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Critiques de Deborah Levy (200)
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Etat des lieux

Je crois bien avoir mis plus de la moitié du livre pour embarquer dans ce troisième tome des récits autobiographiques de Déborah Levy. C’est un peu triste après avoir tellement apprécié les deux premiers tomes, et surtout un peu long pour un petit 240 pages. J’aime bien son humour caustique et ses grands questionnements sur la féminité mais là, j’ai trouvé que ses obsessions pesaient lourds. Dites obsessions qui ressemblent à des draps de soie couleur curcuma ou bien des achats compulsifs d’articles usagés en prévision de l’achat de sa maison rêvée.

Ouf, heureusement, je retrouve mon autrice lorsqu’elle arrive à Paris et ensuite, sur une île grecque. Je crois que Déborah Levy est à son meilleur lorsqu’elle est en mouvement, lorsqu’elle sort de son Londres « ennuyeux » et qu’elle vit sa vie. Son questionnement sur la propriété physique ou intellectuelle est nécessaire et résonne fort à travers le constat que beaucoup trop de femmes sont locataires ou tributaires des hommes.

Elle utilise à bon escient des extraits d’auteures telles Duras, Beauvoir, Ferrante, Dickinson, etc. Son point de vue est féministe sage et sa quête immobilière n’est pas étrangère à ses réflexions. Son monde matériel est important et on sent son envie de s’en détacher mais c’est difficile. La vie et les événements se chargent de la guider.

Lecture plus ardue mais je ne regrette pas ma persévérance. Ce livre m’apporte encore beaucoup de discussions avec mes amies et je relis souvent des passages qui me font du bien. C’est bon signe, non?
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Ce que je ne veux pas savoir

Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en ouvrant ce livre.

Je pensais à un roman, en fait non, c'est une autobiographie.

Trois lieux de vie.

Majorque, ou Déborah se rend parfois pour écrire et faire le point.

Johannesburg, où elle passa son enfance.

L'Angleterre où elle vit.

Être écrivain est son vœu depuis toujours, depuis l'adolescence.

L'exclusion et l'exil sont très présents.

Beaucoup de questions qu'elle s'est posées dans l'enfance n'ont pas encore trouvé leur réponse dans sa vie d'adulte.

L'écriture, toujours, l'aide à se reconstruire.

De nombreuses références littéraires étayent son récit.

J'ai été un peu désarçonnée au début, ayant l'impression de lire un essai basé sur Marguerite Duras et Simone de Beauvoir.

Puis, quand les souvenirs d'enfance ont apparu, j'ai été séduite par la fluidité de l'écriture.

Un livre de questionnement et d'introspection.

Petit plus, j'ai beaucoup apprécié la douceur du papier en tournant les pages.
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La Position de la cuillère et autres bonheurs..

Le dernier livre de Deborah Levy est un petit traité rassemblant divers textes sur divers sujets : le rock, la peinture, la photo, l'écriture. Un fil les relie, qui est celui de la relation entre la vie et l'art.



Certains d'entre eux sont passionnants : j'ai été très sensible notamment à ceux consacrés à J.G Ballard, Paula Rego, aux soeurs Brontë, à Simone de Beauvoir, Albert Camus, Violette le Duc, Marguerite-Duras, Colette.



D'autres m'ont fait découvrir des auteures ou des artistes que je ne connaissais pas, comme Ann Quin, Hope Mirrlees, Elisabeth Hardwick, Maria Stepanova,

ou encore la photographe Francesca Woodman.



On trouve aussi dans ce recueil une irrésistible imitation de Lewis Caroll, une réflexion sur les accidents de voiture, les artistes qui meurent trop jeunes, les femmes aux yeux minuscules et des tas d'autres choses.



Certains thèmes m'ont moins intéressée que d'autres, mais c'est la caractéristique d'une telle oeuvre que d'offrir à ses lecteurs des propositions de voyages sur divers sentiers dont forcément certains sont plus familiers et d'autres plus éloignés de leurs randonnées habituelles.



