ISBN : 2266179276
Éditeur : Pocket (2008)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 614 notes) Ajouter à mes livres
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abomi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 04 août 2011

    LiliGalipette
    « Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort. »
    Le monde est maussade, sombre, sinistré, triste et désespéré. Les humains ne pensent qu'à mourir et les morts volontaires se multiplient. Dans une rue de Paris, Le magasin des Suicides prospère : « c'est un petit magazin où n'entre jamais un rayon rose et gai. » (p. 7) Géré depuis des générations par les Tuvache, cette boutique est la fierté de la famille. Dans les rayonnages, on trouve tout ce qu'il faut pour passer ad patres : cordes, armes blanches, armes à feu, poisons et autres originalités macabres. « Nos suicides sont garantis. Mort ou remboursé ! » (p. 24) Pour Lucrèce et Mishima, les parents Tuvache, ce métier est presque un sacerdoce. C'est en tout cas une mission d'intérêt public : « On est là juste pour rendre service en vendant des produits de qualité. » (p. 24)
    Les enfants Tuvache, Vincent et Marilyn, sont acquis à la morosité mondiale et au commerce de leurs parents. Si la vie les écœure, ils sont prêts à aider les autres à mourir. Et ils ne manquent pas d'inventivité. Mais voilà que le petit dernier, Alan, sourit, tout le temps, à tout le monde. Or, « personne n'a jamais souri dans la famille Tuvache. » (p. 8) Devant l'indéboulonnable optimisme du bambin, les parents Tuvache craignent pour leurs affaires. Que faire d'un enfant qui dit « au revoir » au lieu de « adieu » aux clients ? Lutter contre la joie de vivre semble la seule solution, mais insidieusement, un rayon rose et gai entre dans Le magasin des Suicides. Et c'est à mourir de rire…
    Loufoque et bouffon, ce texte est un roman noir servi à la sauce guimauve. Ou le contraire. Alan qui est d'abord le vilain petit canard devient finalement le fils prodigue. L'enfant est définitivement installé du côté des verres à moitié pleins et des lendemains qui chantent. Alan, c'est la graine qui germe doucement avant d'imposer une ramure magnifique. Il faut longtemps aux Tuvache pour reconnaître l'importance du trésor que renferme Alan. Mais finalement… « Lucrèce, Marilyn, Mishima, Vincent… À tous, il leur manque Alan comme il manque un sens à l'existence. » (p. 105)
    Humour noir et sarcasme sont au rendez-vous et les situations tragi-comiques s'accumulent. Faire de la mort un marché, c'est culotté. Capitaliser sur le malheur des autres, c'est carrément ignoble, mais quand c'est fait avec éthique… Férocement drôle, ce court roman se lit rapidement et avec jubilation. Voilà un texte qui ne laisse aucune prise à la morosité. Vous avez un coup de blues ? Lisez-le ! Vous ne verrez plus un nœud coulant de la même façon…
    L'écriture et la narration de ce roman se prêtent à la mise en scène et à la représentation. Je suis curieuse de découvrir l'adaptation qu'en propose Patrice Leconte, sous la forme d'un film d'animation très prometteur. Sur les écrans au printemps 2012.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Cath36, le 24 mars 2011

    Cath36
    Et pan contre la morosité de notre siècle, elle en prend pour son grade dans cette satire de notre société de consommation ! La volonté de désespérer pour faire tourner la machine y est assez finement analysée sous de grosses ficelles rigolotes. Y'en a pour tout le monde ! Parents moroses, enfants dépressifs, infos démoralisantes, clients à bout du rouleau, tout est fait dans ce magasin des suicides pour encourager la vente... Il s'agit vraiment de geindre plus pour gagner plus, pour parodier une formule qui du reste n'a pas fait ses preuves... Et lorsqu'un gamin heureux de vivre (le raté de la famille) détraque la machine, c'est comme à la roulette (russe de préférence) : rien ne va plus ! : "regardez ça : nos nouveaux pistolets jetables tirent des balles à blanc, les bonbons de la mort ne niquent plus que les dents...Les sabres à seppuku servent de tapettes à mouches." Sans compter que "le gouvernement, reconnaissant son incompétence et sa culpabilité, a décidé de se suicider ce soir en direct à la télé." on n'en demande pas tant au nôtre, mais enfin... Bref j'ai lu ce petit livre très rapidement et j'ai passé un bon moment, à part la fin, que j'ai trouvé absurde et inopportune.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Lunasirius, le 28 mars 2011

