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Jean Pastureau (Traducteur)Marie-Noëlle Pastureau (Traducteur)
EAN : 9782070412440
339 pages
Éditeur : Gallimard (17/05/2000)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Tour à tour vénitiennes, autrichiennes, italiennes, yougoslaves, croates aujourd'hui, les îles du golfe du Kvarner au sud de Rijeka (Fiume) sont plus qu'une frontière convoitée entre deux mondes : la Mitteleuropa et le Sud ; elles sont autant de scènes épuisées de soleil, bousculées par la bora, où l'émerveillement d'être au monde est garant de formidables désillusions — prix à payer pour la certitude d'être fils de roi.

Claudio Magris dévoile quelqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  30 mai 2015
Claudio Magris nous promène de la lagune vénitienne, aux monts du Tyrol , de la colline turinoise aux îles croates, d'un café à un parc de Trieste…. Tous lieux marqués par les mythes antiques –Jason, Circé et surtout Médée- et par les utopies modernes avec leurs revers tragiques –Tito, et sa Yougoslavie cadenassée mais pas encore fratricide-, tous lieux discrètement hantés par la figure de Marisa Madieri, la femme de Magris et écrivain elle aussi, d'origine croate, récemment disparue.
A côté d'une érudition étonnante, qui m' a souvent dépassée, j'avoue, j'ai été séduite par des personnages fugaces : un ours invisible, une petite fille à bicyclette, un poète prolixe mais inégal, un pêcheur réfractaire, une aubergiste sévère …Un livre plein de charmes comme Venise en hiver, plein de livres et de poèmes qu'on n'a pas lus, d'écrivains qu'on n'a pas rencontrés mais qui nous font signe comme les Amis Inconnus de Supervielle. Merveilleusement traduit…une phrase proustienne !
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isabellelemest
  22 mars 2014
Clausio Magris, universitaire triestin de renom qui signe de nombreuses chroniques dans la presse italienne, livre dans Microcosmes, prix Strega en 1997, une géographie particulière de lieux qui lui sont chers, Trieste d'abord par laquelle il ouvre et clôt le recueil, mais aussi des endroits aussi variés que l'Istrie, la lagune de Grado, les collines proches de Turin ou le Haut-Adige. Univers campagnards ou urbains, marins, boisés ou neigeux, sont présentés à travers des considérations nonchalantes mais érudites où une grande place est faite à des descriptions plus allusives qu'exhaustives, à des portraits de figures locales, prêtres, savants, ayant consacré des oeuvres à leur petite patrie, pour soudain s'envoler dans des réflexions poético-philosophiques parfois d'une très grande beauté et profondeur.
La lecture toutefois n'en est pas aisée, car Magris s'embarrasse peu de plaire et préfère suivre son inspiration vagabonde au gré des idées et remarques qui lui sont suggérées par le génie des lieux. Autant dire que l'ouvrage, considéré comme un roman en Italie mais comme un essai en France, ne brille pas par son suspense et demande au lecteur concentration et bienveillance. Sa peine est toutefois récompensée par la grâce et l'élégance des envolées méditatives qui émaillent le texte.
À déguster comme un vin vieux, à petites gorgées.
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Zebra
  17 août 2012
Microcosmes échappe à la classification : une érudition étonnante, une analyse et des interprétations qui émaillent constamment le récit, des personnages réels dont on glane au fil des pages les exploits, des mythes et légendes servies en accompagnement, et une langue savoureuse, riche et précise, dense et puissante. Magris nous fait voyager dans le monde, au gré de ses envies ou de ses souvenirs, effaçant les frontières et le temps pour nous faire toucher du doigt l'histoire des hommes.
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Acerola13
  27 septembre 2020
Microcosme est un essai composé de neuf chapitres portant sur des lieux du Nord de l'Italie, qui servent tour à tour de prétexte à un subtil équilibre entre témoignages de locaux, description de la géographie et analyse des littératures et de l'histoire régionale, souvent binationale et emplie de paradoxes.
Le premier chapitre se consacre à Trieste et plus précisément au café San Marco, où l'auteur convoque les noms d'Ugo Flumiani, de Fano, de Guido Voghera, de Velicogna, ou encore de Juan Octavio Prenz.