Je retiens ses magistrales réflexions sur l'art d'écrire (et de lire) :



" Il y a l'histoire et il y a tout le reste. Si le reste ne nous intéresse pas, c'est que le langage ne nous intéresse pas. Chacun se fait sa propre idée de ce que doit être le reste. Chaque récit est un cheval de Troie. Qui se cache dans son ventre et dans sa bouche ? Il est toujours bon de placer quelques punaises sous les fesses d'un récit moralisateur et tyrannique, histoire de le maintenir en alerte, de lui arracher de petits cris et de s'assurer qu'il ne se carre pas dans un fauteuil, un chaton sur les genoux. Un récit s'entiche trop de lui-même et cherche toujours à se faire adorer."



et aussi :



"C'est toujours un plaisir de donner aux mots et aux phrases ce qu'il faut de justesse et de cadence, à l'histoire ce qu'il faut de divulgation et de dissimulation, d'énigme et de cohérence. Je sens que les choses se passent bien quand un personnage a quelque chose qui résiste à ma compréhension. (...) Parfois je bute sur ce que je ne savais pas. J'en perçois le son, l'étincelle, l'odeur même. Et c'est là que tout change."



Deborah Levy, (traduite par Nathalie Azoulai) met au service de ses idées et de ses enthousiasmes des phrases courtes, sans emphase, sans mots compliqués. Son style est précis et cadencé. Elle donne envie de lire tous les auteurs qu'elle cite, de voir tous les tableaux qu'elle évoque, et les photos qu'elle commente.

Elle éveille la curiosité.

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Etat des lieux

Avec Etat des lieux se termine la trilogie de l'autobiographie en mouvement que voulait écrire l'écrivaine. C'est le même style simple et enjoué.

Ses filles ont pris leur indépendance et elle voyage laissant son "troisième enfant" un bananier aux bons soins d'une jeune femme.

Partout, elle aime nager!

Un véritable état des lieux se fait à Paris par le gardien: c'est vite fait car l'appartement était presque vide mais elle rêve d'une maison: projet qu'elle étoffe au fil des jours. Le livre se termine dans une location à Hydra où ses filles vont arriver.

Elle insiste beaucoup sur ses soixante ans et s'interroge sur la féminité. Elle a besoin d'amis mais aussi d'être seule pour écrire, une demeure à elle.

Agréable à lire même si c'est dispersé entre réalité et imaginaire et entre passé et présent.

Je l'ai rencontrée à Manosque (où le libraire avait quelques exemplaires en prévente) elle est sympathique et a de l'humour. J'étais heureuse de comprendre son anglais (même expérience avec David Vann).
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La Position de la cuillère et autres bonheurs..

Les critiques qui précèdent la mienne sont très réussies.

J'y vais tout de même de mon petit mot - pas une critique - sur mon premier Deborah Levy, très appréciée, surtout d'un copain libraire.

J'ai d'abord suivi l'ordre numéroté des pages, puis j'ai picoré, au gré des humeurs divagantes d'une auteure déroutante, elle n'en a cure, je crois.

Je préfère lorsqu'elle parle de sa vie, avec entrain et ironie, recul toujours. J'ai été fort ému lorsque la fille cause avec sa mère, assise sur une parcelle de son lit.

"Pousse-toi un peu". Elle fait avec peine, mais elle le fait. Ce ne sont parfois que deux centimètres, mais qui, pour Deborah, "sont vastes comme un ciel plein d'étoiles".

Rien que pour ça, je ne regrette rien; bingo également pour ses saillies poétiques ou drôles.

Sinon, je me suis souvent senti perdu, désorienté par les tours de pensée, voltigeant au gré de l'imagination arborescente d'une plume réfractaire à la ligne droite.

Cette fantaisie permanente, doublée d'une érudition singulière, me donne néanmoins envie de tâter de sa trilogie autobiographique.

J'ignore encore si je vais fréquenter longtemps cette femme espiègle, mais je souhaite mieux la connaître. En outre, le format, la texture du livre et la typographie du texte me plaisent beaucoup. Ces éléments formels renforcent mon désir de cheminer un temps avec une femme de lettres au caractère bien trempé dans l'encre chatoyante d'une existence transcendée.













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Etat des lieux

Cette trilogie est passionnante avec un crescendo jusqu'à "Etat des lieux", le dernier titre, celui de la maturité bien entamée.



Les deux premiers étaient "Ce que je ne veux pas savoir" et "Le coût de la vie". Rampe de lancement vers le troisième que je viens d'achever et qui m'a émerveillée.



Sa liberté d'évocation, son fluide, ont dû donner à l'auteure un sacré travail : il en est toujours ainsi, ce qui semble le plus naturel est le plus difficile. La juxtaposition des plans de vie, présent, passé, projection vers l'avenir, se fait sans qu'on y prenne gare, on ne se perd pas, on adhère.



