J'aurai pu tenter de faire ma critique en vers, mais ma muse s'est tarie, et j'utiliserai donc la prose. Amateur de poésie engagée, d'envolée lyrique… Heredia ce n'est pas cela. Il s'agit ici d'un recueil d'un des membres du mouvement parnassien, où l'on écrit de la poésie pour la beauté du vers, pour le chant des mots et non pour porter un message, comme c'est le cas ici :
L'Oubli
Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d'airain
Dont l'herbe solitaire ensevelit la gloire.
Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
De sa conque où soupire un antique refrain
Emplissant le ciel calme et l'horizon marin,
Sur l'azur infini dresse sa forme noire.
La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé verdir un autre acanthe ;
Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux
Écoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
La Mer qui se lamente en pleurant les Sirènes.
Les trophées c'est l'histoire du monde retranscrit en poésie, c'est la référence aux vieilles mythologies que l'on a parfois oubliées. C'est un pur moment de plaisir, de délectation.
Et la suite sur mon blog
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