On découvre ensuite la commune Valcellina, et le dialecte typique du Frioul, puis Claudio Magris nous fait redescendre vers la mer et les lagunes et les villes de Grado, Venise ou Aquilée, soulignant la difficulté pour les habitants de la région à choisir entre Italie et Istrie au moment de la redéfinition des frontières de la région.
De l'Istrie on remonte ensuite vers le Monte Nevoso et son royaume sylvestre imprégné de culture slovène, lieu successivement annexé par l'Italie et la Yougoslavie.
Aparté régionale puisque l'on quitte le Nord-Est pour le Nord-Ouest et le Piémont, aux velléités d'indépendance et pourtant qui fut au coeur de la création de l'État italien, et qui questionne sans cesse l'identité italienne et ses frontières.
Après cette digression, Claudio Magris nous fait revenir aux frontières orientales de l'Italie, où une guerre de la linguistique fait rage pour déterminer l'origine des villes : italiennes, slovènes ou croates ? L'auteur s'attarde aussi sur le triste sort d'Italiens stalinistes convaincus qui quittèrent leur pays, séduits par le projet de Tito, et qui furent torturés par ce dernier sur Goli Otok.
De la frontière est, on passe à la frontière nord et au statut particulier du Sud-Tyrol germanophone, qui fut sacrifié par Hitler à son alliance avec Mussolini.
Enfin, l'on revient à Trieste et à son jardin public peuplé de sculptures d'écrivains, de pigeon et de chats indolents.
Le sujet est donc vaste, mais la lecture absolument passionnante, malgré des digressions nombreuses et intellectuelles qui font parfois (souvent !) perdre le fil. Claudio Magris éclaire des pans méconnus de l'histoire italienne, et par son questionnement incessant m'a rappelé Sebald, sans l'ennui que j'avais éprouvé à la lecture de ce dernier.
Une très belle découverte, je relirai sans aucun doute cet auteur dont l'humanité transperce chacune de ses phrases.
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pgremaud
  06 février 2015
Quand j'ai lu ce livre pour la première fois, j'ai été un peu déçu : je n'y retrouvais pas tout ce qui m'avait séduit dans « Danube » du même auteur. Je l'ai donc repris il y a peu.... et j'ai eu la même impression ! En fait, j'ai trouvé ce qui me gêne : il est trop « touffu », presqu'autant que les forêts du Monte Nevoso ! Magris y mêle sa vie et celle de ses amis, l'histoire des lieux qu'il nous présente, les célébrités locales, l'histoire européenne, la géographie. Tout cela est extrêmement précis et documenté, presque trop,
Il y a néanmoins plusieurs aspects qui me séduisent, notamment la question des frontières et des limites. Comment être à la fois dedans et à l'extérieur d'un groupe ou d'un espace ? Cette question, comme souvent chez Magris, trouve un écho particulier dans le cadre historique et spatial de la Mitteleuropa.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
AustralAustral   13 mars 2014
Le chat ne fait rien, il est, comme un roi. Il reste assis, pelotonné, allongé. Il a la persuasion, il n'attend rien et ne dépend de personne, il se suffit. Son temps est parfait, il se dilate et se rétrécit comme sa pupille concentrique et centripète, sans se précipiter dans un angoissant écoulement goutte à goutte. Sa position horizontale a une dignité métaphysique que l'on a en général désapprise.
On se couche pour se reposer, dormir, faire l'amour, toujours pour faire quelque chose et se relever dès qu'on l'a fait ; le chat se couche pour être couché, comme on s'étend devant la mer rien que pour être là, étiré et abandonné. C'est un dieu de l'instant présent, indifférent, inaccessible.
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AustralAustral   08 mars 2014
Le Sneznik était l'un des théâtres de cette résistance yougoslave qui devait faire preuve d'extraordinaires capacités d'organisation politique, d'efficacité militaire et de courage, qualités qui allaient vite s'évanouir quand les valeureux et impitoyables rebelles des bois deviendraient une classe dirigeante globalement décadente et parasite, qui se survivrait longtemps artificiellement sous le couvert du génie et de la géniale mystification du maréchal Tito.
