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ISBN : 2266179276
Éditeur : Pocket (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.53/5 (sur 2577 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Vous avez raté votre vie? Avec nous, vous réussirez votre mort! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abomina... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Lolokili, le 15 février 2015

    Lolokili
    A mourir de rire Le magasin des suicides ? Perso je suis toujours en vie.
    Et je veux bien me pendre s’il m’est arrivé une seule fois d’être déçue par Jean Teulé.
    Enfin… ça c’était avant. Car voilà l’exception qui fait tâche.
    Imagine (c’est pas compliqué tout est dans le titre) imagine, donc, une boutique à thème où tout maniaco-dépressif déterminé à en finir pour de bon avec l’existence dénichera un large choix de matériel haut de gamme ainsi que des conseils de pro pour s’autodétruire dans la dignité et sans risque de se louper qui plus outre (satisfait ou remboursé). Concept alléchant (quelque part) mais qui finit rapidement par tourner en boucle sur un comique de répétition calibre relou.
    C’est pas bien joli de tirer sur le corbillard, me diras-tu, mais force est de conclure que l’auteur de l’exquise Fleur de Tonnerre a ici complaisamment usé son thème jusqu’à la corde. En résulte une farce potache et désinvolte à inhumer sans tarder au cimetière des petits incidents de parcours.
    Pas non plus de quoi se flinguer, cher monsieur Teulé, car Le Montespan, que vous écrivîtes (si si, c’est moche mais c’est français) que vous écrivîtes, disais-je, un an plus tard, fut une impérissable réussite et demeurera encore longtemps mon meilleur souvenir de vous.
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    • Livres 4.00/5
    Par garrytopper9, le 30 septembre 2014

    garrytopper9
    Je ne connaissais pas Jean Teulé avant cette lecture. Aucun de ses livres ne attiraient particulièrement, sauf celui-ci qui semblait avoir une idée de base assez originale.
    Et je dois reconnaitre que niveau originalité, on est servis ! L'auteur nous plonge rapidement dans un monde futuriste, fataliste ou la société s'est égarée. La vie n'a plus grande importance, et la moindre contrariété est pretexte au suicide. Réussir sa vie n'a rien de particulièrement intéressant, par contre, il ne faut pas louper sa mort !
    Si le thème pourrait paraitre lourd, peu engageant et loin d'être drôle, c'est tout le contraire. le livre est bourré de traits d'humours, notamment en ce qui concerne les noms de rues, des places et autre lieux ou personnages célèbres.
    De plus, le livre a un véritable but, une véritable histoire, car dans ce monde si triste, nous suivons une famille, les Tuvaches qui dirigent le magasin depuis plusieurs générations. Tout va bien jusqu'à la naissance du petit dernier, Alan. Cet enfant ne va pas avoir un comportement normal puisqu'il va rire, s'amuser, être optimiste et chambouler tout ce petit monde.
    Le final m'a quand même laissé un gout amer, j'ai adoré la fin, mais je n'aurais pas voulu que le livre se termine ainsi. A la dernière page, je me suis dit « Non ! il ne faut pas que ça finisse comme ça ! » et pourtant, la fin est parfaite.
    Pour une première lecture de cet auteur, Jean Teulé m'a vraiment laissé une très bonne impression, je testerais d'autres de ces livres à l'avenir. Reste à savoir lesquels… Des conseils ??
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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 04 août 2011

