ISBN : 2266166530
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 169 notes) Ajouter à mes livres
Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 25 novembre 2011

    LiliGalipette
    En 1431, alors que Paris est encore aux Anglais et que la pucelle de France a brûlé sur le bûcher ennemi, celui qui allait devenir un grand poète voit le jour. François dit Villon ne connaît pas longtemps sa mère qui est suppliciée pour vol. Confié à la douce garde du chanoine Guillaume de Villon, François grandit comme une herbe folle. Destiné à la tonsure et à l'étude juridique, le jeune homme ne veut pas être clerc. Turbulent, impertinent et élève médiocre, il boit trop d'hypocras avec de joyeux compagnons de folies et préfère la compagnie des coquins et des ribaudes à celle des maîtres de l'université. Très tôt s'éveille en lui la passion du verbe et de la composition : « Je songe à d'autres vers, je ressens des rimes inconnues qui frissonnent. » (p. 67) C'est dit, François Villon sera poète. Mais il ne ravira pas les cours des puissants avec son talent : ce qu'il veut, c'est chanter la liberté et les forfaits de ses compagnons, quoi qu'il lui en coûte : « Je veux cette vie-là jusqu'à la corde. Ah, je me plais dans cette ordure. Ah, nom de dieu ! » (p. 80)
    Alors que son bon tuteur se désespère de le voir mal tourner, François n'aspire qu'à vivre mille expériences criminelles. « Nous avons perdu en François un honnête homme mais nous avons gagné à jamais un grand poète. » (p. 91) Entouré de canailles et de putains, il passe sa jeunesse entre farces d'écolier et affronts aux puissants et aux riches. Quand les blagues de potache le lassent, il rejoint la Compagnons de la Coquille, célèbres écorcheurs sans foi ni loi, sans pitié ni tabou. Il apprend leur langue argotique et devient leur poète attitré, celui qui rime les pires forfaits et chante les crimes les plus hideux. « Voilà, c'est fait. Je vais pouvoir apprendre puis écrire dans votre langue. J'ai réalisé un vol scandaleux aux yeux de tous et commis un crime écœurant devant témoins. » (p. 194) François n'en était pas à son premier crime, mais après ce baptême d'infamie, il consomme définitivement la forfaiture en s'accoquinant avec cette sinistre troupe. Pour eux, il sacrifie même sa belle et tendre Isabelle.
    Tant de vilenies lui forgent une réputation qui dépasse Paris et le précède. « Vous êtes le mauvais garçon du siècle ! » (p. 276) s'exclame un noble. Personne n'en doute et les forces de l'ordre courent après lui tant qu'elles le peuvent. Mais Villon est un grand chanceux : souvent capturé et dûment torturé, sans cesse promis au gibet ou à toute autre mort violente, il doit son salut à de bienveillants ou improbables intercesseurs. le temps passant, Villon se lasse de cette vie de fuite et d'horreur. Toute la fragilité de son existence lui saute aux yeux : « Mon destin – la désespérance d'un poète en haillons qui laissera à toutes les broussailles d'ici à Roussillon les lambeaux de son méchant vêtement. » (p. 325) de retour à Paris, il désespère de trouver la paix. Là encore, sa réputation l'a précédé et s'est fabuleusement développée, à tel point que le poète ne s'y reconnaît pas : « Je constate que je suis débordé par le personnage légendaire que je deviens pour la jeunesse à Paris. » (p. 407) Sa fin, quelle est-elle ? Banni de la capitale, il disparaît derrière les remparts et ainsi commence à tout jamais la légende du premier poète maudit.
    Le texte s'ouvre sur la description d'un bûcher et d'un corps consumé. Détails à l'appui, le lecteur comprend immédiatement qu'il ne sera pas pris avec des pincettes dans ce roman ! Il est plongé dans la crotte, le vice, l'ordure et la débauche de la tête au bout des chausses. Jean Teulé s'y entend pour étaler des chairs plus ou moins roses et des corps suppliciés, toujours avec truculence et humour. La machine humaine n'est pas grand-chose face à la machine de la douleur. L'époque dont traite le texte était propice aux supplices et à la fameuse question capable de faire avouer un saint. Avec la menace permanente du gibet de la torture, la cruauté devient un spectacle dont se régalent les puissants et les gueux. Et avec quel panache les mauvais garçons rendent leur dernier souffle : les truands vont à la mort en fanfarons !
    Alors que passent les grands l'époque, le roi Charles VII et son fils Louis ou l'évêque Thibaut d'Aussigny célèbre pour son manteau cousu de langues humaines, François Villon semble un parmi d'autres. Jean Teulé écrit ici un roman biographique, mais c'est le roman qui prend toute la place. La vie du poète est tellement extraordinaire et ponctuée d'évènements improbables que nous n'aurions nulle difficulté à croire que cette histoire est sortie tout droit de l'imagination de l'auteur.
    Dès la construction du titre, Jean Teulé nous immerge dans la langue médiévale. Il utilise des termes désuets et déploie un lexique d'une grande richesse. Parler des choses de l'époque avec les mots de l'époque, c'est encore ce qu'il y a de mieux pour apprécier toute la saveur d'un récit ! Et les illustrations et gravures renforcent encore l'impression que nous avons remonté le temps.
    L'auteur a écrit des romans similaires sur Verlaine et Rimbaud, alors devinez donc qui il cite en exergue ! Sous ce haut patronage à rebours du temps, l'histoire et la poésie de François Villon peut s'écrire sans difficulté. Jean Teulé pousse l'audace jusqu'à trouver l'origine de la ballade des ‘Neiges d'antan' et écrit un épisode d'enfance aussi touchant que probable sur la source d'inspiration du texte que Villon écrivit à 14 ans et qu'il clouât sur le gibet de Montfaucon. En reproduisant à l'identique les plus fameuses compositions du poète vagabond et en lui donnant la parole, Jean Teulé lui rend un hommage qui transcende les âges et qui fait rimer liberté avec majesté, même si elle ne règne que sur les bas-fonds.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lolokili, le 11 septembre 2011

