ISBN : 2330002254
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Comme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin.
Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 06 mars 2012

    caro64
    Tout commence sur un quai de gare, durant l'hiver 1941, en Espagne. Isabel, épouse d'un phalangiste proche de Franco, est arrêtée alors qu'elle s'apprêtait à fuir au Portugal. Et se termine quarante ans plus tard, par la mort d'une brillante avocate, Maria, rongée par une tumeur au cerveau, quelques jours après le coup d'Etat avorté de février 1981. Quel est le lien entre ces deux événements ? Car il y en forcément un… mais je ne vous en dirais pas plus. A vous de lire, de creuser, de découvrir et je vous garantis que vous ne serez pas déçus.
    Victor del Arbol va nous entraîner en seulement 350 pages, ce qui est remarquable, dans l'histoire de l'Espagne sur près de quarante ans. Une Espagne des années de plomb, celle de Franco, de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à la tentative de putsch du 23 février 1981.
    Mais l'aspect historique n'est qu'un prétexte, ce qui est important à l'auteur est l'histoire de trois familles, trois générations toutes liées à un drame initial par un écheveau de fils complexes, arachnéens. L'ouragan qui couve va pouvoir se déchaîner au fil du temps et des lieux, de la fin de la guerre civile espagnole aux premières années balbutiantes de l'après Franco, de l'Estrémadure aux quartiers chics de Barcelone, d'un village perdu des Pyrénées aux plages cossues de la Costa Brava. Les protagonistes de cette histoire dans l'Histoire se retrouvent ballottés, écartelés, victimes et bourreaux dans une même danse macabre, mortuaire et mortifère.
    Enfin et surtout, La tristesse du samouraï emprunte à l'Hagakure, le livre « sacré » des samouraïs. Honneur, famille, vengeance, sens du sacrifice, courage, allégeance, toutes les valeurs du bushido traversent ce roman, le transpercent de part en part.
    C'est un livre beau et triste, profondément mélancolique, violent dans la force des sentiments qu'il évoque, qu'il invoque. Funèbre aussi : les vivants et les morts ne cessent de se télescoper, marionnettes entre les mains d'un manipulateur fou et malsain. Bien au-delà du polar, une véritable tragédie shakespearienne !
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 08 février 2012

    ivredelivres
    Si vous pensez que ce roman se passe au Japon, oubliez tout de suite !
    Nous sommes à Barcelone en Mai 1981, la tentative de coup d'état contre la démocratie date de quelques mois.
    Une femme, qui sait que sa mort est proche, livre les détails de sa vie. C'est une brillante avocate qui a envoyé sous les verrous un inspecteur jugé coupable d'une grosse bavure policière. Ce qu'elle ignorait alors c'est que quelqu'un tirait des ficelles dans l'ombre et que, comme une marionnette, elle avait fait ce qu'on attendait d'elle et comme Pandore elle avait lâché la folie et le vice dans les rues.
    Pour comprendre comment tout cela a commencé il faut faire un saut dans le temps et l'espace.

    Mérida en Estrémadure 1941
    Une ville qui bruit encore de la lutte entre républicains et phalangistes. Une femme attend sur un quai de gare, elle est belle, elle est la femme d'un dignitaire franquiste et donc du côté des vainqueurs. Un enfant l'accompagne, c'est son fils, le plus jeune, car l'aîné elle l'a tout bonnement abandonné.
    Isabel, c'est son nom, n'atteindra jamais sa destination, l'enfant sera confié à son père, son père qui le hait. Un instituteur de village s'est épris de cette femme qu'il n'aurait jamais du regarder , tel le « ver de terre amoureux d'une étoile » et ce pêché il va le payer au prix fort.

