> Freddy Michalski (Traducteur)

ISBN : 2702435173
Éditeur : Le Masque (2011)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres

Ils sont trois : Ben, docteur en botanique et marketing, Chon, mercenaire féru d’armes sophistiquées, et Ophelia (dite O), une bimbo que l’on aurait tort de prendre pour une idiote. Ce trio à la Jules et Jim produit de l’hy... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (7)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Eskalion, le 09 mai 2011

    Eskalion
    Vous savez quoi ? Je viens de me faire un rail ! Un shoot littéraire plus précisément ! Un truc puissant, qui vous fait décoller de vos baskets aussi surement qu'une fusée Ariane vous envoie dans l'espace ! Et je plane encore au moment où je rédige ce billet de lecture !
    Sauf que là, le dernier roman de Don Winslow, il ne vous expédie pas au nirvana, mais direct dans un univers complètement déjanté. Un monde ultra violent, où les flingues chantent comme des orgues de Staline, où les dollars coulent à torrent, où « l'herbe » a de telles vertus financières qu'elle vous transforme en écologiste radical, et où le passe-temps des tueurs des cartels consiste à jouer de la tronçonneuse et transformer « les gens en distributeur de bonbons Pez ».
    Laguna Beach, sud de la Californie. Sexe, volley Ball, bière et dope. Ainsi se résume la vie d'un trio inséparable, voire fusionnel constitué de Ben, docteur en botanique et marketing, fils de parents psy, de Chon, ancien militaire des forces spéciales, qui lui ne se pose pas trop de questions. Au milieu, nous trouvons, Ophélia, O. , pour les intimes. Une bimbo moins bête qu'il n'y paraît, amoureuse de ses deux hommes. « Ben est sang chaud, Chon est métal froid, Ben a du cœur, Chon est indifférent, Ben fait l'amour, Chon baise. Elle les aime tous les deux. »
    Nos trois compères vivent confortablement du commerce d'un cannabis haut de gamme que tout le monde s'arrache, l'Hydro, et qu'ils ont eux même mis au point. Cette activité ne leur pose aucun problème de conscience « La dope est censée être mauvaise, mais dans un monde mauvais, c'est bien, si vous saisissez le renversement de polarité morale du paradoxe. Chon voit dans les drogues la réponse rationnelle à la folie »…
    Bien sûr ce succès commercial ne pouvait pas passer longtemps inaperçu, en particulier d'Elena Sanchez Lauter, patronne du puissant cartel de Baja qu'elle dirige d'une main de fer, et qui est bien décidée à faire main basse sur cette petite star-up à cash, pour étendre son empire et financer sa guerre contre les autres cartels mexicains. Elle dépêche donc sur place des hommes de mains en costard cravate pour négocier l'allégeance du trio.
    Ben qui estime s'être assez amusé et avoir amassé suffisamment d'argent serait prêt à passer à autre chose et laisser la place libre au cartel, mais pas question de devenir leurs larbins ! Quant à Chon, « quand on laisse croire aux gens qu'on est faible, tôt ou tard, on se retrouve contraint de les tuer. ». Alors « Fuck You !».

