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Note moyenne 3.23 /5 (sur 106 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 28/01/1959
Biographie :

Dominique Sigaud-Rouff journaliste, essayiste et romancière, articule son travail autour de l’idée de témoignage, d’engagement, de responsabilité de l’écrivain.

Elle a notamment publié La Vie là-bas comme le cours de l’oued (Gallimard, 1996), Blue Moon (Gallimard, 1998) et chez Actes Sud, The Dark Side of the Moon (2004), Aimé (2006) et L’Inconfort des ordures (2007), Dans nos langues, éditions Verdier, 15/02/2018.


Source : /archive.villagillet.net
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A l'occasion du salon "Le livre sur la place" à Nancy, rencontre avec Dominique Sigaud autour de son ouvrage "La malédiction d'être fille" aux éditions Albin Michel. Rentrée littéraire Septembre 2019. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2340671/dominique-sigaud-la-malediction-d-etre-fille Notes de musique : Youtube Audio Library Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/

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Harioutz   11 février 2020
La malédiction d'être fille de Dominique Sigaud
Pour des millions de filles, le destin féminin commence comme ça, par le fait d'être désirée, c'est être violée, confrontée à un désir absolument étranger à soi et dont pourtant il faudra subir la conséquence.

Dans cet acte, plus encore, le désir de la fille, ne pas être violée, n'a pas le début d'un commencement de place. Son corps devient un territoire ou d'où son propre désir est exclu par la force. C'est ça le viol, ça le rend sidérant.



…/...



C'est une peur qui reste, colore le rapport à venir aux hommes, leur désir et le sien propre.

Des millions de mineures de tous les pays le subissent chaque année.

Une véritable pandémie. Le non-dit à cet égard est pourtant constant quand on commence à chercher les chiffres, constater leur absence.

Pourquoi ne sait-on pas combien de mineures sont violées chaque jour en France, aux États-Unis, au Brésil, en Russie, en Espagne, au Maroc, en Égypte ? Combien ? A quel âge ? Par qui ? Avec quelles suites ? Quels procès ? Quelle absence de procès ? Quelles maladies ? Quelles tentatives de suicide, quelles dépressions ?

Pourquoi ce travail n'est-il pas fait ? Considère-t-on qu'il n'est pas nécessaire ? Pourquoi ne produit-on pas ce savoir ? Pourquoi laisse-t-on cette question dans le flou, l'imprécision ?

Je crois que si 200 garçons étaient été victimes de viol ou tentative de viol chaque jour en France, quelque chose aurait lieu, serait pris en compte, des députés exigeraient des études, des lois, des actes.

Doit-on penser que, les filles mineures, on s'y attend en quelque sorte …



L'acte et une constante, un invariant, quels que soient le continent, la société.

Au Royaume-Uni par exemple, en 2016-2017, 45 % des poursuites pour viol concernent des enfants : environ 10 par jour, 100 si on élargit aux infractions sexuelles, mais les statisticiens pensent que le chiffre réel et environ 6 fois plus élevé, puisque une infime minorité est déclarée.

En France, en 2016, moins de 4 % font l'objet d'une plainte selon l'ONDRP, l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales. Or, en 2017, 8788 plaintes ou signalements pour viol sur mineur ont été enregistrés mais, là aussi, les spécialistes pensent qu'il faudrait les multiplier par dix pour atteindre le chiffre réel des atteintes.

Soit 87880, soit 240 par jour. Environ 80 viols par jour de mineures au Royaume-Uni ou en France, inceste compris, pourrait être une statistique à peu près correcte : 80 viols de mineures aujourd'hui, 80 demain, 80 après-demain, 2400 dans le mois.

Encore, ne s'agit-il que des viols avérés.

Si l'on ajoute les tentatives de viols, la statistique explose, atteint le sommet vertigineux de 200 à 400 par jour. Pas de quoi lancer de vraies enquêtes, en effet.



Au Pérou, premier pays d'Amérique latine et troisième au monde en nombre de violences sexuelles, 71 % des viols concernent des mineures, 48 % des agressions ne sont pas signalées en raison de la peur, de la honte (!) ou du sentiment de culpabilité.

Tous les pays du monde connaissent peu ou prou cette situation. Seule une étude mondiale de cette pandémie montrerait l'étendue réelle du problème.

Sans crainte de se tromper toutefois, entre 1 fille sur 3 et 1 sur 10 est confrontée avant son âge adulte à eu un rapport sexuel forcé, une première expérience sexuelle forcée, une grossesse issue d'un viol.

Sans crainte de se tromper, l'immense majorité de ces crimes ne sont jamais dénoncés. La violence subie ne sera pas reconnue comme telle. L'agresseur ne sera pas reconnu comme tel.

Rien de tel pour perpétuer un système de prédation.



Je propose qu'on dise maintenant : entre 1 garçon sur 3 et 1 sur 10 et violé avant 18 ans. Pour voir.

