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Note moyenne 4 /5 (sur 186 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Constantine , le 02/12/1950
Biographie :

Benjamin Stora, né en 1950 à Constantine, est un historien français, spécialiste de l'Algérie contemporaine et de l'immigration algérienne en France.

Docteur en histoire et sociologie, il enseigne l'histoire du Maghreb et de la colonisation française (Indochine-Afrique) et co-dirige l'Institut Maghreb-Europe à Paris VIII-St Denis depuis 1990. Il est actuellement professeur des universités à l'Institut national des langues et civilisations orientales (civilisation du Maghreb).

Il s'est intéressé, notamment, à Messali Hadj, aux luttes entre indépendantistes algériens (Front de libération nationale contre Mouvement National Algérien), à l'histoire des Juifs d'Algérie, et à la mémoire de la guerre d'Algérie.

Militant trotskyste en mai 1968, il est membre de l'Organisation communiste internationaliste jusqu'en 1984. Il signe en 2007 l'appel des intellectuels en faveur du vote pour Ségolène Royal

Benjamin Stora a reçu le Grand Prix des lectrices de ELLE en 2011, pour son livre-objet publié aux éditions Les Arènes : 'Algérie 1954-1962 : lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre'.

Outre ces ouvrages il est l'auteur de plusieurs documentaires : 'Les années algériennes' (1991) ; 'Algérie, années de cendres', (1995) ; 'L'indépendance aux deux visages' (2002) et 'Conversations avec les hommes de la révolution algérienne' (2003) ; 'François Mitterrand et la guerre d'Algérie' (2010) ; 'La Loi de mon pays' (2011), 'Guerre d'Algérie, la déchirure' (co-réalisé avec Gabriel Le Bomin) en 2012. Avec Jean-Michel Meurice, il est l'auteur du documentaire, 'Notre histoire' (2012).

Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 2009 et officier des Arts et des Lettres.
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Pour consulter les titres parus dans cette collection : https://www.lesbelleslettres.com/collections/20-memoires-de-guerre La collection Mémoires de guerre a pour but de publier des textes inédits ou oubliés d'écrivains, de journalistes, de soldats sur les conflits qu'ils ont vécus. Celle-ci a débuté à l'automne 2012 avec la publication de deux auteurs majeurs : Curzio Malaparte avec La Volga naît en Europe récit de son expérience de correspondant de guerre sur le front russe durant le second conflit mondial et Winston Churchill, avec, son tout premier ouvrage, inédit en France, La Guerre de Malakand dans lequel le futur prix Nobel de littérature raconte, en 1897, sa guerre en Afghanistan. . Si la collection a publié à parts égales ces dernières années les grands classiques du genre, parmi lesquels les écrits de John Steinbeck, Martha Gellhorn, Eugène Sledge, Evelyn Waugh, elle a aussi accueilli des auteurs contemporains. Des militaires français comme le commandant Brice Erbland, pilote d'hélicoptère en Afghanistan et en Libye, Guillaume Ancel et ses témoignages sans concessions sur la guerre en ex-Yougoslavie et au Rwanda, André Hébert, jeune militant communiste parti se battre aux côtés des Kurdes contre Daech, la journaliste Pauline Maucort et ses portraits de soldats victimes de stress post-traumatique ou encore les officiers de la Légion étrangère qui ont témoigné dans un ouvrage collectif. La collection vient également d'obtenir le prix Erwan Bergot 2020 pour le texte du dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain. Mémoires de guerre est dirigée par François Malye, petit-fils d'un des fondateurs des éditions Les Belles Lettres et grand reporter au magazine le Point. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages historiques : Histoire secrète de la Ve République (en collaboration, La Découverte, 2006) ; Napoléon et la folie espagnole (Tallandier, 2007) ; François Mitterrand et la guerre d'Algérie (avec Benjamin Stora, Calmann-Levy, 2010) ; La France vue par les archives britanniques (avec Kathryn Hadley, Calmann-Lévy, 2012 . De Gaulle vu par les Anglais, Calmann-Lévy, 2020, reédition) Camp Beauregard, Les Belles Lettres, 2018.

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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
Benjamin Stora
Under_the_Moon   05 février 2016
Benjamin Stora
Il n'y a pas de droit d'auteur sur l'écriture de l'histoire.
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Harioutz   18 mai 2019
La guerre d'Algérie expliquée à tous de Benjamin Stora
- Des Algériens musulmans appartiennent à l'armée française et participent à la guerre ?

- Oui, ce sont ceux que l'on nomme généralement les "harkis".



- Qu'est-ce que cela veut dire, "harkis" ?

- "Harki" est un mot arabe qui veut dire "mouvement". Il est utilisé à partir du début de la guerre d'Algérie pour désigner les soldats musulmans qui font la guerre du côté de la puissance coloniale.

La présence de ces harkis (on emploie aussi le terme "supplétifs") dans l'armée française prouve bien que les paysans algériens n'étaient pas tous unis derrière le FLN.