Une femme, Deborah Levy, nous fait partager son cheminement et ses réflexions à travers ses réalisations : son mariage, ses filles, ses amitiés, et surtout sa création littéraire. Il y a un continuel aller-retour entre la vie et la littérature cousues l'une à l'autre et s'enrichissant mutuellement.



Ça a de la chair, de la sensibilité, du sens. C'est doux et ferme. Poétique et réaliste.



Avec des références à Apollinaire, Walter Benjamin, Virginia Woolf.



On est aspirée par la lecture tout en sentant qu'on va trop vite pour tout saisir dans cette apparente simplicité. Il faudra y revenir.



Cela faisait très longtemps que je n'étais pas tombée sous le charme d'une publication récente. Sans doute depuis "Le colonel ne dort pas" d'Emilienne Malfatto.
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Le Coût de la vie

Après Ce que je ne veux pas savoir, sans doute plus touchant mais tout aussi intime, Deborah Levy évoque la place d'une femme dans la société actuelle, son rôle de mère, d'épouse et, surtout, d'auteure. Elle rebondit sur le volet précédent de ce qui sera un triptyque, volet qui expliquait les racines de sa mélancolie, de son mal de vivre, et considère les opinions de divers(e)s artistes et écrivain(es) qu'elle admire (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2021/06/26/ce-que-je-ne-veux-pas-savoir-le-cout-de-la-vie-deborah-levy/)
Lien : https://pamolico.wordpress.c..
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Ce que je ne veux pas savoir

Dans le premier volet de sa trilogie autobiographique, Deborah Levy s'exile à Majorque afin de réfléchir sur sa vie et faire le point. Elle revient sur son enfance en Afrique du Sud en plein Apartheid et sur l'emprisonnement de son père, activiste pour la défense des droits civiques des Noirs. Elle aborde ensuite son arrivée et son intégration en Angleterre, qui deviendra son pays d'adoption.



Ce texte court est très pertinent et s'appuie sur ses lectures personnelles et son expérience pour nous donner sa version du féminisme. Nous suivons son cheminement psychologique et ses anecdotes et souvenirs, petites pépites du passé, s'inscrivent dans l'histoire et revêtent plus de profondeur qu'il n'y paraît.



Elle aborde finalement des thèmes universels tels que la place des femmes, la maternité, la dépression et la création littéraire.



Un texte touchant, humble et tout en pudeur que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Sans réel scénario, on reste malgré tout suspendu.es aux mots de Deborah Levy, qui nous parle avec son coeur et vise le nôtre. Je pense que chaque femme pourra s'y retrouver et y piocher de-ci de-là quelques pistes de réflexion.



Une belle découverte, j'ai hâte de me procurer la suite et de m'y plonger !
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Ce que je ne veux pas savoir

Il faut – me semble-t-il – avoir lu tout ce petit ouvrage 135 pages) pour en apprécier la portée. Il est de toute façon construit en boucle, avec un élément commun au début et à la fin.



Deborah Levy raconte d’abord la dépression qui l’assaille en Angleterre, où elle pleure comme une fontaine sur les escaliers roulants. Elle se réfugie à Majorque, où il neige en mars, dans un hôtel tenu par une femme. Elle rencontre un épicier chinois à qui elle va raconter quelques souvenirs de son enfance en Afrique du Sud et « en Exil » : l’image du bonhomme de neige construit avec son père et fondu, disparu, tout comme ce père arrêté et longuement emprisonné pour faire partie de l’ANC, l’African National Congress ; la petite fille qui parle peu et pas assez fort, dont sa cousine va essayer de libérer la voix (« Les filles doivent parler haut puisque personne ne les écoute de toute façon. ») ; l’oncle tellement différent de son père, raciste sans complexe ; l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; puis, à quinze ans, l’Exil en Angleterre, la naissance inconfortable de sa vocation d’écrivain, l’impression de n’appartenir ni à l’Afrique du Sud ni à « l’Ingerland ».



