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ISBN : 2070372510
Éditeur : Gallimard (1981)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Ecrit en 1964, ce roman de Jacques Sternberg annonçait avec quelque avance la révolution sexuelle alors que l'auteur avait simplement voulu écrire un roman d'amour sur un fond de toile d'" erotic fiction ". Que se passe-t-il quand un homme rencontre une femme qui se refuse dans un monde où faire l'amour est devenu plus courant que prendre un verre d'eau ? C'est le point de départ de Toi, ma nuit, plongée passionnée et na... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Beatson
29 août 2016
  • 4/ 5
Sternberg est un écrivain énigmatique.
J'avais lu quelques uns de ses romans de Science-fiction il y a longtemps ; j'en avais retenu son mépris pour le monde du travail, en particulier le travail de bureau et j'ai retrouvé cette facette dans ce roman. le personnage principal qui est aussi le narrateur travaille dans une société de publicité et participe à la découverte de slogans publicitaires principalement pour des marques de savon. Il y met toute la condescendance possible mais ses supérieurs apprécient son travail : « Blondes et rousses, toutes y moussent ».
Mais ce n'est pas le sujet de ce roman. Là, on a eu le droit à une troisième guerre mondiale très rapide (une seule nuit), très meurtrière. L'humanité a réfléchi sur ses valeurs et il a été décidé qu'une seule réponse était valable au mal-être humain : le plaisir et le sexe. En conséquence le monde vit depuis une liberté sexuelle débridée et nature : « il suffisait d'adresser la parole à n'importe quelle fille ou même de lui passer sans présentation la main sous les jupes. ».
Avec le regard d'aujourd'hui et vu que le narrateur est un homme, l'idée relève quand même un peu d'un certain machisme.
Mais Sternberg sait écrire.
Le propos de son roman est exposé en préface : « aborder sans pudeur et sans complexe les fascinants méandres de la femme dans tous ses ébats ». On pourrait croire à un roman érotique mais on est plus dans la littérature que dans l'érotisme et certaines scènes des plus torrides font l'impasse total sur l'acte sexuel.
Et l'histoire ? c'est celle d'un homme qui tombe littéralement sous le joug d'une femme qui se désintéresse totalement de la vie sociale et pratique de son côté un non-agir total. Ces deux êtres courent à leur perte.
J'ai eu du mal à rentrer dans ce roman tellement l'écriture met le non sens de la vanité humaine en avant ce qui a eu pour premier résultat de me démotiver. Mais, après le premier tiers du récit, quand Monsieur Sternberg se met à parler de ses rencontres féminines, il y met une telle verve qu'il est difficile de ne pas y voir a minima un vrai talent d'écrivain et j'ai finalement fini ce roman rapidement.
J'en garde une impression kafkaienne (avec un arrière goût de Boris Vian) et une réelle admiration pour la qualité des portraits.
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
BeatsonBeatson22 juin 2016
C’est ainsi qu’il ne faut pas nécessairement s’intéresser aux voyages interplanétaires pour payer malgré tout la taxe indirecte galactique. Il n’est point besoin d’avoir une auto pour assurer les frais de la taxe routière qui permet d’élargir ou de rétrécir des routes dont on ne profitera jamais. De même, ceux qui ne possèdent pas le téléphone paient malgré tout une redevance annuelle, sans doute parce qu’il semble inconcevable, presque illégal, de ne pas être abonné au téléphone. Mais la cotisation la plus lourde est certainement, les contributions diverses mises à part, celle qu’exige tous les trimestres la Caisse des Redevances Sexuelles en échange des jouissances, plaisirs, facilités et libertés que le siècle nous procure, cotisation dont nous sommes tous redevables, même les centenaires, les impuissants, les indifférents ou ceux qui, comme moi, ne font jamais appel à un organisme officiel pour se procurer d’éventuelles partenaires d’une heure ou d’une nuit. Heureusement, je ne suis pas marié : j’échappe donc à la taxe conjugale, pas tellement lourde, mais toujours contrebalancée par la taxe d’adultère qui, en échange d’une absolution tacite et reconnue, grève sans difficultés les budgets les mieux équilibrés.