- Les harkis étaient pour l'Algérie française ?

- C'est une question délicate. Se sont-ils portés volontaires pour défendre la France et sa présence en Algérie ? Ou bien ont-ils été poussés, voire forcés, à rejoindre l'armée par des officiers français ?

En fait, pour beaucoup d'entre eux, les raisons de leur engagement sont avant tout matérielles : ils cherchaient à échapper à la misère. Avec l'espoir, pour ces nombreux paysans, de sauver leur terre.

Parfois, avec les mêmes motivations, certains ont fait le choix de l'ALN, d'autres celui de l'armée française.

D'autres sont sincèrement convaincus de la nécessaire présence française en Algérie.
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ClaireG   18 mars 2016
Les clés retrouvées : Une enfance juive à Constantine de Benjamin Stora
La peur de la dispersion de la famille, de la communauté juive de Constantine, des gens que je connaissais et que mes parents connaissaient dans le quartier. Car une peur naît dans l'arrachement de l'exil, celle que toute une vie antérieure disparaisse, que ce monde de l'Algérie de l'enfance soit englouti.



p. 118
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Harioutz   18 mai 2019
La guerre d'Algérie expliquée à tous de Benjamin Stora
- Savait-on pendant la guerre d'Algérie que la torture était utilisée par l'armée française ou est-ce quelque chose qui a été découvert après ?



- Dès le mois de janvier 1955, c'est-à-dire deux mois seulement après le début de la guerre, la torture est dénoncée publiquement.

L'écrivain François Mauriac publie un article à ce sujet dans le journal L'Express.

Toujours en 1955, des rapports sont rédigés et adressés aux plus hauts responsables politiques. La torture est donc connue. Elle n'est pas employée pour la première fois, loin de là, au moment de la "bataille d'Alger".

Mais son utilisation courante durant cette année 1957, va provoquer une prise se conscience.

Plusieurs soldats font paraître leur témoignage. Je cite l'un d'eux :" Nous sommes désespérés de voir jusqu'à quel point peut s'abaisser la nature humaine et de voir les Français employer des procédés qui relèvent de la barbarie nazie."



- La comparaison avec les méthodes nazies est-elle juste ?



- Infliger des souffrances physiques insupportables pour "faire parler" était une pratique de la Gestapo.

Paul Teitgen, secrétaire général de la police d'Alger, qui démissionne pour protester contre les pratiques du général Massu et des parachutistes, écrit ainsi :"En visitant les centres d'hébergement, j'ai reconnu sur certains assignés les traces profondes des sévices ou des tortures qu'il y a quatorze ans je subissais personnellement dans les caves de la Gestapo à Nancy."



Mais la Seconde Guerre mondiale - notamment l'ampleur de la machine exterminatrice nazie - ne peut être comparée à la guerre d'Algérie.



- Était-il possible, lorsque l'on appartenait à l'armée française qui faisait la guerre en Algérie, de s'opposer à la torture ?



- Oui, mais il fallait accepter d'en payer les conséquences. Il est important de citer à ce propos le cas du général Bollardière.

En mars 1957, ce général demande à être relevé de son commandement en Algérie car il refuse l'utilisation de la torture, qu'il a, lui aussi, connue sous l'occupation nazie.

Il sera enfermé pendant deux mois et on ne lui confiera ensuite plus aucune responsabilité.

En 2007, un carrefour Général-de-Bollardière a été inauguré à Paris. C'est une façon d'honorer sa mémoire et de rendre hommage à son courage.
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de   07 novembre 2012
Voyages en postcolonies de Benjamin Stora
Le voyage perpétuel vers le passé embelli de la colonisation signale une crise du futur, une angoisse de l’avenir en termes de projet politique
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Hardiviller   06 avril 2021
Camus brûlant de Benjamin Stora
Membre du parti communiste algérien , Camus en avait été écarté dès 1937 .Il avait été profondément marqué par la guerre d'Espagne , au nom de laquelle le POUM ( Parti Ouvrier d'Unification Marxiste ) , d'obédience stalinienne , avait été réprimé de façon sanglante par le NKVD , la police politique de Staline . Le totalitarisme lui était devenu intolérable . Il s'était engagé contre la répression soviétique lors de la révolte des ouvriers de Berlin-Est en 1953 , puis lors de l'insurrection de Hongrie en 1956 .Assez naturellement l'écrivain avait trouvé dans les franges minoritaires de l'extrême gauche des alliés capables de conjuguer critiques du stalinisme et volonté d'émanciper les classes laborieuses . Camus , qui , dans les années 60 et 70 avait été marginalisé dans le champ intellectuel , avait fait cause commune , à plusieurs reprises , avec les mouvements anarcho-syndicalistes ......
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de   23 octobre 2011
Le 89 arabe de Benjamin Stora
La première vertu des révolutions, c’est d’ouvrir l’horizon des possibles. Pour les conservateurs, tenants des désordres établis et des ordres injustes, l’histoire est toujours écrite d’avance, pavée de fatalités et de déterminismes, de pesanteurs économiques et de sujétions politiques. Quand, à la faveur de l’événement révolutionnaire, les peuples surgissent sans prévenir sur la scène, c’en est soudain fini de ces fausses évidences et de ces illusoires certitudes. L’histoire s’ouvre sur d’infinies possibilités et variantes où la politique redevient un bien commun, partagé et discuté, sur lequel la société a de nouveau prise.
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Villoteau   30 janvier 2013
La guerre d'Algérie expliquée à tous de Benjamin Stora
– Dès le mois de janvier 1955, c'est-à-dire deux mois seulement après le

