ISBN : 271033092X
Éditeur : Le Table Ronde (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Le narrateur de ce roman s'adresse à un homme au travail dans l'espace clos de son jardin. Un accident cardiaque frappe le jardinier. Dès lors, un flot traverse sa conscience. Images, sons, odeurs, souvenirs, réminiscences littéraires et musicales, sensations, visions s... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 30 octobre 2010

    brigetoun
    roman de poète - un flux à l'organisation souterraine, avec pour séparer, sans vraiment séparer, les petits blocs, la virgule, puis le point virgule pour une petite rupture dans l'inflexion, puis le court chapitre pour repartir sur autre piste. La saveur et la dureté du travail du jardin, le flux des moments de la vie, gens, époques, sensations, amitiés, l'amour toujours de celle qui fut trouvée, les parfums, le corps, les saveurs, la nature, les villes et il y a Amsterdam, l'Inde etc... sans ordre chronologique, au fil des idées, des associations. Et pour le lecteur une dégustation nourrie et charpentée
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    • Livres 4.00/5
    Par kilimandjaro, le 16 septembre 2010

    kilimandjaro
    Ecriture particulière qui au fil des mots amène à une véritable émotion.
    L'emploi de la deuxième personne est assez inhabituel mais très efficace. La manière de faire son autobiographie est originale. Si l'on est jardinier et que l'on partage des points communs avec l'auteur dans son vécu, l'effet est garantie. Ce livre conduit le lecteur à revoir sa propre vie.
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  • Par Adi, le 20 juin 2009

    Adi
    un roman comme une promenade dans le jardin, dans les souvenirs, dans le quotidien des gestes qui font la vie, une promenade qui réveille tous les sens
    un roman comme le flashback qui remonte en accéléré à l'instant de la mort
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    • Livres 4.00/5
    Par bacoltrane, le 09 février 2009

    bacoltrane
    un roman poétique, tout en scansion, avec des parties autobiogaphiques (la construction de la maison, la musique...) Très onirique, sans ponctuation. Agréable à lire
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    • Livres 4.00/5
    Par vdujardin, le 27 avril 2012

    vdujardin
    Je l'ai dévoré d'une traite. Il faut dire que les pages sont courtes... mais les phrases longues, encore que je n'ai trouvé le problème qu'à la fin du deuxième chapitre... En fait, chaque chapitre (de 3 à 6 pages) est constitué d'une seule phrase, mais les virgules et points-virgules ponctuent cette phrase et permettent de respirer.


    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-31860500.html
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Citations et extraits

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  • Par js, le 07 octobre 2011

    […] les dizaines de milliers de pages que tu as absorbées tournent sans cesse dans les tiroirs et les étagères de ton cerveau, tu te souviens des noms des auteurs, des titres des livres et même du nom des éditeurs et des collections, tu reconnais les couvertures, les tranches colorées, tu distingues les différents éditeurs à la couleur de la couverture, au format du livre, tu repères de loin dans les cartons les logos de tes préférés, tu recopies des paragraphes entiers, tu apprends par cœur des poèmes et des citations, tu lis les biographies et la correspondance de tes favoris, tu cites des phrases et des vers, tu prêtes des livres, tu perds des livres, tu les rachètes, tu ne t’en lasses pas ; quand tu es dans le jardin, tu considères les saisons comme les chapitres d’un livre familier que tu relis régulièrement, chaque année tu écris de nouvelles pages dans la terre du jardin, tu rédiges des brouillons successifs, tu élagues, tu mets au propre, tu relis tu déchires, tu chiffonnes des boules de papier, tu jettes au fumier, tu recommences, l’écriture te nourrit, tu rédiges les versets de la terre, tu graves dans la glaise, ton corps est ton dernier volume, les rides et les cicatrices, les plis et replis, les bosses et les creux racontent ton histoire et celle de tes frères ; il pleut sur le livre abandonné près du fauteuil du jardin, les pages sont trempées, même le vent ne parvient pas à les tourner, l’encre noire coule dans les allées, le ruisseau d’encre grossit, devient une rivière, coule vers la Lys, coule vers l’Escaut, traverse le pays, rejoint la mer du Nord, l’encre glisse dans la mer, les lettres les mots les phrases sont emportés par la bourrasque, par l’érosion incessante, tu les suis des yeux le plus longtemps possible, tu retiens les plus beaux mots, laitue blonde de la passion, reine de mai, mâche ronde verte à cœur plein, tu retiens tous ces mots, tu les retiens par cœur, ton cœur se remplit de mots, il déborde il éclate, les mots se répandent dans ton corps tout entier, ils parcourent tes veines comme des alcaloïdes stupéfiants, ils se nichent dans ton estomac et tes intestins veloutés, ils se cachent au détour d’une articulation, entre tes vertèbres sacrées, ils rampent à l’intérieur de tes os dans la moelle jaune et grasse, ton sang charrie tous les mots de l’amour et de la violence, les pseudopodes de tes globules blancs se saisissent des mots les plus longs, en séparent les syllabes et les digèrent sans coup férir, mais un jour cependant, les choses changent, tu constates l’invasion de ton corps par les profanateurs de littérature, les slogans de la télévision comme de longs vers répugnants s’introduisent dans tes oreilles, rampent entre les osselets, circulent sous les méninges de ton système nerveux, ils s’accouplent tête-bêche à l’intérieur de ta tête, tu regardes l’éclosion dégoûtante des parasites, tu les vois migrer, ton corps devient le champ de bataille de la poésie, ta peau se soulève par endroits, révélant l’ardeur des combats engagés entre les mots du dedans et ceux du dehors, ta température s’élève brutalement, tu te sens impuissant, tu assistes en spectateur à la lutte finale, tu es terrorisé, tu sens venir la fin, tu crains à tout moment de voir apparaître au milieu de l’écran noir sous tes paupières fermées cette sentence ultime THE END, tu voudrais apporter des retouches au script mais toute retouche est interdite, tu ne maîtrises plus rien et de toute façon ton […]
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  • Par Adi, le 20 juin 2009

