ISBN : 225300698X
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Pot-Bouille appartient aux Rougon-Macquart, grande fresque romanesque et sociale d'Émile Zola. Octave Mouret, le jeune héros, arrive à Paris, où il compte faire fortune. Il emménage rue de Choiseul, dans un bel immeuble bourgeois. Il trouve du t... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 20 décembre 2007

    Woland
    Cuisine cynique et petite-bourgeoise où les domestiques ne sont guère mieux que leurs maîtres, "Pot-bouille", premier volet des aventures, dans la capitale, d'Octave Mouret , ce Rastignac des calicots, compte parmi les ouvrages les plus féroces d'Emile Zola. Pourtant, à l'époque, il fut assez mal accueilli et ses tirages n'eurent rien à voir avec ceux de "L'Assommoir."
    L'intrigue est des plus simples : une vaste maison bourgeoise, des locataires ou propriétaires à chaque étage et, plus on se rapproche de l'étage des bonnes, plus le statut social des locataires s'effrite. Mais Zola ne nous dépeint pas que les portes de ces logements, cossus ou pas : il entre là-dedans, enquête, analyse, rapporte avec un humour et une férocité jubilatoires. Et pour finir, il lâche là-dedans celui par qui le scandale va se déchaîner, le jeune et sémillant Octave Mouret, arriviste aux dents longues qui finira, après avoir pris pour maîtresse la femme de son premier employeur, Auguste Vabre, par couler celui-ci en épousant sa concurrent directe, la belle Mme Hédouin.
    Les types ici sont un mélange de Daumier et de Dubout tout bonnement exemplaire. On n'insiste jamais assez, je trouve, sur l'oeil de peintre qu'avait ce terrible myope de Zola. [b]Ses personnages, le lecteur les discerne aussi nettement que s'ils venaient à sa rencontre : les bandeaux sages et les minauderies de Mme Juzeur, que l'on définirait aujourd'hui comme une allumeuse profondément inhibée ; la froideur défensive de Mme Duveyrrier qui, mal mariée, se console en offrant des réceptions auxquelles se presse tout l'immeuble et où, à chaque fois, elle brille au piano, sa passion ; son frère, Auguste Vabre, l'oeil toujours à moitié fermé par les migraines, qui épouse Berthe Josserand sur un coup de folie presque aussitôt regretté; l'autre frère, Théophile, un cocu magnifique qui trouve moyen de faire une scène de jalousie à sa femme au beau milieu de l'église, lors du mariage d'Auguste et de Berthe ; Valérie, son épouse, complètement détraquée par un mariage qui ne lui apporte aucune joie et qui court les amants à l'extérieur ; Duveyrrier lui-même, procureur austère qui se fait gruger par une maîtresse avant de mettre enceinte la malheureuse bonne des Josserand, Adèle (l'accouchement de celle-ci est l'un des plus affreux que j'aie jamais lus) ...
    ]Et puis, bien sûr, il y a la tribu Josserand. La mère d'abord, interprétée au cinéma par Jane Marken et, à la télévision, par l'extraordinaire Françoise Seigner. Une mère abusive, obsédée par l'idée de marier ses deux filles, Berthe et Hortense, et qui, pressée par les frais que cette quête au mari impose, rogne sur tout lorsqu'elle se retrouve dans son intérieur. Hautaine, dominatrice, écrasante, elle méprise son mari, un faible employé de bureau qui se crève les yeux jusqu'à deux heures du matin pour copier des adresses et mettre ainsi un peu de beurre dans les épinards de ses filles. Ambiguë, elle irait, pense parfois le lecteur impartial, jusqu'à prostituer ses filles à leur oncle, son frère Bachelard, pour leur obtenir une dot. Indigne, elle rejette son fils, Saturnin, qui n'a pas toute sa tête et qu'elle finira par faire interner, quitte à le faire sortir de l'asile lorsqu'une parente lui lègue une petite fortune, pour lui faire signer une renonciation en faveur de ses soeurs. Tyrannique, elle compte les morceaux de sucre et terrorrise Adèle, sa malheureuse bonne, qui vient de Bretagne et qui, infiniment moins maligne que Bécassine, ne comprend même pas lorsqu'elle tombe enceinte des oeuvres de Trublot ou de Duveyrrier.
    Au sein de toute cette boue qui monte de la loge des concierges - encore deux numéros infâmes, ces deux-là - jusqu'aux soupentes des bonnes où la pauvre Adèle accouchera seule et sans aide avant d'aller abandonner son enfant sous un porche, deux ou trois figures tentent de faire preuve d'humanité : le prêtre de St Roch qui rêve parfois à d'autres paroissiens, la petite Mme Pichon, première maîtresse d'Octave sur Paris et qui aidera Berthe lorsque celle-ci risquera de se faire coincer dans l'immeuble en flagrant délit d'adultère et enfin Trublot lui-même, noceur infernal qui préfère les bonnes aux bourgeoises mais qui, malgré tout, se risquera à aller prendre des nouvelles d'Adèle lorsque la malheureuse aura accouché.
    Quant à Octave Mouret - et c'est probablement ce que voulait Zola à moins qu'il ne se soit pris d'amitié pour son personnage et n'ait décidé, ultérieurement à son plan, de le dépeindre ainsi - il laisse au lecteur une impression de sympathique canaille, arriviste et égoïste certes mais dans le fond tellement aimable qu'on ne peut guère lui en vouloir. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Hicchi, le 30 juin 2011

