> Stéphane Roques (Traducteur)

ISBN : 2259212190
Éditeur : Plon (2010)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
A la frontière d'un monde perdu, Makepeace-shérif d'une ville vidée de ses habitants, patrouille dans les rues en ruines, sauvant les livres des décombres, et conservant précieusement les armes trouvées dans les maisons. Cette terre froide et inhospitalière porte les st... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par moustafette, le 20 février 2011

    moustafette
    Le shérif Makepeace patrouille chaque matin dans Evangeline, sa ville natale, perdue dans les confins d'une Sibérie plus sauvage que jamais puisque, suivant la théorie des dominos, les villes se sont vidées les unes après les autres poussant les populations à fuir un anéantissement dont on ne sait pas grand chose mais qu'on devine être un cocktail de réchauffement climatique et catastrophe industrielle ayant entraîné déplacements de populations, misère, famine et violence.
    Issu d'une famille de colons Quakers venus s'établir, en des temps meilleurs, sur des terres cédées par les Russes, Makepeace veille sur un monde cristallisé dans le silence glacial d'un hiver qui promet d'être long. C'est lors d'une de ses patrouilles solitaires qu'il rencontre un jeune rescapé qui se cache. Champion de la survie en milieu hostile, il organise quelques expéditions afin de troquer de l'alcool contre de la viande de caribou avec quelques Toungouses gardiens de troupeaux qui survivent, eux aussi, dans les montagnes alentour.
    Un jour, il aperçoit un avion. Espérant enfin que la vie d'avant existe encore ailleurs, il se met en tête de découvrir la destination de l'appareil. Commence alors une très longue quête.
    "Chacun s'attend à assister à la fin de quelque chose. Ce à quoi nul ne s'attend, c'est assister à la fin de toute chose."
    Un northern post-apocalyptique captivant car mené tambour battant. Les rebondissements s'enchaînent sans nous laisser le temps de nous apitoyer sur le triste sort des protagonistes. La beauté des paysages allègent le récit catastrophique, nostalgie, imaginaire et humour se disputent le bilan de cette auto-destruction programmée qui nous pend au nez un jour ou l'autre.
    "Lors de ce premier été, je liais du foin en bottes sous un soleil de feu et le soir je trayais les vaches à l'étable. Je n'avais rien vu à si grande échelle depuis des années. Il devait y avoir mille hectares de cultures. Et la terre était cette belle terre noire et riche dont les Russes font un sujet de plaisanterie : on y plante une cuillère, disent-ils, et il poussera une pelle. Tchernoziom, ils appellent ça, je crois."
    L'Homme n'est jamais à court de ressources, les pires comme les meilleures. A méditer...
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par snybril, le 15 octobre 2010

