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Oristelle Bonis (Traducteur)
ISBN : 2264042656
Éditeur : 10-18 (16/05/2006)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 54 notes)
Résumé :
À New York, les fortunes se perdent aussi vite qu'elles se gagnent et Bill Wyeth va en faire la cruelle expérience. Au terme d'une vertigineuse descente aux enfers, lui, l'avocat prestigieux, l'époux adoré, n'est bientôt plus qu'un client désœuvré, ruminant chaque soir son malheur à la table 17 du même restaurant. Sous son apparence feutrée, l'endroit abrite un salon très privé, le Havana Room. Intrigué, Bill n'a bientôt plus qu'une obsession : y pénétrer. Lui qui p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  13 juin 2012
Devant moi, je découvre un petit restaurant, au demeurant sympathique, qui a su conservé une valeur « authentique ». Comme a priori, je n'ai aucune affaire en cours, aucune envie particulière, je décide par curiosité de franchir la porte. La serveuse m'installe au fond, sans faire attention à moi. Au moins, je ne serai pas dérangé par les va-et-vient des clients. Je me cale au fond de mon fauteuil en cuir rouge, sort mon bouquin et plonge dans une nouvelle lecture. Une odeur de cigare froid parfume l'atmosphère de ce restaurant, et à chaque page tournée les effluves de viande grillée me parviennent. Sans le savoir, j'ai pénétré dans un véridique steak house de New York. Je passe ma commande tout en continuant à suivre les [més]aventures de mon héros fictif.
Lui, c'est Bill Wyeth, le quadragénaire type de New York, avocat compétent, une femme, un fils, fortune aisée sans être incommensurable. Une vie classique en somme guette ce père de famille plutôt conventionnel, jusqu'à ce triste et sombre jour, celui de l'anniversaire de son fils Timothy. Là, l'accident banal, statistiquement une chance sur un million qui va bouleverser à tout jamais la vie de deux familles. Responsable de cette tragédie, Bill va s'enfoncer, petit à petit, dans son marasme, jusqu'à tout perdre, son job au cabinet renommé, sa femme et son fils. Il n'y est pour pas grand-chose et pourtant il ne s'en remettra jamais et se plaira à suivre sa propre déchéance, inexorablement.
En attendant mon steak taille XXL servi sur une planche de bois, Colin Harrison me propose un étonnant voyage de New York jusqu'à la pointe sauvage de Long Island avant de revenir sur mes pas, Central Park et Manhattan ; une excursion parsemée de rencontres malsaines dans ses rues sombres, quelques déchets humains à mon image. du regard, j'essaye d'attirer l'attention de la serveuse pour renouveler ma pinte de bière. Pas évident d'ailleurs de sortir du lot au milieu de tous ces costumes gris (des avocats, des courtiers en bourse, des consultants). En attendant, mes yeux replongent dans l'univers new-yorkais.
Bill Wyeth, un héros « austérien » ? Il n'en est pas loin... Faut dire que le lieu s'y prête avec facilité. New York et ses quartiers clés de Manhattan ou Harlem. La situation y est également pour quelque chose : un détail anodin qui va bouleverser (détruire, même) radicalement sa vie, une rencontre anodine, fortuite qui va peut-être le remettre sur le « bon » chemin... Mais alors que dans un roman de Paul Auster, le protagoniste touchera le fond, sombrera dans un abîme abyssal vers lequel il ne pourra plus reprendre pied, notre héros du jour aura l'occasion, contre toute attente, de prendre un nouveau départ dans la vie, dans la société.
Seul, attablé quotidiennement dans cet authentique « steak house », Bill Wyeth regarde, observe, suit de près ses congénères venus se rassasier dans ce même restaurant. Il découvrira notamment une petite salle en sous-sol, sorte de club privé : le Havana Room. Dès lors, ce Havana Room deviendra son obsession, sa quête : comment rentrer dans ce cercle fermé, que se passe-t-il au sous-sol de ce restaurant et pourquoi autant de mystères autour de ce « club » ? Assis à la table 17, tel un vieil habitué des locaux, Bill n'attend plus grand-chose de la vie. Jusqu'au jour où il recevra enfin le droit de s'immiscer aux membres du Havana Room...
La serveuse me fait un clin d'oeil, elle a compris ma situation et renouvelle de suite ma pinte. Sans un mot, juste un regard. Ouf ! Je vais pouvoir me recaler au fond de mon fauteuil en cuir rouge et découvrir la fin de la quête de Bill.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Biscotte_Biscotti
  11 décembre 2015
Tant dans sa construction que dans la trame, j'ai été emballée du début à la fin par ce récit. L'ambiance très particulière – suave, coulante – m'a happée et littéralement envoutée. Rien que pour l'ambiance rythmée new yorkaise il faut lire ce livre.
