ISBN : 2864326655
Éditeur : Verdier (2012)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Tous les ans, à la première lune de l’automne, Djennifer Goranitzé se rend au bord de la mer, sur une immense décharge d’ordures où le corps de son mari a été jeté par les militaires. Elle se repose après les épreuves de son voyage qui a duré des semaines. Et ensuite, e... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par EMOTION, le 01 mars 2012

    EMOTION
    Lutz Bassmann n'est qu'un des hétéronymes de Volodine. Il s'agit d'un récit d'amour, de mort et parfois même d'humour. Nathan Golshem est mort, son corps a été déchiqueté, éparpillé sur une décharge, brisé par les soldats défenseurs d'un ordre auquel ne peuvent pas accéder Nathan et les Untermenschen, les sous-hommes qui sont ses compagnons de combat, un combat de vaincu mais un combat absolu pour la défense d'une société digne. Une fois par an, Djennifer Goranitzé, sa femme, accomplit un périple de plusieurs semaines pour venir accomplir un rite sur cet amas de détritus, rite qui lui permet de retrouver le contact avec Nathan, de dialoguer avec lui par delà la mort. Ils reparlent de leur vie passée, de leurs compagnons de combat, de leurs échecs et surtout de leur Amour. L'Homme peut apparaître comme ' un sac rempli de viandes molles, de liquides et de mort', il n'en a pas moins envie de 'plaisanter amoureusement' avec sa compagne. Il règne sur ce roman une spiritualité de l'univers et de la nature, une violence totale dans la description de la misère, de la défaite annoncée, une telle oppression que j'ai pensé au roman "La route"; et pourtant Djennifer danse sur la décharge absolue et recrée un monde de fusion avec Nathan qui reprend ' de la substance et de l'énergie' malgré les tortures et la mort. D' un côté la civilisation, le bonheur, l'individualisme satisfait, l'économie de la réussite, de l'autre, les laissés pour compte, la viande gémissante révoltée et condamnée, les mondes sombres et fétides mais aussi Djennifer et Nathan. Vous avez compris que ce roman est un bouleversement pour moi, une symphonie des mots, une réflexion sur les totalitarismes et la société de l'indifférence.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 22 février 2012

    brigetoun
    À date fixe, dans la mesure où l'état de décomposition du monde le lui permet – donc à quelques jours près -, Djennifer Goranitzé se rend sur ce qui pourrait être la tombe de son mari Nathan Golshem, danse en tapant le sol jusqu'à ce qu'il vienne à elle, et pendant quelques jours, dans une cabane qu'elle recrée chaque fois, ils se souviennent, évoquent ou créent les compagnons, les événements de leur vie de lutte.
    Un texte d'une construction affirmée, mais souple, une langue inventive, sensible et claire, un monde dont le post-exotisme nous semble peut-être tout spécialement proche cette fois.
    Texte salubre, et texte poétique où rien ne peut être tenu comme certain, le monde où eux et peut être nous évoluons, et même pas le retour de Nathan Golshem.
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    • Livres 4.00/5
    Par 1ded6, le 06 mai 2012

    1ded6
    A noter l'énumération incroyable des délits réels ou fantasmés ou inventés pour rire de Nathan Golshem. Une liste comme on en trouve rarement. Je dirais un chef d'oeuvre de ce genre littéraire sous-estimé qu'est la liste. Parmi ses items :
    - Consommation de choux pourris pendant une période d'interdits alimentaires
    - Pratique clandestine de la logorrhée
    - Outrage aux morts pour la patrie
    - Rupture d'anévrisme
    - Encouragement à la délinquance de personnes handicapées mentales
    - Dépose de cadavre devant une sortie de secours
    - Revendication insistante d'une appartenance aux primates
    - Remplumage malveillant d'édredons
    - Fétidité aggravée en présence d'économistes
    Vous vous en doutez, j'en passe, et des meilleurs.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean-Baptiste Harang pour le Magazine Littéraire

    Caché derrière son alter ego Lutz Bassmann, Antoine Volodine raconte la longue marche annuelle de Djennifer vers Nathan, lequel possède aussi plusieurs identités. En 1998, An... > lire la suite

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Critiques presse (4)