Au passage, nourrie par ses lectures de Marguerite Duras et de Virginia Woolf, Deborah Levy parle de la condition féminine, de la maternité, de la voix des femmes. Aucune amertume dans sa voix mais un constat lucide et décomplexé. La voix de l’écrivaine en devenir, puis de celle qui ne sait plus comment orienter sa vie, peut toucher tous ses lecteurs : comme le dit l’épicier chinois, « Parfois, dans la vie, la question n’est pas de savoir où commencer, mais où s’arrêter. » (p. 129)
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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La Position de la cuillère et autres bonheurs..

Voilà un livre qui nécessite une certaine culture littéraire pour pouvoir en profiter pleinement. Car les pensées de Deborah découlent principalement de ses lectures. Et là, elle m’a perdu bien des fois.



Mais lorsqu’elle parle de Ballard, de Crash ! et de voitures, de Marguerite Duras, de féminisme ou du désir j’ai pu me raccrocher plus facilement à ses pensées à l’humour fort britannique.



Une lecture pleine de pistes de lectures
Lien : https://www.noid.ch/la-posit..
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Ce que je ne veux pas savoir

« Elle m’avait dit d’exprimer mes pensées à voix haute, mais j’avais préféré les mettre par écrit. ». « J’ai trouvé un stylo et j’ai essayé de mettre des mots sur mes pensées. En gros, ce qui a jailli sur la page en sortant du stylo rassemblait tout ce que je ne voulais pas savoir. »



Deborah est née en Afrique du Sud en 1959, en plein Apartheid. Elle a quatre ans quand son père est arrêté car membre de l’African National Congress, un parti politique qui luttait pour l’égalité des droits, désormais interdit par le gouvernement.



Mais ce premier volume de son autobiographie s’ouvre bien plus tard, par des pleurs sur des escalators. Deborah Levy retourne à Majorque pour faire le point, dans un petit hôtel où elle a déjà séjourné à plusieurs reprises. Elle revient sur son enfance en Afrique du Sud où très jeune elle prend conscience de l’Apartheid, puis son adolescence en Angleterre, la terre d’exil de sa famille où ses parents se séparent quand elle a quinze ans.



J’ai adoré le ton de ce livre. Deborah Levy questionne ce qui l’a amené à écrire, ce que c’est d’être une femme, elle nous plonge dans quelques moments clefs de sa vie telle une exploratrice de soi. On perçoit l’éveil d’une conscience, la construction d’une personnalité, l’envol d’un esprit libre. L’exclusion, l’exil, la maternité sont autant de thèmes abordés avec pertinence et une grande acuité dans ce livre. Ce que je ne veux pas savoir a été vraiment une excellente découverte, je sais déjà que je le relirai, et je ne tarderai pas à lire le suivant, Combien ça coûte.



« Comment les gens deviennent-ils cruels et pervertis ? So on torture quelqu’un, est-on fou ou normal ? Si un homme blanc lance son chien sur un enfant noir et que tout le monde dit que c’est acceptable, si les voisins, la police, les juges et les enseignants disent : « moi ça me va », la vie vaut-elle d’être vécue ? Et qu’en est-il des gens qui pensent que ce n’est pas acceptable ? Sont-ils assez nombreux dans le monde ? »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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Le Coût de la vie

D'où vient le charme de ce livre ? De la fantaisie avec laquelle les remarques sont juxtaposées, triviales, profondes, pensées à voix haute, citations littéraires ? De ce que cela dit de la désorientation de l'auteure, plus secouée qu'elle ne veut bien le dire par un divorce et par le deuil de sa mère, elle qui sillonne pourtant Londres en tous sens sur son vélo électrique ? J'aime ce cheminement pudique à travers des bouts de vie auxquels elle cherche un sens en nous les racontant, cette étrangeté à elle-même qu'elle ne cherche pas à masquer.



Et puis, la vision des cacatoès émergeant du ciel brumeux de Londres est une pure merveille, mélangée comme cela à une discussion avec son ami malheureux en amour... De l'air de rien élevé au rang d'art !
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Etat des lieux

"Je crois que ce que je valorise le plus sont les vraies relations humaines et l’imagination."

Deborah Levy partage dans ce troisième opus de son "autobiographie vivante" quelque chose comme un état des lieux de sa vie. Elle décrit dans une langue à la fois très concrète et teintée de poésie, ses désirs, ses rêves et sa réalité de femme dans la soixantaine, divorcée, autrice reconnue et mère dont les filles ont quitté la maison.

Habitant un appartement en mauvais état, louant un cabanon de jardin pour y écrire, elle garde en elle son rêve d'une maison qui n'existera peut-être jamais tant son existence même, dans l'imaginaire, est puissante...