    Lolokili
    Jovialement glauque et instructif !
    Pourtant persuadée d'avoir depuis longtemps intégré le club des âmes sensibles, je ne parviens pas à être totalement dégoûtée par ces joyeusetés moyenâgeuses. La lecture de cette destinée à la fois sombre et cocasse reste très divertissante, sans doute grâce à l'humour imparable de Jean Teulé et au principe du "plus c'est gros, plus ça passe"...
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    • Livres 5.00/5
    Par clamy, le 24 mai 2012

    clamy
    Comme pour tous ses autres ouvrages, j'avoue une grande passion pour cet auteur. Il a une façon bien à lui, quelque chose qui doit se nommer le style, de vous entraîner dans l'univers qu'il décrit sans que l'on puisse se défendre. Mais à quoi bon se défendre ? Laissons-nous partir sur les chemins de cette terrible fin de Moyen Age, où les descriptions frisent le dantesque. Descriptions de bagarres, de vols, de crimes et autres "joyeusetés" qui feraient frissonner le plus gaillard d'entre nous. On peut ne pas aimer les romans historiques, mais là, ce n'est plus de l'histoire, mais ce sont bien des histoires, à la fois gaies, atroces, dramatiques, qui sont contées avec le talent inimitable qui fait la patte des grands auteurs de notre temps.
    Un roman à lire absolument, ainsi que tous ses frères !
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    InColdBlog
    C'est tandis que la pucelle d'Orléans finit de se consumer lentement sur son bûcher que François de Montcorbier voit le jour.
    Son père, dont le cadavre se balance toujours à la potence du gibet de Montfaucon, n'aura pas eu la chance de l'entendre pousser son premier cri.
    Sa mère se verra réserver le même sort, quelques années plus tard : alors qu'elle a déjà eu les oreilles coupées en représailles de deux précédents larcins, elle sera pendue pour un troisième vol… qui n'en était pas un.
    Avant de mourir, elle confie son jeune fils au chanoine Guillaume de Villon.
    Toute sa vie durant, maître Guillaume prendra soin de François comme de son propre fils. A tel point que celui-ci le considèrera toujours comme son « plus que père » et prendra son nom. Voulant faire de François un érudit et un religieux, le brave homme lui fait suivre des études à l'université de Paris.
    François devient clerc. Mais s'il arbore tonsure, froc et bonnet, son comportement n'est en rien celui d'un homme de Dieu. Aux bancs de l'université, l'étudiant indiscipliné et facétieux préfère ceux des tavernes et des bordels.
    En compagnie d'amis peu fréquentables, il se retrouve impliqué dans des bagarres de soulards et des vols qui n'ont plus rien de l'esprit bon-enfant du temps où il arpentait les rues à la nuit tombée pour y chaparder les enseignes des maisons et des boutiques du Quartier Latin.
    Ses premiers gros ennuis surviennent quand, lors d'une rixe, il blesse un prêtre, Philippe Sermoise, qui décèdera le lendemain de ses blessures. Pour échapper à la justice, Villon doit fuir Paris. Il a 24 ans.