    snybril
    Un oiseau frigorifié…
    Il est des côtes déchiquetées que le géographe reporte consciencieusement sur sa mappemonde mais que pour rien au monde il ne souhaiterait visiter. Grâce à l'Internet et aux satellites le géographe moderne peut mesurer l'arctique sans quitter son douillet bureau parisien.
    A première vue, cette critique partage avec les étendues glacées du grand nord un point commun, une blancheur immaculée. Mais, tout comme l'été fait fondre les neiges que l'on croyait éternelles, l'imagination permet de vaincre l'angoisse de cette page trop blanche. Voilà que les premiers mots apparaissent, que la route familière se révèle. Un exercice de style pour introduire un travail de mercenaire de la critique. En guise de hors d'œuvre cette mise en abyme du livre que je m'apprête à commenter, une ballade Au nord du monde, brillamment contée par Marcel Théroux.
    Pris une fois de plus dans les filets de la « masse critique », j'ai troqué une autre partie de mon âme, bradant ces quelques lignes en échange d'un livre gratuit. Au moins me voilà tenu par un contrat, un coup de pied pour sortir de ma léthargie et retrouver les touches poussiéreuses de mon clavier.
    C'est au final un petit roman que celui que j'ai reçu. Présenté comme une chose toute simple, sans prétentions, pas un joyau littéraire ni de grandes réflexions sur la condition humaine. Juste une petite histoire, et pourtant…
    … pourtant le romancier, en véritable alchimiste, a su transformer des taches d'encre inanimées en personnages bien vivants dans ma tête. Depuis, Makepeace Hetfield, la narratrice solitaire ne me quitte plus.
    Une véritable héroïne de papier, paradoxe ambulant qui déteste lire mais vénère les livres. Il faut dire que le monde dans lequel vit Makepeace ne laisse guère de place à l'oisiveté des choses écrites. En Sibérie l'enfer vous brûle comme la glace et le froid, près de dix mois par an. Dans ce grand nord on ne regarde pas son prochain comme une promesse d'espoir mais comme une cible qu'il s'agit de garder dans son viseur.
    Le monde de Makepeace, a vu la civilisation s'effondrer. Les derniers restants ou devrais-je parler de rebuts de l'humanité semblent s'être réfugiés dans le grand nord et luttent pour survivre. Entre la violence du climat et la violence des hommes, l'espoir semble condamné.
    Notre narratrice aura passé des années à tenter de faire régner l'ordre en tant que sheriff, pour finalement se retrouver face aux fantômes, seuls habitants des ruines de son village. Pourtant, les parents de Makepeace étaient venus dans le grand nord en quête du paradis.
    Toute une génération, usée par les pièges de la civilisation, partis en masse tels des colons modernes dans le nord de la Sibérie. Ils espéraient renouer avec la vérité d'un retour aux sources. Je ne gâcherais pas ta surprise, oh toi lecteur potentiel...
    … globalement, on peut dire que ça s'est trèès mal passé, que le monde s'est effondré autour d'eau. Ce roman ne raconte pas la chute de la civilisation, mais simplement le destin d'un personnage, désabusé par la traversée de l'horreur. La fillette ayant grandi dans le simple et le rustique se mettra à rêver par la promesse de la vie moderne et de la technologie, rêvant de ce monde perdu qu'elle ne connaitra jamais.
    Jusqu'au jour ou sur le point de sombrer dans le désespoir, elle verra un avion traverser le ciel. Un avion, symbole de la modernité, véritable étoile filante pour guider ses pas vers un monde meilleur. Ce point de vue original inverse le consensus d'une nostalgie passéiste. Au poète qui rêvait d'un « Là bas, où tout est neuf et tout est sauvage, libre continent sans grillage. » Makepeace lui répondrait que « Y'a des tempêtes et des naufrages. La glace, les diables et les mirages » qu'elle connait et que franchement ça ne vaux pas le coup.
    Je me répète, mais j'ai vraiment adoré le personnage principal, son mental de survivante et ça façon de se livrer à cœur ouvert sur son monde et ses sentiments.
    « Etrange, à quel point l'homme n'est jamais plus cruel que quand il se bat pour une idée. On se tue depuis Caïn pour savoir qui est le plus proche de Dieu. »
    L'autre particularité fascinante de ce livre réside dans sa construction. La narratrice raconte sa vie « Au nord du monde » dans son journal intime, elle vit des moments intenses, pour la plupart atroces, trop difficiles pour être détaillés dans l'instant. Puis, à mesure que d'autres horreurs plus récentes se produisent, elle livre petit à petit son passé.
    Ce roman, fût pour moi une surprise, j'avais laissé le hasard de la masse critique choisir pour moi. Une délicieuse surprise, telle une crème glacée dont le parfum persiste longtemps dans le palais.

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2010/10/un-oiseau-frigorifie.html
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 03 mars 2012

    oops
    Dans la ville d'Evangeline en Sibérie ou vit le shérif Makepeace, il n'y a plus de vie, tout semble mort. La cupidité humaine a enclenché l'anéantissement ! Dans ce désert glacé où la vie rêvée de ses parents Quakers n'a plus sa place, Makepeace ne sait plus si elle doit encore espérer dans cette glaçante solitude. Alors qu'elle songe a quitter définitivement ce monde dans lequel elle ne trouve plus de raison de vivre, un avion la survole et s'écrase quelques mètres plus loin. L'espoir renaît, Makepeace est convaincu que cet avion est la preuve qu'une civilisation est encore existante et qu'il lui faut la rejoindre pour pouvoir survivre. Sa quête se transforme rapidement en traque, il lui faut un courage surhumain pour faire face à cet univers en perdition. Un roman post apocalyptique surprenant où tout est dévoilé à petites doses pour laisser au lecteur l'espoir d'entrevoir un monde meilleur porté par la loyauté et la ténacité du personnage principal Makepeace. Ce roman a reçu le prix de l'inaperçu étranger 2011, prix qui récompense les romans qui' n'ont pas reçu l'accueil médiatique qu'ils méritaient, perso je suis ravie de ne pas être passée à côté !

