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Note moyenne 3.99 /5 (sur 123 notes)

Nationalité : Pologne
Né(e) à : Drohobycz , le 12/1892
Mort(e) à : Drohobycz , le 19/6/1942
Biographie :

Bruno Schulz est un écrivain, dessinateur, graphiste et critique littéraire polonais.

Né dans une famille juive polonaise assimilée de Galicie, il est le troisième et dernier enfant de Jacob Schulz, marchand d'étoffes, et d'Henrietta Kuhmerker, fille d'une riche famille d'exploitants de la scierie locale.

Entre 1902 et 1910 Schulz est élève du lycée de Drohobycz où il obtient son baccalauréat avec mention. En 1910 il commence ses études d'architecture à l'université de Lviv. La même année, pour des raisons de santé, son père est contraint de fermer boutique et la famille Schulz emménage chez la sœur de Bruno, Hania Hoffman.

En juin 1911 se déroulent les élections municipales de Drohobycz, qui resteront dans l'histoire comme les élections "sanglantes" car des émeutes ont lieu en raison d'élections truquées. Bruno Schulz observe l'agitation populaire depuis l'embrasure de sa fenêtre. C'est alors qu'il décide de devenir écrivain.

Schulz interrompt ses études en 1913 en raison des problèmes de santé de son père et rentre à Drohobycz. En 1914 et 1915 il étudie aux Beaux-Arts de Vienne. Jacob Schulz meurt en juin 1915.

Entre 1924 et 1941, Bruno Schulz est professeur de dessin au lycée public Władysław Jagiełło. Ce travail ne lui plaît guère et il s'en plaint fréquemment au cours de ses correspondances avec ses amis Witold Gombrowicz et Stanisław Ignacy Witkiewicz.

En 1931, sa mère meurt et quatre ans plus tard le frère aîné de Bruno, Izydor, meurt à son tour.

C'est en 1933 que Schulz commence à publier ses œuvres. Grâce à l'aide de Zofia Nałkowska il publie Sklepy cynamonowe (Les boutiques de cannelle). En 1936, il publie Sanatorium pod klepsydrą (Le sanatorium au croque-mort).

Avec l'avènement de la Seconde Guerre mondiale, Drohobycz est occupée par l'Union Soviétique, puis par l'Allemagne nazie suite à l'Opération Barberousse. En 1941-1942, Bruno Schulz est contraint de vivre dans le ghetto de Drohobycz. Il est alors sous la "protection" de l'officier de Gestapo Felix Landau qui lui fait réaliser des peintures sur papier. Schulz est tué au croisement des rues Mickiewicz et Czacki, au cours d'une "action sauvage" de la Gestapo, par Karl Günther, de deux balles dans la tête, celui-ci voulant venger son protégé, le dentiste Löw, tué par Landau.
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[Bruno Schulz : Oeuvres complètes]
Olivier BARROT est au musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris pour parler des "Oeuvres complètes" de Bruno SCHULZ. La présentation est illustrée par des photos de Bruno SCHULTZ et des gravures de l'époque. Patrice CHEREAU lit "Le printemps", texte de cet auteur.

Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
nadejda   11 mars 2015
Le sanatorium au croque-mort de Bruno Schulz
Il y avait des orgues de Barbarie, vrais miracles de la technique, pleins de flûtes, de gosiers et de pipeaux cachés à l'intérieur, de tuyaux qui chantaient de doux trilles, nids de rossignols sanglotants, trésor inestimable pour les invalides, source de revenus pour les infirmes, indispensables en général dans toute maison où l'on aimait la musique. On voyait ces orgues de Barbarie, joliment décorés de peintures, voyageant sur le dos de petits vieux ternes aux visages rongés par la vie, flous, tissés de toiles d'araignée, aux yeux larmoyants, immobiles, qui s'écoulaient lentement, visages dont la vie s'était épuisée, aussi décolorés et innocents que l'écorce des arbres craquelée par les intempéries, et comme elle insensibles à tout sauf à la pluie et au ciel. (p 16 Edition Gallimard l'Imaginaire)
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dourvach   25 août 2019
Les Boutiques de Cannelle de Bruno Schulz
Au mois de juillet, mon père partait aux eaux et nous laissait, ma mère, mon frère aîné et moi, en pâture aux journées d'été, blanches de feu et enivrantes. Nous feuilletions, étourdis de lumière, le grand livre des vacances, dont chaque page scintillait de soleil et conservait tout en son fond, sucrée jusqu'à la pâmoison, la pulpe des poires dorées. [...]



