> Gabriel Iaculli (Traducteur)

ISBN : 2923682017
Éditeur : Les Allusifs Editions (2009)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
QUATRIÈME ENQUÊTE DE MORGADO, LE PLUS PRIVÉ DES PRIVÉS.

Mezquite Road nous entraîne beaucoup plus loin que les romans précédents dans l’enfer de la frontière entre la Californie et la Basse-Californie. La guerre qui oppose narcotrafiquants, proxénètes, pa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par goelen, le 30 mars 2010

    goelen
    Grâce à Guillaume de Babelio et les allusifs, j'ai pu découvrir ce roman qui m'intriguait depuis la rentrée. J'aime beaucoup la couverture !
    Morgado, un privé revient à Mexicali, sa ville natale pour élucider une affaire de meurtre. La famille de la victime ne croit pas à la thèse policière : un narco qui s'est fait plombé (pour reprendre le style du roman). Pour eux, c'est une histoire de dette de jeu qui a mal tourné. Faut-il encore pouvoir le prouver.
    Ce roman est le 4ème de la série. Cela ne gêne absolument pas pour comprendre l'intrigue mais je suis certaine d'avoir manqué des détails importants concernant le personnage principal Morgado, sur sa vie à Mexicali notamment. Et puis j'aurai aimé pouvoir plonger dans l'ambiance de la ville plus longtemps. En fait, c'est le défaut du roman : il est trop court (162 pages). J'aime prendre le temps de rencontrer les personnages principaux et les secondaires, me familiariser avec les lieux, particulièrement dans un polar.Tout va un peu trop vite alors que l'univers dans lequel nous emmène l'auteur est plein de recoin à explorer. Un peu de frustration donc mais j'ai pris plaisir à le lire. Peut-être que si je les avais lu dans l'ordre, je n'aurai pas eu la même impression. A vous de me le dire si vous les connaissez !
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    • Livres 3.00/5
    Par Hectorette, le 16 mars 2010

    Hectorette
    Nous sommes à Mexicali, ville mexicaine à la frontière des Etats-Unis. C'est une cour des miracles, où les prostituées côtoient les tueurs à gages, les gangs et autres dealers. Tout ça parce que nous sommes aux portes de l'Amérique, terre de rêve pour une bonne partie des Mexicains, mais aussi terre quasiment inaccessible. Et c'est dans cet endroit malfamé que débarque Miguel Angel Morgado, avocat, membre de la ligue des droits de l'Homme. Mexicali il connaît, puisqu'il y est né et y a vécu. Il y revient, appelé par son meilleur ami qui lui-même vient de perdre un proche. Il a été assassiné, officiellement pour une sombre affaire de drogue mais sa veuve ne l'entend pas ainsi. Notre avocat a donc une mission: retrouver le ou les meurtriers de cet homme et leur mobile.
    Il s'agit d'une enquête express, ficelée en 130 pages. Un peu trop court à mon goût: je n'ai pas eu le temps de m'imprégner de l'ambiance, même glauque, ni des tenants et aboutissants qui m'ont paru assez tirés par les cheveux à certains moments.
    En deux temps, trois mouvements, une déduction et une coïncidence, l'affaire est résolue, et Miguel rentre à Mexico.
    Les personnages ont peu d'âme,, certaines choses m'ont échappé, sans doute parce qu'il existe d'autres romans antérieurs à celui-ci et dans lesquels on retrouve peut-être une partie des personnages.
    Certes, c'est un roman qui fait passer un moment mais qui ne décrit que les mauvais côtés du Mexique et qui manque de consistance. J'aurais apprécié quelques dizaines de pages en plus afin de mieux suivre l'intrigue, sentir monter le suspense, appréhender la psychologie des protagonistes.
    J'y ai trouvé pas mal de ressemblances avec Le Dahlia Noir de James Ellroy (que j'ai presque détesté), pas dans la longueur, mais dans le contexte, les lieux, le style également. A propos de style d'ailleurs, j'ai été agréablement surprise par celui-ci: vu le contexte, je m'attendais à lire des vulgarités en tous genres mais non, l'auteur reste très sobre, sans utilisation excessive d'injures et autres mots déplacés; et c'est tant mieux!

    Lien : http://leslecturesdesophie.blogspot.com/2010/03/mezquite-road-gabrie..
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    • Livres 4.00/5
    Par PierreF, le 16 avril 2011

