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Note moyenne 3.79 /5 (sur 121 notes)

Nationalité : Suisse
Né(e) à : Zurich , le 23/05/1908
Mort(e) à : Sils (Engadine) , le 15/11/1942
Biographie :

Annemarie Schwarzenbach était une écrivaine, journaliste et aventurière suisse.

Petite-fille du général Ulrich Wille, Annemarie Schwarzenbach a grandi dans un milieu zurichois aisé. À partir de 1927, elle étudie l’histoire et la littérature à Zurich et à Paris. C'est à cette époque qu'elle écrit ses premiers textes pour la presse ainsi que des textes littéraires.
En 1930, elle intégre le cercle d’amis des enfants terribles Klaus Mann et Erika Mann. Sous leur influence, elle devient rapidement antifasciste.

En 1931 elle obtient un doctorat. Elle a 23 ans et publie son premier roman 'Freunde um Bernhard'.

Sa production littéraire est cependant entravée par sa dépendance à la morphine qui l’oblige à de fréquents séjours en clinique.

En 1933, Annemarie Schwarzenbach fait un premier voyage en tant que journaliste qui la mène en Espagne, avec la photographe Marianne Breslauer. La même année elle se rend en Perse où, bien qu' homosexuelle, elle épouse en 1935 un diplomate français, Claude Clarac, afin de ne plus être dépendante de ses parents.

Cependant, elle retourne en Suisse et repart pour la Russie et les États-Unis. En 1939 elle fait des séjours dans des cliniques pour une cure de désintoxication. Pendant ces séjours elle écrit 'La vallée heureuse' (Das glückliche Tal).

En 1939-1940, alors que l'Europe s'enfonce de nouveau dans la guerre, profitant de la neutralité suisse, elle voyage avec Ella Maillart en Afghanistan. Ensuite elle retourne de nouveau aux États-Unis où sa dépendance à la morphine, ses tendances dépressives et ses tentatives de suicide l’obligent à suivre plusieurs traitements psychiatriques. Elle se lie d’amitié avec Carson McCullers. Après un voyage dans le Congo belge, elle retourne en Suisse en 1942.

Le 7 septembre 1942 une chute de bicyclette en Engadine la blesse grièvement à la tête. Le 15 novembre elle meurt des suites de cet accident à l'âge de 34 ans.
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Vidéo de l'exposition des autoportraits. Musée Berardo, Lisbonne, 2010/
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
nadejda   17 juillet 2018
Toucher le coeur des hommes de Annemarie Schwarzenbach
La première fois que j'ai vu l'Hindou Kouch, j'arrivais par le nord de la plaine torride du Turkestan. J'ai franchi ses cols historiques, qui sont sublimes. Et ce que j'ai eu envie d'écrire ensuite, c'est un hymne, pas autre chose qu'un hymne. Un hymne à son nom, car les noms sont plus que des désignations géographiques, ils sont musique et couleur, rêve et souvenir, ils sont le mystère, la magie - et loin d'être une expérience décevante, c'est merveille que de les retrouver un jour, nimbés d'éclat et d'ombre, enveloppés de feu et de la cendre froide de la réalité. Pamir, Hindou Kouch, Karakorum .....

Si je suis partie, c'est non pas pour apprendre la peur (1). mais pour vérifier le contenu des noms, pour éprouver leur magie dans mon corps, comme on sent entrer par la fenêtre ouverte la force merveilleuse du soleil qu'on a vu longtemps se refléter sur les collines lointaines et les prairies humides de rosée. p 236-237

(1) Allusion au conte de Grimm "Histoire de celui qui s'en alla apprendre la peur."
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SZRAMOWO   22 avril 2016
Voyager avec Annemarie Scharzenbach - La Quête du réel de Annemarie Schwarzenbach
Rentrer en Europe est une expérience sentimentale intense, heureuse et douloureuse à la fois. Je l'ai vécue à nouveau il y a quelques jours en arrivant à Lisbonne sur le vapeur portugais Quanza, qui dessert la côte africaine (...) On dit facilement aujourd'hui que l'Europe est "finie" (1), ou, pour s'exprimer avec plus de modération, qu'elle est parvenue à un tournant de son histoire, au terme de sa suprématie. (...) D'où vient donc l'amour pour l'Europe ? Il a quelque chose à voir avec la lumière, la gaieté du vent (...), l'éclat velouté du soleil sur les collines lumineuses aux pentes douces. On voyait des routes et des chemins, et on les suivait en imagination à travers des prairies printanières. On apercevait au loin des moulins à vent et on percevait en esprit le joyeux craquement de leurs ailes. (...) On voyait des mouettes, des hirondelles, des bateaux de pêche glissant sur l'eau et des glèbes rougeâtres et fumantes.