J'ajoute. Jusqu'à 50 % des agressions sexuelles dans le monde sont commises contre des filles de moins de 16 ans. Je l'ai déjà écrit mais je le répète. Ce chiffre personnellement m'ahurit chaque fois que je le lis.

Selon l'Unicef, en 2017, 9 millions de filles de 15 à 19 ans ont été forcées à des rapports sexuels au cours de l'année. Plus généralement, en 2002, on estime que 150 millions de filles de moins de 18 ans ont subi une forme de violence sexuelle ! La première expérience sexuelle est forcée pour près de 45 % des filles de moins de 15 ans. Quand une fille de moins de 15 ans a une expérience sexuelle, c'est que cette dernière est forcée dans 1 cas sur 2. C'est-à-dire le premier acte. La première fois. L'initiation sexuelle comme expérience forcée. Une forme de marquage. L'absolu contraire de la liberté de désir.

La minoration des statistiques, l'absence d'études dignes de ce nom, empêchent de prendre la mesure. « Les mineur.e.s, grand.e.s oublié.e.s des statistiques » estime le dernier avis de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l'homme) en France et, plus loin, « les chiffres ne prennent jamais en compte les violences sexuelles dont sont victimes les mineur.e.s. Il s'agit pourtant de la frange de la population la plus touchée par ces violences ».



Prendre en considération le nombre réel de viols sur mineures serait pourtant une façon, pour elles, de savoir que cette violence à leur endroit est entendue. Et non pas, une fois encore, le récit minorant, sous-entendre que la jupe pouvait être trop courte, le sourire trop blanc, le refus pas assez caractérisé, les cris trop rentrés, que peut-être elles consentaient, que peut-être elles ne courraient pas assez vite, que possiblement elles y étaient pour quelque chose, ne serait-ce que d'avoir déclenché ce désir.



L'histoire est toujours la même. Aux hommes, le désir. Aux filles d'exprimer leur refus.

Qu'il s'agisse de leur père, de leur voisin, de leur professeur de tennis, de leur professeur de mathématiques, leur chauffeur de bus, leur épicier, leur cousin, le chef de bande de la cité, le trafiquant de drogue de la rue adjacente.

Le résultat et qu'elles se taisent. Qu'elles le taisent.
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Windvaan   07 juin 2013
The dark side of the moon de Dominique Sigaud
Qu'as-tu fait ?

Toi devant le miroir, qu'as-tu fait ?



Mais rien ne répondit. Vint alors la suivante. Ces hommes, trois jours durant, qu'avaient-ils fait ? Aussitôt elle eut très soif, la bouche sèche, la langue, les muqueuses autour comme si elle était encore entre leurs mains, là si près dans la ville qu'elle aurait pu sentir leurs odeurs puantes d'aisselles.



Dans le miroir, des mèches collées épaisses à la place des cheveux hautains. Cernes noirs, peau boursouflée à la place du visage amène. Elle avait été un butin pour ces hommes, c'est la dépouille qu'elle regardait.

Que les as-tu laissés faire ?

[...]

Les avait-elle laissés tout prendre ? N'aurait-il pas mieux valu qu'ils dévorent tout jusqu'à la moelle comme des charognards ; autant dire mourir ? Question aussitôt repoussée. C'est le trou qu'ils avaient laissé ; elle autour.

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Ziliz   25 mai 2013
Franz Stangl et moi de Dominique Sigaud
[Franz Stangl, commandant nazi]

Sa femme lui avait posé la question quand elle était venue le rejoindre pour quelques jours de vacances avec les enfants, dans la campagne près [du camp d'extermination] de Sobibor. "Comment peux-tu ÊTRE LÀ et n'avoir rien à faire avec ça ?" Elle avait entendu dire ce qui se passait dans le camp et insisté pour qu'il réponde (...)

Il lui avait répondu que son travail était purement administratif, qu'elle n'avait rien à craindre pour son âme, puisque c'était le fond de sa question, et elle l'avait cru, s'en était tenue là. Le travail d'Adolf Eichman aussi était purement administratif. Il n'avait participé à l'organisation de la 'solution finale' que d'un point de vue purement administratif et logistique.

(p. 77-78)
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Harioutz   11 février 2020
La malédiction d'être fille de Dominique Sigaud
Une esthétique de la mutilation ?



Dans La Servante écarlate, remarquable série télévisée adapté du roman de Margaret Atwood et dessinant une humanité à venir de plus en plus écartée du cycle naturel du sexe et de la reproduction, de plus en plus séduite par leur marchandisation et par la soumission des femmes en fonction de critères d'appartenance sociale, l'excision est le châtiment réservé entre autres aux femmes se laissant aller à des rapports homosexuels. Plus de clitoris.



Il est très rare que la pratique soit associé à l'Occident, qui a pourtant commencé à l'introduire au XIXe siècle pour « calmer les hystériques », empêcher la masturbation ; des cas d'infibulation ont aussi été répertoriés ; empêcher l'accès au sexe et à son plaisir. L'idée sera vite abandonnée.