    Quelques temps plus tard, comme pour accuser réception de la réponse, une cassette vidéo arrive à Ben et Chon. Sur celle-ci apparaît O. assise sur une chaise, avec en arrière plan un homme une tronçonneuse à la main. Leur égérie a été kidnappée. La dolce Vita sous les sunlights californiens vient de prendre fin brutalement.
    Dès lors les flingues sont de sortie et vont chanter leur partition sans fausse note.
    Ce roman a tout pour plaire. Un rythme effréné, dans un style qui joue avec les règles de la syntaxe et rend l'écriture de l'auteur percutante et redoutablement efficace. Mais la force de Don Winslow n'est pas seulement dans la mise en forme de son texte, dans ces chapitres courts qui donnent cette impression débridée au roman, dans ces répliques qui claquent comme des coups de feu, mais aussi dans les portraits hors du commun qu'il dresse de ses personnages.
    Des personnages plus complexes qu'il n'y parait de prime abord, et parfois même paradoxaux.
    A l'image de Ben, producteur et vendeur d'hydro, mais surtout non-violent farouche qui réinvestie ses bénéfices dans des actions en faveur du Tiers Monde parce qu' « il a une conscience sociale ». Un Ben qui« s'efforce à tout crin d'être non violent et honnête, dans un business qui est violent et malhonnête ». Mais quand la violence devient nécessaire « c'est Chon qui fait son entrée ».
    Des personnages prisonniers de leur histoire personnelle ou de leur quotidien, comme la « madròn » du cartel de Baja, obligé d'en prendre la tête et d'en assumer la violence, plus pour épargner son fils et par sens de l'honneur et de la famille , que par conviction ; ou bien encore comme Lado, son homme de main, qui les basses œuvres exécutées redevient monsieur tout le monde et rentre à la maison pour le souper, et qui se glisse dans le lit conjugal car il faut bien « donner sa dose à bobonne ».
    Rajoutez à cette histoire de feu et de sang une critique qui se lit en filigrane de cette société californienne cloisonnée, dont l'opulence se nourrit de la sueur et du sang des clandestins qui s'entassent dans des baraquements à l'ombre des grandes enseignes du luxe (« RQDM ;. Rien Que Des Mexicains. Bloc après bloc. Quand on entend de l'anglais, c'est le facteur qui parle tout seul ».). une société insouciante, superficielle, plus obnubilée par l'apparence et une pseudo quête spirituelle qu'à la misère qui l'entoure, et vous comprendrez que vous tenez entre les mains un roman remarquable. Un de ceux que l'on garde précieusement dans sa bibliothèque.
    Et dire que je n'ai pas encore lu « La griffe du chien », le chef d'œuvre de Don Winslow , je me dis que j'ai encore de sacrés moment de lecture qui m'attendent !

    En attendant, je crois bien qu'entre temps j'ai développé une addiction à Don Winslow dont je ne veux surtout pas me sevrer !

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lisalor, le 04 mai 2012

    lisalor
    Mon avis : Première incursion dans le monde de Don Winslow et quelle incursion! on en ressort sur le cul tant son univers est noir, déjanté, super violent et par certains moments complétement décalé. Sexe, drogue, mensonges et vidéos .. Un cocktail molotof explosif.
    Ben, Chon et Ophélia ménent une petite vie tranquille de dépravation, ils produisent l'hydro : une drogue haut de gamme et en vivent fort bien. Pour se racheter Ben s'investit dans l'humanitaire tandis que nos deux autres compères se laissent vivre. Jusqu'au jour où Elena la reine du Cartel de Baja veut reprendre la marché en main et kidnappe "O".
    Les cent premières pages furent pour moi un grand moment de solitude ... j'ai détesté le style, haché, télégraphique, destructuré et l'absence de verbe. J'ai lu plusieurs fois les mêmes paragraphes car je n'y comprenais rien enfin un vrai cauchemar. Des initiales à la place des mots, des surnoms de lieux. Ophélia appelle sa mère RAPU : Reine Agressive et Passive de l'Univers... Des mots comme des flashs .. c'est sexe, shoot et dépravation.
    Puis au moment du kidnapping, l'histoire devient un peu plus compréhensible, le style plus clair et limpide et là c'est grandeur et décadence. Sortez les flingues, les battes de base ball, c'est réglement de compte à Laguna. Comme le disent les personnages : "C'est le Jiii-had !! une guerre ... A l'image ... de la grippe porcine". Une fin à la hauteur du livre : sordide, brutale dans les larmes, dans les balles ...
    Convaincue ? oui et non, je trouve que son style est carrément épouvantable mais l'histoire mérite vraiment d'être lue d'une part pour se faire une idée de l'auteur et de l'autre car très violent et sans pitié et aussi parfois drôle ! enfin parfois. Finalement j'ai quand même passé un bon moment même si j'ai ramé dur.