    LiliGalipette
    « Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort. »
    Le monde est maussade, sombre, sinistré, triste et désespéré. Les humains ne pensent qu'à mourir et les morts volontaires se multiplient. Dans une rue de Paris, Le magasin des Suicides prospère : « c'est un petit magazin où n'entre jamais un rayon rose et gai. » (p. 7) Géré depuis des générations par les Tuvache, cette boutique est la fierté de la famille. Dans les rayonnages, on trouve tout ce qu'il faut pour passer ad patres : cordes, armes blanches, armes à feu, poisons et autres originalités macabres. « Nos suicides sont garantis. Mort ou remboursé ! » (p. 24) Pour Lucrèce et Mishima, les parents Tuvache, ce métier est presque un sacerdoce. C'est en tout cas une mission d'intérêt public : « On est là juste pour rendre service en vendant des produits de qualité. » (p. 24)
    Les enfants Tuvache, Vincent et Marilyn, sont acquis à la morosité mondiale et au commerce de leurs parents. Si la vie les écœure, ils sont prêts à aider les autres à mourir. Et ils ne manquent pas d'inventivité. Mais voilà que le petit dernier, Alan, sourit, tout le temps, à tout le monde. Or, « personne n'a jamais souri dans la famille Tuvache. » (p. 8) Devant l'indéboulonnable optimisme du bambin, les parents Tuvache craignent pour leurs affaires. Que faire d'un enfant qui dit « au revoir » au lieu de « adieu » aux clients ? Lutter contre la joie de vivre semble la seule solution, mais insidieusement, un rayon rose et gai entre dans Le magasin des Suicides. Et c'est à mourir de rire…
    Loufoque et bouffon, ce texte est un roman noir servi à la sauce guimauve. Ou le contraire. Alan qui est d'abord le vilain petit canard devient finalement le fils prodigue. L'enfant est définitivement installé du côté des verres à moitié pleins et des lendemains qui chantent. Alan, c'est la graine qui germe doucement avant d'imposer une ramure magnifique. Il faut longtemps aux Tuvache pour reconnaître l'importance du trésor que renferme Alan. Mais finalement… « Lucrèce, Marilyn, Mishima, Vincent… À tous, il leur manque Alan comme il manque un sens à l'existence. » (p. 105)
    Humour noir et sarcasme sont au rendez-vous et les situations tragi-comiques s'accumulent. Faire de la mort un marché, c'est culotté. Capitaliser sur le malheur des autres, c'est carrément ignoble, mais quand c'est fait avec éthique… Férocement drôle, ce court roman se lit rapidement et avec jubilation. Voilà un texte qui ne laisse aucune prise à la morosité. Vous avez un coup de blues ? Lisez-le ! Vous ne verrez plus un nœud coulant de la même façon…
    L'écriture et la narration de ce roman se prêtent à la mise en scène et à la représentation. Je suis curieuse de découvrir l'adaptation qu'en propose Patrice Leconte, sous la forme d'un film d'animation très prometteur. Sur les écrans au printemps 2012.
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    • Livres 3.00/5
    Par Eve-Yeshe, le 17 mai 2015

    Eve-Yeshe
    La famille Tuvache tient depuis des générations un magasin qui propose à ses « fidèles clients » tous les moyens possibles pour mettre fin à leurs jours.
    Le magasin est sinistre, bien entendu et tous les membres de la famille participe allègrement à inventer des moyens tordus pour arriver à leurs fins (ici, ce serait plutôt à leur Fin). Tous ? Vous avez dit tous ? Et bien nom, il y en a un qui résiste et s’obstine à trouver la vie belle. il s’appelle Alan (comme Alan Turing) et il est né sans être désiré, par accident de préservatifs, car ses parents voulait tester « le préservatif poreux » de chez « M’en fous la Mort ».
    C’était déjà donc mal parti. Il passe son temps à chantonner, à dessiner de jolies choses et veut absolument convaincre les autres que la joie de vivre existe bien.

    Tous les quatre n’ont qu’un seul but, créer des moyens de suicider efficaces et variés. Les clients sont satisfaits, ils ne reviennent pas se plaindre vu que le résultat est là. Tout irait donc pour le mieux si Alan ne venait pas semer le trouble…
    Ce que j’en pense :
    C’est donc un livre dont le but est de nous faire rire, tant les personnages frisent la caricature, tant les moyens proposés pour se suicider sont cocasses : le « Seppuku », hara-kiri avec un sabre assez court, en portant un kimono XXL avec un cœur dessiné à l’endroit où il faut viser, proposé à un sportif, les poisons (moyen féminin par excellence, selon madame Tuvache que explique ses recettes à base de strychnine, ou de noix vomique, la balle de 22 long rifle, plus masculin…
    Il y a des choses drôles : le gâteau d’anniversaire en forme de cercueil, Marylin qui danse lovée dans le foulard que lui a offert Alan, cela ne vous rappelle rien ?

    C’est le premier roman de Jean Teulé que je lis, et contrairement à de nombreux lecteurs, semble-t-il, il ne pas tellement plu. Peut-on rire de tout, et notamment à propos du suicide qui reste un sujet tabou dans notre société anxiogène où règnent la crise, le chômage et la violence et qui étale des piles d’ouvrages sur la quête du bonheur, vers lesquels se précipitent nombres de lecteurs.
    « Le magasin des suicides » peut-il être considéré comme un livre thérapeutique ? Je n’en suis pas sûre. Il amusera les gens bien dans leur tête certes, mais comment réagiront les personnes dépressives qui vont l’ouvrir ?
    J’ai essayé de le prendre à différents degrés, de chercher un éventuel message et en tournant la dernière page, j’en ai trouvé un, c’est pour cela que je ne mets pas une note catastrophique. En effet, il ne s’agit pas simplement d’un catalogue de produits « suicidants », et de situations qui se veulent drôles, mais font rire jaune. Il y a quand même un fil conducteur, on n’est pas dans la moquerie pure et dure.
    Note : 6/10
    Lu dans le cadre du Challenge ABC.