[Bruno SCHULZ, "Août" - in "Les boutiques de cannelle" ("Sklepy Cynamonowe"), 1934 - traduit du polonais par Georges Lisowski]
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Sachenka   14 juillet 2018
Le sanatorium au croque-mort de Bruno Schulz
Il m'est difficile de surmonter la réticence que j'éprouve à raconter le fait inconcevable que tout mon être refuse à admettre. Encore aujourd'hui je n'arrive pas à comprendre que nous en ayons été les auteurs entièrement conscients. Dans cet éclairage, l'événement acquiert les tristes traits d'une étrange fatalité. Car la fatalité n'évite pas notre conscience et notre volonté, elle les intègre dans son mécanisme, de sorte que nous acceptons comme dans un sommeil léthargique des choses qui, dans des conditions normales, nous feraient frémir.
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Sharon   02 juillet 2013
Les Boutiques de Cannelle de Bruno Schulz
Dès ce temps-là, notre ville avait déjà tendance à sombrer dans la grisaille chronique du crépuscule, à se garnir sur les bords d'une lèpre obscure, d'une moisissure duveteuse, et de mousse couleur de fer.

Sitôt démailloté des fumées brunes du matin, le jour basculait dans un bas après-midi couleur d'ambre, devenait pour un moment transparent et doré comme un verre de bière brune, pour descendre ensuite sous les voûtes innombrables de vastes nuits colorées.
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Emylit   29 avril 2016
Le sanatorium au croque-mort de Bruno Schulz
"Ce sont des dessins formidables", disait-il en les éloignant de ses yeux d'un geste de connaisseur. Son visage s'éclairait du reflet des couleurs et des lumières. Parfois, il portait une main à demi fermée devant son oeil et regardait par cette lunette improvisée, les traits tirés par une grimace solennelle.

"On pourrait dire que le monde, lézard merveilleux, est passé par tes mains pour se renouveler, muer, changer de peau. Ah, penses-tu que j'aurais volé et commis mille folies si le monde n'avait pas été aussi usé, déclinant, si les choses n'avaient pas perdu leur dorure, reflet lointain des mains de Dieu ? Que peut-on entreprendre dans un monde pareil ? Comment ne pas douter, ne pas perdre courage quand tout est fermé à double tour, le sens muré à l'intérieur, et que tu frappes toujours contre des briques comme contre le mur d'une prison ?

Ah, Joseph, tu aurais dû naître plus tôt."
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meyeleb   10 novembre 2011
Le sanatorium au croque-mort de Bruno Schulz
Le Beau, disait mon père, est une maladie, frisson intime qui annonce l'infection secrète, sombre préavis de pourriture levant sans hâte des entrailles de la perfection et que cette perfection même salue d'un soupir du plus profond bonheur.
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Sachenka   08 juillet 2018
Les Boutiques de Cannelle de Bruno Schulz
La science elle non plus n'est pas autre chose qu'un effort pour construire le mythe du monde, puisque le mythe est contenu dans les éléments qu'elle utilise et que nous ne pouvons pas aller au-delà du mythe.
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meyeleb   10 novembre 2011
Le sanatorium au croque-mort de Bruno Schulz
Je l'appelle tout simplement le Livre, sans autres précisions ni épithètes, et il y a dans cette retenue un soupir d'impuissance, une silencieuse capitulation devant l'immensité du transcendant, car aucun mot, aucune allusion, ne sauraient briller, embaumer, vibrer de ce frisson d'effroi, de ce pressentiment de la chose sans nom dont le seul goût sur le bout de la langue dépasse les limites de l'émerveillement.
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meyeleb   10 novembre 2011
Le sanatorium au croque-mort de Bruno Schulz
Lorsque je tente de me l'imaginer, je ne peux évoquer qu'un seul détail, insignifiant : la peau de ses genoux; gercée comme celle d'un garçon. La chose est profondément émouvante, elle conduit l'imagination dans des contradictions torturées, des antinomies enchanteresses. Tout le reste, tout ce qu'il y a au-dessus et en dessous, est transcendant et inimaginable.
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Emnia   16 avril 2017
Les Boutiques de Cannelle de Bruno Schulz
Je sortis dans la nuit que colorait l'illumination du ciel. C'était une de ces nuits sereines où la voûte étoilée est si étendue, si ramifiée, quelle semble s'être cassée et divisée en un dédale de ciels distincts assez nombreux pour couvrir de leurs cloches argentées les aventures, carnavals et randonnées de tout un mois hivernal.



"Les boutiques de cannelle"
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