> Jérôme Vérain (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2755501391
Éditeur : 1001 Nuits (2009)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Lors de sa première représentation en province, en 1741, la tragédie de Voltaire (1694-1778) fut très applaudie de certains prélats, trop heureux que le prophète des " mahométans " y apparaisse comme un vieillard cynique et avide de pouvoir, qui pousse un jeune disciple... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 12 décembre 2011

    Luniver
    La pièce se déroule à La Mecque : Mahomet, expulsé quelques années auparavant, s'approche de la ville et demande au souverain de lui faire bon accueil. Ce dernier refuse catégoriquement de composer avec lui, le considérant comme un lâche, un traître et un personnage cruel. Pour parvenir à ses fins, Mahomet demande alors à un de ses partisans d'aller assassiner le roi, en faisant passer cet ordre pour un message divin.
    On assiste alors au combat intérieur de cet homme, poussé d'un côté par la ferveur de sa foi, et de l'autre par son cœur qui ne voit dans le souverain qu'un homme bon et vertueux. Même si c'est Mahomet qui est ici mis en scène, on se rend facilement compte que ce sont tous les fanatismes qui sont dénoncés dans cette pièce par Voltaire.
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 12 décembre 2011

    PALMIRE
    Tremblons d' examiner. Mahomet voit nos coeurs,
    il entend nos soupirs, il observe mes pleurs.
    Chacun redoute en lui la divinité même,
    c' est tout ce que je sais ; le doute est un blasphème :
    et le dieu qu' il annonce avec tant de hauteur,
    Séide, est le vrai dieu, puisqu' il le rend vainqueur.

    SÉIDE
    Il l' est, puisque Palmire et le croit et l' adore.
    Mais mon esprit confus ne conçoit point encore
    comment ce dieu si bon, ce père des humains,
    pour un meurtre effroyable a réservé mes mains.
    Je ne le sais que trop que mon doute est un crime,
    qu' un prêtre sans remords égorge sa victime,
    que par la voix du ciel Zopire est condamné,
    qu' à soutenir ma loi j' étais prédestiné.
    Mahomet s' expliquait, il a fallu me taire ;
    et, tout fier de servir la céleste colère,
    sur l' ennemi de dieu je portais le trépas :
    un autre dieu, peut-être, a retenu mon bras.
    Du moins, lorsque j' ai vu ce malheureux Zopire,
    de ma religion j' ai senti moins l' empire.
    Vainement mon devoir au meurtre m' appelait ;
    à mon coeur éperdu l' humanité parlait.
    Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse,
    Mahomet de mes sens accuse la faiblesse !
    Avec quelle grandeur, et quelle autorité,
    sa voix vient d' endurcir ma sensibilité !
    Que la religion est terrible et puissante !
    J' ai senti la fureur en mon coeur renaissante ;
    Palmire, je suis faible, et du meurtre effrayé ;
    de ces saintes fureurs je passe à la pitié ;
    de sentiments confus une foule m' assiége :
    je crains d' être barbare, ou d' être sacrilége.
    Je ne me sens point fait pour être un assassin.
    Mais quoi ! Dieu me l' ordonne, et j' ai promis ma main ;
    j' en verse encor des pleurs de douleur et de rage.
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  • Par Luniver, le 12 décembre 2011

    Et toi, de tant de honte étouffe la mémoire ;
    cache au moins ma faiblesse, et sauve encor ma gloire :
    je dois régir en dieu l' univers prévenu ;
    mon empire est détruit si l' homme est reconnu.
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