ISBN : 2260017231
Éditeur : Julliard (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.63/5 (sur 376 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture
Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortun... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par michaels, le 23 mai 2011

    michaels
    C'est vrai, ce livre est un petit bijou. Une histoire cocasse qui ne m'a par contre pas toujours fait rire, mais au contraire souvent dégoûté et affligé. Les mœurs et l'hygiène de l'époque à la cour de Versailles sont les raisons de mon dégoût. L'attitude du marquis de Montespan et son amour déraisonnable pour une marquise qui n'en a que faire de lui, trop occupé à se faire salir par le roi pour acquérir du futile plaisir matériel est la raison de mon accablement et de mon dépit.
    Jean Teulé a su dépeindre ici la totale absurdité de la situation. Autant, au début on ne peut que trouver beau l'attitude du Marquis lorsqu'il apprend son cocufiage, autant par la suite, son attitude nous insupporte. On n'a envie de lui mettre des claques, de lui ouvrir les yeux. Mais on le sait l'amour peut rendre aveugle et ici l'expression a tout son sens… Combinez l'amour à la passion et à un excès de possessivité et le tour est joué… de nos jours, il y a encore pleins de Marquis de Montespan. On peut cependant donner au mérite du Marquis un certain courage ou une certaine folie, ça dépend.
    En définitif, « Le Montespan » est un excellent livre. L'écriture est d'autant plus très bonne et agréable, même si le contenu est très explicite. A ne pas mettre entre les mains d'innocents et d'innocentes !
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sultanne, le 28 août 2011

    sultanne
    Jean Teulé est sans conteste le Stendhal de notre temps (la vulgarité en plus !).
    Sa plume est digne des grands romanciers français du XIXème siècle et je l'inscris dans leur lignée. Un fond historique et deux-trois personnages, il en fait un chef d'œuvre…
    J'ai retrouvé dans Le Montespan toute la verve que j'avais rencontrée dans Charly 9. Jean Teulé a l'art et la manière d'écrire des faux romans ; c'est-à-dire des romans où il ne se passe rien : pas de rebondissement, d'intrigue ou d'inattendu. Par ailleurs, ses héros, Le Montespan le premier, ne sont pas de vrais héros : ils ne font rien d'autre que d'être eux-mêmes, laissant couler leurs jours, jouissant simplement des faits historiques qui se sont greffés à eux (bien souvent de façon complètement involontaire), pour être « faits » héros par Teulé.
    Son style est un vrai bonheur : tantôt maltraitant son lecteur en le plongeant dans un langage cru, vulgaire au plus haut point, choquant, même… tantôt se faisant pardonner par une description magnifique de poésie. Teulé utilise ici un présent de narration très efficace : le lecteur est dans l'action, il entre, témoin, par la lorgnette de l'auteur pour scruter un temps qui n'est plus le sien et qu'il va sans aucun doute ou détester ou juger, mais qu'il ne comprendra pas toujours. Il renouvelle le roman historique, le modernise : n'attendez pas des faits précis regardés à la loupe et datés indubitablement… non, prenez bien plutôt une époque et découvrez-en à travers des exemples plus ou moins fictifs, les mœurs, les manières, ce qui se faisait, ce qui ne se faisait pas… On apprend ainsi, mais de façon très détournée, comment un corps d'armée se formait et se finançait sous Louis XIV, comment la mode se diffusait, comment l'information circulait et à quel rythme, quelles étaient les lois qui régissaient le mariage… etc
    Bref, un concentré d'informations précieuses que l'on ne décèle pas immédiatement, tant la plume de Teulé sait cacher ses talents. Ce dernier sait faire renaître toute une époque morte et enterrée depuis longtemps, sa plume est féroce, belle et profonde, changeante aussi. Voilà pourquoi on ne s'ennuie pas en le lisant. Il manie à ravir jeux sur les sonorités afin de nous plonger au cœur d'un combat ou en plein milieu d'une scène frivole…
    Bref, un véritable feu d'artifice, ce Montespan, qui aurait, qui sait, été digne de ceux donnés à Versailles en l'honneur de la Montespan.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    Louis-Henri, marquis de Montespan, est un époux comblé. Françoise est assurément la femme la plus belle du royaume, et elle l'aime d'une commune passion. Mais un tel trésor ne peut que faire naître les convoîtises. Nommée dame de compagnie de la reine Marie-Thérèse, Françoise de Montespan ne tarde pas à se soumettre et à succomber aux désirs du Roi-Soleil. Tout autre époux que Louis-Henri aurait tiré profit de cette union adultère. Mais en Gascon simple et homme amoureux, il refuse de céder son épouse à un autre, fût-il roi de France. Téméraire et insoumis, il accuse le roi. Son carrosse, repeint de noir et affublé de bois de cerf, annonce partout la honte qu'il subit. Ne cédant ni aux cadeaux ni aux menaces, retranché sur ses terres de Guyenne, il attend le retour de sa femme.
    Truculente et enlevée, cette biographie du marquis de Montespan ne manque pas de piquant. L'auteur appelle les chats par leur noms, et les grands de l'Histoire sont rhabillés pour l'hiver. Je doute que les gravures et autres illustrations aient pour but premier d'informer. Il s'agit surtout de faire rire.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par fermeledimanche, le 20 novembre 2011

