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ISBN : 2012793614
Éditeur : Hachette Littératures (2008)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Benjamin Stora, dont la famille est originaire de Khenchela, ville de l'Est algérien, a retrouvé les jalons de son histoire familiale. Voyageant entre mémoire et histoire, quête personnelle et enquête historique, il reconstitue les tr... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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  • Par de, le 30 novembre 2011

    de
    L'exil est le sujet du beau livre de Benjamin Stora qui vient de paraître dans la collection « Un ordre d'idées ».
    Benjamin Stora nous rappelle l'histoire très longue des juifs établis sur cette terre du Maghreb, certains avant mêmes les Phéniciens, d'autres se sont mêlés aux Berbères de l'intérieur du pays et les ont convertis à leur religion. Ne connaissant alors pas cette histoire, je me souviens avoir été très surpris de photos de berbères juifs dans une exposition à Marrakech. Au VIIème siècle, d'autres juifs, yéménites, irakiens et syriens, pour utiliser les noms actuels, arrivèrent avec les guerriers prosélytes de l'Islam.
    « Composante religieuse minoritaire du Maghreb, les juifs vont traverser cinq siècles d'islamisation sans disparaître. »
    Ces juifs découvriront « au XIVe et XVe siècles les juifs d'Espagne, séfarades expulsés par l'édit wisigoth de 1391, puis celui de 1492 des très catholiques maisons d'Aragon et de Castille. »
    Sous la régence turque d'Alger (1529 à 1830), des juifs livournais (Italie), surnommés « juifs francs » parce que francisés s'installent dans les villes du littoral algérien.
    B. Stora souligne « Signe d'intégration, les juifs algériens, dhimmis (sujets protégés) en terre d'islam, adoptent la langue arabe alors que certaines tribus berbères musulmanes ne la parlent pas. »
    Rappelons les caractéristiques principales du statut « dhimmis ». Ce statut comporte à la fois des droits : liberté d'exercer son culte, latitude de pratiquer différentes professions (mais liberté limitée, comme dans le domaine militaire et dans la hiérarchie administrative et politique) et des devoirs : paiement d'un impôt de capitation et loyauté politique et militaire au pouvoir musulman. Comparer le statut des dhimmis aux actuels « droits de l'homme » serait verser dans l'anachronisme. Par rapport au niveau de violence latente au Moyen Age, la vie des communautés juives fut plutôt paisible sur la rive sud de la Méditerranée. Mais ce statut dans la période précoloniale fut un régime de subordination assez humiliant.
    Le destin « maghrébin » des juifs va basculer avec l'arrivée des français.
    L'auteur nous dresse un panorama des « indigènes », avant et après la colonisation et les interventions du consistoire israélite de France (Faut-il rappeler que les juifs de France sont citoyens depuis 1789). le décret Crémieux du 24 octobre 1870 donnant la citoyenneté française aux « indigènes » juifs mais non aux musulmans va entraîner une rupture, malgré la persistance de croyances, rites et modes de vie traditionnel et explique le fort ancrage vers la république française des populations juives algériennes. Les antisémites se déchaînent. La très grande majorité des européens de l'Algérie française n'accepteront pas ce qui est perçu comme « une menace, une insulte » à leur conception de la nation L'inégalité des droits entraînera des mouvements dans les populations musulmanes.
    Toujours est-il que la période 1870-1940, expliquera la stupeur des juifs aux mesures de Vichy abrogeant le décret Crémieux. L'éjection hors de la communauté française sera « un immense traumatisme pour une communauté qui avait multiplié les marques d'amour envers la République sur laquelle se focaliseraient toutes les espérances. »
    Le décret Crémieux sera rétabli en octobre 1943 après le débarquement anglo-américain.
    Mais la sortie de la seconde guerre mondiale, mai 1945, sera marquée par les massacres de Sétif et de Guelma, les troupes françaises feront des milliers de morts (entre 15 et 45.000 morts suivant les sources) face au soulèvement des musulmans « contre le fascisme et la colonialisme ». Il n'est pas trop fort d'insister « En Algérie, rien ne sera plus comme avant l'épisode tragique de mai 1945. le fossé s'est considérablement élargi entre la masse des Algériens musulmans et la minorité européenne. » Pour la majorité de la population juive, ces tragiques événements accentuent le sentiment d'une crise de la présence française.
    Le travail de l'histoire avait sapé les bases de l' « indigénat juif », certains choix du FLN, malgré ses appels à la communauté juive, ne pourront être entendus « Cette période de guerre allait montrer à quel point l'attachement à la France émancipatrice pouvait tourner à la mise en retrait de son propre environnement et de ses origines historique ; mais aussi comment le processus d'assimilation à la culture française ayant fait son œuvre depuis des décennies, le basculement irréversible vers l'Algérie française conduisait à la séparation d'avec les Algériens musulmans. ». L'indépendance de l'Algérie se traduira par un exil massif et brutal dès l'indépendance.
    Après l'Europe centrale vidée, par extermination, des populations juives ; ce sera le tour de cette terre de contact et de mélanges, contrecoup des modalités de la décolonisation et du sionisme, de perdre ses populations juives.
    Un livre, non seulement très documenté, insistant sur les effets dissolvants de la colonisation, éclairant les multiples facettes de l'évolution des populations juives, mais remarquablement écrit avec une nostalgie sensible et ouverte d'un militant « marqué à jamais par l'Orient, par l'Algérie ».
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Citations et extraits

