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ISBN : 2757836064
Éditeur : Points (12/09/2013)
Résumé :
Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l'obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées – le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ?

«Demain, entre 11 h 14 et 11 h 41, Klemet allait redevenir un homm... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (216) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
30 novembre 2013
Dites donc, votre dernier truc glacé... il est rennement bien !
Ayant eu la lourde expérience que l'on joue allègrement avec mon nom dans ma jeunesse, je me permets gentiment de charrier également ce journaliste français vivant en Suède qui s'essaie avec audace au roman et dans une certaine mesure au polar scandinavo-français. Bref, un truc(sson) de ouf !
Pour ma part, la Scandinavie se résume en un mot : Fantastique. Il y a quelques années en été, j'ai eu la chance de parcourir les paysages majestueux de Suède et de Norvège jusqu'au Cap Nord en passant bien entendu par les Fjords et les îles Lofoten. Sur la route finlandaise de Laponie menant au Cap Nord, j'ai toujours le souvenir vers 3 heures du matin de ce majestueux élan (ou renne) sortant comme par magie du brouillard se dressant devant nous à 15 mètres sur le bitume. Pour vous dire, la Scandinavie, c'est encore mieux en vrai que sur les cartes postales !
Alors bien sûr, si vous avez jeté un coup d'oeil au titre du livre, la grande originalité du roman réside en effet sur la Laponie et ses habitants les Saamis.
Pour éclairer les lecteurs allergiques à la Géographie, la Laponie s'étend au-delà du cercle polaire arctique sur la péninsule Scandinave (Norvège, Suède, Finlande) et une partie de la Russie. Autant en été la température est raisonnable et il fait plein jour à quatre heures du matin avec des lunettes de soleil pour éviter d'être ébloui, autant en hiver le climat n'est plus du tout clément, la température descendant parfois à -40° ! Glaglagla…
C'est ainsi que commence le roman sur un très bref récit plutôt mystérieux concernant la mort d'un certain lapon nommé Aslak en 1693. Et puis aussitôt après, l'auteur nous replonge dans les années 2000 en janvier et plus précisément le premier jour où le soleil fait sa réapparition depuis bientôt deux mois (que l'on appelle nuit polaire par ailleurs).
Dans la ville de Kautokeino, deux événements très inhabituels vont bouleverser le quotidien paisible des habitants de la région. Dans le musée de la ville, un tambour provenant d'un donateur Français Henry Mons n'a pas encore été exposé qu'il est volé dans sa caisse d'emballage.
Un jour plus tard, un éleveur de rennes Mattis Labba est retrouvé mort poignardé près son guppi (sa cabane). Pour couronner le tout, ses oreilles ont été tranchées tel un renne volé et son scooter a été brûlé.
Chargés de l'enquête, Klemet Nango, l'unique sami de la police des rennes, et Nina Nansen, sa nouvelle coéquipière débarquant tout juste du sud de la Norvège, vont devoir s'attacher à dénouer le fil de cette histoire complexe, très éloignée de leur quotidien habituel.
Faut-il soupçonner un conflit sanglant entre éleveurs de rennes ? Y-a-t-il un lien avec l'expédition de Henry Mons en 1939 en Laponie ? Ou plus mystérieux encore, quel serait le rapport avec cette mort en 1693 ?
Long de près de cinq cent pages, ce roman d'Olivier Truc nous glace le sang avant même de découvrir le cadavre. En effet, l'auteur réussit parfaitement à nous faire ressentir la vie de ces habitants dans ces conditions atmosphériques si particulières. Dans cette région invivable pour beaucoup d'entre nous, tout est conditionné par la température et la météo.
Oubliez vos gants et vous perdrez vos doigts! Tombez en panne d'essence et vous perdrez la vie, dépecée par les loups après votre lente agonie par le froid…
Dans deux univers pourtant totalement opposés, je ferais un parallèle frappant avec le roman « coyote attend » de Tony Hillerman sur les indiens d'Amérique Navajos. Comme dans la réserve des indiens dans la région de l'Arizona aux Etats-Unis et leur police tribale Navajo, les lapons de Scandivavie possèdent leur propre police des rennes et tentent de préserver les traditions ancestrales dont la modernité ronge peu à peu ces cultures très éloignées de notre monde occidental.