Mais elle revient à la mode aujourd'hui sous une tout autre forme de « chirurgie esthétique »[sic] s'attaquant au clitoris, aux lèvres et au vagin chez des jeunes filles américaines ou libanaises, brésiliennes ou italiennes tentant de se soumettre à des critères de taille, de forme.

La pratique est évidemment une aubaine pour les cliniques privées. Elle est surtout en train de propager l'idée d'une esthétique de la mutilation sexuelle, un narcissisme inversé, consistant à attaquer le plus intime de soi, le marquer, le réduire.



L'idée étant soit déjà troublante. Mais elle a un écho malheureusement dans les nouvelles pratiques de mutilation sexuelle « médicalisée », dans les pays la pratiquant traditionnellement. Passer par un docteur, une clinique, des gestes considéré comme techniques, comme si on allait effacer la violence de l'atteinte en la transformant en acte « médical ».



Le récit à nouveau est fictif, mensonger. Tel est le piège aujourd'hui tendu par des médecins ayant trouvé là de nouvelles sources de revenus non négligeables et les parents laissant entendre que l'acte serait ainsi « normalisé » et surtout ne pourrait plus être critiqué dans la mesure où le docteur aurait tranché.
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Ziliz   23 mai 2013
Franz Stangl et moi de Dominique Sigaud
La question des crimes commis pendant [la seconde Guerre mondiale] posa d'ailleurs à son tour de nombreux problèmes. Autant de crimes et de criminels, comment faire ? On établit à la hâte des tribunaux, on nomma des juges qui pour certains n'avaient jamais jugé, on dressa d'immenses camps de prisonniers et des listes interminables de criminels et de suspects par ordre alphabétique, soixante-six mille à la suite, mais qui allait s'en occuper et quel nom donner à leurs crimes ? De nouvelles catégories apparurent, au nombre de trois à nouveau : crime de guerre, de génocide, et crime contre l'humanité, dont on feignit de croire qu'il n'avait jamais existé, alors que trois cents ans plus tôt, le crime dit de lèse-humanité avait déjà vu le jour.

(p. 19-20)
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Eipoca   08 juin 2011
Aimé de Dominique Sigaud
Etre (une) mère, c'est aussi ça.

Donner la vie.

Offrir à l'enfant de vivre, même seulement quelques heures.

Accepter de le porter. L'aimer jusque-là. S'aimer soi-même peut-être jusque-là.

Posséder ce savoir.
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AquinER   22 décembre 2012
Blue moon de Dominique Sigaud
Ce jour-là, le jour du meurtre, il avait éprouvé le sentiment violent de s'être enfin affranchi; ça n'avait duré qu'un instant, une heure ou deux peut-être, mais l'ivresse avait été là, immense; c'est pour s'offrir un regain de vie qu'il l'avait tuée [...].
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balooo   05 juin 2010
The dark side of the moon de Dominique Sigaud
De son siège à l'arrière de la voiture, Miguel de Oro regardait Anna Maria approcher ; sa robe de coton bleu découvrait ses genoux, nette à la poitrine, sans manches, une paire de sandales presque plates aux pieds, les ongles faits, la peau assez blanche malgré l'été. Une femme avançant vers lui sur la route. Le souvenir d'autres femmes tenues par les poignets devant lui autrefois aussitôt en mémoire. Leurs corps. Les questions. Leur peur.
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coco4649   28 avril 2018
Dans nos langues de Dominique Sigaud
 

 

Je vous écris. Vous êtes la seule personne à qui je puisse l’adresser. C’est ce que vous m’avez en quelque sorte accordé. Je sais ce dont vous disposez comme langue, que vous le comprendrez comme je vous le dis. Ce qui toujours me touche. Je parle, vous entendez. Je peux vous poser toutes les questions, vous entretenir d’à peu près tous les sujets, votre langue est un territoire dans lequel la mienne peut se présenter. Vous m’offrez la langue. De la partager également. Vous êtes le premier auprès de qui je m’autorise à pratiquer la mienne comme elle est. Vous avez la vôtre. Au fil du temps la mienne à son contact dira des choses dont je ne savais rien. Vous ne sanctionnez aucun énoncé. Au pire vous vous taisez. Vous appelez ça la conversation. C’est ce que je fais avec vous.

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Eipoca   08 juin 2011
Aimé de Dominique Sigaud
Je l'écris parce que je ne supporte pas l'idée qu'une fois encore il ne reste rien de toi, que je juge cette fois impossible que tu n'aies pas une place quelque part même si c'est sous forme d'encre et de mots. Je l'écris parce que ton départ est trop difficile.



Je l'écris aussi pour les innombrables, ces infiniment nombreux qui comme toi un jour surgissent, espérés ou non, se logent en secret dans le creux de leur mère et disparaissent.
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