début de la guerre, la torture est dénoncée publiquement. L'écrivain

François Mauriac publie un article à ce sujet dans le journal L'Express.

Toujours en 1955, des rapports sont rédigés et adressés aux plus hauts

responsables politiques. La torture est donc connue. Elle n'est pas employée

pour la première fois, loin de là, au moment de la bataille d'Alger. Mais son utilisation courante durant cette année 1957 va provoquer une prise de conscience. Plusieurs soldats font paraître leur témoignage. Je cite l'un d’eux :

«Nous sommes désespérés de voir jusqu'à quel point peut s'abaisser la nature humaine et de voir des Français employer des procédés qui relèvent de

la barbarie nazie.».



– La comparaison avec les méthodes nazies

est-elle juste?



– Infliger des souffrances physiques insupportables

pour faire parler était une pratique

de la Gestapo. Paul Teitgen, secrétaire

général de la police d'Alger, qui démissionne

pour protester contre les pratiques

du général Massu et des parachutistes, écrit

ainsi :«En visitant les centres d'hébergement,

j'ai reconnu sur certains assignés les

traces profondes des sévices ou des tortures

qu'il y a quatorze ans je subissais personnellement

dans les caves de la Gestapo à

Nancy.»



Mais la Seconde Guerre mondiale

– notamment l'ampleur de la machine exterminatrice

nazie – ne peut être comparée

à la guerre d'Algérie.
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Villoteau   30 janvier 2013
La guerre d'Algérie expliquée à tous de Benjamin Stora
Au total, pendant toute la guerre, près d’un million et demi de jeunes

français, de toutes origines sociales, iront en Algérie. Ce qui signifie que la

plupart des hommes nés entre 1932 et 1943 y ont été envoyés.



C'est toute une génération, parmi lesquels de futurs hommes politiques comme Jacques Chirac (président de la République de 1995 à 2007),

Michel Rocard (Premier ministre de 1988 à1991). Mais aussi de futures personnalités du spectacle, de la chanson ou du cinéma comme le chanteur Eddy Mitchell et le réalisateur Claude Lelouch. Ou encore des sportifs comme le cycliste Raymond Poulidor. Ces hommes jeunes forment ce que l'on appelle le «contingent».



C'est l'une des grandes différences entre la guerre d'Indochine et la guerre

d'Algérie. En Indochine, la guerre a été menée par un corps expéditionnaire,

c'est-à-dire des soldats professionnels. En Algérie, tous les hommes français

appartenant à certaines classes d'âge ont été mobilisés.
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Villoteau   30 janvier 2013
La guerre d'Algérie expliquée à tous de Benjamin Stora
– Tu avais quel âge au moment de la guerre

d'Algérie? En as-tu des souvenirs?



– Je suis né en Algérie en 1950. J'ai donc grandi

pendant cette guerre. Elle s'est déroulée quand

j'avais entre 4 et 11 ans. J'ai beaucoup de souvenirs

de cette période, certains très vifs, d'autres plus

flous, comme le sont parfois les souvenirs d'enfance.

Je garde en mémoire des sensations, des émotions ,

des odeurs, la délicieuse tfina (le plat des Juifs de

Constantine, ma ville de naissance), les pique-niques

sur la plage de Stora... Mais aussi des souvenirs plus

douloureux, comme les drames qui ont touché ma famille.

Je me souviens particulièrement du moment où nous

avons quitté l'Algérie avec mes parents et ma soeur, en juin 1962. (…)



Moi, j'étais un enfant et je savais que c'était un exil sans retour,

que je laissais derrière moi le pays qui m'avait vu naître.

Mais aujourd'hui, mon travail d'historien, c'est de prendre de la

distance par rapport à mes souvenirs personnels, mon cas individuel,

pour raconter une histoire beaucoup plus large. Une histoire qui concerne

les peuples de France et d'Algérie, et qui a encore de fortes répercussions

aujourd'hui. J'essaye de comprendre, et de faire partager mes connaissances

sur cette guerre, qui a arraché des gens à leur terre natale et qui a permis

aux Algériens d'arracher leur indépendance. Je pense que ce mot "arrachement"

est l'un de ceux qui permettent de définir la guerre d'Algérie.
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