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Jean Pastureau (Traducteur)Marie-Noëlle Pastureau (Traducteur)
EAN : 9782070731411
140 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1993)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Il était une fois un philosophe radical, Carlo Michelstaedter, mort en 1910 à vingt-deux ans, au lendemain de l’achèvement de sa thèse, La persuasion et la rhétorique.
Il était une fois un de ses disciples et amis, Enrico Mreule, le héros de ce roman, qui, se voulant fidèle à la pensée de son maître, refusa tout engagement professionnel, politique et familial. De la Patagonie à l’Istrie, de la Grande Guerre au fascisme, il veut vivre au présent, ne pas s’inve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
johaylex
  22 janvier 2012
Claudio Magris décrit dans ce long roman de seulement 120 pages (il se lit très lentement) l'expression en pratique de la métaphysique de l'Etre selon Platon, ou pour faire le pédant, une praxis ontologique platonicienne (oui, sans doute suis-je anachronique dans le choix terminologique).
Passé cette accroche-repoussoir, de quoi s'agit-il ?
Un groupe de camarades étudiant la philosophie en Italie du début du XXè siècle: Enrico s'efforce de vivre selon les théories développées par son ami Carlo. Carlo est vu comme un génie par Enrico, il a développé une thèse qui dénonce la vanité de toute extension de l'Etre vers l'existence, et qui conduirait en pratique au rejet du superflu, de l'ego. Enrico quitte donc sa famille, ses amis, et part faire l'expérience du renoncement. Carlo, qui le voit en héros vivant ses idées, finit par se se suicider...
Ce texte montre avant tout un drame croisé. En effet, les deux amis se portent aux nues, s'estimant mutuellement comme des génies, mais sans jamais avoir connaissance de ce que l'un pense de l'autre: ils se considèrent ainsi comme des incomplets dont seul l'autre pourrait combler le manque qu'ils ressentent: le mythe des âmes-soeurs, sans doute.
L'intrigue est une belle métaphore (assez explicite) de la traditionnelle opposition philosophique théorie/expérience (par ex., cf. la partie des "méditations métaphysiques" de Descartes sur le morceau de cire) et surtout, de l'opposition platonicienne entre monde des Idées et monde des hommes.
Carlo est la théorie, le monde des Idées de Platon, qui pour Magris, ne peut que mourir sans expérience; Enrico est l'expérience, le monde des hommes de Platon qui, incapable de fusionner individuellement avec l'Idée, court à l'échec.
Hypothèse: On peut penser que Magris, dans cette oeuvre aux phrases fluides et douces comme un sillage sur la mer, veuille démontrer l'impasse à laquelle mène la métaphysique de Platon.
Complexe, mais très plaisant.

Lien : http://johaylex.wordpress.co..
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Acerola13
  20 novembre 2020
Une autre mer se fonde sur la vie fantasmée d'un proche ami de Carlo Michelstaedter, jeune philosophe qui se suicida au début du vingtième siècle, après avoir écrit une thèse sur La persuasion et la rhétorique.
On y découvre de jeunes adolescents de Gorizia, dans l'Empire austro-hongrois, ivres de philosophie, de littérature et des trois filles "Fulviargiaulia", admiratifs de la philosophie De Carlo, et qu'Enrico décide d'appliquer à sa propre vie en s'embarquant pour la Patagonie, où il apprend peu après le suicide De Carlo, ainsi que le début de la Première Guerre mondiale.
Claudio Magris revient sur des thèmes qui lui sont chers : effondrement des empires, tensions entre communautés, rattachement sauvage de régions à l'Italie, à la Slovénie ou à la Croatie, montée du fascisme et violence du communisme...Même si tout ceci ne paraît pas toucher Enrico, comme insensible au monde qui se meut autour de lui.
Une lecture complexe, dont on ne comprend pas tout, mais qui laisse une sensation de grande tristesse et de solitude face à la vie.
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jyducap
  12 avril 2020
Dans ce roman où tout l'obscur d'une âme perce sous la limpidité de la narration, Claudio Magris nous offre une impitoyable radiographie de l'intellectuel déserteur, acteur et témoin du malaise dans la civilisation ; mais aussi un poème métaphysique envoûtant sur l'errance d'un homme nourri de philosophie antique et en quête d'harmonie et d'intégrité ; mais encore une surprenante traversée du siècle, de la Patagonie à l'Istrie, de la Grande Guerre à l'ère du confort en passant par l'écroulement de l'empire austro-hongrois, le fascisme, une autre guerre et maints déchirements territoriaux, sociaux et culturels ; et peut-être surtout une poignante méditation sur l'amitié absolue.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
HebephrenieHebephrenie   05 avril 2012
La mer supporte, maternelle, le soc de la charrue qui la fend, mais la mer est un grand rire inaccessible ; rien n'y laisse trace, les bras qui y nagent ne l’étreignent pas, ils l'éloignent et la perdent, elle ne se donne pas.