    Lien : http://lisalor.loulou.over-blog.com/article-savages-de-don-winslow-1..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 28 avril 2012

    encoredunoir
    Ils sont inséparables. Ils, se sont Ben et Chon, jeunes entrepreneurs qui ont réussi dans le marché de l'hydro, le cannabis cultivé hors-sol, et Ophelia, leur amie qui a choisi de ne pas choisir entre les deux. le trio inséparable est aussi éclectique. Ben, botaniste qui a mis au point une nouvelle espèce d'hydro qui a fait leur fortune, compense une certaine mauvaise conscience en se lançant dans des missions humanitaires aux quatre coins du monde. Ophelia, dite O, elle, serait plutôt du genre inconsciente et cherche avant tout à profiter de la vie sans contraintes. Quant à Chon, lui, sa conscience l'embarrasse peu. Membre des forces spéciales en Irak et en Afghanistan, il sait de quoi sont capables les hommes et a divisé le monde en deux catégories : les sauvages et ceux qui le sont un peu moins mais qui peuvent progresser avec un minimum d'efforts.
    En attendant, tout va pour le mieux pour eux sous le soleil californien qui rend leur commerce si florissant. Jusqu'à ce qu'un cartel mexicain décide de faire main basse sur leur entreprise et, devant leur refus, enlève O. Dès lors, Ben et Chon vont devoir faire face à la sauvagerie de leurs adversaires et peut-être bien aussi passer la ligne qui fera d'eux des sauvages.
    320 pages et 290 chapitres. Voilà qui peut donner une idée du rythme trépidant du dernier Winslow. Une écriture que l'on a vu naître chez cet auteur dans L'hiver de Frankie Machine et qu'il a poursuivie dans La patrouille de l'aube. Elle atteint là, sans doute, son aboutissement et vous pousse à ne plus lâcher le livre jusqu'au dénouement final. Mais cela ne suffit pas à faire un bon roman. Don Winslow a, en plus, un talent certain pour camper en quelques lignes, parfois quelques mots, des personnages qui prennent chair, qui sont souvent stéréotypés de prime abord, mais attachants, et qui acquièrent au fur et à mesure de la lecture une épaisseur insoupçonnée. C'est le cas des héros comme de leurs adversaires et des personnages secondaires.
    C'est comme cela qu'avec Savages Don Winslow nous offre à la fois un roman noir extrêmement efficace sans être dénué de fond et qui vient en quelque sorte compléter le monumental La griffe du chien par le biais de la thématique du trafic de drogue entre Mexique et États-Unis et de la violence qui lui est inhérente. C'est aussi une belle histoire d'amitié et, comme souvent chez cet auteur, ce n'est pas toujours dénué d'humour.
    Un plaisir de lecture.


    Lien : http://www.encoredunoir.com/article-le-cannabis-n-adoucit-pas-toujou..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par PierreF, le 04 mai 2011

    PierreF
    290 chapitres. C'est ce que compte ce roman hors norme. Ces chapitres sont presque des paragraphes, écrits avec justesse et rapidité. Ça va à cent à l'heure mais cela ne suffirait pas à faire un bon roman, un grand roman, un gigantesque roman. Pour cela il en faut un peu plus. Eh bien, ce roman a tout et va intéresser et passionner tout le monde.
    Tout d'abord il y a les personnages, dessinés par quelques chapitres, mais tellement vivants. Ce sont de vrais salauds et pourtant on a de l'affection pour eux. On dirait des chiens lancés dans un jeu de quilles, de gentils nounours au milieu d'une meute de loups. Avec Ben, droit dans ses bottes, pacifiste jusqu'au bout des ongles, non violent et bienfaiteur du monde entier, c'est le gentil extrême. Avec Chon, l'ancien militaire ayant connu toutes les horreurs du monde contemporain, c'est un beau portrait de réaliste. Avec O, on o un des plus beaux portraits de femme fatale, amoureuse, sexuelle, le standard de la femme parfaite.
    Et puis il y a le style. Outre les chapitres courts, le style va vite. Les lieux, les actions, les caractères sont décrits avec le juste nécessaire. La priorité est à l'action avec toujours cet humour très noir, très blanc, très drôle, ces petites phrases, ces expressions, ces faux proverbes qui ajoutent le grain de sel et qui ajoutent à notre énorme plaisir de lecture. Et on sourit, on rie tout le temps, même quand il se passe des horreurs, même si le rire se transforme petit à petit en sourire, même si à la fin, le contexte prend le dessus sur l'humour pour nous rappeler la cruauté de l'intrigue, et celle du monde.
    Car au travers d'un polar speedé, il y a aussi la démonstration du trafic de drogue, de la responsabilité des Etats-Unis dans ce marché parallèle, qui est devenu part intégrante de la société actuelle par des erreurs répétées des différents gouvernements. Don Winslow nous assène ces vérités à nouveau comme il l'avait génialement fait dans La griffe du chien. C'est le petit plus qui en fait un grand roman, qu'on ne peut lâcher tant c'est bien fait, bien écrit, passionnant, du grand art !