    Lunasirius
    Comme je vous le disais il y a quelque temps, ce petit livre m'intriguait énormément. Sa couverture jaune pétante, son titre et le résumé de quatrième de couverture avaient attiré mon attention. Sans compter, les nombreux avis publiés sur les blogs à sa sortie. J'étais donc pressée de me lancer dans sa lecture. C'est à présent chose faîte et je suis ravie.
    C'est petit livre très chouette, vite lu : ce roman fait un peu plus de 150 pages qui défilent sans problème et sans ennui. L'auteur possède un style d'écriture bien à lui, intéressant, poétique à ses heures. C'est très plaisant à lire.
    le côté déjanté, décalé et invraisemblable fait tout le charme de ce petit livre. Humour noir qui prête à sourire, références diverses (les prénoms de suicidés célèbres donnés aux enfants par exemple) et détails insolites font de ce livre un ouvrage surprenant. Chaque détail est pensé pour rester dans la thématique du suicide et c'est très plaisant. Par exemple, il ne s'agit pas de dire "au revoir" aux clients mais "adieu" - ce que Alan, le petit dernier oublie toujours au grand dam de ses parents. L'attirail à suicide est impressionnant de créativité (cordes, confiseries, pomme empoisonnée... et autres inventions plus loufoques).
    Vincent est le plus créatif dans l'art du suicide. Inventions en tout genre se succèdent dans son esprit. Marilyn, plus effacée, se sent inutile et rêve aussi de quitter la vie. le personnage d'Alan apporte une touche de fraîcheur et de tendresse dans l'univers gris de sa famille. Son optimisme est souvent à l'origine de situations amusantes. Ses chansons flottent en une banderole d'espoir et de gaité dans ces pages.
    "De l'autre côté d'une cloison, la voix d'Alan résonne :
    - Fais de beaux rêves, maman. Fais de beaux rêves, papa.
    Les parents soupirent."
    L'histoire aurait pu être sombre, triste, or elle réussit à rester pleine de fraîcheur. Cependant, passé les trois quart du livre, elle perd un peu de son humour et de son côté loufoque pour prendre une tournure plus sérieuse.
    Finalement, le seul regret que j'aurais se situe dans le final. Passé la moitié du livre, on se doute de la fin et elle ne nous surprend pas.
    En bref, j'ai adoré le côté décalé, déjanté de l'histoire. Chaque personnage possède son petit quelque chose de particulier et Alan est particulièrement attachant. le seul petit regret serait la fin sans véritable surprise.

    Lien : http://livrenivre.blogspot.com/2011/03/le-magasin-des-suicides-de-je..
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  • Par Akajou, le 23 janvier 2012

