vers l'Inde, fait des études de droit. C'est l'intello, la fierté de son père, qui en fait ne sait pas très bien ce qu'il devient là-bas et dont on peut douter, eu égard à sa rationalité et à son désir de modernisation de la société indienne, qu'il devienne ce que son père a imaginé pour lui en l'exilant dans le sous-continent. Je ne puis vous dire ce qu'il devient, étant en train de teminer le bouquin et désireux de toutes façons de ne pas dévoiler la suite afin de vous donner l'envie de découvrir lle destin des personnages par vous-mêmes. Autres personnages savoureux de cette fable sociale, inscrite totalement dans l'histoire et la société actuelle du Royaume Uni, contrairement à une certaine littérature française trop souvent déconnectée du réel, digne du Tom Jones de Fielding ou de Dickens :
    - La mère des deux enfants de l'Indien, mariée à cet homme plus vieux qu'elle et ramenée par lui en angleterre, est tout à fait intégrée, apprécie la modernité et le confort de l'occident, est hostile aux véléités fondamentalistes de son époux et cependant attachée à ce que ses enfants ne perdent pas leurs racines.
    - Sa nièce, lesbienne totalement impie, menant une vie "honteuse" pour sa tante, qui ne l'excommunie toutefois pas et lui demande souvent son avis pour l'éducation de ses propres enfants et dans la façon de gérer son couple.
    - La fille du cokney, de mère jamaicaine, amoureuse du fils délinquant du Bengali et désireuse de s'intégrer, fréquentant assidument la maison d'un couple d'intellectuels d'origine juive mais identifiés comme étant anglais pur sang
    Les deux géniteurs de cette descendance bigarrée sont les meilleurs amis du monde, fréquentent le même pub tenu par un pakistanais à l'idéologie plus british-de-base-que-lui-tu-meurs, se bourrent la gueule régulièrement dans ce boui boui en ressassant leurs souvenirs de guerre et en débitant des brèves de comptoir savoureuses avec les autres clients, le pakistanais, faisant rigoler tout le monde avec son ancètre soi-disant anticolonialiste et sa prétention à se purifier et à se comporter dans un avenir incertain comme un bon musulman.
    Le roman est vraiment excellent. Il s'inscrit, par son humour dévastateur et son ancrage dans les réalités économiques, culturelles et social de la Grande Bretagne qu'il décrit, dans la tradition du grand roman anglais, aux antipodes d'une littérature française trop souvent déconnectée du monde réel.
    Sans dévoiler la fin de l'intrigue, disons, pour faire court et simpliste et si j'ai bien compris le message de cette fable baroque flamboyante :
    - que la classe ouvrière britannique est confrontée à une situation inédite, celle d'une immigration de masse qui a transformé en profondeur le Royaume uni, dont les populations bigarrées apprennent malgré tout à répondre avec humour aux défis de l'Histoire (avec un grand H). Archibald Jones, personnage représentatif et plus-typiquement-anglais-que-lui-tu--meurs, n'est pas un raciste de base. Il a épousé une jamaicaine, est resté le meilleur ami de son compagnon d'infortune et de guerre (un Bengali bien intégré mais islamiste sur les bords). Cette classe ouvrière donc, malgré le racisme ordinaire d'une partie de la société, également dénoncé par la romancière, est profondément tolérante.
    - Que cette classe ouvrière britannique, bien que n'adhérant pas au fondamentalisme de certains membres des communautés musulmanes dont elle partage l'existence quotidienne, pressent confusément une communauté d'intérets et de destin envers ces "étrangers" qu'elle côtoie dans les quartiers et à l'école, ceci malgré un fond d'intolérance ethnocentriste indélébile.
    .- que cette classe ouvrière adhère cependant obscurément, par simple bon sens, aux valeurs rationelles de l'occident, auxquelles elle ne comprend pas grand chose et qu'elle ne pratique pas dans sa vie de tous les jours, lesquelles valeurs ont permis à l'Europe de conquérir le monde mais sont en train de déboucher sur une fuite en avant technologique d'apprentis sorciers risquant de détruire le monde.
    - Sur ce dernier point, la dénonciation de la rationalité occidentale qui présenteraitt un danger pour la survie de l'espèce et la suprématie occidentale, je ne suis d'ailleurs pas certain que la romancière adhère aux pulsions anti-scientifiques post-modernes et qu'elle ne se rallie pas, en fin de compte, derrière la bannière de la recherche scientifique, tant est féroce sa charge contre les sectes fondamentalistes islamistes, chrétiennes et anti vivisection - toutes farouches adversaires de la société occidentale et convergeant, malgré le gouffre idélologique qui les séparent et pour des raisons diamétralment opposées, dans une haine aveugle contre : le père, le colonisateur, la chair et la révolution sexuelle.
    - Que cette classe ouvrière, ou plutôt ces "masses déracinées par le capitalisme", privées de leur solidarités traditionnelles comme le dirait Arendt bien mieux que moi, semblent prendre fait et cause, à un instant crucial de la narration, contre la rationalité arrogante de l'intelligentsia qui leur promet un futur radieux grâce à la science et au progrès. En fin de compte, ces masses déboussoulées ne parviennent pas à prendre une décision, s'en remettent au hasard, à leur maktoub cockney et se font finalement "baiser" par cette bourgeoisie qu'elles soutiennent malgré tout et en dernière instance contre leurs "intérêts objectifs de classe". Je suis désolé d'avoir recours à une vulgate marxiste assez impropre à rendre compte de la tonalité du livre et de son message socilogique et politique, mais faute d'un meilleur instrument d'analyse à ma disposition, je suis obligé de faire avec...
    Voilà, il me reste à vous rappeler que cet excellent roman a été traduit en français sous le titre "Sourire de loup", qu'il est publié en poche dans la collection Folio, et que je vous en recommande vivement la lecture si vous voulez mieux comprendre la société britannique actuelle au-delà des clichés sur le communautarisme à l'anglo-saxonne dont on nous rebat les oreilles ici pour lui opposer l'intégration à la française, vous savez, cette panacée républicaine qui a donné ce que l'on a vu l'hiver dernier dans les cités en flamme de l'hexagone. Ils ont dû bien rigoler les anglais et tous ceux qui en ont marre de recevoir des leçons de démocratie et de progrès social de la part des "frogs", des Frenchies arrogants.......