    Entre ces deux dates l'auteur nous plonge dans la période sombre de l'Espagne, la terrible guerre civile, le franquisme, les débuts de la démocratie à deux doigts d'être confisquée.
    Quarante années pendant lesquelles d'aucuns ont laissé libre cours à l'ambition, à la haine, d'autres ont paufiné leur vengeance, certains enfin sont assaillis par la culpabilité.
    Vous allez écouter la voix de María qui va revenir sur ces temps où les assassinats sont la façon simple d'éliminer un gêneur, où la torture se pratique en toute impunité.
    De quel côté se situent les descendants, les héritiers ? y a t-il un rachat possible ?
    Ce livre est un polar oui mais il est beaucoup plus : une histoire rouge sang où victimes et bourreaux se croisent, se reconnaissent.
    Pour filer la métaphore japonaise je dirais que l'intrigue se déplie comme les origami, chaque pliure dévoile un peu de l'intrigue, les liens entres les personnes apparaissent.
    Ce qui est certain c'est que, composé comme une tragédie antique, ce livre est fait pour être dévorer, des geôles franquistes à la Division Azul, des amours impossibles à la vengeance inéluctable, on est totalement pris par le récit. Une vraie réussite

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2012/02/03/la-triste..
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BarbaraLux, le 16 avril 2012

    BarbaraLux
    La subjectivité est l'angle d'approche que j'ai choisi pour mon blog. Tenter d'expliquer pourquoi j'ai aimé tel livre et pourquoi j'en ai détesté un autre, sans animosité, juste un peu de ressenti et beaucoup d'émotions.
    Cette subjectivité prend encore une autre tournure quand on a lu un livre, qu'on l'a refermé, glissé entre deux autres dans une bibliothèque ordonnée et que 2 jours après … on se retrouve à faire la bise à l'auteur !
    J'ai terminé La tristesse du samouraï et je suis partie déambuler dans les rues de Lyon à l'occasion du festival "Quais du Polar".
    Mon acolyte et moi avons mis la main sur des invitations pour la soirée d'inauguration où j'ai eu le plaisir de fumer des clopes et discuter un peu avec Victor del Arbol.
    Le bel espagnol aux allures de don Diego de la Vega s'était vu remettre ce soir-là le prix "Le Point du polar européen 2012", nous avons causé un peu, de tout de rien, surtout de son livre, de son mauvais français et de mon très mauvais espagnol, il était d'humeur joyeuse malgré sa tentative avortée de me piquer mon briquet.
    Par un froid matin d'hiver, sur le quai d'une gare, une femme et un enfant attendent impatiemment un train pour Lisbonne qui leur promet un avenir plus radieux. le train partira sans eux et leur avenir restera des plus violent. Nous sommes en 1941 et Isabel Mola, épouse d'un phalangiste proche de Franco, disparaît à jamais.
    Quarante ans plus tard, dans une chambre d'hôpital, Maria Bengoechea, 35 ans, brillante avocate rendue célèbre pour avoir envoyé sous les verrous un flic violent et véreux est en train de mourir.
    Deux femmes, deux destins, un seul lien.
    Suivons, sur trois générations marquées par la violence de l'après-guerre espagnol, cette saga familiale aux multiples ramifications, aux liens insensés. Un désir de vengeance sans limite qui rouvrira de terribles plaies et fera éclore un secret, qui pour Maria, changera tout et à jamais.
    La tristesse du samouraï est un thriller psychologique extrêmement complexe. Victor del Arbol se joue avec justesse d'un contexte historique passionnant mais très peu connu. le roman met en lumière la part la plus sombre de l'Espagne franquiste et démontre jusqu'où les lieutenants de Franco étaient prêts à aller par pure loyauté étatique.
    Il dénonce, pointe du doigt et exhume la tristesse de l'Espagne.
    Les phalangistes, les républicains, les miliciens … j'avoue avoir eu quelques difficultés à entrer dans l'arène, mais après m'être fait donner un petit cours d'histoire, j'ai sauté à pieds joints dans l'aventure et je n'en suis pas ressortie totalement indemne, tout comme Isabel et Maria, symboles féminins de courage et de volonté, sacrifiées par cette marée masculine de rage et de haine.
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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 15 mai 2012

    marina53
    J'ai particulièrement apprécié ce polar, le nombre de citations que j'ai relevées en est une preuve. Il faut dire que l'écriture est très belle et bien construite.
    Ce roman est pour moi l'histoire de deux femmes qui ne se rencontreront jamais et pourtant qui seront liées à travers les années: Maria, jeune avocate sur son lit de mort et Isabel, belle Espagnole qui veut fuir son pays. Autour d'elles gravitent des hommes, des massacres, des vengeances, de l'amour, de la haine...
    Il s'agit de ne pas perdre le fil de l'histoire pour se rendre compte que tout se lie.
    Une grande tragédie complexe et subtile.
    Auteur à suivre...
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    • Livres 5.00/5
    Par cleomine, le 25 mars 2012

