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Édouard Guitton (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253139408
Éditeur : Le Livre de Poche (1996)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 541 notes)
Résumé :
Le Huron ou l’Ingénu est certainement l’un des « contes » philosophiques les plus célèbres de François-Marie Arouet (1694-1778). En réalité, il s’agit d’un véritable petit roman, publié en 1767, dont Voltaire, par prudence, n’avoua pas la paternité. Il relate les « années d’apprentissage » d’un jeune homme élevé chez les Hurons, en Amérique, qui débarque en Bretagne. Il y est adopté, sous le nom d’Hercule Kerbabon, par... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Aela
Aela07 octobre 2012
L'histoire de "L'ingénu" se déroule en 1689 et Voltaire rédige le conte presque un siècle plus tard en 1787.
Voltaire enrichit ici la formule du conte philosophique qu'il a déjà utilisée pour écrire son "Candide".
A travers les aventures d'un jeune Huron débarqué fraîchement en Basse Bretagne depuis son Canada natal, c'est toute la société de l'Ancien Régime et ses dysfonctionnements qui sont durement fustigés ici par Voltaire.
Corruption, intolérance religieuse, étroitesse d'esprit, préjugés, tout ressort encore plus durement à travers les observations fines et détachées de ce jeune étranger.
Le Huron est d'abord accueilli au sein d'une société provinciale particulièrement étroite de vues.
Ainsi l'abbé local ne conçoit pas qu'un homme né hors de France puisse avoir le sens commun.
Ce jeune Huron que l'on va baptiser "Hercule", va rapidement bousculer les habitudes et les manières de voir bien ancrées des notables locaux.
Après avoir vaillamment combattu contre les Anglais et touché le coeur de la charmante Melle de Saint Yves, il va se rendre à Versailles pour toucher le prix de ses services rendus.
Mais là, de mauvaises surprises l'attendent. Notre sympathique jeune Huron s'est fait en effet de sérieux ennemis dont le bailli local, père du fiancé de Melle de Saint Yves ....
A travers cette satire ce sont aussi des personnages historiques ayant réellement existé qui sont visés, notamment Louvois, ministre de la guerre, et sa maîtresse Mme Dufresnoi qui apparaît ici sous le nom de Mme du Belloy.
Est aussi visé, bien qu'appartenant à l'époque de Voltaire, le secrétaire d'Etat de Louis XV Saint-Florentin, désigné ici sous le nom de Saint-Pouange.
L'Administration apparaît comme un labyrinthe sans fin, alors que les dirigeants ont l'air de gouverner sous l'emprise permanente de leurs maîtresses.
Encore une fois, le mythe du bon sauvage est utilisé pour mettre l'accent sur les travers de la société contemporaine de Voltaire.
Toutefois quelques bémols: le Huron est un personnage qui va évoluer au fil du conte, ce qui le rend plus intéressant.
Il va absorber la culture et les connaissances de la classe dirigeante de l'époque et va ainsi acquérir une sagesse et une humanité qu'il n'avait pas, ou moins, au départ.
Ce qui ne l'empêchera pas de garder son solide bon sens et son côté rebelle en préférant les lois naturelles aux lois imposées par la société et en réclamant la liberté d'aimer.
Au final, une oeuvre intéressante de Voltaire qui se termine sur une note plutôt optimiste: même si le monde peut paraître dénué de sens, quelques valeurs sûres comme l'amitié et l'amour, ainsi que la réflexion, permettent à Voltaire d'affirmer sa foi en l'homme.
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mellah
mellah03 février 2013
  • Livres 5.00/5
Ce conte philosophique est émouvant , prenant et instruisant , digne d'un maître.