Scotché sur le porte-bagage de nos deux policiers, j'ai été absorbé par cette histoire glaçante au suspense crescendo jusqu'à la toute fin du roman. Seul bémol qui m'empêche d'attribuer la note maximale, l'écriture des dialogues est trop souvent polluée par la description des personnages secondaires qui au final nous met la puce à l'oreille trop lourdement à mon gout.
Même s'il mériterait plus de simplicité dans l'écriture et d'ellipses dans le récit, ce roman reste une très belle découverte originale, instructive et passionnante. Et ne soyez pas le dernier larron à le lire !
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gruz
26 janvier 2013
Quel paradoxe ! Réussir à écrire un livre lumineux se déroulant dans une région où la nuit peut durer 40 jours.
Lumineux, oui, éblouissant comme le soleil enfin retrouvé, qui se reflète sur l'immensité neigeuse de la Laponie.
C'est un voyage extraordinaire auquel vous convie Olivier Truc.
Une contrée, la Laponie, territoire immense, froid et exigent. Un peuple totalement méconnu, les Sami, des rites si éloignées de notre quotidien. Un dépaysement total.
Une histoire ensuite, sombre et poignante, totalement ancrée dans la tradition de ce peuple lapon, où la modernité s'entrechoque violemment avec les coutumes et le mode de vie ancestraux.
Des personnages enfin, époustouflants, tour à tour complexes, touchants ou révoltants.
Que l'on soit clair, « Le dernier lapon » est un vrai polar. Mais pas que. Un vrai polar dans son ambiance, une enquête policière qui prend racine dans les traditions du Lapon. Mais aussi une histoire qui dépasse le polar par sa profondeur.
Le récit est tout en ambiance, parfois langoureux, l'auteur réussissant magistralement à déployer un environnement totalement immersif. Au point qu'on plonge corps et âme dans cet univers où la nature dicte sa loi à l'homme.
Olivier Truc réalise le tour de force de nous présenter un univers méconnu, sans jamais tomber dans la description sommaire, déconnectée du récit comme le font certains (pas de « copié-collé de wikipedia, ici).
Au contraire, l'environnement est admirablement intégré dans l'histoire, l'auteur démontrant à chaque page qu'il sait de quoi il parle (même s'il est français).
Avec une écriture sobre et imagée, sans emphase et toujours avec le ton juste, Olivier Truc achève de nous convaincre.
Une surprenante, originale et remarquable réussite.
Lien : http://gruznamur.wordpress.c..
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Sachenka
05 mars 2016
Klemet Nango, un Lapon qui a roulé sa bosse et dont la famille a abandonné le mode de vie ancestral de son peuple, travaille pour la police des rennes. Il s'agit d'une unité chargée de surveiller les déplacements des troupeaux et de régler les conflits entre les éleveurs de cette région reculée de la Scandinavie. Sa nouvelle collègue est la jeune Nina Nansen, provenant d'une petite ville portuaire du sud de la Norvège. Deux individus à l'opposé l'un de l'autre, de deux mondes complètement différents, doivent faire équipe pour préserver cet univers unique.
Mais Mattis Labba est retrouvé mort, les oreilles coupées, comme on le fait pour marquer les rennes. Cette particularité du crime semble incriminer les autres Lapons mais les policiers ne disposent pas d'éléments leur permettant d'en savoir davantage. Au même moment, un tambour ancestral a été volé au musée local. Deux affaires distinctes ou une seule enquête ? Et que dire de ce géologue français qui farfouille à droite et à gauche. Y a-t-il un lien avec cette autre expédition de 1939 ? Et avec de vieilles légendes datant de la fin du 17e siècle, synonymes de mort et de fin du monde ?
Ce roman est une bouffée d'air frais (ou nordique). Pas un simple polar. Sous couvert d'enquête policière, il permet de découvrir le monde fascinant de la Laponie. C'est ça, la particularité et l'intérêt du « Dernier Lapon ». L'élevage des rennes, les gumpis, les chanteurs de joïks, les chamans, les vieilles légendes, la géographie des lieux, les relations pas toujours harmonieuses avec les « colons », c'est-à-dire les Scandinaves (Norvégiens, Suédois…), le combat contre la modernité, etc. Même que j'en demandais plus mais, après tout, il ne s'agit pas d'un guide de voyage. Et, si tout semble tellement juste, c'est que l'auteur, Olivier Truc, a passé plus de 20 ans à travailler dans cette région. Son métier de journaliste paraît à travers son écriture. Pas de fioriture ni de poésie, tout va droit à l'essentiel.
