> Philippe Aronson (Traducteur)

ISBN : 2070780902
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Rien ne va plus pour le très britannique Howard Belsey, spécialiste de Rembrandt et gauchiste convaincu, qui végète en fin de carrière dans la petite université de Wellington, près de Boston : son épouse vénérée, l'Afro-Américaine Kiki, lui bat froid depuis qu'elle le s... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 21 mars 2012

    carre
    C'est l'histoire d'une famille mixte : Howard Belsey, universitaire de Wellington, près de Boston : son épouse l'Afro-Américaine Kiki, leurs enfants Jerome, Zora et Levi. Alors que son couple bat de l'aile après que Kiki est découvert l'infidélité de son mari, voilà que l'ennemi juré d'Howard débarque dans la même Université. Les ennuis vont s'accumuler pour Howard Belsey tant sur sa vie privée que professionnelle.. Zadie Smith que je lit pour la première fois aborde avec beaucoup d'humour des thèmes très actuels ; le métissage, le choc des cultures et celui des classes sociales.Ce roman se lit avec beaucoup de plaisir car Smith,sous la comédie de moeurs, laisse poindre avec ironie les relations confictuelles entre époux mais aussi avec leur enfants.
    Avec beaucoup de justesse elle dépeint le décalage entre génération.
    On rit même si le rire est parfois jaune. Une jolie plume.
    Dans la lignée des grands auteurs britanniques que sont Boyd, Coe ou Lodge.

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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 02 mars 2009

    Titine75
    « De la beauté » de Zadie Smith nous montre le délitement de la vie professionnelle et personnelle d'Howard Belsey. Au début du roman, sa situation semble stable. Howard est professeur d'esthétique à l'université de Wellington près de Boston, spécialiste de Rembrandt sur lequel il tente depuis des années d'écrire un livre. Il est anglais et a épousé une afro-américiane, Kiki, avec qui il a trois enfants forts différents les uns des autres. L'aîné, Jérôme, est ultraconservateur, croyant à l'opposé de ses parents. Zora est étudiante à Wellington, travailleuse, défendant les idées de gauche et totalement en admiration devant le milieu universitaire. Levi, le dernier de la tribu, cherche sa place socialement et racialement. Métisse élevé dans un milieu privilégié, il se veut noir luttant pour sa survie dans les banlieues défavorisées de Boston. Levi explique d'ailleurs à un haïtiens vendant des sacs à la sauvette : « (…) Tu te démerdes, mec. Et c'est différent. C'est ça, le bitume. Se démerder, c'est rester vivant, t'es mort si tu sais pas te démerder. Et t'es pas un renoi si tu connais pas la démerde. »
    Le monde d'Howard se fissure lentement tout au long du roman. Son mariage est en danger suite à une incartade entre Howard et une enseignante en poésie de Wellington. Kiki tente de pardonner à Howard mais il « (…) faisait le dur apprentissage des niveaux de purgatoire inclus dans le pardon. »
    Son fils Jérôme, incompris par le reste de sa famille, se réfugie chez l'ennemi juré de son père : Monty Kipps également universitaire, ultraconservateur et auteur d'un livre sur Rembrandt. Howard commence à perdre totalement pied lorsque Monty Kipps est invité à faire une série de conférences à l'université de Wellington. La guerre est déclarée entre les deux familles, chacun participe : Howard et Monty s'affrontent à propos de la discrimination positive, leurs filles se battent pour le même homme… Aucun camp ne sortira indemne de la lutte des deux grands cerveaux…
    A la manière de David Lodge, Zadie Smith égratigne le milieu universitaire dans son roman notamment à travers le personnage d'Howard. Ce dernier se pense fort important, ses idées sont supérieures au commun des mortels. Au final, Howard n'est pas fichu de terminer un livre et son cours semble abscons à la majorité des étudiants. « Ils prendraient des notes comme des sténographes détraqués et seraient tellement concentrés sur les mouvements de sa bouche qu'Howard serait persuadé d'avoir en face de lui une classe de sourds lisant sur ses lèvres ; chacun, sans exception -et en toute sincérité- noterait son nom et son e-mail, bien que le professeur Belsey eût martelé : « S'il vous plaît, marquez votre nom seulement dans le cas où vous avez sérieusement décidé de suivre ce cours. » Et le mardi suivant, il y aurait 20 gosses. Et le mardi d'après, 9. » le débat intellectuel opposant Howard à Monty sur la discrimination positive et la place d'élèves défavorisés à Wellington, n'est en réalité qu'un combat de coqs. L'ego brillant de chacun veut écraser celui de l'autre en public et remporter l'admiration de tous. Les deux universitaires ne sont pourtant pas d'une irréprochable moralité. Chacun prfite de sa position pour conquérir de jeunes étudiantes.
    La jeune Zora prend d'ailleurs la mauvaise voie tracée par son père. Elle défend devant les institutions et à coups de pétitions la présence en cours de poésie d'un jeune slammeur ne payant pas de droits universitaires. Mais la belle amitié de Zora est loin d'être désintéressée, le slammeur au corps d'Apollon lui plaît beaucoup.
    Heureusement au milieu du désagrégement des sentiments, l'amitié véritable et profonde de Kiki Belsey et de Carlene kipps nous permet de croire encore aux liens affectifs.
    C'est avec une féroce ironie et une grande inventivité verbale que Zadie Smith nous narre les aventures de la famille Belsey. On rit, on grince des dents, on est finalement touché par cette humanité si imparfaite et fragile.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2008/09/13/de-la-beaute-de-zadie-..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Laetirature, le 09 mai 2011