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ZebraZebra   29 juillet 2012
[...] Où commence la forêt ? Les portes sont invisibles, et pourtant on sait clairement quand elles s'ouvrent et quand elles se referment, quand on est dedans et quand on est dehors, en faisant abstraction du fait que l'on est plus ou moins entouré d'arbres. L'une de ces entrées, subjective peut-être, est la clairière de Pomocnjaki, ce qui veut dire "très humide", en bordure de la route - une "gozdna cesta", route forestière, pas toujours praticable - qui relie la plaine de Padeznica, là où il tombe beaucoup de neige, les quelques maisons de Mirine et les clairières de Grcovec, avec ses arbres noueux comme le nom l'indique, et de Travni dolci, riche en herbe, avant de rejoindre la route principale, si on peut l'appeler ainsi, qui monte vers le sommet. [...]
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pgremaudpgremaud   27 janvier 2015
La correction de la langue est la prémisse de la netteté morale et de l'honnêteté. Beaucoup de filouteries et de prévarications brutales naissent quand on fait de la marmelade avec la grammaire et la syntaxe, quand on met le sujet à l'accusatif et le complément d'objet au nominatif, brouillant ainsi les cartes, intervertissant les rôles des victimes et des coupables, altérant l'ordre des choses, attribuant des faits à d'autres causes ou à d'autres auteurs qu'à ceux qui en sont effectivement responsables, abolissant les distinctions et les hiérarchies dans l'imposture d'une copulation collective effrénée de concepts et de sentiments, corrompant la vérité.
C'est aussi pour cette raison qu'une seule virgule mal placée peut entraîner des désastres, provoquer des incendies qui anéantissent les forêts de la planète. Mais l'histoire du professeur Karolin semble enseigner qu'en respectant la langue, c'est-à-dire la vérité, la vie elle-même devient plus forte, on est un peu plus ferme sur ses jambes et plus en mesure de faire un petit tour en jouissant du monde, avec cette vitalité des sens d'autant plus alerte qu'elle est dégagée de l'écheveau des mensonges à autrui et à soi-même. Qui sait combien de choses, combien d'aimables plaisirs et de joies on doit, sans le savoir, à l'encre rouge des maîtres d'école.
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AustralAustral   11 mars 2014
La partie, sur l'échiquier de l'histoire universelle, se jouait à la vie et à la mort et la Yougoslavie de Tito, à laquelle revient l'ineffaçable mérite d'avoir osé la première rupture capitale avec la barbarie stalinienne, lutta contre cette menace avec des moyens non moins barbares.
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Videos de Claudio Magris (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudio Magris
Lors de l'émission “Hors-champs” diffusée sur France Culture le 16 septembre 2013, Laure Adler s'entretenait avec l'écrivain et essayiste italien, Claudio Magris. « L'identité est une recherche toujours ouverte, et il peut même arriver que la défense obsessive des origines soit un esclavage régressif, tout autant qu'en d'autres circonstances la reddition complice au déracinement. » Claudio Magris (in “Danube”)
Claudio Magris, né à Trieste le 10 avril 1939, est un écrivain, germaniste, universitaire et journaliste italien, héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu'il a contribué à définir. Claudio Magris est notamment l'auteur de “Danube” (1986), un essai-fleuve où il parcourt le Danube de sa source allemande (en Forêt Noire) à la mer Noire en Roumanie, en traversant l'Europe centrale, et de “Microcosmes” (1997), portrait de quelques lieux dispersés dans neuf villes européennes différentes. Il est également chroniqueur pour le Corriere della Sera.
Il a été sénateur de 1994 à 1996. En 2001-2002, il a assuré un cours au Collège de France sur le thème « Nihilisme et Mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ».
Ses livres érudits connaissent un très grand succès public et critique. Claudio Magris a ainsi reçu plusieurs prix prestigieux couronnant son œuvre, comme le prix Erasme en 2001, le prix Prince des Asturies en 2004, qui entend récompenser en lui « la meilleure tradition humaniste et [...] l'image plurielle de la littérature européenne du début du XXIe siècle ; [...] le désir de l'unité européenne dans sa diversité historique », le prix européen de l'essai Charles Veillon en 2009, et le prix de littérature en langues romanes de la Foire internationale du livre (FIL) de Guadalajara, au Mexique, en 2014. Claudio Magris est également régulièrement cité depuis plusieurs années comme possible lauréat du prix Nobel de littérature.
Thèmes : Arts & Spectacles| Littérature Contemporaine| Littérature Etrangère| Claudio Magris| Mitelleuropa
Sources : France Culture et Wikipédia
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