ISBN : 2070388085
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Pierre Michon n'est pas le biographe de Rimbaud. Il ne cherche à ajouter aucun chapitre, aucune ligne aux hagiographies et études existantes. Simplement, il enfile la personnalité du poète, se glisse dans l'intime de son écriture, tâchant d... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Halo autour de Rimbaud, essayer de dire l'autre et le je, les poètes de métier et l'enfant terrible. Izambard et Banville, la mère, Verlaine, le père déjà mort, un écrivain dans une grange qui fomente une révolte, ce livre tourne autour, il cerne et loupe Rimbaud, échappé, africain. Une photo se médite, une cravate penchée, sans couleur, bribes d'Arthur, un style. Les mots bousculent, je pense aux filles de demain dans un café de Fribourg, un poète forme bien ses lettres, Rimbaud, les voyelles, je les vois, elles s'échappent. Ce que j'écris sur ce livre s'efface, j'ai aimé, pousse la barbiche, l'académie, la révolution, la guerre.
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 11 septembre 2009

    chartel
    Pierre Michon crée à partir de ses maîtres, qu'ils soient peintres, poètes ou écrivains. Ce court roman, "Rimbaud le fils", prend appui sur ce fils qui est devenu maître incontesté des poètes, Arthur Rimbaud. Pierre Michon ne cherche pas à faire de la biographie romancée, mais il s'aventure dans des digressions nées des événements personnels et de l'œuvre même de Rimbaud. C'est un récit sur un homme, sur une œuvre, mais aussi sur ce qu'est devenue la poésie grâce à Rimbaud, une sorte d'hommage à un libérateur de la pensée et de la création.
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Citations et extraits

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  • Par Grapheus, le 01 novembre 2009

    Qu'est-ce qui relance sans fin la littérature? Qu'est-ce qui fait écrire les hommes? Les autres hommes, leur mère, les étoiles, ou les vieilles choses énormes, Dieu, la langue? Les puissances le savent. Les puissances de l'air sont ce peu de vent à travers les feuillages. La nuit tourne. La lune se lève, il n'y a personne contre cette meule. Rimbaud dans le grenier parmi des feuillets s'est tourné contre le mur et dort comme un plomb.

    (cité en quatrième de couverture)
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  • Par chartel, le 11 septembre 2009

    Rimbaud jouait plus serré. Il voulait plus fort que Verlaine être la poésie personnellement, c’est-à-dire à l’exclusion de tout autre : car à cette condition seulement il pouvait espérer qu’il apaiserait la vieille dans le puits intérieur, permettrait qu’elle prenne un peu de repos, les doigts noirs enfin abandonnés, la main ouverte, ne trafiquant point, caressante comme l’est toujours la chair qui dort. La vieille au dedans pour se consoler, s’endormir, avait besoin que le fils fût le meilleur, autant dire le seul, et n’eût point de maîtres.
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  • Par brigetoun, le 28 juin 2010

    Et le fils, sachant depuis toujours que les bouquets ni les mines, la cravate bien mise, le pantalon impeccable, l'air petit homme et la bouche en cerise, tous artifices filiaux à la mode de Hugo, ne suffisaient pas, ne marchaient pas, n'étaient pas reçus - broyés entre deux doigts noirs tombaient dans le puits, son fils avait trouvé une solution à la hauteur de sa solution à elle, et bricolait pour cet incommensurable deuil des petits cadeaux incommensurables - des patenôtres de son cru : de grands morceaux de langue rimée qu'elle ne comprenait pas, mais sur quoi penchée peut-être sans pouvoir les lire elle voyait quelque chose de disproportionné comme son puits et d'opiniâtre comme ses doigts.
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  • Par brigetoun, le 28 juin 2010

    Hélas, Rimbaud a le don d'enfariner ceux qui l'approchent , et ce disant mes mains pendent, je m'enrhume ; si je bats mes basques il en sort de la farine. Mais j'imagine parfois, et tous les Gilles avec moi assurément l'imaginent, dans les fugaces instants où nous nous faisons grâce, où nous nous supportons, quand par exemple le vent du soir passe dans ces pins d'Italie que derrière nous a mis Watteau, quand notre rhume s'en va, quand baissant sur nous-mêmes les yeux nous ne voyons plus la farine mais une sorte d'habit de lumière, alors oui, dans ces instants nous imaginons que se tient devant nous un garçon de haute taille qui avait lui aussi de grandes et grosses mains, ouvrières et comme "blanchisseuses", du Mallarmé, un garçon qui pour épousseter sa propre farine se battit les flancs jusqu'à la mort pour des rimes, des renoncements aux rimes, des refus, des travaux de chiourme ; qui pour faire mine d'être libre, de n'être pas de ce monde-ci, de n'être pas de Charleville, de n'avoir pas pour mère la pauvre Cuif, referma sur nous la chiourme moderne
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L'avis de Colette Kerber de la librairie Les Cahiers de Colette (Paris).








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