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3.77/5 (sur 977 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Danzig-Langfuhr , le 16/10/1927
Mort(e) à : Lübeck , le 13/04/2015
Biographie :

Günter Wilhelm Grass est un écrivain et un artiste allemand.

Enfant, il assiste à la montée du national-socialisme en Pologne et son œuvre s'en trouve profondément marquée. A 17, il est enrôlé dans la Waffen SS et il est versé dans la 10e division de Panzer, "Frundsberg" dont il aime le nom parce que Jörg von Frundsberg était « quelqu'un qui défendait la liberté ». Après avoir été capturé par les américains en 1944, puis relâché en 1946, il mène une vie de bohème et travaille comme ouvrier agricole.

Il fait des études d'art à Düsseldorf et à Berlin, et finit par se consacrer principalement à la littérature. Il gagne sa vie grâce à ses sculptures et ses gravures. A Paris, il rencontre Celan, James Joyce ainsi que les tenants du nouveau roman, mais c'est surtout la littérature baroque qui l'influence.

Il débute comme poète et comme auteur dramatique. Il devient célèbre en 1959 grâce à son chef-d'œuvre "Le Tambour" qui obtient un succès planétaire. Ce roman compose avec "Le Chat et la Souris" (1961) et "Les Années de chien" (1963) sa "Trilogie de Dantzig".

De retour en Allemagne, il s'ouvre à la vie politique en prenant partie pour les sociaux-démocrates, soutenant Willy Brandt dans son désir d'ouverture à l'Est. En 1995, la publication de "Toute une histoire" provoque une polémique en Allemagne et la presse populaire s'insurge contre le romancier : le Bild-Zeitung titre « Grass n'aime pas son pays ».

Grass continue à publier d'autres romans à succès comme "Le Journal d'un escargot" (1972), "Le Turbot" (1977), "Une rencontre en Westphalie" (1979) ou "La Ratte" (1985), et obtient, en 1999, le prix Nobel de littérature « pour avoir dépeint le visage oublié de l'Histoire dans des fables d'une gaieté noire. »

En août 2006, il révèle son enrôlement en octobre 1944 dans les Waffen-SS après avoir prétendu auparavant avoir servi dans la Flak. Cette divulgation tardive est faite quelques jours avant le lancement de son dernier livre autobiographique, "Pelures d'oignon" (2006).

L'écrivain, père de quatre enfants, déclenche une vive polémique en 2012 en publiant dans la presse allemande un poème critiquant violemment Israël et accusant le pays de « menacer la paix mondiale ». L'État hébreu le déclare alors persona non grata.

En janvier 2014, Grass annonce qu'il n'écrira plus de romans, mais continue son activité de dessinateur, illustrateur et graphiste.
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Source : www.newyorker.com
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En 1979, une romancière a été nommée présidente du jury. Une première dans l'histoire du Festival de Cannes qui convie les littéraires à siéger dans ce comité exclusivement composé d'hommes et de femmes de cinéma. Françoise Sagan ouvre le bal des délibérations. Pourquoi inviter des romanciers à présider ? Une cérémonie particulièrement symbolique qui a sacré deux films arrivés ex aequo avec "Apocalypse Now" et "Le Tambour" adapté du roman de Günter Grass, grâce à Françoise Sagan. Laurent Delmas et Christine Masson nous révèlent quelques anecdotes peu reluisantes de cette 32ème édition du Festival, théâtre d'une polémique entre la romancière et l'institution du cinéma.  Georges Simenon, le père des "Maigret", Henry Miller, l'auteur américain le plus impertinents et insolents qui soit… Qui sont ces membres du jury qui ont marqué le Festival de Cannes ?  François Busnel et ses invités remontent le temps, quand les écrivains et grands noms de la littérature se sont retrouvés au Festival de Cannes. Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/