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par keisha, le 09 octobre 2010

    keisha
    Les parents de Makepeace ("faiseur de paix") Hatfield ont fait partie de colons ayant quitté volontairement les Etats Unis pour s'installer en Sibérie.

    "La principale chose qu'ils avaient en commun était la croyance partagée que le vieux monde courait à la catastrophe. Aucun ne fuyait la pauvreté; ils fuyaient plutôt son contraire: l'argent, l'avidité, l'idolâtrie. (...) Tous croyaient que dans l'espace et le silence figé du grand Nord, ils rejoueraient la paisible musique de la vie telle qu'elle devait être -austère, rude, façonnée par les saisons et la traversée des épreuves - et renoueraient contact avec leurs semblables."

    Au fil des années, leur ville d'Evangéline est devenue prospère, mais venant du sud des errants faméliques sont arrivés. Au début, il leur a été porté secours, mais violence et insécurité ont grandi.

    Et maintenant, Makepeace, shérif d'une ville abandonnée et glacée, patrouille, échangeant du whisky avec les chasseurs toungouzes, se méfiant des gardiens des colonnes d'esclaves qui passent sur la grand route au nord de la ville. Avec de l'organisation, cette vie solitaire demeure possible.

    Jusqu'au jour où un avion survole la région (et se crashe), mais là Makepeace se met "en tête de trouver, coûte que coûte", une survivance d'un monde qui paraissait disparu, et part sa sa recherche. Bien des aventures et des tribulations l'attendent...

    Evidemment les ingrédients de la SF post apocalyptique sont là, la situation actuelle étant plutôt due à des problèmes sociaux, d'épuisement ou de mauvaise répartition des richesses, et d'influence sur le climat des comportements égoïstes à courte vue. Un moyen classique et efficace de critiquer notre société.

    Petit à petit donc le passé de Makepeace et du reste de la planète se dévoilent, mais il faut bien survivre, et les luttes de Makepeace, son côté prudent qui décide cependant de faire confiance, son désir de lutter contre la solitude par l'amitié voire même l'amour, et surtout son besoin quasi désespéré d'espérer toujours et encore, tout en faisant face à son destin, rendent ce personnage très attachant.

    Il faut absolument découvrir ce très beau roman à la tonalité souvent mélancolique, qui réserve des surprises, et là je me relis pour détecter une erreur éventuelle de ma part qui trahirait certains détails, mais non, ça va... (si ce n'est pas du teasing, ça...). Oui, ça fait penser à La route, bien sûr, mais j'ai adoré (alors que La route, bah...)

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-au-nord-du-monde..
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  • Par Eloah, le 20 novembre 2010

    Eloah
    Alors que toute civilisation semble disparue de la surface de la terre, Makepeace survit, tant bien que mal, aux abords d'une ville désertée de Sibérie. La solitude et le danger permanent l'oppressent au point de désirer mourir mais alors que Makepeace s'apprête à passer à l'acte, un avion surgit de nulle part, traverse le ciel et s'écrase ... Il y aurait donc encore de la vie quelque part, d'autres survivants sur cette terre désolée ? Makepeace reprend courage et se lance dans une quête éperdue d'humanité. Sa longue route mène le personnage vers d'autres rescapés, regroupés en tribus, luttant eux aussi pour leur survie et se méfiant donc de toute intrusion. Cette route mène en même temps le protagoniste sur le chemin de l'introspection, retraçant son passé et celui de ses proches, tentant de comprendre comment l'homme en est venu à détruire son propre monde.