    François Villon a connu de nombreux démêlés avec la justice, l'errance, l'emprisonnement, la torture et l'exil. Mais jamais, au cours de sa vie dissolue et mouvementée, il n'a cessé d'écrire des vers et de composer des poèmes.
    En rupture avec les usages policés du poème courtois, ses Ballades, rondeaux, lais et quatrains ont traversé les âges et alimenté sa légende par leur caractère largement autobiographique.
    « Presque tous mes vers roulent sur moi, sur ma vie, mes malheurs, mes vices. Je trouve mon inspiration dans les bas lieux, dans les amours de coin de rue !
    - Pourquoi ne racontez-vous pas en un quatrain, par exemple, un peu de neige sur une branche ?
    - Ce n'est pas le scintillement de la neige sur la branche que je vois l'hiver, mais les engelures aux pieds !
    - Décrivez la rivière du Maine, la forêt là-bas… insiste René.
    - Je ne suis pas champêtre, pas paysagiste du tout ! Mon seul arbre est la potence. Je ne fais rien de la nature. Pour moi, il n'est de paysage que la ville, le cimetière est ma campagne, mes couchers de soleil sont les rixes dans la rue ! Je sors de la poésie bel esprit.
    - Vous êtes le mauvais garçon du siècle !
    - Je ressemble sans doute à un balai de four à pain mais je fais la sale besogne d'enlever la suie sur les mots d'amour courtois et les pastorales ! Mes maîtresses ne sortent pas de l'imagination châtrée d'un évêque. Mes maîtresses sont la blanche savetière et la gente saulcissière du coin qui veulent bien, vite fait, derrière un tonneau. »
    Toutefois, de celui considéré aujourd'hui comme le premier poète maudit, on ne sait guère plus que ce que nous apprennent son œuvre et les quelques documents officiels retrouvés dans les archives de la justice.
    Pour écrire, Je, François Villon, Jean Teulé s'est glissé dans la peau du poète. Dans un récit à la première personne, il en retrace la vie, prenant un plaisir visible à en combler les nombreuses zones d'ombre. C'est pourquoi si, de toute évidence, il s'est efforcé de circonscrire son récit au plus près de la réalité historique, il ne faudrait pas considérer Je, François Villon comme une biographie du poète médiéval.
    Encore moins comme une hagiographie, car Teulé s'abstient d'idéaliser Villon, d'en faire une figure aimable, une icône collant à sa légende. Au contraire, il en livre un portrait sans concession qui met en lumière toute la dualité de l'homme, à la fois poète et criminel, fréquentant aussi bien les lettrés et les rois que les brigands et les prostituées, un homme en révolte permanente mais qui ne rechigne pas à rejoindre les rangs des courtisans quand cela lui semble nécessaire.
    Les frasques estudiantines nous rendent Villon sympathique, beaucoup moins sa fascination quasi morbide pour le sordide et la fange, qui le conduit aux pires ignominies, comme livrer à un viol collectif sa bien-aimée, Isabelle de Bruyère, en signe d'allégeance à une bande de bandits sans foi ni loi (événement fruit de l'imagination de Teulé).
    François Villon est-il criminel par plaisir ou par accident ? À moins qu'il ne soit qu'un marginal qui a fini par payer un lourd tribut à sa quête effrénée de liberté absolue ? Une chose est certaine, il est un homme de son époque.
    Impossible de dissocier Villon de ce Moyen-âge trouble, marqué par la violence sous toutes ses formes : guerres, justice expéditive, exécutions sommaires, tortures, peste, famine, promiscuité, puanteur et manque d'hygiène total… La vie est dure, courte et de peu de valeur ; la mort, omniprésente. Toutes les deux sont intimement liées (comme dans le pâté à base de chair de suppliciés du charcutier !).
    Difficile dans ces conditions de blâmer Villon de vouloir jouir de la vie, d'abuser d'alcool et de sexe, sans se soucier des conséquences puisque la mort peut frapper à tout instant.
    Autant j'avais regretté que Mangez-le si vous voulez se résume presque uniquement à une description complaisante du traitement réservé à Monéys, autant ici, j'ai trouvé justifiées les descriptions, souvent crues, de la violence, du sexe et des tortures. Non seulement elles font partie intégrale du quotidien, mais elles sont indispensables pour appréhender la personnalité de Villon et mieux comprendre sa poésie. Reprocher à Teulé cet aspect du roman reviendrait à visiter certaines régions défavorisées du monde, en se pinçant le nez d'un air dégoûté, tout en détournant les yeux des populations miséreuses. Mieux vaut choisir une autre destination ou faire un tour à Disneyland.
    D'autant que de toute cette salté émergent des figures lumineuses dont la bonté contraste avec la noirceur environnante : le bienveillant chanoine Guillaume à qui Villon devra plus d'une fois son salut ; la douce Isabelle qui, après avoir vu son amour trahi, préfèrera s'enterrer vivante dans une loge de recluse. Moins ragoutante, Margot la prostituée crasseuse et obèse est elle aussi, à sa manière, une lueur d'humanité dans cet univers bestial.