    Hicchi
    Un très bon roman de Zola, où l'on découvre Octave Mouret, qui ne peut s'empêcher de désirer ardemment toutes les jeunes filles qu'il croise. Et même si on peut lui reprocher son attitude, il nous reste sympathique. On sent que Zola lui-même apprécie ce personnage car jamais il est décrit comme étant méchant ou mauvais. L'histoire, très simpliste, est une pure critique de la bourgeoisie et du "paraître". Derrière le luxe et les bonnes moeurs vivent en fait des familles noyer dans le vice, la corruption et le désir vif de posséder de L'Argent. Octave n'est qu'un simple témoin, et on vit l'histoire à travers ses yeux. Zola ne lésine pas sur les détails, il dévoile la crasse, les ordures et toutes les saletés qui sont les fondements de cette bourgeoisie décadente. Lire Pot-Bouille m'a donné envie de relire Au bonheur des dames, où l'on voit la montée impressionnante d'Octave dans le commerce. On ne s'ennuie jamais durant la lecture de ce roman, contrairement à ce que l'on pourrait croire, car les personnages sont toujours confrontés à des péripéties qui tiennent le lecteur en haleine (comme par exemple lorsque Auguste découvre la relation d'Octave et de Berthe). Je ne me suis pas ennuyée une seconde, c'est pour cela que je le recommande à ceux qui ont apprécié Au bonheur des dames et le personnage de Octave.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    Derrière les apparences, la réalité; derrière le convenable, l'ordure. Les petits bourgeois ("petits" dans Tous les sens du terme) se font des politesses et se crachent à la figure, sous le regard amusé des bonnes sordides, qu'on engrosse et qu'on laisse crever en s'indignant : la moralité est l'essentiel, et elle laisse à désirer... Les conventions l'emportent. le cocu honnête est renvoyé à ses migraines pour ne pas fâcher le monde. La honte des coucheries interdites, la pire de toutes seulement quand il s'agit des femmes, est rapidement évacuée. le duel est évité. Il suffit de promettre un peu d'argent qui ne vient jamais. Bref, Zola peint à merveille l'hypocrisie bien-pensante de son temps et la faille sous le papier peint. Madame Josserand s'obstine à marier ses filles, pour la dot, et tout en exhibant l'échec de son propre mariage. Berthe trompe son mari avec un petit à homme à femme raté. le président Duveyrier pleure toutes les larmes de son corps à la mort de son beau-père (le salaud ne laisse aucun héritage, il a tout perdu au jeu) parce que sa maîtresse vient de se barrer, et ne parvient même pas à se suicider proprement. Octave se tape la moitié de la maison. L'architecte Campardon trompe sa femme malade presque sous ses yeux. Aucun scandale. le concierge Gourd veille à la moralité de la maison. Il chasse l'ouvrier qui avait amené dans sa chambre sa femme légitime.
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    • Livres 5.00/5
    Par VioletteBeauregard, le 02 novembre 2011

    VioletteBeauregard
    Un régal ! Tout simplement !
    On prend le temps, on déguste, on savoure cette langue, cette ironie...
    Octave Mouret emmène le lecteur dès le début du roman rue de Choiseul : et c'est là que l'histoire débute, c'est l'histoire d'un immeuble et des habitants.
    En passant par les propriétaires, les locataires et les femmes de chambres, on suit avec délice la vie de cet immeuble haussmannien.
    De la bourgeoisie ruinée qui dépense ses derniers sous afin de protéger les apparences alors qu'elle n'a plus assez pour se nourrir convenablement; des libertins; en passant par des mariages intéressés; des domestiques vulgaires vomissant " les ordures cachées des familles"; des adultères; de l'hypocrisie : tout y passe, Zola n'épargne personne et nous livre ici un formidable portrait de Paris pendant la révolution haussmannienne.
    Et, à souligner : c'est drôle, drôle, drôle !
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    • Livres 5.00/5
    Par Selenne, le 03 décembre 2011