    Laetirature
    Nouveau souffle de la littérature anglaise.
    Douce brise qui se fait rafale, tempête et tsunami.
    Zadie Smith, une somptueuse métisse virtuose au charme vertigineux, à l'écriture et à la narration charismatiques.
    Des romans qui détonnent car ils ont cette faculté de faire naviguer le lecteur au travers différents registres de langue que tout oppose : courant, familier, érudit, châtié.
    Culture universitaire, énergie populaire.
    Les personnages sont consistants, travaillés, étudiés, disséqués.
    Des personnages qui ne sont plus en quête d'auteur ou de liberté car ils vivent leur vie de manière autonome, entière, fascinante.
    Personnages qui dépassent la fiction et outrepassent leur fonction.
    De la beauté est un livre brillant, accessible : tribulations d'une famille, celle des Belsey, sur un campus américain, Wellington, où la mère est une Caribéenne noire et le père, un Anglais blanc.
    Les 3 enfants, Jérôme, Levi et Zora, en proie à de multiples doutes existentiels sont en quête de leur propre identité et font face à l'incertitude de leur devenir.
    Un livre qui sonne juste, attirant, vivant.
    Un livre qui s'interroge sur des notions et des concepts aussi divers que la race, l'exclusion, l'ouverture d'esprit, la permissivité, la rigidité, les idées, les hommes, l'art, la politique, la femme, l'amour...
    Un livre qui pose en filigrane une question fondamentale : où se trouve la véritable beauté des choses ?
    Et, finalement, où se situe sa quintessence ?
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nome, le 07 avril 2012

    Nome
    De la beauté” sont certainement les meilleurs mots qui soient pour débuter cet article. J'ai lu ce livre voilà déjà un petit bout de temps, mais je devais absolument en parler, tant les souvenirs que j'en conserve réussissent à m'émouvoir encore.
    Commençons par l'histoire. C'est celle d'un universitaire britannique, Howard Belsey, qui enseigne l'art du 17e siècle dans la ville américaine de Wellington ; spécialiste de Rembrandt, il planche depuis des années sur sa thèse sur le peintre flamand. Marié à Kiki, ils ont trois enfants métis : Jerome, Zora et Levi. L'aîné est à Londres et loge chez le rival d'Howard, Monty Kipps dont il s'est entiché de la très jolie fille, la sulfureuse Victoria, mais appelez-là Vee.
    C'est là que commence l'histoire, et il se passe ensuite plein de choses, vraiment plein de choses.
    Et justement, c'est là l'un des points forts de ce livre : l'histoire ne tourne pas autour d'une seule intrigue, d'un seul personnage, elle fourmille de péripéties inattendues, d'anecdotes, de descriptions, de rencontres imprévisibles… La narration omnisciente bascule d'un personnage à l'autre, sans encrage trop persistant chez l'un ou l'autre, et sans souci d'égalité en temps de parole. L'univers est alors tellement foisonnant et prolifique que tout ne peut être détaillé. Les non-dits et les ellipses font le charme de l'histoire qui ne s'attarde pas à tout dévoiler de chaque personnage, des conséquences de chaque événement. Si l'on peut être parfois déçu de ne pas en savoir davantage, on réalise après-coup combien le texte se révèle dense et suffisamment complexe.
    Paradoxalement, de très nombreux passages a priori sans importance pour l'intrigue sont relatés minutes par minutes, et je pense là à l'interminable réunion de la faculté avec les discours à rallonge des universitaires sur tel ou tel problème de leur département dont on a cure. Sur ce plan d'ailleurs, on ne peut s'empêcher de penser à David Lodge et à l'academic novel, un genre littéraire dont pourrait faire partie le roman de Zadie Smith si l'intrigue se centrait sur les personnages d'Howard et Monty. Mais, justement, le lecteur se fiche quand même un peu de la querelle des deux loustics, on préfère suivre (entre autre) les pas de Zora et son caractère de cochon, de Levi et sa révolte identitaire, et surtout de Kiki, merveilleuse battante tour à tour épouse, mère et amie.
    Parce que dans ce livre, il n'est pas vraiment question d'histoire de l'art, pas du tout même, mais de chassé-croisé amicaux et amoureux, de désir et de sanction, de culture et d'identité, de conflits raciaux et de luttes des classes. Nourries d'une écriture à la fois dense et fine, savamment rythmée par la musique des dialogues, les émotions et les sensations des personnages s'imposent à nous, nous dérangent et nous ravissent.
    J'ai donc adoré cette lecture en raison de l'aisance avec laquelle on y plonge et la richesse qu'on y trouve, et ce malgré l'apparente complexité du récit et l'épaisseur de l'ouvrage… Aucun regret, donc.