Et il ne faut pas oublier les personnages riches et complexes. Outre Klemet et les membres de la police (dont le chef et Rolf Brattsen, le collègue peu fiable), on retrouve une brochette de Lapons assez originaux (le vieil Aslak Gaupsara, un traditionnel pur comme il ne s'en fait plus, et Nils Ante, le chanteur de joïks). Mais auss des Scandinaves avec leurs propres agendas (le propriétaire Karl Olsen, le pasteur, la géologue Eva Nilsdotter). Et quelques étrangers pour compléter le tout (André Rascagnal, un géologue français peu scrupuleux en quête d'or ou d'autres minéraux de valeur). Tous ont leur rôle à jouer dans cette histoire.
Toutefois, deux notes négatives. Oui, on découvre beaucoup sur le mode de vie des Lapons et leur culture plusieurs fois millénaires. Oui, on sent la morsure du froid, la solitude. Oui, on voyage dans cette Scandinavie aux paysages majestueux. Mais, si le roman nomme et fait référence à plusieurs lieux, ils sont peu décrits. Et j'en ai été un peu déçu. Aussi, je suis un peu lasse de ces romans policiers de plus de cinq cents pages. Je n'ai pas senti de longueurs dans ma lecture même si, par moments, il me semblait que certaines pages étaient quelque peu superflues. Je m'ennuie de ces romans de deux-cents-cinquante pages d'Agatha Christie ou de Georges Simenon
Ceci dit, au final, « le dernier Lapon » fut une merveilleuse découverte littéraire. En plus d'une enquête policière et d'un voyage dans le Grand Nord, le roman apporte une dimension humaine et éthique (traditions contre modernité, préservation de la nature contre exploitation des richesses anturelles, etc.). Dépaysement total ! J'ai tellement hâte de lire la suite, le détroit du renard, et d'autres oeuvres d'Olivier Truc.
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caro64
28 novembre 2012
Voici un roman qui nous emmène très loin, au nord du cercle polaire, dans cette Laponie qui s'étend de la Norvège à la Finlande, en passant par la Suède et la Russie. Une région immense, presque aussi grande que la France et pourtant moins peuplée que l'un de nos départements. Une région que l'auteur, Olivier Truc, connaît bien car ce journaliste vit en Suède depuis 20 ans, où il travaille comme correspondant pour le Monde et Le Point. Alors, une enquête policière à travers cette immensité glacée ?
 Il n'en faut pas davantage à l'écrivain pour nous donner le frisson.
Nous sommes à Kautokeino, quelques centaines d'habitants seulement, mais la "capitale" des samis (lapons), éleveurs de rennes ... En ce début du mois de Janvier, au coeur de la nuit polaire, deux événements vont venir perturber le quotidien de la petite communauté : le meurtre particulièrement sordide d'un éleveur de rennes, Mattis et le vol d'un précieux tambour de chaman dans le musée du centre culturel , à la veille d'une importante exposition sur la culture sami. Klemet Nango, seul policier de la communauté sami, et sa toute nouvelle coéquipière, Nina Nansen, venue des fjords du sud de la Norvège, se retrouvent face à une double enquête. Y aurait-il un lien entre les deux affaires ? A qui profitent le vol et le crime ? Membres de la police des rennes en charge de la surveillance des éleveurs et de leur cheptel, ils sont peu habitués à enquêter sur un homicide. Ces deux affaires vont réveiller les tensions entre les différentes communautés. Un policier raciste, un politicien corrompu, un activiste sami… autant de suspects potentiels. Et puis il y a ce géologue français qui semble trop bien connaître la région, et Aslak, sauvage, indompté, qui vit en marge du monde moderne.