Ce qui est très touchant dans ce roman ,c'est le dévouement de Mlle de Saint-Yves pour l'ingénu et vice versa .Une fille innocente . chaste . d'une bonne éducation , vivant dans l'honneur et pour son honneur , domptant un homme qu'on dit sauvage .mais d'une âme innocente , sans vice , sans calcule , voltaire a acclamé beaucoup sa nature et a blâmé le vice des êtres dits civilisés .cette pucelle a sacrifié ce quelle a de plus précieux pour sauver son bien aimé a cause de la réalité des procédures du pouvoir (la cour) ,et meurt de chagrin causé par l'opprobre quelle avait senti par la suite .
voltaire dénonce l'intolérance de l'église (les jésuites) contre les huguenots(protestants) , l'immixtion de l'église dans la politique ,la concentration et la rigidité du pouvoir , l'arbitraire du bailli , le libertinage de certains prêtres( le révérend père La Chaise confesseur de Louis XIV) qui est du a leur autorité excessive . voltaire évoque la laïcité et la république.
bien qu'il soit un érudit , Gordon le janséniste qui a enseigné l'ingénu la science et la philosophie durant leur incarceration ,voulait le janséniser si vous me permettez ce verbe, renonce a ses préceptes grâce au naturel de l'ingénu et a l'amour qu'avait ensemencé Mlle de Saint-Yves dans son âme et l'a lui retransmise . ( le naturel l'emporte sur l'artificiel) , voltaire dénonce l'obscurantisme du jansénisme et donne Gordon pour model de renaissance.
bien qu'il soit court le conte est rempli d'idées . d'enseignements . de morale . de débats philosophiques très sublimes . de sentiments .il n'y a pas d'incidents gratuits languissant les chapitres, un vrai bijou.

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sebbys
sebbys04 octobre 2012
L'ingénu?
L'amoureux des femmes plutôt. Il avait une maitresse, il l'a quittée, larguée comme un vieux sac à patates, pour aller se trouver Mlle de Kerkabon. Cette femme n'est que l'une des femmes de ce roman, qui sont bien nombreuses. L'ingénu vient tout droit du Canada, et débarque dans cette bretagne dont il ne sait presque rien.
L'histoire aurait pu se solder sur l'amour de l'ingénu pour les femmes, mais cela aurait été trop ennuyeux. Il fallait quelque chose pour pimenter ce roman. Une visite à Paris par exemple de l'ingénu, pour lbérer Mlle Kerkabon de son couvent. Il va d'ailleurs se marier avec elle.
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Iboo
Iboo16 août 2012
  • Livres 5.00/5
J'ai quitté l'école assez jeune (motif : fumiste inadaptée au système scolaire) et je n'ai donc pas compétence à rédiger des critiques aussi bien argumentées que celles que j'ai le plaisir de lire ici. C'est la raison pour laquelle, je ne vous livre que mon ressenti, de manière un peu primaire, certes, mais néanmoins absolument sincère.
Je me limiterai donc à ce petit commentaire sans prétention :
L'écriture et les idées véhiculées par Voltaire restent très actuelles. J'ai vraiment aimé ce conte. Il faut avoir le génie de Voltaire pour instruire sans ennuyer.
Je présente mes plus humbles excuses à Monsieur François Marie Arouet et à tous ses lecteurs qualifiés pour cette piètre critique. J'aurais tant aimé être apte à en dire plus et mieux.
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Jackiedream
Jackiedream06 juillet 2014
  • Livres 3.00/5
Le récit des péripéties d'un Huron d'Amérique arrivé en France, adopté et converti au christianisme par un prieur et sa soeur en Bretagne. Au coeur du conte philosophique, son amour contrarié pour Mlle de Kerkabon, qu'il ne peut pas épouser puisque qu'elle est sa marraine....
Evidemment, le Huron commet de nombreux impairs. Il ne connaît pas les usages français, ceux de la cour ou de l'Eglise en particulier. Au début du conte il prend la Bible " au pied de la lettre", mettant les ecclésiastiques face au ridicule de certaines coutumes, et à l'éloignement de leurs pratiques par rapport au livre sacré. Avec toute son ingénuité, il pose des questions auxquelles personne ne peut répondre, car il n'y a pas de raison logique et vraisemblable. Ce conte est l'occasion de satires de la société de l'époque, du clergé à la cour et aux nobles qui profitent largement de leurs pouvoirs. Il y a aussi le conflit entre les protestants et les catholiques, les relations entre jésuites et jansénistes...Les qualités du Huron sont reconnues de tous, c'est un homme intelligent et il va réussir à avoir une vision juste et originale de la société en conservant son innocence et sa candeur face à des choses auxquelles tout le monde est habitué. Cela permet à Voltaire de relever à travers ses yeux les dysfonctionnements et injustices de son temps.Ce piquant, cette critique sociale, associée à l'humour et au comique est jouissive. Certaines idées sont d'ailleurs très actuelles. Voltaire est un auteur que j'aime lire car ses peintures de la société sont toujours distrayantes, jamais lourdes et se lisent bien. Ses oeuvres ne font pas "dépassées". Néanmoins, en dehors de l'aspect parabolique je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages, leur histoire ne m'a pas émue. J'aurais aimé être transportée comme je l'ai été dans Zadig.( ce qui était plus facile vu le cadre oriental de Zadig, il est vrai ) Cela reste un ouvrage que je suis très contente d'avoir lu car la réflexion sur la société est encore une fois très intéressante.