Ni renoncements, ni nostalgie, mais des analyses fines et tragi-comiques d'un quotidien parfois brutal, des souvenirs chaleureux, et des questions existentielles qui affleurent dans le texte comme des ilets sur lesquels on s'arrête quelques minutes pour penser.

Encore une belle promenade en très bonne compagnie.
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Le Coût de la vie

Cet essai est une ode à la liberté, un renouveau nécessaire après l’éclatement du rêve de la parfaite famille. Cette prise de conscience de la fin du modèle qui inspire la vie de Deborah Levy ne se fait pas au détriment des autres et des hommes mais pour elle-même. C’est révélateur d’une grande sagesse d’écrivaine et de femme. Elle fait des rencontres marquantes qui, comme un courant d’arrachement, l’emporte au large au lieu de la ramener vers le rivage. C’est un surf de bonheur que la lecture de ce livre, qui donne le goût de s’acheter un vélo électrique, de finir le cabanon en espace douillet et de profiter de chaque minute de vie.
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Ce que je ne veux pas savoir

Son enfance s'est passée en Afrique du sud, elle a connu l'apartheid et la prison pour son père, militant de l'ANC. La famille s'exile en Angleterre. Peu à peu Deborah devient écrivaine; à Majorque, elle fait le point sur sa vie.
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Le Coût de la vie

Qu’est-ce qu’une femme qui se détache du rôle que lui impose la société patriarcale ? Qu’est-ce qu’une femme si elle n’est plus épouse, tout juste mère ? C’est ce que questionne ici Deborah Levy avec ce texte autobiographique où elle raconte son parcours vers la liberté, une liberté loin d’être idyllique, mais qui a au moins le mérite d’avoir été choisie. A cinquante ans, Deborah Levy choisit de quitter son mari, de laisser derrière elle son mariage qui bat de l’aile, ce « navire » qu’elle n’est pas sûre de pouvoir rejoindre ni d’avoir envie de le rejoindre. Elle part, avec ses filles sous le bras, s’installer dans un immeuble délabré en haut d’une colline et se force à écrire, beaucoup, pour subvenir aux besoins de sa petite famille tronquée. Ses vieux rêves d’amour durables avaient pris l’eau, et sa liberté avait un prix – en valait-elle le coût ?



Tout en nous proposant des réflexions sur le système patriarcal et la place de la femme dans la famille nucléaire traditionnelle, Deborah Levy nous parle également de son processus d’écriture, elle qui est dramaturge, poétesse et romancière. Elle montre comment l’écriture l’a aidée pendant cette période de transition compliquée, comme la maîtrise des mots et le confort de certains textes a été un refuge en ces temps incertains. Elle se trouve une petite place dans la cabane au fond du jardin d’une amie bienveillante, s’y créé un refuge pour mettre des mots sur son quotidien, et pour se retrouver en tête à tête avec cette page blanche dont dépend la subsistance de sa famille.



Je ne connaissais pas Deborah Levy mais ce texte m’a donné très envie de découvrir ses romans, de voir son style sensible appliqué à la fiction, de retrouver ses phrases pleines de sagesse et sa lucidité sur le monde et sur elle-même. Elle raconte son quotidien de mère, d’autrice, de femme de cinquante ans, et pourtant, moi qui ne suis rien de tout ça, je me retrouve dans ses mots, dans sa pensée et dans son appréhension de notre société. J’apprécie sa façon de voir ces petits rien qui font le sel de la vie, de chérir ses amitiés et de laisser libre court à ses fantaisies. J’apprécie la force qui se dégage d’elle, et des phrases qu’elle pose sur le papier pour lui donner corps. Un très beau livre, que je relirais.
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Le Coût de la vie

Cette histoire est intemporelle, toujours là même qu'elle que soit l'époque : une femme quittée, déclassée, qui a vécu plus de la moitié de sa vie dans l'illusion que ce que l'on a construit pour que la famille soit un refuge, un lieu de retrouvaille, un endroit où l'on dépose ses problèmes sur la table de la cuisine pour que maman fasse le tri et trouve la solution, car elle a la solution !

Mais la femme de 50 ans qui se retrouve seule et par nécessité retrousse ses manches pour faire vivre ce qu'il reste du foyer, est assez peu valorisé.