    Akajou
    Je suis tombée, par le plus grand des hasards, sur ce petit livre à la couverture jaune, éclatante, dont le titre ne laissait présager rien de très amusant. L'auteur m'était familier, je l'avais vu passer, parfois, à la télévision et j'avais beaucoup aimé son ton humoristique et sarcastique. Donc, j'ai acheté le bouquin, pour voir ! Difficile à décrire cette tranche de vie où l'on parle principalement des différentes façons de se donner la mort ! L'histoire se passe dans le futur, dans une ville quelconque. On suit la vie d'une famille dont tous les membres (les 3 enfants en particulier) sont très originaux, chacun à leur manière. Tout est voué à la tristesse dans ce petit magasin familial où les clients ne reviennent jamais car ils y ont trouvé leur “bonheur” ou plutôt leur malheur !
    J'ai lu cette fable en quelques heures, ne pouvant me détacher de cette histoire délirante à souhait : de l'humour noir, en veux-tu, en voilà, des répliques absolument décapantes…on est entrainé dans ce récit qui paraît tellement réel et où toutes les bonnes actions deviennent mauvaises et inversement. le style est nerveux, délié et précis. Les personnages sont très bien décrits, avec beaucoup de détails. Ils voient la vie de la même façon, sauf le petit dernier de la famille qui est le “vilain petit canard” et qui n'a qu'un but : faire rire et rendre heureux les autres. Evidemment, ses parents ne vont pas être d'accord et c'est très amusant de voir l'affrontement entre les membres de cette famille et ceci jusqu'à la fin du livre que je ne vous dévoilerai pas : il faut la découvrir par vous-même ! Malgré cette ambiance tournant autour de la mort et des différents moyens d'y arriver, on rit constamment et c'est finalement un livre qui redonne de l'énergie pour la journée et que j'ai adoré.
    Note : 18/20

    Lien : http://akashew.wordpress.com/2011/12/31/le-magasin-des-suicides/
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    • Livres 2.00/5
    Par Malaura, le 01 mai 2011

    Malaura
    La famille Tuvache a une petite entreprise bien prospère. Au "magasin des suicides", depuis 10 générations,les Tuvache vendent tous les accessoires pour se suicider. Mais leur petit dernier Alan, leur donne bien du souci. Son insatiable joie de vivre est un fléau pour le commerce, sa mine réjouie contamine même la famille. Et ne voilà -t-il pas que les Tuvache se mettent à rire, à chanter face à une clientèle de plus en plus décontenancée !...
    Véritable hymne à la joie de vivre "Le Magasin des Suicides" est un petit livre sympathique et drôle dans lequel on retrouve l'inconditionnel humour de l'auteur. Jean Teulé semble s'être amusé à écrire ce bref ouvrage ludique et sans prétention, pour le seul plaisir de nous faire sourire en nous exhortant, à l'instar d'Alan Tuvache, à garder au fond du coeur, optimisme et bonne humeur.
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Citations et extraits

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  • Par x-Kah-mi, le 21 décembre 2010

    - Et puis cesse de chantonner (elle l'imite):
    "Bon-zou-our!..." quand des gens arrivent. Il faut dire d'un air lugubre : "Mauvais jour, madame..." ou: "Je vous souhaite le grand soir, monsieur." Et surtout, ne souris plus! Tu veux faire fuir la clientèle ?...
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  • Par Plumeline, le 10 octobre 2011

    « - C’est cher ? se renseigne l’enseignant.
    - Le tout, trois cent euros-yens.
    - Ah quand même ! Est-ce qu’on peut payer …
    - A crédit ? demande le commerçant. Chez nous ? Vous plaisantez, pourquoi pas une carte de fidélité !
    - C’est que c’est un investissement.
    - Ah bien sûr, c’est plus onéreux qu’un bidon de napalm mais, après tout, ce sera votre dernière dépense… Sans compter que c’est l’aristocratie du suicide, le seppuku. Et je ne dis pas ça seulement parce que mes parents m’ont prénommé Mishima.
    Le client hésite.
    - J’ai peur de ne pas avoir le courage … avoue le prof dépressif en soupesant le tanto. Vous ne faites pas de service à domicile ?
    - Oh non !! s’indigne M. Tuvache. On n’est pas des assassins, tout de même. Vous rendez-vous compte, c’est interdit. Nous, on fournit ce qu’il faut mais les gens se débrouillent. C’est leur histoire. On est là juste pour rendre service en vendant des produits de qualité, poursuit le commerçant qui conduit le client vers la caisse.
    Et, pliant soigneusement le kimono qu’il glisse avec le sabre dans un sac d’emballage, il se justifie :
    - Trop de gens agissent en amateurs… Vous savez que sur cent cinquante mille personnes qui font la tentative, cent trente huit mille se ratent. Ces personnes se retrouvent souvent handicapées sur des chaises roulantes, défigurées à vie tandis qu’avec nous… Nos suicides sont garantis. Mort ou remboursé ! Allez, allez, vous ne regretterez pas cet achat, un athlète comme vous !… Vous respirez un bon coup et hop là ! Et puis, comme je dis toujours on ne meurt qu’une fois, alors autant que ce soit un moment inoubliable. »
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  • Par missmolko1, le 19 janvier 2011