  • Lhumanite , le 07 mai 2012
    Danse avec Nathan Golshem constitue un extraordinaire romancero imaginaire des combats d’hier, bien réels ou recomposés par la force du chant, et une introduction, glaçante ou ironique, à la littérature de ceux qui viendront.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Actualitte , le 27 janvier 2012
    Une expérience de lecture décidemment réjouissante et hautement recommandable, que l'on soit lecteur initié ou non.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Telerama , le 11 janvier 2012
    Roman d'amour infiniment tendre, lumineux, construit en courts chapitres, Danse avec Nathan Golshem est une nouvelle, superbe variation romanesque signée Lutz Bassmann - un des hétéronymes d'Antoine Volodine, une des voix du choeur poignant qui s'élève de l'oeuvre tout entière de cet écrivain plus que singulier, dont l'imaginaire tragique et terriblement cohérent se déploie à travers des images puissantes, porteuses d'émotions directes et intenses.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeMonde , le 06 janvier 2012
    C'est un rire de désespoir et de résistance qui court d'un bout à l'autre de ce livre, un rire glaçant, terrible, mais qui est aussi l'innocence même : il témoigne pour l'homme et ne faiblit jamais, même face aux pires avanies, même quand la seule organisation de bienfaisance se nomme "l'Amicale des quasi-décédés".
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par EMOTION, le 01 mars 2012

    L'avenir. Il n'est rien. Vous ignorerez à jamais ce qu'il peut vous apporter. Ses promesses sont vaines. De purs fantasmes. Concrètement, personne ne peut dire ce que l'avenir représente. Personne n'en est jamais revenu, personne n'a jamais pu fournir un témoignage dessus. N'encombrez pas votre esprit d'hypothèses et de spéculations fragiles sur l'avenir. Qu'il soit immédiat ou lointain. N'encombrez pas votre esprit avec cela. Ça ne mène à rien.
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  • Par brigetoun, le 22 février 2012

    C’était dur pour lui de se rendre compte que le suaire qu’il avait choisi ne lui allait pas, entre autres parce qu’il avait toujours été tourné vers l’action et parce que la palabre littéraire, quand elle n’avait pas de relation directe avec la propagande, lui avait toujours paru méprisable. Il n’appréciait pas les bavards qui faisaient métier de leur bavardage et qui, sous des prétextes esthétiques, s’accommodaient des idées de l’ennemi et même flattaient ses goûts ou les façonnaient. Peut-être aurait-il plus aisément simulé la vie, les dénégations et les souffrances de Gulbar Bratichko s’il avait déclaré, par exemple lors du tout premier interrogatoire, qu’il exerçait la profession de voleur à la tire, ou de ferrailleur, ou encore de journalier, ou mendiant.
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  • Par brigetoun, le 22 février 2012

    Elle n'avait plus d'âge, et plutôt qu'un reste d'existence avant son propre décès ce qu'elle parcourait désormais était une éternité fractionnée mais circulaire, avec des périodes de sommeil, des trous noirs, des surgissements de conscience, des évanouissements, des plongées dans l'au-delà, d'interminables voyages et, pour marquer la fin d'un cycle, des retrouvailles rituelles et difficiles avec son mari, ou du moins avec l'ombre qui se matérialisait devant elle pour parler avec elle et se souvenir.
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  • Par brigetoun, le 22 février 2012

    Nous avions soudain pénétré au coeur de la nuit et de ses beautés, nous percevions ses chuchotements miraculeux, nous avions au-dessus de nous la majesté de l'univers, son silence bouleversant, ses scintillements, ses gouffres et ses distances non mesurables, et, infiniment loin des caves et des guerres humaines, nous savions que sur des planètes inconnues prospéraient des peuples ayant à jamais établi chez eux l'égalitarisme.
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  • Par brigetoun, le 22 février 2012

    Avec une générosité un peu ostentatoire, ces individus nous distribuaient les surplus périmés de leurs métropoles impériales, leur viande en flocons, leur lait granulé, leurs produits rances, leurs peluches grotesques, leurs médicaments de récupération, leur commisération, leur foi en des dieux incompréhensibles, puis, bien plus au courant que nous des choses du monde, ils s'écartaient à temps pour échapper aux bombes.
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Vidéo de Antoine Volodine

Lecture par Antoine Volodine, Ecrivains, septembre 2010 .
La figure de l?écrivain telle que l?imagine Antoine Volodine. Ni alcoolique génial ni géant hugolien, ni romantique torturé, et encore moins sommité mondaine adulée par les médias. L?écrivain ici se débat contre le silence et la maladie, quand il n?est pas sur le point d?être assassiné par des fous ou des codétenus. Qu?il soit homme ou femme, il sait qu?il n?a aucun avenir. Souvent, il est analphabète, comme Kouriline, qui évoque oralement la terreur stalinienne en s?inclinant devant des poupées en ferraille. Il peut aussi lui arriver d?être déjà mort, comme Maria Trois-Cent-Treize, qui fait une conférence sur l?écriture dans l?obscurité totale qui suit son décès. Ou d?être en transe, comme Linda Woo, qui depuis sa cellule donne elle-même une définition des écrivains : « Leur mémoire est devenue un recueil de rêves. Ils inventent des mondes où l?échec est aussi systématique et cuisant que dans ce que vous appelez le monde réel. »En librairie le 9 septembre 2010Retrouvez tout l'univers Fiction & Cie sur www.fictionetcie.com








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