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Note moyenne 3.85 /5 (sur 110 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Aube , 1974
Biographie :

Fanny Wallendorf est écrivain.

Son premier roman, "L'Appel", est paru chez Finitude en 2019 et a reçu le Prix Jules Rimet. "Les Grands Chevaux" est paru chez Finitude en 2021 et a été en lice pour le prix Alain Spiess. Son prochain roman, "Jusqu'au Prodige" paraîtra en janvier 2023 chez Finitude.

On lui doit également la traduction de textes de Raymond Carver ("Grandir et Durer", Diabase, 2014) , de la Correspondance de Neal Cassady (Finitude, 2014 et 2015), de "Mister Alabama" (Finitude, 2016) et de "La Cité de la Soif" de Phillip Quinn Morris (2019).



Source : https://www.finitude.fr
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Bibliographie de Fanny Wallendorf   (5)Voir plus

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation

Rentré chez lui, il se défoule. Il entame une de ses danses de Saint-Guy rituelles, gesticulant au rythme d’une musique imaginaire, se contorsionnant comme un ver pour éviter d’envoyer voler un vase ou de se cogner dans la table. Son père enfonce le nez dans son journal pendant que sa mère, vigie frémissante, guette le moment où il devra impérativement cesser de s’agiter, pour ne pas s’attirer les foudres paternelles. Il ouvre régulièrement les yeux au milieu de sa transe, et lorsqu’elle lui fait signe, il s’arrête et grimpe quatre à quatre l’escalier qui mène à sa chambre. Dès qu’il en franchit le seuil, il se regarde dans le miroir en pied. Il a les joues rouges, les yeux brillants, et le sourire jusqu’aux oreilles. Il exécute quelques montées de genoux en s’observant, mais le sol tremble sous ses pieds et il file prendre sa douche.

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"Le ciel est la limite !", pas vrai Richard ?

C'est le titre que le journaliste avec qui il a sympathisé a donné à son article. Sous la photo de Richard en train d’effacer la barre, en lévitation au milieu des arbres, il a écrit : "l’athlète qui saute avec son esprit". Ca n’a pas manqué de faire rire la bande.

Et les filles, tu les sautes avec ton esprit aussi ? (page 315)

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« Il se concentre. Il sollicite la mémoire de son corps. Visualise sa course du début à la fin. La réalise sans bouger d’un pouce. Se sent atteindre un palier, puis deux, puis trois. Éprouver l’impulsion. Sens venir le mouvement. » (p. 68)

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L'amour inconditionnel est une bénédiction et une malédiction, se dit-il en la regardant. Etre aimé sans être compris, en voilà un cadeau empoisonné.

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Le plaisir que lui procure la présence de Beckie lui est tout aussi nécessaire que celui, singulier, que lui donne le sport. Et soudain, il découvre que ces deux nécessités se font la guerre. (page 147)

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- Tes actions ne doivent pas entraîner de désordre.

Richard pique une suée. Est-ce une phrase à double sens ? Smith est-il au courant de ses incartades ? Va-t-il le faire renvoyer, ou interdire à se fille de le revoir ? Il essuie ses paumes moites sur son marcel.

- Ton saut ne doit laisser aucune trace poursuit le Philosophe. Ca veut dire quoi ? (page 132).

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INCIPIT

Oregon, 1957.

— Coordonne tes mouvements! Monte les genoux et balance les bras! Tu prépares ton appel à la cinquième foulée, pas avant! Et respire, sinon tu n’atteindras pas ta vitesse maximale! Bordel, ce gamin dépasse tout le monde d’une tête mais il est souple comme un verre de lampe...

Richard s’éloigne du sautoir en trottant. Le soleil qui émerge d’un nuage le frappe en pleine figure, et il tente de le regarder en face. Trois secondes plus tard il capitule, vaincu. Des halos luminescents se superposent au paysage qui brûle par endroits, et devant lui, l’entraîneur n’est plus qu’une ombre. En plissant les yeux, il distingue son air dépité. Pas une idée glorieuse, cette inscription au club de saut en hauteur pour ses dix ans, mais son père y tenait.

Effectuer un parcours d’obstacles était amusant, bondir à cloche-pied au coup de sifflet du professeur aussi, mais dès qu’ils attaquent la course d’élan qui précède le saut, Richard est dépassé. Décomposer chaque mouvement au lieu de courir librement, compter ses pas en inspirant à des moments précis, décoller les bras, lever la jambe en appuyant suffisamment sur le pied d’appel — lequel déjà ? — et exécuter ce ciseau à la noix pour passer la barre, tout lui semble invraisemblable et il s’emmêle les crayons. Il a peur de s’étaler sur le sautoir, ce qui fait rire ses camarades, et lui avec. C’est à la fois l’enfer et la cour de récréation. Même à l’échauffement, les autres pouffent de rire devant ses cabrioles dignes d’une course en sac à patates, et comme l’ambiance est bon enfant, Richard continue de faire à sa façon. La seule chose qui l’intéresse dans le sport, comme il le confie, haletant, à Dan Cunningham pendant les levées de genoux, c’est de se faire des amis. Aussi quand Dan l’invite à passer chez lui le week-end suivant, Richard enchaîne des sprints du feu de dieu en braillant, tandis que l’entraîneur voit rouge. C’est la meilleure nouvelle de la semaine avec son 9 sur 10 en sciences.

L’éblouissement passe un peu quand il reprend son souffle, et les contrastes se reforment. Au loin, de grosses nuées orange surplombent la ville. C’est alors qu’il l’aperçoit. À cheval entre l’horizon et le dernier pâté de maisons, une créature gigantesque est là qui les observe. Un oiseau de feu, immobile, un phœnix de la plus belle espèce.

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« Il se sent comme un très jeune homme, déstabilisé par le retour de timidité qu’implique le désir. » (p. 89)

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Les jours filent, la joie le porte. La joie est joyeuse et génère de la joie. Elle est plus profonde que l'enthousiasme, elle est terrienne, il en est lourd, elle le muscle, elle le travaille au corps. Elle est heureuse et grave. Elle est certifiée, avérée, elle s'est installée dans sa vie et il s'est installé en elle. Quelque chose est arrivé, quelque chose est en train d'arriver. Ce n'est pas seulement qu'il vient d'améliorer son record de deux centimètres, non, c'est le fruit de la sensation qu'il éprouve désormais en continu: celle d'être à sa place. Tout est fluide et bienveillant. La vie lui témoigne de l'amitié.

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« Être aimé sans être compris, en voilà un cadeau empoisonné. »
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