    Lien : http://eveyeshe.canalblog.com/archives/2015/05/17/32071108.html
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    • Livres 4.00/5
    Par TheWind, le 10 juin 2014

    TheWind
    C'est l'histoire d'une famille qui vit à une époque où l'espoir n'est plus permis. Bien malins les Tuvache de profiter de la déprime ambiante en vendant tous les accessoires possibles et inimaginables pour bien réussir son suicide.
    Mishima Tuvache met au point un parpaing en ciment muni d'un anneau pour noyade garantie. Lucrèce Tuvache est une experte en poisons : le petit dernier est détonnant et vous envoie tout droit au ciel quoique vous décidiez. L'aîné des Tuvache, Vincent, est un génie en la matière. Il élabore la maquette d'un parc d'attractions pour tous ceux qui veulent en finir avec la vie. Marilyn, elle, ne sait pas trop bien où se trouve sa place dans tout cela mais son père aura une idée géniale pour qu'elle aussi s'investisse à fond dans le commerce familial.

    Tout roule, tout baigne au Magasin des Suicides... et le lecteur, si tant est qu'il aime l'humour noir, exulte ! Jean Teulé en fait des tonnes.
    C'est drôle, c'est caustique, c'est du Jean Teulé au mieux de sa forme !

    Tout roule, tout baigne ? Vraiment ??
    Non, pas vraiment... Il y a un petit grain de sable dans le rouage..Il s'appelle Alan et c'est le cadet de la famille Tuvache. Tiens d'ailleurs pourquoi ils l'ont nommé "Alan" celui-là ? Mishima, Lucrèce, Vincent et Marilyn.. c'est bon, j'ai fait le rapprochement avec des suicidés célèbres mais Alan ???
    Ne vous en faites pas, l'explication finira par arriver (si vous lisez le livre, ne comptez pas sur moi pour dévoiler ce mystère)... et c'est savoureux !
    Donc ! Le petit Alan fait le malheur de ses parents. Il sourit dès le berceau, dit bonjour et au revoir aux clients, chante des airs joyeux, et comble du comble, il aime la vie !
    Les Tuvache sont au désespoir...mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire de ce petit ??
    Vous l'avez compris. Toute l'intrigue du livre repose sur les épaules d'Alan mais je n'en dirai pas plus...
    J'ajouterai juste mon petit avis de lectrice. Ce fut une lecture bien plaisante, rapidement torchée, une lecture d'un après-midi au soleil en attendant l'orage, un moment réjouissant. J'ai lu le mot "jubilatoire" dans certaines critiques...je n'irai pas jusque là mais certes, c'était drôle !
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Citations et extraits

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  • Par missmolko1, le 19 janvier 2011

    - Allô ? Ah, c'est vous, monsieur Tchang ! Bien sûr que je me souviens de vous : la corde, ce matin, c'est ça?... Vous ?... Vous vouliez nous ?... Je n'entends pas (le client doit appeler d'un portable). Nous inviter à votre enterrement ? Oh, c'est gentil ! Mais vous allez faire ça quand ? Ah, vous avez déjà la corde au cou ? Alors, aujourd'hui mardi, demain mercredi... donc la cérémonie aura lieu jeudi. Ne quittez pas, je demande à mon mari...
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  • Par Orphea, le 12 août 2009

    — Trop de gens agissent en amateurs...Vous savez que sur cent cinquante mille personnes qui font la tentative, cent trente-huit mille se ratent. Ces personnes se retrouvent souvent handicapées sur des chaises roulantes, défigurées à vie, tandis qu'avec nous...Nos suicides sont garantis. Mort ou remboursé !

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  • Par x-Kah-mi, le 21 décembre 2010

    - Et puis cesse de chantonner (elle l'imite):
    "Bon-zou-our!..." quand des gens arrivent. Il faut dire d'un air lugubre : "Mauvais jour, madame..." ou: "Je vous souhaite le grand soir, monsieur." Et surtout, ne souris plus! Tu veux faire fuir la clientèle ?...

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  • Par LydiaB, le 22 juillet 2011

    - Je vous parle de ça, reprend Lucrèce, parce que je vous voyais tout à l'heure lever les yeux vers la frise de petits tableaux, tous à la même taille, que nous accrochons au mur, côte à côte sous le plafond.

