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3.92/5 (sur 299 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Najac dans l'Aveyron , le 26 /08/1925
Mort(e) à : Paris , le 27/11/1999
Biographie :

Alain Peyrefitte était un homme politique, écrivain et diplomate français.
Ancien élève de l'École normale supérieure et de l'École nationale d'administration, chargé de recherches au Centre national de la recherche scientifique, maître de conférences à l'ENA, anthropologue de formation, diplomate de carrière, Alain Peyrefitte a parcouru une double carrière au service de la recherche et au service de l'Etat.
Il a effectué de nombreux séjours dans divers pays communistes, où il a connu de l'intérieur le système marxiste. Député, ministre du général de Gaulle à 36 ans et pendant plus de six ans, il a pratiqué diverses activités et a acquis une expérience étendue des responsabilités du pouvoir. Il est devenu président de la Commission des Affaires culturelles et sociales de l'Assemblée nationale après juin 1968, secrétaire général de l'UDR. à la veille des élections législatives de mars 1973, ensuite ministre chargé des Réformes administratives et du Plan, puis ministre des Affaires culturelles et de l'Environnement.
Son oeuvre d'écrivain se compose essentiellement d'essais, bien qu'on y trouve un roman de jeunesse, 'Les Roseaux froissés'. Son premier essai, 'Le Mythe de Pénélope', fut couronné par l'Académie française en 1949. Collaborateur de nombreux journaux et revues, dont La Revue des deux mondes, Le Monde ou Le Figaro. Élu à l'Académie française, le 10 février 1977, au fauteuil de Paul Morand, (11e fauteuil), et à l'Académie des sciences morales et politiques, le 1er juin 1987 (dans la section d'Histoire).
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Source : Wikipédia
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Bibliographie de Alain Peyrefitte   (53)Voir plus

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Citations et extraits (141) Voir plus Ajouter une citation
Se savoir autre, admettre les différences, ne prétendre ni imposer sa façon d’être, ni copier celle des autres, c’est une sagesse à laquelle il est devenu audacieux d’aspirer.
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La bureaucratie ne se contente pas de se substituer au pouvoir politique placé au-dessus d’elle. Elle tend à se substituer aux administrés situés au-dessous d’elle. Elle offre des moyens illimités à l’intolérante passion du bien commun qui anime les meilleurs de ses hommes. « Fonctionnaire zélé » : ce compliment traditionnel, souvent justifié, le paradoxe est qu’il faille s’en plaindre.

Le tempérament technocratique est immuable : « L’autorité était sa loi et ses prophètes, son code, sa coutume, son droit. Appliqué, travailleur, d’un grand détail, faisant tout par lui-même ; un homme à peine visible, qui fermait la bouche aux gens par quelque chose de sec, de décisif et d’impérieux. » Il s’agit de Voysin, intendant de Louis XIV, vu par Saint-Simon. Il pourrait s’agir de tel directeur, inspecteur des finances ou préfet d’aujourd’hui.

Ni le désaveu de l’histoire, ni l’impatience des citoyens n’entament le sentiment d’infaillibilité qui imprègne l’administration : cette conviction vertigineuse que les hommes qui se trouvent au sommet de la hiérarchie savent seuls ce qui est bon pour les hommes qui peuplent les degrés inférieurs. Dans l’Église traditionnelle, c’étaient des prêtres, célibataires par vocation, qui initiaient les fiancés aux mystères de la vie du couple : dans notre société, ce sont des fonctionnaires qui savent ce que doivent faire industriels ou exportateurs, agriculteurs ou artistes.

Chapitre 29 L’envahissement
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La mère qui aime son enfant si fort, qu’elle l’empêche de devenir adulte ; la « mère castratrice » de Freud ; la « mère arachne » d’Otto Rank, à l’affût au centre de sa toile ; la Genitrix » de Mauriac… Cette mère trop puissante, les Français, à travers les siècles, l’ont rencontrée à chaque étape de leur vie collective. Ils la retrouvent aujourd’hui encore.

Genitrix empêche son enfant de devenir un homme, avant de lui reprocher de ne pas en être un. Elle prend prétexte de l’immaturité où elle l’a maintenu, pour lui refuser le droit d’en sortir. Le vieil adolescent recule devant le rude apprentissage de la liberté. La mère stérilisante et l’enfant stérilisé s’enfoncent, complices, dans la même impasse.