    cleomine
    Ce roman est un voyage, à la fois géographique puisque nous partons en Espagne, et temporel, car nous traversons plusieurs époques, des années 1940 aux années 1980. C'est aussi un parcours dans les genres littéraires, puisque ce texte est à la croisée du roman historique, de la saga familiale et bien sûr du polar. L'auteur dresse le portrait de plusieurs familles : les Mola : Guillermo, chef des Phalangistes de sa province, son épouse Isabel et leurs deux fils Andrés et Fernando ; les Alcala : Marcelo, ancien précepteur d'Andrés, et son fils César, inspecteur de police sous les verrous ; et enfin la famille de Maria, avocate qui a contribué à l'emprisonnement de César, sa compagne Greta et son père vieillissant, Gabriel. Sans l'oublier l'inquiétant Publio, ancien bras droit de Guillermo et député, qui tisse sa toile autour de tous les autres personnages.
    Des destins familiaux qui s'entremêlent, l'Histoire du pays qui conditionne l'histoire individuelle, vengeance, suspense... Pour son premier roman, Victor del Arbol, historien de formation et membre de la police, signe un texte ambitieux, un récit d'une grande force et extrêmement maîtrisé. Si vous ne lisez qu'un polar, prenez celui-ci !!!
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Critiques presse (5)


  • Telerama , le 20 février 2012
    Thriller hors du commun, enfer psychologique, fresque historique.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeFigaro , le 20 février 2012
    De cette histoire touffue, surgit la vision d'une société espagnole hantée par son passé le plus sombre. Un roman en forme de catharsis.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LeMonde , le 10 février 2012
    Du front russe, où se battit aux côtés des nazis la sinistre division Azul, aux geôles franquistes, ce livre des secrets invite le lecteur dans une ronde macabre de vengeances.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LePoint , le 01 février 2012
    C'est haletant, frappant de maîtrise. Il est question d'amour fou et de malles regorgeant de preuves accablantes qu'on ne se résout pas à brûler. Il est question de remords qu'on étouffe et de ficelles politiques qu'on continue à tirer, par-delà les crimes et la torture.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Liberation , le 23 janvier 2012
    On ne va pas cesser de franchir des cercles, chaque chapitre plongeant un peu plus loin dans les secrets noués en 1941, après la fin de la guerre d’Espagne.
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 15 mai 2012

    La tradition japonaise de s'ouvrir le ventre était réservée à la haute noblesse, à ceux qui considéraient que leur vie ne pouvait s'achever que de leurs propres mains, de façon cruelle et douloureuse, mais volontaire. C'est ainsi qu'ils montraient honneur et courage. C'était la tristesse suprême du samouraï.
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  • Par marina53, le 14 mai 2012

    Son père était mort. Et même si dans son enfance ce fut un malheur qu'il pensait ne jamais pouvoir surmonter, le monde avait quand même tourné pendant toutes ces années.
    Quand un homme meurt, justement ou pas, il ne se passe rien de particulier. La vie continue. Le paysage ne change pas, il n'y a pas plus de place dans le monde, sauf peut-être un peu plus de douleur chez ceux qui ont vécu cette mort de près.
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  • Par marina53, le 15 mai 2012

    La haine a besoin de patience pour devenir une émotion utile.
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  • Par marina53, le 14 mai 2012

    Ne pleure pas sur ton père, mon garçon. Les héros n'existent pas. Et ceux de l'enfance encore moins que tous les autres.
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  • Par marina53, le 14 mai 2012

    Il prit alors l'enfant dans ses bras et revint lentement vers la maison des Mola. Un jour, quand Andrès serait grand, il faudrait qu'il lui explique pourquoi les choses s'étaient passées de cette façon, et comment fonctionnaient les règles complexes des adultes. Il essaierait de lui montrer la réalité absurde où les sentiments ne pèsent rien face aux raisons d'une autre nature. Le pouvoir, la vengeance et la haine étaient plus forts que tout, et les hommes étaient capables de tuer ceux qu'ils aimaient et d'embrasser ceux qu'ils haïssaient, si cela pouvait les aider à réaliser leurs ambitions.
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