L'introduction est consacrée à la longue dégringolade de l'échelle sociale de Bill Wyeth, brillant avocat avec femme et enfant, appartement loft de standing qui « claque ». Suite à un malheureux accident involontaire de sa part, il tue un enfant Wilson Doan, du même âge que son fils Timothy chez lui lors de l'anniversaire de ce dernier. S'en suit un récit dense sur sa descente aux enfers et sur son parcours de rédemption. le narrateur nous livre une description soutenue de la bourgeoisie et de l'élite de Manhattan, à la fin de la toute première partie, la référence au titre fait enfin son apparition (p61). A force d'errer dans NY il finir par atterrir au Havana Room. Qu'est ce que le Havana room, (p64), ce lieu mythique qui a vu passé toutes les célébrités (p91). Que se passe t-il dans les sous sol certains soirs ? Une chose très inattendue et surprenante dont Bill va faire l'expérience… Bill fait la connaissance d'Alison qui gère le restaurant bien qu'elle n'en soit pas propriétaire. Il va plus ou moins tomber amoureux d'elle mais cette dernière lui amènera que des embrouilles. A cause d'elle, il va devenir l'avocat de dernière minute de Jay Rayney pour un curieux échange d'immeuble contre un terrain viticole. Des magouilles, de la noirceur, une intrigue plutôt bien ficelée qui tient la route (pour moi en tout cas). Ce récit nous ballade dans NY, qui est aussi un personnage à part entière dans ce roman.
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majolo
  24 novembre 2012
Cela débute comme un "Douglas Kennedy": un Golden Boy new-yorkais quarantenaire, à la suite d'un terrible concours de circonstance entraînant la mort d'un enfant, perd tout ce qui faisait sa vie: sa femme et son fils le quittent, ses amis lui tournent le dos et il est viré du cabinet d'avocats où il travaillait. Tout en pansant ses blessures, il prend l'habitude de diner dans un "steak house" dans lequel une salle mysterieuse, l'Havana room, le fascine. Il sera alors entraîné dans une intrigue haletante: cela devient un thriller brillant et original. C'est un roman bien plus profond, plus travaillé et plus abouti qu'un D.Kennedy. Les personnages sont fascinants, l'histoire est très bien ficelée, sans aucune perte de rythme.
SUPER, efficace et talentueux.
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beneligne
  30 avril 2018
Encore un roman New-Yorkais, façon Chester Himes (cela m'a rappelé l'histoire homérique de la Reine des Pommes) et de James Hadley Chase.
Un soupçon aussi du "Bûcher des Vanités" de Tom Wolfe (mais celui là je ne suis pas arrivée à le terminer) quant à l'argument du texte : un avocat embarqué malgré lui dans une folle épopée à travers les différents quartiers de la "Grosse Pomme".
Je me suis laissée séduire par cette rocambolesque histoire digne des film noirs des années 1940, de gars qui, à la suite d'un incident met le doigt dans un engrenage dont il mettre 300 pages à s'extirper.
Cela signifie également que même si l'on plonge profondément, que l'on a tout perdu, que la situation semble insoluble, il arrive une lueur d'espoir, doublée d'intelligence du principal protagoniste afin se tirer d'affaire.
Voilà un roman palpitant, difficile à lâcher, dans un style enlevé, qui distrait immanquablement.
La chûte est incroyable, c'est du grand art!
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Pippolin
  03 février 2015
"Havana Room" est de la même famille que "Les Désarrois de Ned Allen" de Douglas Kennedy ou "L'Idéaliste" de John Grisham : un thriller ambitieux qui s'appuie sur une trame classique - le héros, seul contre tous, pris dans un engrenage diabolique qui ne manquera pas de le broyer mais qui parvient à s'en sortir dans le sprint final des cinquante dernières pages. N'empêche, cette formule est sacrément efficace puisqu'on lit le bouquin d'une traite. D'ailleurs, n'est-ce pas le schéma de ce chef d'oeuvre du cinéma qu'est "La mort aux trousses" ?
Harrisson se permet de belles envolées sur New York, un peu à la manière de Westlake dans "Aztèques dansants" et sa féroce description du monde des cabinets juridiques rappelle le William Lashner de la belle époque.