    Selenne
    J'aime Emile Zola pour la façon dont il sait dépeindre avec une grande réalité les sentiments les plus viciés de ses personnages et Pot bouille n'échappe pas à la règle...
    Ce roman, le dixième des Rougon-Macquart, est une belle critique de la vie bourgeoise Parisienne. On y découvre plusieurs familles où les faux-semblants sont de mise et notamment Octave Mouret avant qu'il ne devienne le propriétaire du magasin "Au Bonheur des Dames".
    J'ai également apprécié le fait qu'il n'y est pas autant de descriptions que dans le "Ventre de Paris" par exemple qui selon moi traînaient beaucoup trop en longueur parfois.
    Néanmoins dans ce roman, celle de Mme Josserand, cette mère harpie qui n'élève ses filles que dans l'unique but de se trouver un bon parti, m'a énormément plu !
    Pour résumer, Pot bouille est un régal. Aussi je le recommande à Tous les amoureux d'Emile Zola.

    Lien : http://selenion.over-blog.com/article-pot-bouille-d-emile-zola-91321..
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 09 mai 2010

    Un gros monsieur blond, qui sortait du vestibule, s’arrêta net, en apercevant Octave.

    — Comment ! vous voilà ! cria-t-il. Mais je ne comptais sur vous que demain !

    — Ma foi, répondit le jeune homme, j’ai quitté Plassans un jour plus tôt… Est-ce que la chambre n’est pas prête ?

    — Oh ! si… J’avais loué depuis quinze jours, et j’ai meublé ça tout de suite, comme vous me le demandiez. Attendez, je veux vous installer.

    Il rentra, malgré les instances d’Octave. Le cocher avait descendu les trois malles. Debout dans la loge du concierge, un homme digne, à longue face rasée de diplomate, parcourait gravement Le Moniteur. Il daigna pourtant s’inquiéter de ces malles qu’on déposait sous sa porte ; et, s’avançant, Il demanda à son locataire, l’architecte du troisième, comme il le nommait :

    — Monsieur Campardon, est-ce la personne ?

    — Oui, monsieur Gourd, c’est M. Octave Mouret, pour qui j’ai loué la chambre du quatrième. Il couchera là-haut et il prendra ses repas chez nous… M. Mouret est un ami des parents de ma femme, que je vous recommande.
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  • Par torevan, le 25 mars 2012

    L'abbé Mauduit, resté un moment seul, au milieu du salon vide, regardait de loin l'écrasement des invités. Son visage gras et fin exprimait une tristesse. Lui qui confessait ces dames et ces demoiselles, les connaissait toutes dans leur chair, comme le docteur Juillerat, et il avait dû finir par ne plus veiller qu'aux apparences, en maître de cérémonie jetant sur cette bourgeoisie gâtée le manteau de la religion, tremblant devant la certitude d'une débâcle finale, le jour où le chancre se montrerait au plein soleil. Parfois, des révoltes le prenaient, dans sa foi ardente et sincère de prêtre. Mais son sourire reparut, il accepta une tasse de thé que Berthe vint lui offrir, causa une minute avec elle pour couvrir de son caractère sacré le scandale de la fenêtre; et il redevenait l'homme du monde, résigné à exiger uniquement une bonne tenue de ces pénitentes qui lui échappaient et qui auraient compromis Dieu.
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  • Par FranckDuflot, le 02 décembre 2011

    — Ne posez donc pas, mon oncle, dit Gueulin. On a toujours plus de femmes qu’on n’en veut.
    — Alors, fichu serin, demanda Bachelard, pourquoi n’en as-tu jamais ?
    Gueulin haussa les épaules, plein de mépris.
    — Pourquoi ?… Tenez ! pas plus tard qu’hier, j’ai dîné avec un ami et sa maîtresse. Tout de suite, la maîtresse m’a flanqué des coups de pied, sous la table. C’était une occasion, n’est-ce pas ? Eh bien ! quand elle m’a demandé de la reconduire, j’ai filé, et je cours encore…
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  • Par VioletteBeauregard, le 02 novembre 2011

    Lorsqu'il fut rentré sans bruit dans sa chambre, il se dit, en ôtant son paletot, que celle-là non plus n'avait pas l'air d'aimer ça. Alors que demandait-elle ? et pourquoi tombait-elle aux bras du monde ? Décidément, les femmes étaient bien drôles.
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  • Par VioletteBeauregard, le 02 novembre 2011

    Puis, se recueillant, jetant un coup d'oeil autour de la salle à manger, comme pour voir si elle n'oubliait aucune arme, elle prit un air terrible d'homme de guerre qui conduisait ses filles au massacre, et dit ce seul mot d'une voix forte :
    - Descendons !
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