    fermeledimanche
    Je lis presqu'exclusivement des romans policiers mais j'avoue apprécier, entre deux petits meurtres, la lecture édifiante mais néanmoins distrayante d'un petit (pourquoi petit d'ailleurs ?) roman historique de derrière les fagots. Et l'autre jour, baguenaudant entre les rayonnages de ma bibliothèque municipale (merci aux bibliothécaires qui font un travail formidable) j'ai déniché une perle : le roman du Montespan, cocu magnifique s'il en est. Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, né en 1640 et mort en 1701, a eu la malchance d'épouser, en 1663, Françoise de Rochechouart de Mortemart. Malchance puisque, quelques années après leur mariage et la naissance de leurs deux enfants, Françoise devint dame d'honneur de la reine de France, et fut naturellement remarquée— elle était spirituelle et ravissante—par Louis XIV qui s'ennuyait alors avec mademoiselle de La Vallières. Et Jean Teulé de nous relater avec vivacité, humour et esprit les mésaventures de notre pauvre cornard. Françoise prit pour nom Athénaïs (ce prénom inspiré par Athéna est aujourd'hui, paraît-il, à la mode) et sera pendant plus de dix ans la favorite du Roi Soleil. Mais Louis-Henri ne se laissera pas faire. Il va multiplier les frasques, les coups d'éclats et les coups de gueule. Il débarquera chez la duchesse de Montausier qu'il traitera de mère maquerelle. Il roulera sous les fenêtres du roi dans une berline verte repeinte en noir dont il remplacera les plumets surplombants ses armes par des cornes de cerf ou andouillers, symboles du mari trompé. Il déclarera, entrant dans un château, passer par la grande porte et non par la petite car il fallait de la hauteur pour que passent ses cornes… Il se moquera des enfants illégitimes et difformes que sa femme aura avec son royal amant. Il lui enverra un portrait de lui peint par Jean Sabatel (portait dont je ne sais pas s'il existe encore aujourd'hui, n'ayant trouvé qu'un magnifique portrait de notre homme peint par Larguillères) afin qu'elle le mette dans sa chambre quand le roi n'y sera plus. Bref, si on s'amuse avec notre cocu magnifique, on admire aussi son panache, sa pensée libre, son humour, son esprit, sans oublier l'amour formidable qu'il démontra, sa vie durant, à sa femme. Il ne cessera jamais de l'aimer. Ses derniers mots et les derniers mots du roman furent pour elle :
    - Françoise…
    Jean Teulé a le verbe vif, la phrase rapide, le dialogue aiguisé. Les chapitres du roman sont courts (trois, quatre ou cinq pages) et agrémentés de gravures qui ponctuent agréablement le récit. Jean Teulé a choisi d'écrire au présent, ce que je ne trouve pas toujours heureux dans un roman, mais là le lecteur voit l'action se dérouler devant ses yeux. Ce présent-là apporte de la véracité au récit.
    Au fil des pages il y a mille et une choses que l'on apprend sur la vie en France au XVIIe siècle : j'ai adoré la description, au début du roman, des trois jupes légères que portait Françoise : la modeste, la friponne, la secrète… J'ai appris que l'Amphitryon de Molière (1668) met en scène Jupiter-Louis XIV et Amphitryon-Montespan. J'ai croisé La Reynie, Lauzun…
    Il aurait été dommage que Jean Teulé suive les préceptes de Molière (« Sur de telles affaires toujours/Le meilleur est de ne rien dire »). Il a raconté Le Montespan comme si on y était… pour notre plus grand bonheur…
    Ah oui ! Ajoutons que Jean Teulé a fait le scénario d'une bande dessinée sur le sujet Le Montespan avec Philippe Bertrand (dessin), publiée chez Delcourt en 2010. A lire…
    Le Montespan a reçu le Grand Prix Palatine du roman historique et le prix Maison de la Presse en 2008 ainsi que le Prix de l'Académie Rabelais. le Montestan fut donc largement couronné post mortem et ce n'est que justice…
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 01 mai 2011