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Citations et extraits (221) Voir plus Ajouter une citation
Ô folle cavalerie ! - Aller à cheval cueillir la brimbelle ! Avec des lances à fanions rouges. Des escadrons de neurasthénie et de tradition. Des charges comme dans les livres d'images. À travers champs devant Lodz et Kutno. A Modlin, en guise de citadelle. Oh ! Quel chic pour galoper ! Toujours toujours dans l'attente du rouge crépuscule. C'est seulement quand le premier plan et l'arrière-plan sont splendides que la cavalerie attaque, car la bataille est pittoresque. La mort sert de modèle aux peintres, debout d'abord, jambe d'appui-jambe libre, puis tout s'effondre, va cueillir la brimbelle, les gratte-cul ; ils culbutent et s'étalent ; ça donne le chatouillis sans lequel ne saurait galoper une cavalerie. Des Uhlans, voici que ça les reprend, ils opèrent une conversion à côté des meules de paille - ça fait encore un tableau -, se reforment derrière un homme qui, en Espagne, s'appelle Don Quichotte ; pourtant c'est un Polonais pur sang, Pan Kiehot, d'une silhouette triste et noble, qui a fait le baisemain à tous ses uhlans à cheval, si bien qu'ils brûlent toujours d'envie de faire le baisemain à la mort, comme à une vieille dame, selon le bon genre ; mais auparavant il faut qu'ils se reforment, le soleil couchant dans le dos, car l'atmosphère leur tient lieu de réserves, les blindés allemands devant eux.Les étalons de l'élevage Krupp von Bolhen et Halbach, on n'a jamais rien chevauché de plus noble. Mais ce dernier chevalier métissé d'Espagnol et de Polonais, présomptueux à en mourir - bien doué Pan Kiehot, trop bien doué ! -, le voilà qui baisse sa lance à fanion, il vous lance sa blanche et rouge invitation au baisemain et crie au couchant, aux cigognes qui claquettent de leur becs blanc et rouge, aux cerises qui crachent leurs noyaux, il crie à la cavalerie : «Nobles Polonais à cheval, ce ne sont pas des blindés d'acier, ce sont seulement des moulins à vent ou des brebis, je vous invite au baisemain ! »
Adonc s'élancèrent escadrons dans le flanc feldgrau de l'acier et donnèrent au couchant matière à se teindre d'encore plus de pourpre.
On voudra bien pardonner à Oscar cette envolée finale et identiquement le côté inspiré de cette description de bataille en rase campagne.
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Au Labesweg, les ménagères catholiques étaient toujours en train de battre leurs tapis. Tandis que Matzerath ouvrait la porte du logement, je vis dans l'escalier Mme Kater, qui habitait au quatrième étage à côté du trompettiste Meyn. Elle maintenait sur son épaule droite, avec des bras violacés et puissants, un tapis brunâtre enroulé. Sous ses deux aisselles flamboyaient des poils blonds, noués et salés par la sueur. Le tapis se cassait en deux, vers l'avant et l'arrière. Elle aurait pu tout aussi bien porter sur l'épaule un homme saoul ; mais son mari était mort. Quand elle transporta sa graisse devant nous dans une robe de taffetas noir qui brillait, je fus assailli par son exhalaison : ammoniac, cornichon, carbure - elle devait avoir ses périodes.
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Le dos était rond, mobile. Des muscles y évoluaient infatigablement. Un paysage rose, semé de tâches de rousseur. Au-dessous des omoplates foisonnaient des poils roux, des deux côtés de la colonne vertébrale incrustée dans la graisse. En allant vers le bas, ils frisaient jusqu'au moment où ils disparaissaient à l'intérieur de ces caleçons que Herbert portait même en été. En allant vers le haut, depuis le bord des caleçons jusqu'aux muscles de la nuque, le dos était couvert de cicatrices gonflées, interrompant la pilosité, effaçant les tâches de rousseur, faisant des plis, siège de démangeaisons quand le temps changeait, riches en couleur, parcourant toutes les nuances entre le bleu foncé et le blanc verdâtre. Ces cicatrices, j'avais le droit de les toucher.
Qu'ai-je eu le droit, moi qui suis dans mon lit, regarde par la fenêtre, depuis des mois contemple sans cependant les voir le moins du monde les bâtiments de service de la maison de santé et, derrière, la forêt d'Oberrath, qu'ai-je eu le droit de toucher jusqu'à ce jour qui fût aussi dur, aussi sensible et aussi troublant que les cicatrices sur le dos de Herbet Truczinski ? Les parties de certaines filles et femmes, mon propre membre, le petit arrosoir en plâtre de l'Enfant Jésus et cet annulaire que le chien m'apporta du champ de seigle il y a tout juste trois ans, qu'il m'était permis de garder l'année dernière encore, dans un bocal à conserves certes, et intouchable, mais si net et si complet que je peux aujourd'hui encore sentir et compter chaque phalange de ce doigt pour peu que je saisisse mes baguettes.