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  • Par de, le 09 octobre 2011

    Cette période de guerre allait montrer à quel point l’attachement à la France émancipatrice pouvait tourner à la mise en retrait de son propre environnement et de ses origines historique ; mais aussi comment le processus d’assimilation à la culture française ayant fait son œuvre depuis des décennies, le basculement irréversible vers l’Algérie française conduisait à la séparation d’avec les Algériens musulmans
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  • Par de, le 09 octobre 2011

    En Algérie, rien ne sera plus comme avant l’épisode tragique de mai 1945. Le fossé s’est considérablement élargi entre la masse des Algériens musulmans et la minorité européenne.

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  • Par de, le 09 octobre 2011

    Signe d’intégration, les juifs algériens, dhimmis (sujets protégés) en terre d’islam, adoptent la langue arabe alors que certaines tribus berbères musulmanes ne la parlent pas

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André Chamson, directeur général des archives de France, fit le choix d'implanter à Aix-en-Provence un service des archives d'outre-mer, au moment où s'achevaient les décolonisations et où se construisait à Aix-en-Provence un pôle universitaire. Héritières de plus de trois siècles d'histoire, les Archives nationales d'outre-mer conservent deux grands ensembles au passé administratif et archivistique différent : • les archives des secrétariats d'Etat et ministères chargés, du XVIIe siècle au XXe siècle, des colonies françaises ; • les archives transférées des anciennes colonies et de l'Algérie au moment des indépendances, entre 1954 et 1962, à l'exclusion des archives de gestion restées dans les pays concernés. Pour l’Algérie de 1830-1962
Sont restés en Algérie : état civil, archives des communes, archives judiciaires, archives notariales, cadastre, services extérieurs des administrations (équipement, santé, travail, sécurité sociale, éducation, finances) ainsi que les archives des ports, chambres de commerce, hôpitaux. Les archives ecclésiastiques sont également demeurées en Algérie à l'exception de quelques fonds : • registres de catholicité du diocèse d'Alger : Monastère des Clarisses de Nîmes - 34, rue de Brunschwick - 30000 Nîmes. • archives diocésaines d'Oran : Monastère des Dominicaines – Quartier de l'Écluse – 26770 Taulignan - Email : arch.oran.clarte@orange.fr • registres de catholicité du diocèse de Constantine : Monastère des Clarisses – 952, chemin Bosque d'Antonelle - 13090 Aix-en-Provence
Les archives militaires concernant la guerre d'Algérie (opérations militaires…) sont conservées par le Service historique de la Défense de Vincennes (Armée de terre)











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