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3.94/5 (sur 7378 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : San Pellegrino di Belluno , le 16/10/1906
Mort(e) à : Milan , le 28/01/1972
Biographie :

Dino Buzzati est un journaliste, peintre et écrivain italien.

En février 1928, Dino Buzzati entre comme journaliste au Corriere della Sera, le plus grand quotidien du pays.

A la fin des années trente, il est envoyé comme correspondant en Afrique. Il rentre à Milan en 1940 et devient chroniqueur de guerre à bord de différents croiseurs.

En 1959, il connait une déception amoureuse qui va lui inspirer "Un amour" mais en 1960, il fait la connaissance de Almerina Antoniazzi qui restera sa compagne jusqu'à la fin de sa vie.

C'est en 1970, qu'on lui découvre un cancer du pancréas dont il décédera deux ans plus tard.

L’œuvre de Dino Buzzati est très prolifique. Outre ses romans (dont le plus connu est "Le Désert des Tartares"), il a aussi écrit des nouvelles (dont le recueil "Le K", considéré comme l'une de ses œuvres les plus importantes), des contes moraux, des poésies burlesques, des pièces de théâtre et des scénarios de film. Il ne faut pas oublier son œuvre picturale : peinture et dessins.
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Citations et extraits (625) Voir plus Ajouter une citation
Juste à cette époque, Drogo s'aperçut à quel point les hommes restent toujours séparés l'un de l'autre, malgré l'affection qu'ils peuvent se porter ; il s'aperçut que, si quelqu'un souffre, sa douleur lui appartient en propre, nul ne peut l'en décharger si légèrement que ce soit ; il s'aperçut que, si quelqu'un souffre, autrui ne souffre pas pour cela, même si son amour est grand, et c'est cela qui fait la solitude de la vie.
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Mais quand vient la nuit et que l'on se retrouve seul, certaines pensées resurgissent et envahissent l'esprit, occultant tout le reste. Les rires s'éteignirent, toute la maison s'endormit, la lune monta dans le ciel au-dessus des coupoles et des toits solitaires, les ombres amoureuses s'égarèrent dans les jardins, les douleurs se réveillèrent dans les ventres des malades de l'hôpital, les oiseaux nocturnes aux portes de la ville somnolant sur les bords des canaux pourris prirent leur vol, on entendait de temps à autre le sifflement d'un train ou un étrange appel auquel répondait le silence des longues rues, la pensée de la vie qui passe hantait les nuits blanches et, assise sur son lit, Ghitta Freilaber, vingt huit ans, tendit l'oreille pour écouter si, là-haut dans les lointains greniers, quelque chose remuait....
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Le soir même le lieutenant Morel conduisit en cachette Drogo sur le chemin de ronde pour lui permettre de voir le désert. Et Drogo pu contempler le monde du septentrion, la lande inhabitée à travers laquelle, disait-on, les hommes n'étaient jamais passés. Jamais, de par-là, n'était venu l'ennemi, jamais on n'y avait combattu, jamais rien n'y était arrivé.