    PierreF
    Là où on avait affaire à des histoires courtes très bien menées, Gabriel Trujillo Munoz donne de l'épaisseur à son personnage, à son histoire et à ses obsessions. Dans cet opus, il prend le temps de décrire les personnages et les paysages. C'est bigrement agréable, et ça permet de s'installer dans l'histoire. Morgado est toujours ce personnage bougon, bourru et humaniste que l'on aime tant. Et cette fois, il est amoureux. C'est pour cela qu'il est pressé de se débarrasser de cette enquête pour retrouver sa bien aimée.
    On en apprend aussi plus sur la famille de Morgado. On fait la connaissance de son père, avec des passages écrits toute en retenue. J'ai eu l'impression que l'auteur écrivait ces passages avec les dents serrées, car il n'est pas trop du genre à étaler ses sentiments. On y parle aussi de son frère, de sa nièce, de sa mère. Et Morgado devient pour nous, lecteurs, un personnage plus profond et encore plus sympathique.
    On retrouve dans cet opus l'obsession de Gabriel Trujillo Munoz : ces enquêtes servent de métaphore pour décrire les relations Amour / Haine entre les Etats-Unis et le Mexique. le Mexique rêve de vivre avec l'opulence des Etats-Unis, sans en subir les conséquences, et les Etats-Unis exploitent ce pays à bas coût pour leur bien-être. Ces deux pays sont comme un couple qui ne s'entendrait plus mais qui restent ensemble … pour les enfants. C'est particulièrement bien décrit à la fin du roman avec les dialogues entre Morgado et son ami de la DEA.
    Décidément, c'est un roman qui fait avancer le cycle Morgado dans le bon sens. L'analyse de la société mexicaine devient passionnante au travers de ce personnage et j'attends avec impatience la suite, qui est ouverte au vu des dernières pages. Pour finir, je vous signale que le premier tome vient de sortir chez Folio Policier à un prix de l'ordre de 4 euros, ce qui est acceptable pour un roman de 80 pages. Alors, jetez vous vite sur les aventures de Morgado. Je vous le dis, je vous le répète, vous ne le regretterez pas.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-mezquite-road-de-gabriel-tr..
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    • Livres 4.00/5
    Par hoel, le 01 mars 2010

    hoel
    Des années après l'avoir quittée, Miguel Angel Morgado retrouve à l'occasion d'une affaire la ville de Mexicali, celle-là même qui l'a vu grandir.
    Il est contacté par Atanasio, l'un des ses meilleurs amis, qui voudrait voir l'avocat enquêter sur la mort d'un autre ami, accro au jeu et retrouvé mort dans un hôtel minable, de la cocaïne avec lui. Certaine que la poudre blanche a été mise là pour l'incriminer, la veuve de la victime, qui aimerait bien le venger, demande à Morgado de découvrir qui l'a tué, et pourquoi.
    Morgado, rencontré tout d'abord dans Tijuana city blues, est de retour dans ce qui est ici sa quatrième enquête. L'avocat, détective à ses heures perdues, est toujours un ardent défenseur des droits de l'Homme et travaille maintenant avec Amnesty International, ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde.
    Comme dans ses précédents romans, Gabriel Trujillo Muñoz excelle dans les descriptions du Mexique, et plus encore dans celles de la frontière et de Mexicali, sa ville natale, où il est aujourd'hui professeur d'université... comme le personnage d'Atanasio.
    Ce dernier et l'avocat, amis de jeunesse, ayant combattu ensemble pour leur idéal politique, l'anarchisme, ne peuvent que constater les dégâts, observant ce qu'est devenu le Mexique d'aujourd'hui. Corruption des autorités, criminalité galopante, rapports conflictuels avec le voisin... : désabusés, et voyant leurs rêves de révolution s'éloigner, les deux hommes se contentent alors de refaire le monde.
    L'intrigue, quant à elle, est de bon niveau, avec ce qu'il faut d'action et de rebondissements pour tenir le lecteur en haleine.
    Dans la continuité des précédentes enquêtes de Morgado, Trujillo Muñoz poursuit avec Mezquite Road l'élaboration cohérente d'un cycle de grande qualité sur le Mexique d'aujourd'hui. Plus long, mais aussi plus abouti, ce roman noir allie intelligence du propos, écriture de talent et intrigue de qualité. Il n'y a plus qu'à espérer avoir des nouvelles de Morgado...

    Lien : http://hanniballelecteur.over-blog.com/article-mezquite-road-gabriel..
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    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 26 février 2010

    kathel
    Tout d'abord, la collection des Allusifs, 3/4 polar est une belle réussite, très soignée, avec son marque-page assorti, son beau papier et son format agréable. Les romans ne sont pas longs et conviennent à une lecture courte, entre deux, ou à des lecteurs moins boulimiques que d'autres ! Gabriel Trujillo Muñoz inaugure cette collection avec quatre romans concis, à classer en romans noirs, plutôt que policiers. le personnage, Morgado, en est le même, mais commencer par le quatrième ne m'a pas gêné du tout dans ma lecture.
    Il faut se préparer en ouvrant ce livre à entrer tout de suite dans le vif du sujet. le livre est court, mais aucune ligne n'est inutile, pas même dans les dialogues. Mezquite Road est surtout passionnant pour sa descente dans les bas-fonds de la Basse-Californie : cercles de jeux clandestins, trafic de drogue, prostitution, flics véreux, intrusion d'agents du FBI… Ce n'est pas de tout repos pour Morgado de vouloir comprendre ce qui s'y passe réellement et l'action n'accepte aucun temps mort. L'amour de l'auteur pour sa ville de Mexicali, non dépourvu de la conscience de tout ce qui la gangrène, apparaît tout au long du roman, et le rend fort sympathique. J'ai trouvé quelques petites faiblesses dans la description des personnages féminins, et bien sûr, la brièveté du roman est un peu frustrante, mais je vous conseille de le découvrir si vous en avez l'occasion.