    Lien : http://federicoconejo.wordpress.com/2011/05/20/de-la-beaute/
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nome, le 10 juillet 2011

    Nome
    « De la beauté » sont certainement les meilleurs mots qui soient pour débuter cette critique. J'ai lu ce livre voilà déjà un petit bout de temps, mais je devait absolument en parler, tant les souvenirs que j'en conserve réussissent à m'émouvoir encore.
    Commençons par l'histoire. C'est celle d'un universitaire britannique, Howard Belsey, qui enseigne l'art du 17e siècle dans la ville américaine de Wellington ; spécialiste de Rembrandt, il planche depuis des années sur sa thèse sur le peintre flamand. Marié à Kiki, ils ont trois enfants métis : Jerome, Zora et Levi. L'aîné est à Londres et loge chez le rival d'Howard, Monty Kipps dont il s'est entiché de la très jolie fille, la sulfureuse Victoria, mais appelez-là Vee.
    C'est là que commence l'histoire, et il se passe ensuite plein de choses, vraiment plein de choses.
    Et justement, c'est là l'un des points forts de ce livre : l'histoire ne tourne pas autour d'une seule intrigue, d'un seul personnage, elle fourmille de péripéties inattendues, d'anecdotes, de descriptions, de rencontres imprévisibles… La narration omnisciente bascule d'un personnage à l'autre, sans encrage trop persistant chez l'un ou l'autre, et sans souci d'égalité en temps de parole. L'univers est alors tellement foisonnant et prolifique que tout ne peut être détaillé. Les non-dits et les ellipses font le charme de l'histoire qui ne s'attarde pas à tout dévoiler de chaque personnage, des conséquences de chaque événement. Si l'on peut être parfois déçu de ne pas en savoir davantage, on réalise après-coup combien le texte se révèle dense et suffisamment complexe.
    Paradoxalement, de très nombreux passages a priori sans importance pour l'intrigue sont relatés minutes par minutes, et Federico pense là à l'interminable réunion de la faculté avec les discours à rallonge des universitaires sur tel ou tel problème de leur département dont on a cure. Sur ce plan d'ailleurs, on ne peut s'empêcher de penser à David Lodge et à l'academic novel, un genre littéraire dont pourrait faire partie le roman de Zadie Smith si l'intrigue se centrait sur les personnages d'Howard et Monty. Mais, justement, le lecteur se fiche quand même un peu de la querelle des deux loustics, on préfère suivre (entre autre) les pas de Zora et son caractère de cochon, de Levi et sa révolte identitaire, et surtout de Kiki, merveilleuse battante tour à tour épouse, mère et amie.
    Parce que dans ce livre, il n'est pas vraiment question d'histoire de l'art, pas du tout même, mais de chassé-croisé amicaux et amoureux, de désir et de sanction, de culture et d'identité, de conflits raciaux et de luttes des classes. Nourries d'une écriture à la fois dense et fine, savamment rythmée par la musique des dialogues, les émotions et les sensations des personnages s'imposent à nous, nous dérangent et nous ravissent.
    J'ai donc adoré cette lecture en raison de l'aisance avec laquelle on y plonge et la richesse qu'on y trouve, et ce malgré l'apparente complexité du récit et l'épaisseur de l'ouvrage… Aucun regret, donc.
    --Lire la critique en entier sur le blog--

    Lien : http://federicoconejo.wordpress.com/2011/05/20/de-la-beaute/
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