    Je, François Villon est une brillante réussite, au rythme enlevé, captivante de bout en bout, tantôt drôle, tantôt mélancolique. Teulé réussit à restituer une langue foisonnante qui crée l'illusion de venir tout droit du Moyen-âge, sonnant comme de l'ancien français médiéval parsemé d'argot Coquillard, à la fois truculente et désenchantée, paillarde et poétique. Une langue qui ne “jure” pas quand sont insérés sous leur forme originale certains des poèmes de Villon, traduits ensuite en français moderne.
    Je gardais un souvenir pour le moins abscons de La ballade des pendus qu'on m'avait présentée telle quelle au collège, sans aucune explication contextuelle. Mieux que mon prof de français de l'époque, Jean Teulé a su m'intéresser à Villon et m'a rendu sa poésie abordable, compréhensible… et donc touchante.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/11/06/Vers-de-rage
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    • Livres 4.00/5
    Par rolandm1, le 05 novembre 2011

    rolandm1
    Biographie romancée sur François Villon.
    Ecrit à la première personne. François Villon raconte sa vie, depuis sa naissance jusqu'à sa disparition 30 ans plus tard.
    Jean Teulé nous décrit très bien le Paris au XV ième siècle entouré de remparts.
    Son père a été pendu et sa mère enterrée vivante, François a huit ans alors et il va habiter chez un tuteur Guillaume Villon au cloitre St Benoît à Paris.
    Il y passe sa jeunesse , se fait de bons et mauvais amis : ainsi Teulé nous fait découvrir la France en ces temps-là. le roman est documenté en joignant dans le texte des extraits des poèmes de Villon en vieux français !
    "Quand l'en me dit devant notaire :
    "Pendus serrés", je vous affie,
    Estoit il lors temps de moi taire ?...
    On en apprend beaucoup sur cette époque bien différentes de la notre. Bonnes descriptions des lieus et des habitudes, comme le cimetière des Invalides avec ses réclusoirs , les tortures, les prisons infestées de rats. J'en ai appris beaucoup !
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 02 juillet 2010

    Le corps carbonisé fumait encore entre les chaînes du poteau fixé sur un haut socle de pierre. Sa jambe droite s'était écroulée, provoquant un curieux déhanchement. Le buste penchait en avant. Les volutes ondulantes, s'élevant du crâne, lui faisaient une drôle de chevelure verticale. Un souffle d'air, comme une gifle, lui emporta une joue de cendre, découvrant largement sa mâchoire où les gencives flambaient. Dans la boîte crânienne, le cerveau s'était effondré. On le voyait bouillir par les orbites oculaires d'où il déborda et s'écoula en larmes de pensées blanches. Le bourreau lança un petit coup de pelle latéral dans les hanches. Le bassin se démantela entraînant la jambe gauche dans un nuage de poussière et de débris d'os. De la poitrine restée enchaînée au poteau, les côtes flottantes pendaient. Le cœur y glissa et tomba, encore rouge. On versa dessus de la poix et du soufre. Il s'enflamma. Un autre coup dans le sternum et le reste dégringola. Les bras filèrent entre les chaînes...
    Deux hommes d'armes de l'escorte anglaise s'approchèrent en cotte de mailles recouverte d'une tunique peinte d'une grande croix écarlate sur la poitrine.
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  • Par liliba, le 27 décembre 2008