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rkhettaouirkhettaoui   14 janvier 2018
Certains disaient que ce n’était pas la Vierge, mais la figure de proue d’un bateau corsaire, le buste d’une femme qu’un pirate avait enlevée et qui s’était jetée à l’eau pour lui échapper. Alors il avait fait sculpter une figure de proue à sa ressemblance, un visage lointain, doux mais inflexible. Quand son voilier avait été coulé dans une bataille, le pirate l’avait fait jeter à la mer pour qu’elle n’aille pas au fond avec le bateau. Les vagues l’avaient apportée à terre mais, au bout de plusieurs siècles, elle avait eu la nostalgie des grandes eaux ouvertes et elle les avait appelées pour qu’elles viennent la reprendre. D’autres au contraire disaient que c’était vraiment la Vierge, étoile de la mer, et qu’elle s’était en allée quand elle avait vu qu’après des siècles de prières et de dévotions les gens étaient pires qu’avant et qu’ainsi elle était retournée en haute mer, parmi les poissons qui font moins de péchés que les hommes.
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Acerola13Acerola13   31 octobre 2020
Le proviseur du Staatsgymnasium, Federico Simzig, le considérerait comme un véritable Gorizien puisque selon lui tout Gorizien, pour pouvoir se dire tel et vivre d'une vie naturelle et sans entraves dans ce monde qui est le sien, devrait connaître l'italien, l'allemand, le Slovène, le frioulan et le vénétotriestin.
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Acerola13Acerola13   31 octobre 2020
On meurt toujours avant d'avoir eu le temps de dissiper un mensonge. C'est pour cela que tuer est un crime, il a honte d'avoir tiré sur ce canard qui peut-être filait à tire d'ailes corriger quelque chose.
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rkhettaouirkhettaoui   14 janvier 2018
Il est resté là à regarder la feuille blanche, devant un verre de vin épais et un peu trop liquoreux, en faisant rouler son stylo sur la table légèrement inclinée et en le rattrapant au dernier moment. Il voulait parler de son voyage, de ce que partir a de bon ou de mauvais, de ce dangereux et indigne amour de soi qu’il y a dans la nostalgie et dans le désir du retour et qui rend esclave, comme tout amour de soi. Ce voyage ne sera pas une fuite, partir mourir un peu, mais vivre, être, rester immobile. Ce seront les peurs, les ambitions, les buts qui fuiront et s’évanouiront.
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Videos de Claudio Magris (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudio Magris
Lors de l'émission “Hors-champs” diffusée sur France Culture le 16 septembre 2013, Laure Adler s'entretenait avec l'écrivain et essayiste italien, Claudio Magris. « L'identité est une recherche toujours ouverte, et il peut même arriver que la défense obsessive des origines soit un esclavage régressif, tout autant qu'en d'autres circonstances la reddition complice au déracinement. » Claudio Magris (in “Danube”)
Claudio Magris, né à Trieste le 10 avril 1939, est un écrivain, germaniste, universitaire et journaliste italien, héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu'il a contribué à définir. Claudio Magris est notamment l'auteur de “Danube” (1986), un essai-fleuve où il parcourt le Danube de sa source allemande (en Forêt Noire) à la mer Noire en Roumanie, en traversant l'Europe centrale, et de “Microcosmes” (1997), portrait de quelques lieux dispersés dans neuf villes européennes différentes. Il est également chroniqueur pour le Corriere della Sera.
Il a été sénateur de 1994 à 1996. En 2001-2002, il a assuré un cours au Collège de France sur le thème « Nihilisme et Mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne ».
Ses livres érudits connaissent un très grand succès public et critique. Claudio Magris a ainsi reçu plusieurs prix prestigieux couronnant son œuvre, comme le prix Erasme en 2001, le prix Prince des Asturies en 2004, qui entend récompenser en lui « la meilleure tradition humaniste et [...] l'image plurielle de la littérature européenne du début du XXIe siècle ; [...] le désir de l'unité européenne dans sa diversité historique », le prix européen de l'essai Charles Veillon en 2009, et le prix de littérature en langues romanes de la Foire internationale du livre (FIL) de Guadalajara, au Mexique, en 2014. Claudio Magris est également régulièrement cité depuis plusieurs années comme possible lauréat du prix Nobel de littérature.
Thèmes : Arts & Spectacles| Littérature Contemporaine| Littérature Etrangère| Claudio Magris| Mitelleuropa
Sources : France Culture et Wikipédia
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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