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BeatsonBeatson29 août 2016
Les hommes avaient dû se rendre à l’évidence qu’ils n’avaient plus assez de cliniques, d’asiles et de psychanalystes pour soigner leurs nerfs déchiquetés, leurs refoulements, leurs tremblements nerveux et leurs tics d’hommes d’affaire pressés par le temps, les contributions, les encombrements, les plannings et l’obligation d’acheter sans cesse davantage et plus cher.
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Retraçant impitoyablement le peu de grandeur et les multiples servitudes de ce XXe siècle, von Kieffer commençait par jeter à bas de leur piédestal tous les veaux d’or de cette époque : le travail forcené, la religion, la respectabilité, la morale, la course de record en record, le besoin de posséder et d’amasser des biens généralement inutiles. Son bilan était facile à établir, l’addition finale également : on inscrivait zéro et on retenait zéro.
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Qu’avait gagné l’homme à cette course au bonheur par le confort, le progrès et l’argent ? Une suite de dépressions nerveuses et de profondes insatisfactions. Et von Kieffer de prendre alors le grand virage dans l’éloquence pour enchaîner et affirmer que le bonheur était ailleurs. En un seul point bien précis : le sexe.
............................
Brandissant l’étendard de la révolte, il réclamait du plaisir à toute heure pour tous, sans discrimination. Inutile de revendiquer désormais des hausses de salaire, de l’espace vital ou de l’oxygène, des logements pour tous ou des allocations, il y avait plus important à exiger, plus exaltant : de la fesse et de l’orgasme.
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Que le monde ouvre enfin ses cuisses, concluait-il et nous reçoive dans son vagin. Nous nous chargeons du reste : le bonheur est pour demain.
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BeatsonBeatson28 août 2016
l’usure fatale de toutes les formes de publicité directe ou indirecte, tout cela avait amené les trusts de l’industrie à se rabattre avec une frénésie nouvelle sur un produit de choc, vieux comme le monde, certes, mais enfin exploitable sous une optique absolument nouvelle, un produit qui pouvait être vanté à grands frais, vendu à prix d’or ou au rabais, sous des formes infiniment variées, de même qu’il pouvait être importé, exporté, loué, disséqué, arrangé, enjolivé, satellisé, colonisé, prêté à intérêt, offert, repris, revendu, bref une source de devises et un produit de consommation intensive : la Femme.
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BeatsonBeatson29 août 2016
Quand elle se taisait, elle semblait muette de naissance, minéralisée dans la force de son silence. Quand elle ne laissait filtrer dans son regard que sa tristesse, elle paraissait y concentrer à haute dose toute l’angoisse et le désespoir de la planète. Quand la fièvre la prenait, on pouvait croire qu’elle allait bouffer de l’espace à la fourchette, violer des inconnus sur les tables, écorcher vifs des nouveau-nés, allumer des pétards sous les jupes de la vertu, enfiler en brochette les sentiments pour les dévorer à belles dents, cracher feu et cyclone, griffer le soleil et rugir toute nue à la vie comme une bête sauvage. Quand elle allumait du mépris dans son regard, rien ne paraissait pouvoir trouver grâce à ses yeux dont le regard vitrifié traversait les choses pour les mettre à vif aussi sûrement que sous l’effet d’un rayon X. Quand elle se laissait aller à sa tendresse, on croyait que n’importe quel déchu de ce monde pourrait l’apitoyer et se faire aimer d’elle.
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BeatsonBeatson27 août 2016
Ces publicités, je les connais par cœur, comme tous ceux qui vont au cinéma plus d’une fois par semaine. La séance s’ouvre invariablement par la jeune femme qui nous montre ses fesses qu’elle prétend si douces et si blanches parce qu’elle utilise « Moussavon » alors qu’il est flagrant qu’elle les aurait eues aussi blanches et non moins douces sous la mousse de n’importe quel savon. Puis la grande brune de « Chocoflac » amène ses charmes de choc, dégrafe son soutien-gorge tout en nous parlant commerce et s’effeuille de la gorge aux chevilles sous le prétexte un peu futile qu’elle dépouille en même temps un caramel de son papier d’emballage.
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