    "- Presque tous mes vers roulent sur moi, sur ma vie, mes malheurs, mes vices. je trouve mon inspiration dans les bas lieux, dans les amours de coin de rue !
    - Pourquoi ne racontez-vous pas en un quatrain, par exemple, un peu de neige sur une branche ?
    - Ce n'est pas le scintillement de la neige sur la branche que je vois l'hiver mais les engelures aux pieds !
    - Décrivez la rivière du Maine, la forêt là-bas... insiste René.
    - Je ne suis pas champêtre, pas paysagiste du tout ! Mon seul arbre est la potence. je ne fais rien de la nature. pour moi, il n'est de paysage que la ville, le cimetière est ma campagne, mes couchers de soleils sont les rixes dans la rue ! je sors de la poésie bel esprit.
    - Vous êtes le mauvais garçon du siècle !
    - Je ressemble sans doute à un balai de four à pain mais je fais la sale besogne d'enlever la suie sur les mots d'amour courtois et les pastorales ! Mes ma^tresses ne sortent pas de l'imagination châtrée d'un évêque. mes maîtresses sont la blanche savetière et la gent saulcissière du coin qui veulent bien, vite fait, derrière un tonneau. Alors que m'importe à moi de savoir si Gontier lutine Hélène !"
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  • Par joedi, le 26 février 2012

    "Margot, ne te fais pas escalader par les deux, hein ! Ils ont payé pour un seul. Et moi, si pour de l'argent je comprends, pour le plaisir, alors là... Je pourrais encore te froisser les molaires à coups de pelle et même te tuer si tu me trompais un jour"
    "Allons, Pierret, tu sais bien que c'est toi que j'aime", roucoule la grosse Margot en repoussant, de son vaste cul, la porte derrière son mari qui bascule et s'exclame derrière l'huis : "Et qu'il ne t'arrose pas le jardin ! Treize enfants, dont sans doute aucun de moi, ça va peut-être aller comme ça ! Heureusement que la justice nous en pend un de temps en temps "
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  • Par ChezLo, le 27 novembre 2010

    "L'eau de Pleur, de Joye, de Douleur
    Qui fait mouldre le moulin de pensée

    Entendre des vers comme ceux-ci, chaque jour, fatigue. Alors, bien sûr, les vins du duc sont délicieux et servis en abondance. Mais l'existence chez les grands, même ici, comporte des obligations auxquelles je ne me plie pas de bonne grâce. Je ne suis pas à l'aise. La courtoisie traditionnelle n'est pas mon fort. La vie de cour, le spectacle que se donnent le prince et les siens pour meubler le temps découle du sentiment de leur inutilité... Ce matin, Charles a perçu mon ennui dans la grande salle bien tendue de tapisseries représentant la vie d'Hercule. [...] "Vous avez envie de nous quitter, n'est-ce pas ?"
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  • Par rolandm1, le 04 novembre 2011

    Elle se retourne et se met à quatre pattes, soulève le linge par-dessus son dos :
    -Tiens, prends-moi à la façon des juments !
    Tous les flots de sa robe bouffent jusqu'au gras du cou et s'épanouissent autour d'elle. Quel cul ! Crasseux, il en remonte des effluves mais quel cul ! Je rebois un coup de vin d'Argenteuil. Ah, nom de Dieu !
    -On dirait que ça va mieux, me dit-elle.Fais attention à ce qu'a dit Pierret, hein, Couille de Papillon ! Ne m'arrose pas le jardin. Tu t'excites, tu t'excites... tu m'inquiètes. Tiens, attrape-moi plutôt comme les hommes se prennent.
    Percevant mon étonnement, elle tend un bras derrière elle, montre du doigt: "Là." Ah?...Hop là, j'y vais et m'agite dans tout cela.
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