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Note moyenne 3.62 /5 (sur 162 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Philadelphie, Pennsylvanie , 1960
Biographie :

Colin Harrison est un écrivain américain.

Diplômé d'anglais du Haverford College, il obtient par la suite un Master de création littéraire à l'université de l'Iowa.

Rédacteur au Harper's Magazine, il a été ensuite éditeur dans la célèbre maison Scribner en 2000.

En 2016, "Manhattan Nocturne" est adapté au cinéma par Brian DeCubellis, sous le titre "Manhattan Night".


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A l'occasion d'une interview exclusive, Colin Harrison revient sur l'oeuvre de Georges Simenon qu'il reconnaît comme l'une des plus grandes figures de la littérature française du XXème siècle. Pour en savoir plus sur "Manhattan Vertigo" : https://bit.ly/2JrqiXR Sexe, pouvoir, argent et ?uvres d?art, ou quand le mirage de l?amour se heurte au vertige de la possession. Après huit ans d?absence, le plus new-yorkais des auteurs de polars livre un thriller sophistiqué, personnel et tendu à l?extrême, dans la lignée de Havana Room.
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
kathel   13 septembre 2010
Manhattan nocturne de Colin Harrison
Je vends le meurtre, la mutilation, le désastre. Et ce n'est pas tout : je vends la tragédie, la vengeance, le chaos, le destin. Je vends les souffrances des pauvres et les vanités des riches. Les enfants qui tombent des fenêtres, les rames de métro qui flambent, les violeurs qui s'éclipsent dans la nuit. Je vends la colère et la rédemption. Je vends l'héroïsme musclé des pompiers et la poussive cupidité des chefs de la mafia. La puanteur des ordures, les espèces sonnantes et trébuchantes. Je vends le Noir au Blanc et le Blanc au Noir. Aux démocrates, aux républicains, aux anarchistes, aux musulmans, aux travestis, aux squatters du Lower East Side. J'ai vendu John Gotti et O. J. Simpson et les poseurs de bombes du World Trade Center, et je vendrai tous ceux qui suivront. Je vends le mensonge et ce qui passe pour la vérité, et tout le spectre des nuances qui les séparent. Je vends le nouveau-né et le mort. Je revends la misérable et splendide ville de New York à ses habitants. Je vends des journaux.

Le maire me lit au petit déjeuner, les vendeurs d'obligations qui prennent le train dans le New Jersey me feuillettent, idem pour les dockers italiens à la retraite qui mâchent leurs cigares éteints sur leurs porches à Brooklyn, les infirmières qui vont en bus de Harlem au Lenox Hill Hospital. Les types de la télé me lisent, et parfois me volent mes histoires. Les Pakistanais qui attendent dans leur taxi devant Madison Square Garden, et qui, bien décidés à déchiffrer l'Amérique, lisent tout. Les jeunes avocats, le midi, pendant leur pause du déjeuner, après avoir parcouru les publicités vantant les boîtes de strip-tease. Les portiers des immeubles de l'East Side, qui lèvent les yeux chaque matin quand passent en coup de vent les femmes d'affaires, brillamment happées par leur avenir. Et les flics - tous les flics me lisent pour savoir si j'ai bien écouté ce qu'ils m'ont dit.