    Marcel Théroux a composé un roman d'anticipation magistral qui pousse l'homme dans ses derniers retranchements et l'interroge sur la part d'humanité qui reste lorsqu'il ne reste justement plus rien parce qu'il a, lui-même, tout détruit. Loin d'être désespéré, Au nord du monde est un récit lucide, porteur de vie malgré les drames et la violence qui se succèdent, comme pour dire que la seule force de l'être humain réside en sa capacité à rebondir et à (se) reconstruire, toujours.
    Cette lecture m'a égarée durant les 30 ou 40 premières pages puis, une révélation (du moins, un élément essentiel que je n'avais pas vu !) a relancé mon intérêt et j'ai été happée par la prose de Marcel Théroux. J'ai alors poursuivi ma lecture lentement pour savourer chaque mot, pour faire durer le plaisir. J'ai tout particulièrement aimé la manière dont l'auteur a créé un monde à la fois si proche et si inimaginable. Makepeace est de ces personnages qu'on n'oublie pas et les lieux traversés, si majestueux et si anéantis, sont d'une effrayante beauté.

    Lien : http://alireetacroquer.blogspot.com/2010/11/au-nord-du-monde-de-marc..
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 23 novembre 2011
    Comme dans La Route, de Cormac McCarthy, l'essentiel est de survivre un jour de plus, mais ce roman suggère aussi une lueur d'espoir et ne cesse de surprendre grâce à une intrigue forte et un soupçon d'illusion.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par hopla33, le 02 mars 2012

    Et même si Moïse et Mahomet étaient des charlatans, cela valait peut-être mieux que d'infliger la vérité nue aux gens : nous sommes tous là dans le désert, et nous sommes seuls, et nous allons tous mourir. Même si c'est vrai, ce n'est peut-être pas la chose la plus gentille ou la plus utile à dire à quelqu'un.
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  • Par Theoma, le 13 janvier 2012

    Étrange, à quel point l'homme n'est jamais plus cruel que quand il se bat pour une idée. On se tue depuis Caïn pour savoir qui est le plus proche de Dieu. M'est avis que la cruauté est simplement dans l'ordre des choses. On deviendrait fou si on prenait tout personnellement. Ceux qui nous font du mal n'ont pas sur nous autant d'autorité qu'ils le voudraient. C'est pourquoi ils font ce qu'ils font.
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  • Par Theoma, le 13 janvier 2012

    Pour beaucoup la vie est une affaire d'habitudes. On peut mettre tout le monde à égalité sur la ligne de départ, ça n'empêchera pas certains d'avoir plus de choses à l'arrivée et de chercher à les protéger, ni d'autres d'en avoir moins et de crier au scandale.
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  • Par kathel, le 07 octobre 2010

    Chaque jour, je boucle mon ceinturon de revolvers pour aller patrouiller dans cette ville miteuse.
    Je fais ça depuis si longtemps que j'ai pris le pli, comme la paume de la main qui porte un seau dans le froid.
    Le pire, c'est l'hiver, quand j'émerge d'un sommeil agité, que je cherche mes bottes à tâtons dans le noir. L'été, ça va mieux. L'endroit est presque ivre d'une lumière sans fin et le temps file pendant une semaine ou deux. Il n'y a pas vraiment de printemps ou d'automne dignes de ce nom. Ici, dix mois par an, le climat mord la peau.
    Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis. Mais avant ça, il y a eu des moments si durs que j'accueillais presque avec gratitude une bonne vieille tuerie entre adultes consentants.
    Oui, quelque part sur l'échelle des années, mes yeux se sont éteints avec le meilleur de moi-même.
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  • Par tulisquoi, le 24 septembre 2010

    Nous avions été si prodigues du savoir durement acquis par l’humanité. Tous ces petits faits arrachés à la terre. Le nom des plantes et des métaux, des pierres, des animaux et des poissons ; le mouvement des planètes et des vagues. Tout cela réduit à néant, comme les mots d’un message primordial qu’un idiot aurait mis à laver avec son pantalon et récupérés tout brouillés.
    On était là, à un jour de marche de la Zone, prêts à voler à la terre souillée les choses qu’on n’avait plus l’intelligence ni les moyens de produire. Et une fois épuisées les ressources de la Zone, on aurait de la chance de se retrouver dans la peau de ce môme, traquant des animaux empoisonnés dans une forêt qu’on ne serait plus capable de nommer.
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