    Malaura
    « Epoux séparé quoique inséparable…. »
    Jamais amour ne fut plus absolu que celui du Marquis de Montespan pour sa femme Françoise. Quelques petites années de bonheur conjugal et tout s'effondre le jour où Louis XIV fait de la marquise sa favorite.
    Là où les courtisans ne voient que privilèges, Montespan s'indigne, se révolte ; dans les rues de Paris et dans tout le royaume, chacun peut apercevoir son carrosse noir surmonté, tels les symboles de son cocufiage, de gigantesques ramures de cerf , signifiant à tous que le roi est un voleur d'épouses. A qui veut entendre il expose son désespoir, sa colère, son honneur bafoué.
    Louis XIV, bienveillant pour qui sait se taire, se fend tout d'abord en privilèges, faveurs, largesses mais rien n'y fait, Montespan veut récupérer sa femme.
    Les mises en garde, la ruine ou l'exil n'auront pas plus raison de ce fougueux gascon qui n'aura de cesse de s'opposer au monarque.
    Pendant 24 ans, le plus célèbre cocu de France affronte publiquement le Roi-Soleil.
    Ah quel livre! Un style alerte, une langue on ne peut plus expressive, une lucidité impitoyable, une drôlerie féroce, c'est avec ce paquetage plein de richesses linguistiques que le truculent Jean Teulé nous fait pénétrer dans le Grand-Siècle.
    Après « Je, François Villon » ou « Le Magasin des Suicides » qui mieux que Teulé pouvait brosser avec autant de verve et de vie le portrait de cet oublié de l'histoire, doux naïf éperdu d'amour aussi vulnérable que déterminé, et nous immerger avec tant de gaieté paillarde dans l'époque turbulente du Roi-Soleil.
    On rit, on s'apitoie, on grimace, on s'offusque, on est enchanté ! La palette est complète.
    Moeurs dissolues, hygiène déplorable, absolutisme ou privilèges…cette peinture colorée du temps des Précieuses est un petit bijou d'audace et de saveur.
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Citations et extraits

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  • Par BoulieBouffeTout, le 27 août 2010

    "L'intendant se délecte : "Racontez..."
    - Le concierge était ici en robe de mariée ouverte dans le dos, les fesses en l'air, et derrière, le marquis à la culotte baissée voulait... vous savez, comme le chevalier de Lorraine avec Mr le frère du roi...
    - Aller à Naples sans passer par les ponts ?
    - C'est ça !"
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  • Par carre, le 12 janvier 2012

    La hache d'un bourreau cagoulé s'abat d'un mouvement si net et rebondissant que la tête de Saint-Aignan reste sans tomber du billot.
    L'exécuteur croit avoir manqué son coup et qu'il faudra frapper une seconde fois lorsqu'elle s'effondre sur cinq autres couvrant le plancher de l'estrade. En tas comme des choux, on dirait qu'enfin réconciliées elles se font toutes des bises partout : sur le front, les oreilles, la bouche (elles auraient dû commencer par là, de leur vivant).
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  • Par Spilett, le 22 décembre 2009

    Je lègue mes biens à mon épouse à condition qu'elle se remarie. Ainsi il y aura tout de même un homme qui me regrettera !
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  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Un aristocrate conseille un autre : 'Les caries sont dues à des vers dentaires qu'il faut tuer avec des emplâtres de poudre de corne de cerf mélangée à du miel.' Et ils trinquent en buvant une eau-de-vie de fenouil, demandent à Montespan: 'Qu'en pensez-vous?' Cravate fatiguée en dentelle, justaucorps râpé et chausses à tuyaux d'orgues avachies, Louis-Henri, sous les lambris d'or, tourne sa veste sale. Il ne se sent pas à l'aise parmi ces gens avec qui il faut toujours avoir la bouche ouverte pour rire ou parler.
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  • Par caro64, le 20 juin 2010

    - Louis-Henry, être cocu, c’est la chance de votre vie. Ne la ratez pas, elle ne repassera pas.
    - Comment peut-on penser que je me tairai, m’en accommoderai ?…
    - Vous êtes fou.
    - Fou de Françoise.
    - Ah, ça le reprend ! Que d’histoires parce que le roi aime à se rôtir le balai dans ma fille.
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