Olivier Truc, avec une écriture simple et dépouillée, réussit un joli tour de force… Il nous plonge dans un vrai polar, parfaitement tenu du début à la fin (ahhhh, la fin .....), s'appuyant sur des personnages puissants et profonds, complexes aussi, et en plus il nous fait découvrir une civilisation aussi fascinante que méconnue. Face à une nature omniprésente et grandiose, Klemet et Nina, tous deux fort attachants, vont dénouer les fils d'une énigme dont les tenants et les aboutissants sont loin de ce qu'ils imaginaient. Alors que le soleil se lève enfin sur la Laponie après des mois de nuit polaire, restant accroché au ciel quelques minutes de plus chaque jour, le voile se lève aussi sur les déchirements d'un peuple partagé entre les attraits de la vie moderne et le besoin viscéral de s'accrocher à un mode de vie ancestral, respectueux de la nature et de la vie, sur le refus de certains d'intégrer une société qui ne comprend plus rien à rien, et l'incapacité des autres à s'adapter, malgré tous leurs efforts.
Un remarquable premier roman, passionnant par son intrigue, son atmosphère, fortement documenté, sans jamais tomber dans le travers du "trop journalistique" ni du "trop pédagogique". Une vraie surprise et surtout une totale réussite ! le coup de théâtre de la fin nous laisse en plus espérer une suite, parce que Klemet nous cache encore bien des choses, c'est certain…


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isabelleisapure
09 janvier 2016
Je ne sais pourquoi j'avais abandonné ce livre après une centaine de pages, lors de sa parution.
Depuis, il me faisait de l'oeil dans ma PAL, sans que je me décide à le reprendre.
Pourquoi me suis-je décidée à le choisir enfin ? Peut-être que la COP 21, et le réchauffement climatique m'ont donné envie de faire un tour chez les lapons, pour avoir vraiment froid, très, très froid !
Et pour faire froid, il fait froid au pays des rennes, ou le soleil ne se montre que quelques heures par jour !
Pour réchauffer l'atmosphère Olivier Truc nous entraîne dans une histoire passionnante à la suite d'un tambour de chaman volé juste avant son exposition au centre culturel, au moment ou un éleveur de rennes, Mattis, est retrouvé assassiné.
Klemet Nango, seul policier de la communauté sami, et sa toute nouvelle coéquipière, Nina Nansen, venue des fjords du sud de la Norvège, se retrouvent face à une double enquête. Y aurait-il un lien entre les deux affaires ?
Un style clair et dépouillé va nous plonger dans cette atmosphère si originale de glace et d'obscurité où chaque minute de lumière est comptabilisée et apporte un peu d'espoir.
Ce roman est intéressant à plusieurs niveaux : la qualité de l'intrigue, les personnages, forts, complexes et attachants, les paysages incroyables et particulièrement bien restitués, le contexte ethnologique et géographique très bien documenté, on sent de la part de l'auteur une maitrise complète de la culture laponne et un véritable talent de conteur.
Une vraie surprise et un gros coup de coeur !
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Les critiques presse (3)
Lexpress16 avril 2013
Loin des polars scandinaves traditionnels, son Dernier Lapon penche vers le polar ethnique, genre popularisé par les enquêtes en pays navajo de Tony Hillerman, ou les tribulations aborigènes d'Arthur Upfield.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte09 avril 2013
Avec ce roman ancré dans les terres boréales, Olivier TRUC devient, et nous fait devenir lapon. [...] Ce livre n'est pas un roman policier. C'est le témoignage d'une civilisation qui disparaît. C'est l'exploit d'Olivier TRUC que d'avoir su ainsi parler, exalter une contrée qui n'est pas la sienne et de la chanter presque comme un vrai lapon.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama21 novembre 2012
Olivier Truc, journaliste, correspon­dant à Stockholm du journal Le Monde et du Point, se risque ainsi, à son tour, au polar ethnologique. Avec un beau succès !
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (131) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison10 janvier 2017
Lundi 10 janvier.
Nuit polaire.
9h30 Laponie centrale.

C’était la journée la plus extraordinaire de l’année, celle qui portait tous les espoirs de l’humanité. Demain, le soleil allait renaître. Depuis quarante jours, les femmes et les hommes du vidda survivaient en courbant l’âme, privés de cette source de vie.
Klemet, policier et rationnel, oui rationnel puisque policier, y voyait le signe intangible d’une faute originelle. Pourquoi, sinon, imposer à des êtres humains une telle souffrance ? Quarante jours sans laisser d’ombre, ramenés au niveau du sol, comme des insectes rampants.
Et si, demain, le soleil ne se montrait pas ?