Chapitre 27 L’irresponsabilité
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Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d'avoir perdu tout sentiment de fierté nationale. Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n'importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement ! Pétain était un grand homme. Pas besoin d'austérité ni d'effort ! Pétain avait trouvé l'arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre.
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Un malheureux, pris de boisson, se transforme en meurtrier au cours d'une rixe qui tourne mal ; il est condamné à quinze ans de prison.
Prison où n'ira pas le directeur d'une grosse fabrique qui a mis sur le marché, sans précautions, un produit mortel.
La méprise d'un soir serait-elle plus impardonnable que la négligence qui provoque une hécatombe ? Chargée d'estimer les responsabilités des autres, la justice fuirait-elle les siennes ?
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Au milieu des clameurs, un millier de chevaux, pris de panique, coururent se jeter dans le lac pour échapper à l’incendie. Soudain, l’eau qui les protégeait gela… Ce troupeau qui, fuyant le mur de flammes, s’enferme à jamais dans le mur de glace, ses chefs de file auraient pu l’entraîner sur une troisième voie, en s’élançant au long de la rive. Mais le réflexe d’un être apeuré ou fougueux, surtout en groupe , le pousse à bondir d’un extrême à l’autre…

Dans le phénomène de la surfusion, l’immersion soudaine de corps étrangers entraîne la cristallisation de la masse liquide. Ce sont les chevaux qui provoquèrent le gel du lac. Cet équilibre précaire d’une eau prête à basculer évoque celui dans lequel baigne une société complexe…

Réfractaire à l’esprit de transaction, nous avons l’esprit de contradiction… Quel rôle notre attrait pour les excès laisse-t-il à la justice ? Elle assure l’équilibre de la société, quand elle reconnaît « le bon droit » ; quand elle substitue le châtiment légal à la vengeance privée ; quand elle sauvegarde les libertés individuelles ; quand elle fixe les bornes.

Seulement, les juges sont eux-mêmes exposés à tous les déséquilibres… Soumis au pouvoir exécutif, ils réduiraient la justice à être une auxiliaire de la police ; dressés contre lui ; ils transformeraient la séparation des pouvoirs en conflit des pouvoirs… Sensibles à l’opinion ; ils délibéreraient sous la pression de la rue ; dédaigneux de la volonté collective, ils oublieraient qu’ils prennent leurs décisions au nom du peuple français… Trop lents, ils désespèrent celui qui attend réparation ; expéditifs, ils s’exposeraient à l’erreur… À tant de risques contradictoires, ils n’échappent que par la mesure…

Celui qui conduit l’action doit fixer l’horizon. Mais s’il souhaite qu’elle aboutisse, il doit savoir garder le silence. Au milieu des clameurs, il longe la rive – en évitant les dangers du brasier comme du lac en surfusion…
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[ Laxisme de la justice.]

Un parlementaire s'était fait, vers 1970, le champion de la lutte contre l'abus des détentions préventives.
Il protesta avec véhémence auprès du garde des sceaux de l'époque, lorsque le juge des enfants laissa en liberté deux mineurs qui s'étaient introduits dans sa maison de campagne pour y dérober quelques objets sans valeur.
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Je n'ai pas de vie politique à moi, pas d'électeurs, pas de clientèle, pas d'implantation, pas de possibilité de voler de mes propres ailes.

Je n'ai même pas d'idées à moi en matière politique.

Je n'ai que les idées du Général.

Propos de Georges Pompidou lors de sa nomination comme premier ministre.
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Déjà en 1940, la bourgeoisie était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Pétain avait trouvé l'arrangement avec les Allemands.
Les bonnes affaires allaient reprendre.

La révolution Française n'a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu'est la bourgeoisie qui s'est de plus en plus abâtardie jusqu'à devenir traîtresse à son propre pays.

C de Gaulle
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En 1981, les Français ont voulu changer de têtes, mais les têtes qu’ils ont choisies veulent changer de France et changer les Français: la rose socialiste a éclos sur ce malentendu...

Quand on s’entend mal, les torts sont souvent partagés. Les Français n’ont pas compris que les socialistes croyaient au socialisme; ni que le « socialisme à la française» du P.S. ressemblait comme un frère au « socialisme aux couleurs de la France» du P.C.

Les Français ont pensé élire un homme libre : on leur annonce qu’ils ont signé une charte en cent dix articles qui les lie irrévocablement. Ils ont imaginé qu’ils allaient débarrasser les socialistes du P.C. : ils l’ont retrouvé au gouvernement. Ils ont ajouté foi à ceux qui promettaient que leurs recettes mettraient fin à la crise : ils découvrent que la construction socialiste ne fait nullement reculer la crise, mais s’en arrange. Ils ont supposé qu’ils garantissaient la paix sociale : ils devinent qu’ils ont mis en branle la lutte des classes. Etc.

Ce malentendu peut-il durer? Le socialisme ne devra-t-il pas. choisir entre l’attachement à son dogme, et son maintien aux commandes?

Mais d’autres voies de sortie s’offrent à lui que le reniement idéologique ou la défaite électorale. Il peut s’éloigner toujours plus de la démocratie libérale, en se « radicalisant ». Il peut ériger le malentendu permanent en méthode de gouvernement. Il peut...

Quels choix, à l’opposé, les hommes de la liberté ont-ils à proposer aux Français guettés par la résignation ou la révolte? N’est-il pas temps de passer du malentendu à l’espoir, en permettant que ce peuple, purgé de ses fantasmes, se réconcilie avec lui-même?

L’analyse de notre société, entamée dans Le Mal français, poursuivie ici, est inséparable d’un combat pour la clarté.
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