    - Pourquoi représentent-ils chacun une pomme ?

    - A cause de Turing, justement. L'inventeur de l'ordinateur s'est suicidé d'une drôle de manière. Le 7 juin 1954, il a trempé une pomme dans une solution de cyanure et l'a posée sur un guéridon. Ensuite, il en a fait un tableau puis il a mangé la pomme.

    - Sans blague !

    - On raconte que c'est pour cette raison que le logo d'Apple représente une pomme croquée. C'est la pomme d'Alan Turing.

    - Oh ben ça... au moins je ne mourrai pas idiote.

    - Et nous, poursuit Lucrèce qui ne perd pas le sens du commerce, à la naissance de notre cadet, nous avons confectionné ce kit de suicide.

    - Qu'est-ce que c'est ? S'approche la cliente intéressée.

    Mme Tuvache lui fait l'article :

    - Dans cette pochette plastique transparente, vous voyez que vous avez une petite toile montée sur châssis, deux pinceaux (un gros, un fin), quelques tubes de couleurs et bien sûr la pomme. Attention, elle est empoisonnée !... Et ainsi, vous pouvez vous tuer à la manière d'Alan Turing. La seule chose qu'on vous demandera, si vous n'y voyez pas d'objection, c'est de nous léguer le tableau. On aime bien les accrocher, là. Ça nous fait des souvenirs. Et puis, c'est joli toutes ces pommes alignées sous le plafond. Ça va bien avec le carrelage de Delft au sol. On en a déjà soixante-douze. Quand les gens attendent à la caisse, ils peuvent regarder l'expo.

    C'est ce que fait la grosse cliente :

    - Il y en a dans tous les styles...

    - Oui, certaines pommes sont cubistes, d'autres presque abstraites. La pomme bleue, ici, était celle d'un daltonien.

    - Je vais vous prendre ce kit de suicide, soupire la grosse dame au cœur battant une marche funèbre. Ça complètera votre collection.
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  • Par Marti94, le 20 octobre 2013

    C'est un petit magasin où n'entre jamais un rayon rose et gai. Son unique fenêtre, à gauche de la porte d'entrée, est masquée par des cônes en papier, des boîtes en carton empilées. Une ardoise pend à la crémone.
    Accrochés au plafond, des tubes au néon éclairent une dame âgée qui s'approche d'un bébé dans un landau gris :
    - Oh, il sourit !
    Une autre femme plus jeune - la commerçante -, assise près de la fenêtre et face à la caisse enregistreuse où elle fait ses comptes, s'insurge :
    - Comment ça, mon fils sourit ? Mais non, il ne sourit pas. Ce doit être un pli de bouche. Pourquoi il sourirait ?
    Puis elle reprend ses calculs pendant que la cliente âgée contourne la voiture d'enfant à la capote relevée. Sa canne lui donne l'allure et le pas maladroits. De ses yeux mortels - obscurs et plaintifs - à travers le voile de sa cataracte, elle insiste :
    - On dirait pourtant qu'il sourit.
    - Ça m'étonnerait, personne n'a jamais souri dans la famille Tuvache ! revendique la mère du nouveau-né en se penchant par-dessus le comptoir pour vérifier.
    Elle relève la tête, tend son cou d'oiseau et appelle :
    - Mishima ! Viens voir !
    Une trappe au sol s'ouvre comme une bouche et apparaît, telle une langue, un crâne dégarni :
    - Quoi ? Que se passe-t-il ?
    Mishima Tuvache sort de la cave avec, entre les bras, un sac de ciment qu'il dépose sur le carrelage tandis que sa femme lui raconte :
    - La cliente prétend qu'Alan sourit.
    - Qu'est-ce que tu dis, Lucrèce ?... Époussetant un peu de poudre de ciment sur ses manches, il s'approche à son tour du nourrisson qu'il contemple longuement d'un air dubitatif avant de diagnostiquer :
    - Il a sûrement la colique. Ça leur dessine des plis de lèvres comme ça..., explique-t-il en remuant ses mains à l'horizontale, l'une par-dessus l'autre devant son visage. On peut parfois confondre avec des sourires mais ça n'en est pas. Ce sont des grimaces.
    Puis il glisse ses doigts sous la capote du landau et prend l'aïeule à témoin:
    - Regardez. Si je pousse les commissures de ses lèvres vers le menton, il ne sourit pas. Il fait la gueule comme son frère et sa soeur dès qu'ils sont nés.
    La cliente demande :
    - Relâchez.
    Le commerçant s'exécute. La cliente s'exclame :
    - Ah ! vous voyez bien qu'il sourit
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