Plus tard, seul dans sa chambre, Drogo comprenait ce qu'était la solitude et il pensait aux factionnaires qui, à quelques mètres de lui, marchaient de long en large, tels des automates, sans s'arrêter jamais pour reprendre haleine. Ils étaient des dizaines et des dizaines à être réveillés, ces hommes, tandis que lui était étendu sur son lit, tandis que tout semblait plongé dans le sommeil. Des dizaines et des dizaines, se disait Drogo, mais pour qui, pour quoi ?
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Nous sommes ici pour votre perte, pour vous faire damner. Nous sommes les pensées, les idées mauvaises, les tentations, les manies, les peurs, les soupçons.
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Le temps passait, toujours plus rapide ; son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s' arrêter même un seul instant, même pas pour jeter un coup d'oeil en arrière. " Arrête ! Arrête ! " voudrait-on crier, mais on se rend compte que c'est inutile. Tout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages ; et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entraîné dans ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s'arrête jamais
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Les roseaux aquatiques, les herbes de la berge, les petits bosquets de saules et les grands arbres, ce dimanche de septembre comme tous les autres, virent arriver le monsieur d'un âge avancé habillé de blanc.
Il y a des années de cela - seuls les troncs les plus vieux s'en souvenaient encore vaguement - un inconnu avait commencé à pêcher dans cette anse solitaire du fleuve où les eaux sont calmes et profondes. Tous les jours fériés, à la belle saison, il revenait avec ponctualité.
Un jour, il n'était plus venu seul ; il avait amené un enfant qui jouait entre les plantes et avait une petite voix claire. Lentement les années avaient passé : le monsieur de plus en plus fatigué, l'enfant de plus en plus grand. Et pour finir, un dimanche de septembre le vieux ne vint pas. Le jeune homme arriva seul, et se mit à pêcher, seul.
Et le temps continua à s'écouler. Le jeune homme , qui revenait de temps à autre, perdit sa voix limpide, commença lui aussi à vieillir. Lui aussi revint un jour accompagné d'un enfant.
Une longue histoire à laquelle le bois tout entier est attaché. Le second enfant devint grand, et l'on ne vit plus son père. Tout cela devint un souvenir confus dans la mémoire des plantes. Depuis quelques années, les pêcheurs sont de nouveaux deux. Déjà le mois dernier, en compagnie du monsieur vêtu de blanc, l'enfant est venu, il s'est assis, sa petite canne à la main, et a commencé à pêcher.
Les plantes sont contentes de les revoir ; plus encore : elles les attendent toute la semaine dans l'immense ennui du fleuve. Cela les distrait de les observer, d'écouter les paroles de l'enfant, sa voix fluette qui retentit si bien entre les feuillages, de les voir tous les deux immobiles, assis sur la berge, tranquilles comme le fleuve impassible, tandis qu'au-dessus passent les nuages.
Un insecte volant a raconté que le père et le fils habitent dans une grande maison, sur le col voisin. Mais le bois ne sait pas exactement qui ils sont. Il sait cependant que la roue tourne, que tôt ou tard le vieux monsieur lui aussi ne pourra plus revenir et laissera le jeune garçon venir seul.
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Il est toujours téméraire de juger le cœur des autres.
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Tous les ans Cevere remonte le fleuve sur sa longue pirogue, jusqu'à la grande anse, et s'arrête près du village de Naer pour y embarquer les morts. C'est ce que dit la légende et les Noirs de la région y croient, sans lui accorder trop d'importance. Ils n'éprouvent ni curiosité ni peur, de la même façon que nous autres, nous ne nous préoccupons pas, aux aubes livides de nos villes, des hommes qui viennent enlever les déchets. Si bien que presque personne ne tient compte de ces sept ans ni ne calcule le jour de l'échéance.
Cevere est grand, noir comme la nuit, ni jeune, ni vieux. Personne n'a jamais réussi à apercevoir son visage ; certains disent qu'il a les yeux derrière la tête, d'autres qu'à la vue des êtres humains il se couvre le visage d'une étoffe blanche. Il arrive silencieusement sur sa barque, accoste sur la rive déserte, disparaît dans le maquis pour y chercher les morts. Avant que ne tombe la nuit, il est de retour et les défunts s'assoient deux par deux dans la grande embarcation, et empoignent les rames. Lui reste debout à la proue, armé d'une longue perche qu'il plonge dans l'eau de temps à autre pour rectifier la trajectoire. Puis ils disparaissent au fil de l'eau, en direction du sud, engloutis par l'obscurité.
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Cela semblait hier, et pourtant le temps avait tout de même passé, à son rythme immuable, identique pour tous les hommes, ni plus lent pour ceux qui sont heureux, ni plus rapide pour les malchanceux.
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Jusqu’alors, il avait avancé avec l’insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s’écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s’aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n’y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière vous personne ne vous presse, et personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s’arrêtant souvent pour jouer. Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l’horizon avec des sourires complices ; de la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte l’espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin ; on ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu’un jour on les atteindra.