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le_Bison   14 février 2012
Havana Room de Colin Harrison
Commencer par la nuit où ma vie d’avant a fini. Commencer par la chaude soirée d’avril où le quadra fripé est sorti de son taxi à l’angle de Park Avenue et de la 77ème. Autour de lui, Manhattan fume et vrombit. Il a faim, envie de baiser, besoin de dormir, et dans l’ordre, de préférence. Le taxi redémarre, disparaît. Il est une heure du matin, et lui, la tête renversée en arrière, regarde l’immeuble où il habite en poussant un gros soupir - un soupir encyclopédique, un ouf audible venu du tréfonds de ses poumons et qui condense tout ce qui fait sa vie, souhaits et rêves, tristesses et joies, victoires et défaites. Sa vie entière, oui, tourbillonne dans cette bouffée tiède, comme toujours, pour tout le monde.
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LectureChronique2_0   10 septembre 2019
Havana Room de Colin Harrison
J'étais donc dans d'excellences dispositions lorsque j'ai remarqué que la pièce commençait à se remplir, malgré l'heure tardive. Plusieurs des clients surveillaient leurs montres, attendant visiblement quelque chose. Quoi ? Que pouvait-il y avoir de vraiment nouveau et inhabituel dans la ville des plaisirs terrestres? Cette chose extraordinaire pourrait-elle avoir lieu en l'absence d'Allison ?
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Nanne   18 janvier 2011
Manhattan nocturne de Colin Harrison
D'autres soucis nous attendaient, d'autres crises, d'autres espérances. Un jour où l'autre, la vie nous apporte notre lot de souffrances. Comme il serait bon que nous fussions tous égaux à cet égard. Mais peut-être une telle pensée n'est-elle qu'un naïf mensonge. Peut-être sommes-nous plus désormais qu'une société d'assassins – d'assassins et de leurs complices.
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rkhettaoui   10 avril 2018
Manhattan vertigo de Colin Harrison
Ahmed avait l’air pressé de devenir le premier sénateur ou le premier gouverneur irano-américain, et pour ça il fallait que Madame soit une bonne petite Américaine. Il lui faudrait encore attendre des années avant d’atteindre ce sommet-là, lorsqu’il aurait une fortune sur son compte en banque et que sa réputation serait faite. Grand et svelte sans pour autant avoir l’air fluet, ses cheveux noirs coiffés en arrière, Ahmed dégageait quelque chose d’à la fois racé et puissant. Avec l’âge, ça ne ferait que s’accentuer. Ses aînés commençaient déjà à le craindre : Paul s’en était rendu compte au cours de ces soirées, quand il voyait les autres chercher dans les yeux d’Ahmed son approbation ; quand, à la moindre politesse de sa part, les fils invisibles de leur anxiété étiraient brusquement un sourire sur leurs traits usés ou quand ils acquiesçaient même lorsqu’il n’y avait rien à quoi acquiescer.
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rkhettaoui   09 janvier 2018
Havana Room de Colin Harrison
Ceux qui ont des enfants n’ont pas envie de vous voir rôder dans les parages. Aucun n’a envie de se frotter à la souillure, à la tache. Les meilleurs sourient machinalement et se découvrent des incompatibilités d’emploi du temps. Les plus mauvais cultivent une sorte de curiosité anthropologique, ils vous scrutent pour déceler des signes de repentir – cette façon de grincer des dents, ma foi, le déclenchement subit d’un syndrome de Tourette, la manie de croquer du verre, le pneu en flammes que vous pourriez, qui sait, vous accrocher autour du cou. Vous, de votre côté, même si vous essayez de vivre quelque chose qui ressemble un peu à une journée normale, si vous continuez d’assumer quelques responsabilités, du genre aller acheter des pommes, payer la facture d’électricité, aller embrasser votre petit garçon pour lui souhaiter bonne nuit (« Tout va bien se passer, bonhomme, compte sur moi… »), vous avez beau vous appliquer, vous frôlez toujours la catastrophe.
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Domichel   04 octobre 2013
La nuit descend sur Manhattan de Colin Harrison
Les Rockaways formaient un gros cordon littoral accroché à Brooklyn, avec un petit village niché à chaque extrémité et des kilomètres de plages fabuleuses entre les deux. Techniquement c'était un quartier du Queens, mais on s'y sentait à Brooklyn, parce qu'on pouvait s'y rendre par Flatbush Avenue, la rue en zigzag que les gens empruntaient depuis plus de trois cents ans, en commençant par les fermiers hollandais qui menaient leurs cochons et leurs vaches au marché, jusqu'à aujourd'hui, où vous pourriez parfaitement tomber sur un Pakistanais transportant un chargement de faux carburateurs BMW fabriqués au Vietnam dont l'un deux serait installé par un mécanicien jamaïcain sur la voiture d'un Nigérian. L'avenir de New-York se lit souvent dans le métissage culturel de Brooklyn et du Queens bien avant de gagner Manhattan.
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rkhettaoui   10 avril 2018
Manhattan vertigo de Colin Harrison
Apparemment, les cartes étaient devenues une valeur refuge pour lutter contre l’inflation, de la même manière que les pièces de monnaie rares ou les œuvres d’art servaient à diversifier les portefeuilles d’investissement. Dans leur univers impitoyable, ils se connaissaient tous, collectionneurs avides et obsessionnels, fétichistes du vieux papier, rapaces de l’encre ancienne. Ils se croisaient dans les cercles de collectionneurs de cartes et fréquentaient les mêmes galeries hors de prix de Manhattan, où l’on demandait nonchalamment si l’on n’avait pas dégoté quelque chose d’intéressant lors d’une vente en Nouvelle-Angleterre, dans le Midwest ou dans le sud du pays. Si une petite merveille n’était pas apparue, ce qui finissait toujours par arriver, tôt ou tard.
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rkhettaoui   28 décembre 2019
Manhattan nocturne de Colin Harrison
Chaque semaine, ou presque, je parle à des gens qui viennent de perdre quelqu’un qu’ils aimaient, et cela m’attriste toujours, Caroline, cela me… cela me rappelle que nous, nous tous, sommes… que tout cela… peut nous être ôté. Vous êtes belle, vous avez vingt-huit ans environ et vous devriez ne connaître que des moments heureux. Si je n’étais pas marié, je devrais, non j’éviterais, il serait peut-être mieux que… disons que peut-être vous m’avez choisi, moi, ce soir, parce que vous vous êtes dit que, en bon plumitif d’un journal à scandales, j’avais dû voir une quantité peu ordinaire de catastrophes humaines et que je pourrais par conséquent vous offrir quelques paroles utiles de réconfort ou d’espoir. Mais je vous assure (et là je désirai toucher sa joue avec mes doigts, juste un instant, en manière de réconfort, comme je l’aurais fait avec ma fille) que je ne suis pas à la hauteur de la tâche. Je suis aussi perplexe devant la mort, aussi effrayé par elle que n’importe qui, Caroline. Je ne peux vraiment rien vous dire d’utile… surtout dans un état aussi, aussi amoindri… si ce n’est que je vous invite à embrasser la vie, à aller de l’avant et épouser votre fiancé, si c’est un type bien, et à penser que certaines pertes sont compensantes, que la vie a en fin de compte… pardonnez-moi, vraiment, je suis complètement saoul, que la vie a réellement… un sens, quel qu’il soit.