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fabienne2909fabienne290912 juin 2015
Il leur avait dit. Vous avez trop de rennes. C'est pour ça qu'il vous faut de si grands pâturages. Et qu'il y a tant de conflits. Mais ils répondaient qu'il fallait beaucoup de rennes pour payer les frais, les scooters, les quads, les voitures, le camion abattoir, la location de l'hélicoptère. Tu ne comprends pas, Aslak, disaient-ils, toi tu as à peine deux cents rennes.
Aslak les regardait. Et il disait : j'ai deux cents rennes, et je vis. J'ai deux cents rennes, et je n'ai pas besoin de pâturages immenses. J'ai deux cents rennes, et je les surveille. Je suis toujours avec eux. Les femelles, j'en prends le lait. Elles me connaissent. Mes rennes restent près de moi quand je m'approche. Je n'ai pas besoin de passer des jours et des jours à les chercher partout dans la toundra. Mes skis et mes chiens me suffisent. Suis-je un plus mauvais berger que vous parce que j'ai moins de rennes ou parce que je n'ai pas de scooter ?
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gruzgruz22 janvier 2013
(Aslak, éleveur de rennes)
Il fit réchauffer son petit-déjeuner habituel, une bouillie de sang de renne. Il y a longtemps, Mattis, quand il avait encore son esprit et qu'il ne craignait pas son ombre, l'avait invité chez lui à boire du café et manger du pain. Aslak n'avait pas aimé.
Heureusement, le renne lui donnait tout ce dont il avait besoin. Depuis toujours.
Il était né dans une transhumance, voilà bien longtemps. La première fois qu'il avait tété le sein de sa mère, il faisait moins quarante degrés. Sa mère en était morte. Il avait alors été nourri à la graisse de renne fondue. Le renne était un bon animal si l'on savait en prendre soin. Il nourrissait, habillait.
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DidiliDidili11 mai 2014
" Tu vois Aslak, ces montagnes, elles se respectent les unes des autres. Aucune n'essaye de monter plus haut que l'autre pour lui faire de l'ombre ou pour la cacher ou pour lui dire qu'elle est la plus belle. On peut toutes les voir d'ici. Si tu vas sur la montagne là-bas, ce sera pareil, tu verras toutes les autres montagnes autour." Jamais son grand-père n'avait autant parlé. Sa voix était calme comme toujours. Un peu triste peut-être. "les hommes devraient faire comme les montagnes. " avait dit le vieil homme. Aslak ne disait rien. Il regardait son grand père, et il regarda le paysage qui s'étendait autour de lui. Jamais les montagnes alanguies de Laponie n'avaient été aussi belles. Les vagues infinies de bruyère avec leurs tons de feu, de sang et de terre, étincelaient et crépitaient de vie sous les rayons du soleil.
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AMRAMR22 janvier 2017
— […] Dans la ferme de mes parents, nous ne parlions que sami à la maison. Lorsque j’ai commencé l’école, à sept ans, je me suis retrouvé dans un pensionnat où il n’y avait pratiquement que des enfants lapons. Nous avions interdiction de parler sami. L’instituteur était suédois et ne parlait que le suédois. Exprès. Il fallait faire de nous des petits suédois. […] À mon époque, il fallait nous assimiler. Totalement, à coups de trique. Nous étions battus si nous parlions le sami, même pendant les récréations. Tu vois cette cicatrice, là, dit-il en montrant sa tempe. J’avais sept ans, Nina et je ne pouvais plus parler ma langue, je ne pouvais plus parler du tout. Alors, si tu parles de révolte, Nina, je…
Stupéfaite, Nina vit le regard de son collègue s’embuer. Jamais elle ne l’avait vu comme ça. Il ne termina pas sa phrase et sortit, tenant la tenture pour Nina. Lorsque la tenture fut retombée, le temps des confidences était passé.

[…]

C’était le prix à payer pour ses origines. Lui, il ne voulait pas, ne pouvait pas se permettre la moindre erreur. Il devait faire ses preuves à chaque pas. Il avait peur, en fait, qu’on se moque de lui s’il y allait de suppositions trop folles. […] Voilà ce qu’il craignait. Tout à l’heure, il s’était surpris lui-même à lancer cette hypothèse des deux suspects. Il ne l’avouerait jamais à quiconque, mais il s’était senti fier quand personne ne s’était moqué de lui. […] Il vida son verre de cognac. Il n’était pas loin de la retraite, et il s’apitoyait sur son sort comme une vieille femme.
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