Est-ce encore long ? Non, il suffit de traverser ce fleuve, là-bas, au fond, de franchir ces vertes collines. Ne serait-on pas, par hasard, déjà arrivé ? Ces arbres, ces prés, cette blanche maison ne sont-ils pas peut-être ce que nous cherchions ? Pendant quelques instants, on a l’impression que oui, et l’on voudrait s’y arrêter. Puis l’on entend dire que, plus loin, c’est encore mieux, et l’on se remet en route, sans angoisse.

De la sorte, on poursuit son chemin, plein d’espoir ; et les journées sont longues et tranquilles, le soleil resplendit haut dans le ciel et semble disparaître à regret quand vient le soir.

Mais, à un certain point, presque instinctivement, on se retourne et l’on voit qu’un portail s’est refermé derrière nous, barrant le chemin de retour. Alors, on sent que quelque chose est changé, le soleil ne semble plus immobile, il se déplace rapidement ; hélas ! on n’a pas le temps de le regarder que, déjà, il se précipite vers les confins de l’horizon, on s’aperçoit que les nuages ne sont plus immobiles dans les golfes azurés du ciel, mais qu’il fuient, se chevauchant l’un l’autre, telle est leur hâte ; on comprend que le temps passe et qu’il faudra bien qu’un jour la route prenne fin.

A un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l’éclair, et l’on n’a pas le temps de revenir en arrière. Mais, à ce moment-là, Giovanni Drogo dormait ignorant, et dans son sommeil, il souriait, comme le font les enfants.

Bien des jours passeront avant que Drogo ne comprenne ce qui est arrivé. Ce sera alors comme un réveil. Il regardera autour de lui, incrédule ; puis il entendra derrière lui un piétinement, il verra les gens, réveillés avant lui, qui courront inquiets et qui le dépasseront pour arriver avant lui. Il entendra les pulsations du temps scander avec précipitation la vie. Aux fenêtres, ce ne seront plus de riantes figures qui se pencheront, mais des visages immobiles et indifférents. Et s’il leur demande combien de route il reste encore à parcourir, on lui montrera bien encore d’un geste l’horizon, mais sans plus de bienveillance ni de gaieté. Cependant, il perdra de vue ses camarades, l’un demeuré en arrière, épuisé, un autre qui fuit en avant de lui et qui n’est plus maintenant qu’un point minuscule à l’horizon.

Passé ce fleuve, diront les gens, il y a encore dix kilomètres à faire et tu seras arrivé. Au lieu de cela, la route ne s’achève jamais, les journées se font toujours plus courtes, les compagnons de voyage toujours plus rares, aux fenêtres se tiennent des personnages apathiques et pâles qui hochent la tête.

Jusqu’à ce que Drogo reste complètement seul et qu’à l’horizon apparaisse la ligne d’une mer démesurée, immobile, couleur de plomb. Désormais, il sera fatigué, les maisons le long de la route auront presque toutes leurs fenêtres fermées et les rares personnes visibles lui répondront d’un geste désespéré : ce qui était bon était en arrière, très en arrière, et il était passé devant sans le savoir. Oh ! il est trop tard désormais pour revenir sur ses pas, derrière lui s’amplifie le grondement de la multitude qui le suit, poussée par la même illusion, mais encore invisible sur la route blanche et déserte.

A présent, Giovanni Drogo dort à l’intérieur de la troisième redoute. Il rêve et il sourit. Pour la dernière fois, viennent à lui, dans la nuit, les douces images d’un monde totalement heureux. Gare à lui s’il pouvait se voir lui-même, tel qu’il sera un jour, là où finit la route, arrêté sur la rive de la mer de plomb, sous un ciel gris et uniforme, et sans une maison, sans un arbre, sans un homme alentour, sans même un brin d’herbe, et tout cela depuis des temps immémoriaux.
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