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Dominique Laure Miermont (Traducteur)Roger Perret (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782228898539
208 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2005)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 24 notes)
Résumé :

Le 6 juin 1939, Annemarie Schwarzenbach quitte Genève dans la Ford Roadster "De Luxe" 18 CV que vient de lui offrir son père. Sa destination : l’Afghanistan. Sa compagne de voyage : la déjà célèbre Ella Maillart, qui veut arracher à la drogue cet "être noble au charme prenant". On ne connaissait jusqu’alors de cette aventure exceptionnelle que La Voie cruelle (PBP n° 51), peut-être le plus beau l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
raton-liseur
  19 juin 2020
Je ne sais plus trop où j'ai entendu parler récemment d'Annemarie Schwarzenbach et que j'ai réalisé qu'elle avait écrit plusieurs livres qui pouvaient être intéressants à lire. Mon dévolu s'est porté sur celui-là, car c'est un périple célèbre que celui qu'elle a fait avec Ella Maillard pour rejoindre l'Afghanistan depuis la Suisse, à l'orée de la Seconde Guerre mondiale.
Il ne s'agit pas tout à fait d'un récit de voyage, mais plutôt d'une succession de courts chapitres conçus comme autant d'articles de journaux. Je ne sais pas si certains de ces articles ont effectivement été publiés, mais leur contenu est surprenant. On suit bien Annemarie Schwarzenbach au cours de son périple, même si le récit ne semble pas exhaustif et ne semble pas non plus couvrir les faits les plus marquants de ce voyage. Ce récit sur des routes peu carrossables et rarement carrossées d'Europe et d'Asie, ce récit plein de poussière et d'immensité est avant tout le prétexte à l'introspection et à l'expression du mal-être de cette femme qui cherche sa place dans le monde et une raison de vivre suffisamment puissante pour lui donner envie de continuer.
Car Annemarie Schwarzenbach est une femme tourmentée. Incapable d'être heureuse si le monde n'est pas à l'image du bonheur qu'elle voudrait pour tous, refusant le moyen, le simple, l'habituel, elle s'épuise à chercher le toujours plus. Cela l'a conduite sur les chemins de la drogue, et il est de notoriété publique que ce fameux voyage avec Ella Maillard est une énième tentative pour refaire surface. Il est aussi de notoriété publique que ce voyage sera, de ce point de vue, un échec, mais Annemarie Schwarzenbach aura essayé.
Essayé de se sauver par la fuite, c'est un peu ce que j'ai ressenti en lisant ce récit de voyage qui n'en est pas un. Les paysages peuvent être magnifiques, apaisants, sereins, Annemarie Schwarzenbach est systématiquement rattrapée par ses idées noires. le fait de ne pas être à la hauteur des exigences qu'elle a pour elle-même, le fait de nourrir inlassablement des idées sombres, d'être hantée par la tentation du pire puisqu'elle ne peut être le meilleur.
C'est un livre qui, malgré les beautés décrites, qu'elles soient naturelles ou faites de la main de l'homme, demeure recouvert d'un voile de profonde tristesse.
Ce livre n'est donc pas du tout le récit de voyage auquel je m'attendais. C'est une réflexion intérieure qui accompagne un mal-être dont l'aventure, qui aurait pu se révéler picaresque, de ces deux femmes en automobile, n'a pas su venir à bout. Mais ce mal-être, qui n'est jamais décrit frontalement, Annemarie Schwarzenbach demeure très secrète dans cette sorte d'impudicité qui consiste à écrire un livre sur soi-même, m'a parfois semblé familier, j'ai cru parfois me reconnaître dans certains des affres de cette femme, et j'ai été très touchée par son texte.
Tellement touchée que je me dis que je vais continuer à essayer de découvrir ses écrits. Tenter de mieux comprendre la complexité de ce personnage, en lisant d'autres de ses ouvrages, car maintenant que j'ai fait sa connaissance littéraire, je me sens prête à explorer des livres dans lesquelles elle ne sera pas l'ombre d'une autre exploratrice, comme ici elle semble rester dans l'ombre finalement un peu écrasante d'Ella Maillard. Une belle rencontre, même si elle est empreinte de beaucoup de souffrance rentrée.