Un livre plaisant, moins personnel que "Corruptions" ou moins surprenant que "Manhattan Nocturne". Et dont les deux dernières pages m'apparaissent de trop. Comme une concession.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   14 février 2012
Commencer par la nuit où ma vie d’avant a fini. Commencer par la chaude soirée d’avril où le quadra fripé est sorti de son taxi à l’angle de Park Avenue et de la 77ème. Autour de lui, Manhattan fume et vrombit. Il a faim, envie de baiser, besoin de dormir, et dans l’ordre, de préférence. Le taxi redémarre, disparaît. Il est une heure du matin, et lui, la tête renversée en arrière, regarde l’immeuble où il habite en poussant un gros soupir - un soupir encyclopédique, un ouf audible venu du tréfonds de ses poumons et qui condense tout ce qui fait sa vie, souhaits et rêves, tristesses et joies, victoires et défaites. Sa vie entière, oui, tourbillonne dans cette bouffée tiède, comme toujours, pour tout le monde.
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rkhettaouirkhettaoui   09 janvier 2018
Ceux qui ont des enfants n’ont pas envie de vous voir rôder dans les parages. Aucun n’a envie de se frotter à la souillure, à la tache. Les meilleurs sourient machinalement et se découvrent des incompatibilités d’emploi du temps. Les plus mauvais cultivent une sorte de curiosité anthropologique, ils vous scrutent pour déceler des signes de repentir – cette façon de grincer des dents, ma foi, le déclenchement subit d’un syndrome de Tourette, la manie de croquer du verre, le pneu en flammes que vous pourriez, qui sait, vous accrocher autour du cou. Vous, de votre côté, même si vous essayez de vivre quelque chose qui ressemble un peu à une journée normale, si vous continuez d’assumer quelques responsabilités, du genre aller acheter des pommes, payer la facture d’électricité, aller embrasser votre petit garçon pour lui souhaiter bonne nuit (« Tout va bien se passer, bonhomme, compte sur moi… »), vous avez beau vous appliquer, vous frôlez toujours la catastrophe.
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rkhettaouirkhettaoui   09 janvier 2018
Il y a probablement des femmes à qui elle pense, elle a incontestablement un faible pour les hommes plus âgés, puissants, à l’abondante crinière blanche, elle prétend ne pas être attirée par les Noirs (sauf qu’elle le répète un peu trop souvent pour qu’il la croie), et de toute façon cela aussi il l’accepte. Comme il accepte que partout dans la vraie vie, et pas seulement dans la fine couche de gratin social au sein de laquelle il évolue, les gens baisent et couchent, se broutent et s’enfilent, des gens de toutes formes et de toutes tailles qui deux par deux sinon plus se fourrent des choses les uns dans les autres – des pénis, des doigts, des langues, des mains, des poings, des jouets, des légumes, des virus, etc. –, et il reconnaît aussi volontiers que ces activités les rendent souvent heureux, mais pas toujours, loin de là. Il accepte que des femmes exigent de leurs hommes qu’ils s’épilent entièrement, que des hommes ne bandent que pour des femmes capables de soulever cent cinquante kilos aux haltères.
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rkhettaouirkhettaoui   09 janvier 2018
C’est un type sûr, mais pas un tueur. Du moins pas en apparence. Pas un mauvais coucheur,non plus, un soiffard de pouvoir, un camé des affaires – les portes ne claquent pas sur son passage, les secrétaires ne lèvent pas les yeux au ciel. En réalité, il devrait en jeter un peu plus mais cela lui serait probablement difficile. La calvitie le guette, et question tour de taille il faut qu’il perde au moins un Times plus ses suppléments du dimanche. Oui, mais n’empêche – n’empêche que pour tourner le monde a besoin de types comme lui, des types sûrs qui n’en jettent pas trop. Les gens se sentent bien avec lui, ils lui font confiance.
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rkhettaouirkhettaoui   09 janvier 2018
Les gens ne supportent pas facilement de se trouver en compagnie de l’assassin d’un gosse de huit ans. Comment leur en vouloir ? Ils ont beau savoir qu’il s’agissait d’un « accident épouvantable, statistiquement une chance sur un million », ils ne comprennent pas pourquoi sa bonne femme ne l’avait pas informé de l’allergie aux cacahouètes – si grave « qu’une molécule c’était déjà trop ». À moins qu’elle ne le lui ait dit et qu’il n’y ait plus pensé ? C’est vrai, quoi, les hommes n’arrêtent pas d’oublier ce genre de trucs. Même moi j’ai eu des soupçons.
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Videos de Colin Harrison (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Colin Harrison
A l'occasion d'une interview exclusive, Colin Harrison revient sur l'oeuvre de Georges Simenon qu'il reconnaît comme l'une des plus grandes figures de la littérature française du XXème siècle. Pour en savoir plus sur "Manhattan Vertigo" : https://bit.ly/2JrqiXR
Sexe, pouvoir, argent et ?uvres d?art, ou quand le mirage de l?amour se heurte au vertige de la possession. Après huit ans d?absence, le plus new-yorkais des auteurs de polars livre un thriller sophistiqué, personnel et tendu à l?extrême, dans la lignée de Havana Room.
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