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    • Livres 3.00/5
    Par Henrietta, le 28 mai 2011

    Henrietta
    J'ai bien aimé ce livre, même si au début le résumé ne me tentait pas beaucoup. Mais une fois commencé, le style original et rempli d'humour de l'auteur nous saute aux yeux et nous accroche. L'histoire qui s'étale sur plusieurs années nous raconte l'épopée de trois familles londoniennes de différentes origines et religions, l'une bengali musulmane, l'autre anglo-jamaïcaine et la troisième juive d'origine polonaise.
    Les personnages ont chacun leur caractère,leur croyances, et leurs habitudes ce qui ne permet pas de s'ennuyer et promet des situations à la fois drôles et émouvantes, j'ai beaucoup aimé l'accent jamaicain
    Mais vers la fin j'ai trouvé que le rythme baissé d'un cran et que c'était un peu brouillon, mais la toute fin est bien menée avec du suspens et des révélations.
    Pour un premier roman, je trouve que Zadie Smith s'en est très bien sortie, et j'aimerai bien d'autres romans d'elle.
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 06 mai 2010

    alicejo
    La vie de deux familles (l'une anglo-jamaicaine et la seconde bengali), entre conflits de génération, de culture, de religion et d'idéologie. Un premier roman d'une jeune auteure à suivre.
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    • Livres 5.00/5
    Par genevieve51, le 25 novembre 2011

    genevieve51
    J'ai adoré ce livre, j'ai bien rigolé à plusieurs moments.
    Quelle lucidité de la part de cette jeune auteure (au moment de l'écriture de ce livre) et quelle jolie façon d'écrire.
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    • Livres 3.00/5
    Par darcourt, le 28 avril 2012

    darcourt
    Un auteur précoce, talentueux, à découvrir.
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 10 avril 2010

    C'est vrai qu'on m'a mariée à Samad Iqbal le soir même du jour où je l'ai rencontré pour la première fois. C'est vrai que je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Mais il ne me déplaisait pas. On s'est rencontrés dans la salle du petit déjeuner d'un hôtel de Delhi, un jour où il faisait une chaleur épouvantable, et il m'a éventée avec le Times. J'ai trouvé qu'il avait un visage sympatique, une voix douce et un joli p'tit derrière pour un homme de son âge. Bon. Maintenant, chaque fois que je découvre quelques chose sur son compte, je l'apprécie un peu moins. Donc, tu vois, tout compte fait, on était nettement mieux avant...
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  • Par Henrietta, le 28 mai 2011

    C'est drôle, mais quand on passé un bout de temps quelque part, on finit par constater que c'est ce les gens aiment vous entendre que, dans le temps, c'était la vie en rose. C'est un besoin chez eux. Archie se demanda si sa fille, elle aussi, en avait besoin. Elle le regardait d'un drôle d'air. La bouche tombante, les yeux presque suppliants. Mais que pouvait-il bien lui dire ? Que les années passent, et que les meilleurs résolutions du monde ne sauraient rien changer au fait qu'il y a des sales types sur terre. Qu'il y en a toujours eu, qu'il y en aura toujours.
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  • Par Henrietta, le 28 mai 2011

    Quand les murs s'effondreront , que le ciel s'assombrira et grondera la terre. A ce moment là, nous serons ce que nos actes auront fait de nous. Et peu importe que ce soit Allah, Jésus, ou Bouddha qui te regarde, ou qui tout aussi bien, ne te regarde pas. Quand il fait froid, on voit la buée qu'on fait en respirant ; quand il chaud, on ne voit rien. Et pourtant, dans un cas comme dans l'autre, on respire bel et bien.
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