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Citations & extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO11 janvier 2015
Son pays, madame, est celui des Gangarides, peuple vertueux et invincible qui habite la rive orientale du Gange. Le nom de mon ami est Amazan. Il n'est pas roi, et je ne sais même s'il voudrait s'abaisser à l'être ; il aime trop ses compatriotes : il est berger comme eux. Mais n'allez pas vous imaginer que ces bergers ressemblent aux vôtres, qui, couverts à peine de lambeaux déchirés, gardent des moutons infiniment mieux habillés qu'eux ; qui gémissent sous le fardeau de la pauvreté, et qui payent à un exacteur la moitié des gages chétifs qu'ils reçoivent de leurs maîtres. Les bergers gangarides, nés tous égaux, sont les maîtres des troupeaux innombrables qui couvrent leurs prés éternellement fleuris. On ne les tue jamais : c'est un crime horrible vers le Gange de tuer et de manger son semblable. Leur laine, plus fine et plus brillante que la plus belle soie, est le plus grand commerce de l'Orient. D'ailleurs la terre des Gangarides produit tout ce qui peut flatter les désirs de l'homme. Ces gros diamants qu'Amazan a eu l'honneur de vous offrir sont d'une mine qui lui appartient. Cette licorne que vous l'avez vu monter est la monture ordinaire des Gangarides. C'est le plus bel animal, le plus fier, le plus terrible, et le plus doux qui orne la terre. Il suffirait de cent Gangarides et de cent licornes pour dissiper des armées innombrables. Il y a environ deux siècles qu'un roi des Indes fut assez fou pour vouloir conquérir cette nation : il se présenta suivi de dix mille éléphants et d'un million de guerriers. Les licornes percèrent les éléphants ; comme j'ai vu sur votre table des mauviettes enfilées dans des brochettes d'or. Les guerriers tombaient sous le sabre des Gangarides comme les moissons de riz sont coupées par les mains des peuples de l'Orient. On prit le roi prisonnier avec plus de six cent mille hommes. On le baigna dans les eaux salutaires du Gange ; on le mit au régime du pays, qui consiste à ne se nourrir que de végétaux prodigués par la nature pour nourrir tout ce qui respire. Les hommes alimentés de carnage et abreuvés de liqueurs fortes ont tous un sang aigri et aduste qui les rend fous en cent manières différentes. Leur principale démence est la fureur de verser le sang de leurs frères, et de dévaster des plaines fertiles pour régner sur des cimetières. On employa six mois entiers à guérir le roi des Indes de sa maladie. Quand les médecins eurent enfin jugé qu'il avait le pouls plus tranquille et l'esprit plus rassis, ils en donnèrent le certificat au conseil des Gangarides. Ce conseil, ayant pris l'avis des licornes, renvoya humainement le roi des Indes, sa sotte cour et ses imbéciles guerriers dans leur pays. Cette leçon les rendit sages, et, depuis ce temps, les Indiens respectèrent les Gangarides, comme les ignorants qui voudraient s'instruire respectent parmi vous les philosophes chaldéens, qu'ils ne peuvent égaler.
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SZRAMOWOSZRAMOWO11 janvier 2015
Monsieur le prieur, jugeant à son accent qu’il n’était pas
Anglais, prit la liberté de lui demander de quel pays il était. « Je
suis Huron », lui répondit le jeune homme.
Mademoiselle de Kerkabon, étonnée et enchantée de voir un
Huron qui lui avait fait des politesses, pria le jeune homme à
souper; il ne se fit pas prier deux fois, et tous trois allèrent de
compagnie au prieuré de Notre-Dame de la Montagne.