    - Allô ? Ah, c'est vous, monsieur Tchang ! Bien sûr que je me souviens de vous : la corde, ce matin, c'est ça?... Vous ?... Vous vouliez nous ?... Je n'entends pas (le client doit appeler d'un portable). Nous inviter à votre enterrement ? Oh, c'est gentil ! Mais vous allez faire ça quand ? Ah, vous avez déjà la corde au cou ? Alors, aujourd'hui mardi, demain mercredi... donc la cérémonie aura lieu jeudi. Ne quittez pas, je demande à mon mari...
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  • Par Orphea, le 12 août 2009

    -Trop de gens agissent en amateurs...Vous savez que sur cent cinquante mille personnes qui font la tentative, cent trente-huit mille se ratent. Ces personnes se retrouvent souvent handicapées sur des chaises roulantes, défigurées à vie, tandis qu'avec nous...Nos suicides sont garantis. Mort ou remboursé !
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  • Par Couperine, le 22 juillet 2011

    - Je vous parle de ça, reprend Lucrèce, parce que je vous voyais tout à l'heure lever les yeux vers la frise de petits tableaux, tous à la même taille, que nous accrochons au mur, côte à côte sous le plafond.

    - Pourquoi représentent-ils chacun une pomme ?

    - A cause de Turing, justement. L'inventeur de l'ordinateur s'est suicidé d'une drôle de manière. Le 7 juin 1954, il a trempé une pomme dans une solution de cyanure et l'a posée sur un guéridon. Ensuite, il en a fait un tableau puis il a mangé la pomme.

    - Sans blague !

    - On raconte que c'est pour cette raison que le logo d'Apple représente une pomme croquée. C'est la pomme d'Alan Turing.

    - Oh ben ça... au moins je ne mourrai pas idiote.

    - Et nous, poursuit Lucrèce qui ne perd pas le sens du commerce, à la naissance de notre cadet, nous avons confectionné ce kit de suicide.

    - Qu'est-ce que c'est ? S'approche la cliente intéressée.

    Mme Tuvache lui fait l'article :

    - Dans cette pochette plastique transparente, vous voyez que vous avez une petite toile montée sur châssis, deux pinceaux (un gros, un fin), quelques tubes de couleurs et bien sûr la pomme. Attention, elle est empoisonnée !... Et ainsi, vous pouvez vous tuer à la manière d'Alan Turing. La seule chose qu'on vous demandera, si vous n'y voyez pas d'objection, c'est de nous léguer le tableau. On aime bien les accrocher, là. Ça nous fait des souvenirs. Et puis, c'est joli toutes ces pommes alignées sous le plafond. Ça va bien avec le carrelage de Delft au sol. On en a déjà soixante-douze. Quand les gens attendent à la caisse, ils peuvent regarder l'expo.

    C'est ce que fait la grosse cliente :

    - Il y en a dans tous les styles...

    - Oui, certaines pommes sont cubistes, d'autres presque abstraites. La pomme bleue, ici, était celle d'un daltonien.

    - Je vais vous prendre ce kit de suicide, soupire la grosse dame au cœur battant une marche funèbre. Ça complètera votre collection.
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