    Tu sens qu'aujourd'hui est un bon jour pour semer, tu choisis dans la boîte en carton les sachets de graines en regrettant l'époque où ils étaient en papier kraft sans ce film plastifié, ces photos couleurs criardes et pire, parfois un second sachet métallisé gigogne à l'intérieur du premier, de plus en plus tu produis tes graines toi-même, il te suffit de laisser fleurir quelques plants de salades de carottes de poireaux de radis de navets, bientôt tu seras tout à fait autonome, tu n'auras plus à arpenter les allées des pseudo-magasins verts qui sont d'abord des entrepôts de produits chimiques et de gadgets
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  • Par brigetoun, le 30 octobre 2010

    tu tournes très lentement sur toi-même sous la cascade bienfaisante, petit à petit toujours en tournant, tu plies les jambes, tu t'accroupis jusqu'à ce que l'eau t'arrive aux épaules, puis tu te détends complètement jusqu'à t'asseoir sur le fond du bassin, à ce moment l'eau monte jusqu'à ton menton, pris d'une impulsion subite tu te laisses glisser, tu t'allonges sur le dos au fond de l'eau les yeux grands ouverts, tu vois la cascade descendre vers toi dans un nuage de bulles.
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  • Par Adi, le 20 juin 2009

    ta mémoire est percée comme un carton de tir à la carabine, tu baisses la tête pour éviter les cailloux qui volent vers toi, tu recules à toute vitesse, tu détales comme un lapin, tu sautes au-dessus d'un large fossé en projetant les bras devant toi, tu t'aplatis dans les graminées, tu éternues encore une fois, tu n'es pas une vache, ton estomac est simple, tu ne rumines pas, ton corps est trop petit pour qu'on installe à l'intérieur une panse ou rumen un bonnet un feuillet une caillette, tu veux devenir un oiseau un merle noir qui siffle mélodieusement à tout moment de la journée mais tu ne pourras jamais faire entrer ton gros cerveau dans une si petite tête, tu ne peux pas vivre sous la terre, tu ne veux pas vivre sous la terre, tu ne veux pas vivre sous la terre, tu ne veux pas devenir un gros ver blanc, une larve qui se nourrit d'épluchures pourries.
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  • Par brigetoun, le 30 octobre 2010

    tu as beaucoup travaillé, le jardin n'existait plus, abandonné depuis des dizaines d'années, juste quelques mètres carrés de chiendent de chardon et d'orties cernés par la profusion des arbustes plantés par les oiseaux, aubépines aux longs couteaux pointus pics à glace dirigés vers tes yeux, prunelliers encastrés les uns dans les autres, églantiers et ronces entortillés autour des troncs, dégringolant du ciel, t'enfonçant des épines dans la tête, "ecce homo", tu t'échines tu t'esquintes tu frappes et coupes et creuses et arraches et scies et brûles et déchiquettes pendant des jours et des jours, t'écroulant sur le dos dans la terre mise au jour, la sueur ruisselle traçant des lignes noires dans la poussière qui recouvre ta poitrine, ton coeur cogne ton coeur cogne, la sueur tombe dans la terre sur le corps des fourmis, tes muscles sont brûlants,
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