(1) écrit en mars 1942
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becdanlo   06 juin 2010
La mort en Perse de Annemarie Schwarzenbach
On s'agenouille, à moitié couché, dans le vent. Il en sera toujours ainsi, pense-t-on, toujours. Maman, pense-t-on (comme ce nom aide à pleurer !), il y a quelque chose, tout au début, que j'ai fait de travers. Mais ce n'était pas moi, c'était la vie. Tous les chemins que j'ai suivis, tous ceux que je n'ai pas suivis, aboutissent ici, dans cette « Vallée heureuse » d'où il n'y a plus d'issue, et qui, pour cette raison, doit ressembler au royaume des morts. Elle est remplie d'ombres du soir qui descendent lentement des montagnes et recouvrent les pentes et les troupeaux endormis, accrochés à leur flancs comme du duvet. Et dans la lumière nocturne émergent doucement, les unes après les autres, cimes et crêtes : décor de bout du monde.
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nadejda   17 juillet 2018
Toucher le coeur des hommes de Annemarie Schwarzenbach
J'ai aussi goûté à Hérat plus de quarante variétés de raisin, sucré, âpre, avec des grains de toutes les couleurs, à la peau très fine, jusqu'aux raisins dorés et ronds qu'ils appellent là-bas le raisin royal, et j'ai passé des nuits d'août caniculaires à l'ombre des minarets gigantesques parés de flamboyantes couleurs. Même le souffle ininterrompu du vent du Nord, semblable à une mer déferlante, loin de dispenser la moindre fraîcheur, apportait avec lui le sable brûlant des déserts du Turkestan.

Je n'ai pas appris grand-chose de nouveau, mais j'ai tout vu, tout vécu dans ma chair - et au coeur même des contrées désertiques du Lataband, je n'ai ressenti que la douleur figée des adieux.

p 212
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BandiFuyons   17 mai 2020
Où est la terre des promesses ? de Annemarie Schwarzenbach
Car il y a des lois, des fatalités - et se révolter, avoir l'audace de risquer vainement une mort inutile, c'est à la portée de bien peu de gens.
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HT   22 mai 2012
Où est la terre des promesses ? de Annemarie Schwarzenbach
Dans ce pays implacable, on est tenté de croire que la terre est sur le point de s'éteindre et court à sa perte, n'étant déjà plus un lieu accueillant pour le séjour limité accordé à l'homme.

Je dois reprendre pied sur ce chemin, me dis-je, et me défendre contre cette terrible vision. Le combat avec les nuages, avec le vent qui vous coupe le souffle, contre le froid et la fatigue, contre la peur impie, la lutte avec l'ange et pour le pain quotidien, c'est la même chose, et c'est là notre destinée. Que peuvent me faire ces ruines, et la couleur de la terre, du désert? Autant vouloir accuser la fuite du temps et lui tourner le dos, autant vouloir se protéger de son propre souffle qui s'exhale.
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oiseaulire   30 août 2019
Voyager avec Annemarie Scharzenbach - La Quête du réel de Annemarie Schwarzenbach
Il est clair que la situation est terrifiante à tous égards. Les façons de faire du 3ème Reich révulsent purement et simplement au regard des principes humanistes, déshonorent l'humanité et contredisent absolument toute notion de culture. (...) On retrouve l'éternelle tragédie du conflit entre la pensée et l'action - à quoi sert que trente, cent, cinq cents bons esprits tombent d'accord sur une même idée du progrès, de ce qui est bon ou souhaitable pour l'être humain, si par millions les "gens du peuple" sont sensibles à une autre langue, et s'ils cèdent à la nécessité et au désespoir ?
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rkhettaoui   23 juillet 2013
De monde en monde : Reportages 1934-1942 de Annemarie Schwarzenbach
Si nous nous libérons un instant de la croyance angoissante que seul le présent compte, que seule l’heure présente est vivante, alors notre oreille et notre œil s’aiguisent, alors nous sommes à même de sentir à l’œuvre l’esprit du passé envoyant jusqu’à nous ce qu’il a d’immortel, sanctifiant le lieu, enrichissant sa vie, et nourrissant ses forces vives pour aujourd’hui et pour demain…
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HT   23 mai 2014
La mort en Perse de Annemarie Schwarzenbach
Qui m'a amenée ici ? Pourquoi ai-je dû suivre tant de chemins, m'égarer toujours davantage ? D'abord, cela s'appelait l'aventure, puis ce fut le mal du pays, puis j'ai commencé à avoir peur et personne ne m'a aidée.
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Moglug   15 avril 2015
Rives du Congo - Tétouan/ Kongo-Ufer - Tetouan : Edition bilingue de Annemarie Schwarzenbach
Briser maintenant le coquillage

Qui selon d’antédiluviennes croyances renferme des trésors,

bruit de la mer, perles noires, et apaise les nostalgies.

Pesez-le encore une fois au creux de la main : ce n’est rien.

Muet le bourdonnement, lointain le déferlement des vagues,

– et la fraîcheur montant à l’aube de la vallée

humide et ombragée, la lumière sur les sommets,

le velouté des verts pâturages, – comme je les ai aimés !



Laissez. Et ne posez pas de question, ne demandez pas

ce que vous devez oublier, ce que vous chérirez,

ce qui ne cessera de nous consoler et nourrir,

pour l’amour de Dieu ne demandez pas,

peut-être l’heure est-elle proche, et mortelle, comme la foudre,

et nous aurons supplié en vain,

aimé en vain. L’aube va se lever

sur la rives du Congo, vous savez déjà

combien l’obscurité recule vite, comme si quelqu’un

se débarrassait de son manteau, descendait d’un pas léger

vers le fleuve, ses épaules lisses luisant

d’une sombre lueur, et remplissait sa main,

et la portait à sa bouche,

et se reposait sur ses talons de la chaleur étouffante de la nuit

et souriait.



8 juin 1941



A. Clarac
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