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HT
  10 octobre 2011
En 1939, deux femmes quittent la Suisse en automobile pour l'Afghanistan, par voie terrestre. Leurs chemins se sépareront à Kaboul quelques mois plus tard. Ces deux caractères incroyablement différents tireront chacun un livre de cette aventure. La solide et sûre d'elle Ella Maillart en a livré un récit de voyage "terrien", empli de sa sérénité naturelle et de son don d'observation de l'humain. L'inconstante et fragile Annemarie Schwarzenbach en a tiré plusieurs textes discontinus, recueils d'impressions, de moments, de sentiments tels que vécus par leur auteur, sans souci de détails tels que la chronologie ou la géographie. Ces textes ont été rassemblés ultérieurement en un seul ouvrage par un éditeur. C'est plus un récit de voyage "intérieur" que de voyage au sens "géographique". On en apprend finalement très peu sur le parcours des deux femmes et les pays qu'elles ont traversés, et on tente tant bien que mal de comprendre ce qu'Annemarie a tenté de retranscrire. J'ai eu l'impression de ne saisir que très partiellement le sens du texte ; l'écriture est pleine de non-dits, de métaphores peu lisibles. L'auteur est plongée en permanence dans l'introspection, et ne décrit son voyage qu'à travers le prisme de ses obsessions : la souffrance, la solitude, la mort. Il faut aller jusqu'aux compléments situés après la fin du récit pour mieux appréhender le contexte et la personnalité d'Annemarie Schwarzenbach : sa dépendance à la drogue, ses tentatives et échecs pour s'en échapper (notamment au cours de ce voyage), ses amours malheureuses avec d'autres femmes, sa sensibilité extrême, la nature de sa relation amicale avec Ella Maillart, mentor choisie pour l'accompagner vers une vie "vraie". J'en retiens de belles évocations du désert, de la solitude, du désespoir existentiel, mais il ne m'a pas été donné de comprendre pleinement ce qui se tramait dans l'esprit torturé d'Annemarie Schwarzenbach.
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cathe
  17 août 2015
Quand Ella Maillard retourne en Afghanistan en 1939, c'est pour retrouver ce pays qu'elle a déjà visité deux ans auparavant et en explorer d'autres régions.
Annemarie Schwarzenbach était journaliste et avait déjà réalisé des reportages à l'occasion de voyages en Europe, en Asie et aux Etats-Unis. En 1939 elle sort de plusieurs cures de désintoxication mais la perspective de partir en Afghanistan avec Ella Maillard lui redonne de l'énergie. "Où est donc la terre des promesses" est donc un "double" de "La voie cruelle" où Ella Maillard fait le récit de ce voyage et il est difficile de le lire sans y penser.
Le ton d'Annemarie Schwarzenbach est toujours empreint de poésie et de générosité mais malgré tout on sent qu'elle parle d'elle avant de parler de l'autre et son ton quelque peu journalistique a du mal à nous faire oublier le style unique d'Ella Maillard.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
HTHT   22 mai 2012
Dans ce pays implacable, on est tenté de croire que la terre est sur le point de s'éteindre et court à sa perte, n'étant déjà plus un lieu accueillant pour le séjour limité accordé à l'homme.
Je dois reprendre pied sur ce chemin, me dis-je, et me défendre contre cette terrible vision. Le combat avec les nuages, avec le vent qui vous coupe le souffle, contre le froid et la fatigue, contre la peur impie, la lutte avec l'ange et pour le pain quotidien, c'est la même chose, et c'est là notre destinée. Que peuvent me faire ces ruines, et la couleur de la terre, du désert? Autant vouloir accuser la fuite du temps et lui tourner le dos, autant vouloir se protéger de son propre souffle qui s'exhale.
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BandiFuyonsBandiFuyons   17 mai 2020
Car il y a des lois, des fatalités - et se révolter, avoir l'audace de risquer vainement une mort inutile, c'est à la portée de bien peu de gens.
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Videos de Annemarie Schwarzenbach (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annemarie Schwarzenbach
Vidéo de l'exposition des autoportraits. Musée Berardo, Lisbonne, 2010/
Dans la catégorie : Moyen et Proche-OrientVoir plus
>Géographie générale>Géographie de l' Asie>Moyen et Proche-Orient (36)
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