    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-gabriel-trujillo-munoz-m..
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Citations et extraits

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  • Par hoel, le 01 mars 2010

    Il dut se rendre à l'évidence : à Mexicali, la vie était plus qu'ailleurs précaire, hâtive et saisonnière, et pas à cause de la chaleur extrême. « Une décharge d'électricité, songea-t-il. Un temps compact à l'extrême. Cette ville a plus évolué en un siècle que d'autres en mille ans. Ses habitants ressemblent à des lévriers de course. Ils foncent derrière un lièvre qu'ils ne pourront jamais rattraper, un lièvre qui représente les rêves de tout un chacun : l'argent facile, le pouvoir d'achat, les offres d'emploi, chimères qui deviennent parfois réelles, mais ont alors, pour la plupart, la vie trop brève. Ici, les cycles s'accomplissent en un instant. »
    En s'arrêtant à un carrefour, il eut l'impression de faire corps avec la foule des touristes gringos, des bonimenteurs sans lendemain, des marchands ambulants et des péripatéticiennes, des policiers impuissants ou corrompus, des Mixtèques implorants, des musiciens des rues souriants, des mendiants aveugles, des Chinois impassibles et des prédicateurs de la vieille bonne nouvelle ; de faire corps avec ce cirque de fauves domptés et de dompteurs plus féroces les uns que les autres en train de fermenter, mêlés, dans le même bouillon de culture.
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  • Par kathel, le 26 février 2010

    - Que puis-je vous dire de plus ? demanda la veuve en regardant Morgado. C’était malgré tout un brave homme.
    La maison où ils se trouvaient était une fournaise. Un rafraîchisseur d’air ronronnait sans arriver à diminuer un tant soit peu la chaleur qui régnait dans le salon, ce dont ne semblait aucunement se soucier la femme en deuil qui lui débitait une véritable hagiographie de son défunt mari comme s’il s’agissait d’une histoire connue par cœur à force d’être répétée.
    - Mon Heriberto était comme ça. Joueur, coureur, bon père et bon époux. Rien qui sorte de l’ordinaire.
    Morgado n’ouvrait pas la bouche. La chaleur l’abrutissait. Si elle lui avait au moins offert de la bière. Mais il n’y avait même pas d’eau dans la pièce.
    - Voilà pourquoi j’ai demandé à Atanasio, qui était son ami, et qui est le parrain de ma fille aînée, de m’aider à tirer l’affaire au clair. Vous savez à quel point il est difficile, pour une veuve, de demander une chose pareille. D’aller contre l’avis de tout le monde. On me dit de laisser mon Heriberto reposer en paix, de ne pas remuer toute cette gadoue. Mais ce n’est pas dans mon caractère.
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  • Par hoel, le 01 mars 2010

    Morgado ne prêta guère attention à l'avertissement. Dans son esprit miroitaient alors de vieilles images douloureuses du labyrinthe de fausses pistes et d'impasses qu'était devenue sa dernière enquête à Mexico, dans laquelle la bureaucratie policière n'avait cessé de faire obstruction à ses recherches. Le cas qui le préoccupait à présent était très différent, bien sûr, mais non sans points communs avec cette autre affaire. Ici, la victime n'était pas une personnalité, comme là-bas, mais un individu ordinaire, avec de rares qualités et de gros défauts, qui n'avait rien d'héroïque, n'était pas connu. Mais comme à Mexico, Morgado retrouvait des acteurs qui échappaient à la loi, une justice qui n'en était pas une, et la violence comme seul recours. « Arrête de raisonner en avocat, se dit-il, tu n'es pas à une table ronde sur les droits de l'homme mais dans la réalité. Où il y n'y a aucun droit qui vaille. Seulement des crimes irrésolus. »
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  • Par hoel, le 01 mars 2010

    « - Et tu donnes des cours, aujourd'hui ?
    - J'ai quelques recherches à faire et je donne des cours, oui. Si j'expliquais à mes élèves comment on prépare un cocktail Molotov, ils seraient les premiers à me faire envoyer à l'asile ou en prison. Les temps héroïques révolutionnaires sont révolus. Aujourd'hui, plus personne ne rêve, Morgado. On ne pense qu'à la réussite, à s'en mettre plein les poches. Les jeunes d'aujourd'hui sont pragmatiques. Ils veulent du fric pour consommer, avoir un statut social, profiter...
    - La rébellion est encore vivante, Atanasio, ne sois pas pessimiste. Elle emprunte seulement d'autres chemins. »
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