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-savages-de-don-winslow-edit..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par jeannedesaubry, le 19 septembre 2011

    jeannedesaubry
    « Fuck You ! »
    Première phrase de « Savages », mais aussi, premier chapitre, in extenso…
    Voilà qui donne, dès l'abord, la couleur du roman.
    Chon et Ben sont amis, des vrais amis, amoureux de la même fille : « O », qui aime en retour, inconditionnellement « ses hommes ». Associés en amour, ils le sont aussi en affaire. Une belle petite affaire, sympathique, de culture de marijuana, dont la qualité est telle que leur clientèle triée sur le volet rapporte une petite fortune.
    Ben et Chon, le babacool très coooool, humanitaire dans l'âme, et l'ancien marine des Navy Seals. Association définitivement improbable, qui dans leur esprit devrait continuer indéfiniment.
    Malheureusement, le monde sauvage de la concurrence ne peut tolérer les petites entreprises indépendantes et nos deux amis vont devoir affronter, armes au poing, un cartel mexicain particulièrement violent. Ben va devoir plier son pacifisme à la dure réalité. Vaut-il mieux perdre son âme ou son amour ?
    Sur ce canevas assez simple, Don Winslow construit une histoire à l'humour ravageur toujours présent, sur un ton à l'élégance cynique et désabusée.
    Qu'on en juge : voici la jeune O prisonnière. Elle occupe son oisiveté en cherchant des personnages célèbres auxquels s'identifier. Féminins, avec de la classe, elle trouve Marie-Antoinette. « Belle, la tenue. Cette nana savait faire les boutiques. Lâchez donc MA à South Coast Plaza ou Fashion Valey, ça vaudra le détour ».
    la suite sur mon blog

    Lien : http://jeanne.desaubry.over-blog.com
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (5)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par yv1, le 12 mai 2011

    La dope-sexe de Ben & Chon. [...]

    Tout le monde en veut.

    Vous filez ça au pape, il jouerait au frisbee avec des capotes qu'il balancerait de son balcon à une foule de fidèles en adoration. Leur dirait d'y aller. Dieu est bon, tirez votre coup. Dieu est amour, envoyez-vous en l'air. (p.134)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par yv1, le 12 mai 2011

    [Chon, le mercenaire]

    ...se sent

    mort d'ennui

    en dépression

    à la dérive dans sa vie. Sans but devant lui peut-être parce que...

    ... vous creusez un puits au Soudan, ça n'empêche pas les Janjawid (Milices du Darfour et du Soudan) de débarquer et d'abattre les gens.

    ... vous achetez des moustiquaires et les garçons que vous sauvez grandissent pour

    ... violer les femmes

    ... vous installez de petites entreprises familiales au Myanmar et l'armée

    ... les vole et utilise les femmes comme esclaves et Ben commence à craindre de très bientôt partager l'opinion de Chon sur l'espèce humaine

    A savoir que les gens ne sont au fond que

    des merdes. (p.67)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Eskalion, le 09 mai 2011

    Elle se dit que ce serait plutôt cool, qui sait, d'avoir un amant camé. Une fois que tu as fini de le baiser et que tu n'as plus envie de t'en occuper, tu te contentes de l'asseoir dans un coin de la pièce.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Eskalion, le 09 mai 2011

    Quand on laisse croire aux gens qu'on est faible, tôt ou tard, on est contraint de les tuer.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Eskalion, le 09 mai 2011

    récession
    dépression
    répression
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Savages par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (30)

> voir plus

Quiz