La courte et ronde demoiselle le regardait de tous ses petits
yeux, et disait de temps en temps au prieur : « Ce grand garçonlà
a un teint de lis et de rose! Qu’il a une belle peau pour un
Huron! — Vous avez raison, ma sœur », disait le prieur. Elle
faisait cent questions coup sur coup, et le voyageur répondait
toujours fort juste.
Le bruit se répandit bientôt qu’il y avait un Huron au prieuré.
La bonne compagnie du canton s’empressa d’y venir souper.
L’abbé de Saint-Yves y vint avec Mademoiselle sa sœur, jeune
Basse-Brette, fort jolie et très bien élevée. Le bailli, le receveur
des tailles, et leurs femmes furent du souper. On plaça l’étranger
entre Mademoiselle de Kerkabon et Mademoiselle de SaintYves.
Tout le monde le regardait avec admiration; tout le monde
lui parlait et l’interrogeait à la fois; le Huron ne s’en émouvait
pas. Il semblait qu’il eût pris pour sa devise celle de mylord
Bolingbroke : nihil admirari. Mais à la fin excédé de tant de bruit,
il leur dit avec assez de douceur, mais avec un peu de fermeté :
« Messieurs, dans mon pays on parle l’un après l’autre; comment
voulez-vous que je vous réponde quand vous m’empêchez de
vous entendre? »
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CielvariableCielvariable11 mai 2013
Comment le prieur de Notre−Dame de la Montagne et mademoiselle sa soeur rencontrèrent un Huron. Un jour saint Dunstan, Irlandais de nation et saint de profession, partit d’Irlande sur une petite montagne qui vogua vers les côtes de France, et arriva par cette voiture à la baie de Saint−Malo. Quand il fut à bord, il donna la bénédiction à sa montagne, qui lui fit de profondes révérences, et s’en retourna en Irlande par le même chemin qu’elle était venue. Dunstan fonda un petit prieuré dans ces quartiers−là, et lui donna le nom de prieuré de la Montagne, qu’il porte encore, comme un chacun sait. En l’année 1689, le 15 juillet au soir, l’abbé de Kerkabon, prieur de Notre−Dame de la Montagne, se promenait sur le bord de la mer avec mademoiselle de Kerkabon, sa soeur, pour prendre le frais. Le prieur, déjà un peu sur l’âge, était un très bon ecclésiastique, aimé de ses voisins, après l’avoir été autrefois de ses voisines. Ce qui lui avait donné surtout une grande considération, c’est qu’il était le seul bénéficier du pays qu’on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il avait soupé avec ses confrères. Il savait assez honnêtement de théologie ; et quand il était las de lire saint Augustin, il s’amusait avec Rabelais : aussi tout le monde disait du bien de lui. Mademoiselle de Kerkabon, qui n’avait jamais été mariée, quoiqu’elle eût grande envie de l’être, conservait de la fraîcheur à l’âge de quarante−cinq ans ; son caractère était bon et sensible ; elle aimait le plaisir et était dévote. Le prieur disait à sa soeur, en regardant la mer : Hélas ! c’est ici que s’embarqua notre pauvre frère avec notre chère belle−soeur madame de Kerkabon, sa femme, sur la frégate l’Hirondelle, en 1669, pour aller servir en Canada. S’il n’avait pas été tué, nous pourrions espérer de le revoir encore. Croyez−vous, disait mademoiselle de Kerkabon, que notre belle−soeur ait été mangée par les Iroquois, comme on nous l’a dit ? Il est certain que si elle n’avait pas été mangée, elle serait revenue au pays. Je la pleurerai toute ma vie ; c’était une femme charmante ; et notre frère qui avait beaucoup d’esprit aurait fait assurément une grande fortune."
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PiertyMPiertyM04 novembre 2014
... pourquoi donc les larmes soulagent−elles? Il me semble qu'elles devraient faire un effet contraire. Mon fils, tout est physique en nous, ... toute sécrétion fait du bien au corps; et tout ce qui le soulage soulage l'âme: nous sommes les machines de la Providence
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mellahmellah02 février 2013
J'ai vu un espion du P. de La Chaise trahir son propre frère, dans l'espérance d'un petit bénéfice qu'il n'eut point; et je l'ai vu mourir, non de remords, mais de douleur d'avoir été trompé par le jésuite.
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