Elle ne répondit rien, se contentant de me fixer, ses lèvres pincées en une moue amusée, et je regrette aujourd’hui de n’avoir point vu que cette moue amusée n’était aucunement l’expression d’un quelconque amusement. Elle me vit me débattre avec moi-même. Je me levai et me dirigeai vers la porte, surveillant mes pieds pour être certain qu’ils me conduisaient là où je voulais qu’ils aillent. Elle me suivit et m’aida en silence à mettre mon manteau, puis passa mon écharpe autour de mon cou. Elle était d’une beauté stupéfiante.
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rkhettaoui   28 décembre 2019
Manhattan nocturne de Colin Harrison
J’étais las de sa bonté, de ses souffrances muettes.

J’étais las de sa pauvreté. Je me détestais et me sentais coupable, je dissimulais nos souches de chéquier, nos relevés bancaires et nos versements retraite et tout ce qui témoignait du gouffre financier qui nous séparait de Joséphine. Et elle ne nous révéla jamais que sa famille vivait dans des conditions épouvantables, entassée dans une cahute délabrée perchée au-dessus d’une rivière qui gelait sur ses rives ; on pouvait compter sur elle, elle prenait soin de sa personne (d’une façon empesée très catho, d’où j’en déduisais qu’elle ne s’était jamais beaucoup marré), mais elle avait eu deux maris et faisait de temps à autre allusion à un cousin ou un neveu qui s’étaient mis dans un sale pétrin, sur quoi elle secouait la tête comme si quelqu’un allait essayer de la rendre coupable de cet état de fait, par-dessus le marché, et ça il n’en était pas question, mais alors pas du tout. Je l’avais raccompagnée un jour chez elle, dans le Bronx – des gamins vendaient du crack dans la rue, d’énormes radios beuglaient, la totale. Son mari travaillait aux cuisines dans une maison de santé ; c’était un colosse, presque deux mètres, une sacrée bedaine, une tension artérielle impressionnante, aussi, et quand je fis sa connaissance je sus qu’il pouvait me broyer instantanément, prendre ma petite main blanche et la briser comme une brassée de bâtonnets. Mais quand nous nous serrâmes la main, il eut un sourire respectueux et ses doigts se replièrent à peine autour des miens ; ce n’était pas de la politesse – non, j’étais le patron blanc de sa femme et il ne s’agissait pas de m’offenser ou de m’intimider accidentellement par une poignée de main un peu trop ferme.

J’étais à présent dans la salle de bains et j’écoutais Joséphine préparer Sally pour l’école.
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