Femme quittée, fille en deuil, mère esseulée, mais guerrière à la plume vivace, il y a chez ce personnage largement autobiographique la fougue du désespoir et la vie qu'elle sait ramener dans un foyer autre, un foyer où des éclopés sont là, solidaires et soutenant.

Il y a de l'humour et une écriture forte et sans pathos.
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Etat des lieux

Curieuse autobiographie que la trilogie de Deborah Levy !

Aucun récit linéaire ou agrémenté des obligatoires retours en arrière, mais un « flux de conscience » où se mêlent les détails du quotidien, les considérations philosophiques ou littéraires, le noble et le prosaïque, alliés par la seule fantaisie de l’auteur, par ses associations d’idées originales, drôles ou inattendues, qui reflètent les atouts chatoyants de sa riche personnalité.

Après avoir évoqué de façon sensible et émouvante son enfance en Afrique du Sud du temps de l’apartheid et son déracinement en Angleterre dans le premier tome, puis les difficiles suites matérielles de son divorce dans Le coût de la vie, elle aborde dans ce dernier tome, État des lieux, une sorte de bilan de sa vie, à l’approche de la soixantaine, ses rêves et ses regrets récurrents, les mille lieux d’où lui vient l’inspiration, au cours de congrès ou résidences littéraires soit à Bombay, soit à Paris, avec des incursions à Berlin ou en Grèce. On lui sait gré de planter des décors variés pour évoquer ses amitiés ou sa famille, car elle en oublie son désir obsessionnel et irréalisable de vivre dans « sa » maison idéale, si différente de son immeuble « en ruines » sur les collines londoniennes.

Passant avec humour du coq à l’âne, d’un achat d’impulsion (des chaussures de « caractère » !) à une bévue surprise (un cadeau à offrir jeté par mégarde à la poubelle), et d’une soirée mondaine à la complicité avec ses filles, elle dresse un portrait de la femme écrivain comme d’un être toujours indépendant mais hanté par la solitude, et rejoint ses modèles, Virginia Woolf (A Room of One’s own), Marguerite Duras, très souvent citée, Gertrude Stein ou même Elena Ferrante. Son féminisme assumé, avec ses risques et périls, lui permet de tracer une voie originale, oscillant entre le profond et le futile qui tissent le quotidien de nos vies, pour accompagner et enrichir nos moments de lecture complice.

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Ce que je ne veux pas savoir

Ce grand petit roman autobiographique de Deborah Levy nous convie à des parcelles de son enfance en Afrique du Sud en 1964, dans un climat d’apartheid et d’innocence ainsi qu’à son arrivée en Angleterre en 1974, période d’adolescence et de perte de cette innocence. Deborah Levy écrit ses réflexions de vie à Majorque, ce qui semble être un prélude à un recommencement. Elle se reconstruit au fil de l’écriture et les anecdotes parfois drôles, parfois tristes, sont toujours pleines d’enseignements. Bien hâte d’attaquer Le coût de la vie, pour voir le tri qu’elle fait de sa vie et ce qu’elle garde dans ses bagages.
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Le Coût de la vie

Prix Fémina étranger pour ce petit essai moitié autobiographie moitié réflexion.

Ces mémoires sont très personnelles et l'écriture pudique.

L'auteure, âgée d'environ 50 ans, nous laisse entrer dans sa vie, à un moment où elle s'est récemment séparée de son mari et qu'elle est en pleine phase de reconstruction.

Quelques passages sont poignants comme l'agonie de sa mère et sa volonté chaque jour de lui apporter une glace à l'eau ; un moment de la vie où les enfants partent de la maison et où les parents partent tout court.

Il y a des anecdotes pétillantes ; la nécessité d'écrire dans un petite cabanon, le meilleur ami qui se marie pour la troisième fois, le nouvel ami rencontré lors d'un enterrement.

Il y a aussi de l'humour parfois. Sa relation avec son vélo électrique qui lui donne un sentiment de liberté est joyeux, l'épisode avec sa voisine caustique.

Telles sont les réflexions d'une femme qui a cessé de se définir en fonction des attentes des autres, et qui est déterminée à devenir l'auteur de sa propre vie.

L'écriture est sensible, Il est question d'amitié, d'introspection, d'envie de légèreté, de vivre pleinement.

Elle se livre sans se prendre au sérieux. J'ai apprécié cette lecture



Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle

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