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Comment se faisait-il que Maria, dès qu'elle eut enlevé ses vêtements de dessus, dès que l'odeur d'essence se fut dissipée, eût une odeur agréable et naïvement étourdissante de vanille ? Se frottait-elle de cette plante ? Y avait-il un parfum bon marché qui allât dans cette direction olfactive ? Ou bien cette fragrance lui était-elle propre de la même manière que Mme Kater exhalait l’ammoniac, que ma grand-mère Koljaiczek donnait à sentir sous ses jupes un beurre légèrement rance ? Oscar, qui ne pouvait faire autrement que de chercher l'origine de toute chose, chercha aussi celle de la vanille : Maria ne s'en frottait pas. C'était l'odeur de Maria. Je suis même convaincu aujourd'hui encore qu'elle n'était même pas consciente de cette odeur qui faisait corps avec elle ; car lorsque le dimanche, après le rôti de veau purée de pommes de terre et chou-fleur au beurre noir, un pudding à la vanille tremblotait sur la table parce que je tapais avec ma bottine contre le pied de la table, Maria, qui ne rêvait que de gelée de fruits rouges, n'en prenait qu'une petite quantité et à contrecœur, tandis qu'Oscar est encore aujourd'hui amoureux du plus simple et du plus banal peut-être des puddings.
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Disons-le tout de suite : j'étais de ces nourrissons à l'oreille fine dont le développement intellectuel et psychologique est déjà achevé à la naissance et n'a plus besoin ensuite que de confirmation. Autant, à l'état de fœtus, je m'étais soustrait à toutes les influences pour n'écouter que moi et n'estimer que moi en me reflétant dans le liquide amniotique, autant je prêtai une oreille critique aux premières déclarations spontanées que mes parents firent sous les ampoules. Cette oreille était parfaitement éveillée. Bien qu'on dût la dire petite, pliée, collée et en tout cas mignonne, elle conservait chacun des mots d'ordre désormais si importants pour moi parce qu'ils me furent offerts comme premières impressions. Mieux encore : ce que je captai avec l'oreille, je le traitai sur-le-champ dans mon minuscule cerveau et je décidai, après avoir suffisamment médité tout ce que j'avais entendu, de faire ceci ou cela, mais de m'abstenir assurément d'une chose.
"Un garçon, dit ce monsieur Matzerath qui présumait être mon père. Plus tard, il reprendra la boutique. Maintenant, nous savons enfin pourquoi nous nous tuons au travail."
Maman pensait moins à la boutique et davantage au trousseau de son fils : "Ah, j'savais bien que ce s'rait un garçon, même si j'ai dit quelque fois que ce s'rait une petite".
C'est ainsi que je fis prématurément connaissance avec la logique féminine et j'entendis ensuite : "Quand le petit Oscar aura trois ans, on lui donnera un tambour en fer-blanc".
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A la mi-octobre, Oscar fut libéré des hôpitaux municipaux. L'adieu aux infirmières me fendit le cœur. Et quand une infirmière - je crois qu'elle s'appelait sœur Berni ou Herni -, lorsque sœur Herni ou Berni me remit mes deux tambours, le défoncé qui m'avait rendu coupable, et l'intact, que j'avais conquis pendant la défense de la poste polonaise, je m'aperçus crûment que pendant des semaines je n'avais plus pensé à mon instrument, et qu'en dehors des tambours de fer battu il existait encore au monde quelque chose : les infirmières !
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Rien n'est plus éloigné de mes intentions que de voir en moi un résistant : c'est peu de choses que six ou sept manifestations démolies, trois ou quatre rassemblements ou défilés à qui le tambour a fait perdre le pas cadencé. Le mot de résistant est devenu très à la mode. On parle d'esprit de la résistance, de milieu résistant. Il paraît même que la résistance peut se prendre par voie interne ! On appelle ça émigration intérieure. Sans parler de ces hommes d'honneur aux fermes convictions qui, pendant la guerre, pour avoir négligemment obscurci les fenêtres de leur chambre à coucher, se virent coller une amende et s'appellent maintenant résistants, hommes de la résistance.
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Puis une série de dalles vulgaires, grès rouge du Main, récupérées sur des façades de banques ou de grands magasins démolis par les bombes, qui célébrait ici sa résurrection ; si l’on peut dire une chose pareille à propos de pierres tombales.
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J'avais la rage au ventre, et la rage faisait des petits.
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Parmi les bandits, assassins et incendiaires, les pires, tout en pillant, tuant et incendiant, guettent l'occasion de prendre un métier plus sérieux. Plus d'un cherche, rencontre sa chance : Koljaiczek, devenu Wranka, fut un bon époux, si parfaitement guéri de son vice ardent que le seule vue d'une allumette le faisait trembler. D'innocentes boîtes d'allumettes, abandonnées en liberté et se prélassant sur la table de la cuisine, n'étaient pas à l'abri de ses violences ; et pourtant il aurait pu inventer les allumettes. Or il jetait la tentation par la fenêtre. Ma grand-mère parvenait difficilement à tenir le repas prêt à l'heure. Souvent la famille était dans le noir, faute d'allumer la lampe à pétrole.
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