> Anne Bouvier Cavoret (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070322084
Éditeur : Gallimard (1981)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Recueil unique de poésies de José Maria de Hérédia.

Extrait:

L’OUBLI

Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d’airain
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel, le 17 mars 2012

    Pasdel
    J'aurai pu tenter de faire ma critique en vers, mais ma muse s'est tarie, et j'utiliserai donc la prose. Amateur de poésie engagée, d'envolée lyrique… Heredia ce n'est pas cela. Il s'agit ici d'un recueil d'un des membres du mouvement parnassien, où l'on écrit de la poésie pour la beauté du vers, pour le chant des mots et non pour porter un message, comme c'est le cas ici :
    L'Oubli
    Le temple est en ruine au haut du promontoire.
    Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
    Les Déesses de marbre et les Héros d'airain
    Dont l'herbe solitaire ensevelit la gloire.
    Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
    De sa conque où soupire un antique refrain
    Emplissant le ciel calme et l'horizon marin,
    Sur l'azur infini dresse sa forme noire.
    La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
    Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
    Au chapiteau brisé verdir un autre acanthe ;
    Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux
    Écoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
    La Mer qui se lamente en pleurant les Sirènes.
    Les trophées c'est l'histoire du monde retranscrit en poésie, c'est la référence aux vieilles mythologies que l'on a parfois oubliées. C'est un pur moment de plaisir, de délectation.
    Et la suite sur mon blog

    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-les-trophees-101769..
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Citations et extraits

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  • Par Malaura, le 27 mars 2012

    Enlace-moi plus fort ! Que mon désir soit tel,
    Qu’il prête à nos baisers une ivresse sublime !
    Que ton sein soit le gouffre où le remords s’abîme;
    Prends, et brûle mon cœur sur le bûcher charnel !

    Que m’importe la mort, l’éternité future,
    Dieu, l’ineffable espoir, l’indicible torture?
    Rien ne peut de tes bras me distraire un instant;

    Car en ta chair ardente où se dissout mon âme,
    J’ai savouré, caresse ou brûlure de flamme,
    Et le Ciel que je brave et l’Enfer qui m’attend!
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  • Par Pasdel, le 25 février 2012

    Nymphée

    Le quadrige céleste à l'horizon descend,
    Et, voyant fuir sous lui l'occidentale arène,
    Le Dieu retient en vain de la quadruple rêne
    Ses étalons cabrés dans l'or incandescent.
    Le char plonge. La mer, de son soupir puissant,
    Emplit le ciel sonore où la pourpre se traîne,
    Tandis qu'à l'Est d'où vient la grande nuit sereine
    Silencieusement s'argente le Croissant.
    Voici l'heure où la Nymphe, au bord des sources fraîches,
    Jette l'arc détendu près du carquois sans flèches.
    Tout se tait. Seul, un cerf brame au loin vers les eaux.
    La lune tiède luit sur la nocturne danse,
    Et Pan, ralentissant ou pressant la cadence,
    Rit de voir son haleine animer les roseaux.
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  • Par Pasdel, le 05 décembre 2011

    La Centauresse

    Jadis, à travers bois, rocs,torrents et vallons,
    Errait le fier troupeau des Centaures sans nombre ;
    Sous leurs flancs le soleil se jouait avec l'ombre ;
    Ils mêlaient leurs crins noirs parmi nos cheveux blonds.
    L'été fleurit en vain l'herbe. Nous la foulons
    Seules. L'antre est désert que la broussaille encombre ;
    Et parfois je me prends, dans la nuit chaude et sombre,
    À frémir à l'appel lointain des étalons.
    Car la race de jour en jour diminuée
    Des fils prodigieux qu'engendra la Nuée,
    Nous délaisse et poursuit la Femme éperdument.
    C'est que leur amour même aux brutes nous ravale ;
    Le cri qu'il nous arrache est un hennissement,
    Et leur désir en nous n'étreint que la cavale.
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  • Par Pasdel, le 06 mars 2012

    Le Ravissement d'Andromède

    D'un vol silencieux, le grand Cheval ailé
    Soufflant de ses naseaux élargis l'air qui fume,
    Les emporte avec un frémissement de plume
    À travers la nuit bleue et l'éther étoilé.
    Ils vont. L'Afrique plonge au gouffre flagellé,
    Puis l'Asie… un désert… le Liban ceint de brume…
    Et voici qu'apparaît, toute blanche d'écume,
    La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé.
    Et le vent gonfle ainsi que deux immenses voiles
    Les ailes qui, volant d'étoiles en étoiles,
    Aux amants enlacés font un tiède berceau ;
    Tandis que, l'œil au ciel où palpite leur ombre,
    Ils voient, irradiant du Bélier au Verseau,
    Leurs Constellations poindre dans l'azur sombre.
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  • Par Malaura, le 16 janvier 2012

    Le bonheur est mélancolique.
    Le cri des plus joyeux oiseaux
    Paraît lointain comme de l’eau
    Où se noierait une musique.
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