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Note moyenne 3.99 /5 (sur 46 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Plessis-Robinson , 1951
Biographie :

Jacques Sémelin est un historien et politologue français. Il est professeur des universités à l’Institut d'études politiques de Paris et directeur de recherche au CNRS rattaché au Centre d'études et de recherches internationales.

Ses travaux s'attachent à la compréhension des génocides et des massacres au XXe siècle dans une approche pluridisciplinaire mêlant l'histoire, la psychologie sociale et la science politique. Dans ce registre, il a terminé en 2005 la rédaction de son maître ouvrage intitulé "Purifier et détruire".

Sémelin est également membre du comité de rédaction de Vingtième Siècle. Revue d'histoire. Il dirige aussi le projet électronique d'une Encyclopédie électronique des violences de masse (Online Encyclopedia of Mass Violence), lancée le 3 avril 2008 sous l'égide du Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po.

Dans les années 1970, il s'est fortement engagé dans le mouvement en faveur de la non-violence (engagement qu'il évoque en détail dans son livre J'arrive où je suis étranger), et la place importante de la question de la non-violence dans ses recherches témoigne de ce passé de militant.

Il est aujourd'hui membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI.
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Source : Wikipédia
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J. Semelin : La résistance civile dans le monde arabe (2e partie) Jacques Semelin, auteur de "Face au totalitarisme, la résistance civile", nous parle de la résistance civile dans le monde arabe, et de notre difficulté à sortir de nos schémas. Qu'est-ce que "résister" ? Comment des individus "ordinaires" parviennent-ils à lutter sans armes dans des situations d'extrême violence ? Dans son ouvrage, Jacques Semelin présente ses quelque quinze années de recherche sur les ressources de la résistance civile au sein des systèmes totalitaires du XXe siècle. Une réflexion unique et toujours actuelle pour comprendre comment des hommes et des femmes peuvent se dresser contre une dictature. Plus d'informations sur le site de l'éditeur : www.andreversailleediteur.com
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
Hebephrenie   28 juin 2010
J'arrive où je suis étranger de Jacques Semelin
Maintenant que j'avais pris conscience que les couleurs, elles aussi, avaient fini par s'envoler à jamais, je fus surpris de ne pas en être anéanti. J'aurais dû exploser, me révolter, crier ma rage d'être privé de cette dimension de la beauté. Vous qui pouvez contempler la magnificence d'une fleur, d'un tableau de maître, d'un coucher de soleil, soyez sûr de votre bonheur. moi, je m'étais enfoncé encore un peu plus dans les marais de la grisaille. Je ne me faisait plus d'illusions depuis longtemps : je savais que j'étais en train d'y disparaître complètement. Mais j'espérais ne pas y laisser ma peau, ayant préparé, tant bien que mal, les conditions de ma métamorphose.
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art-bsurde   03 septembre 2014
Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe, 1939-1943 de Jacques Semelin
Phénomène bien connu des historiens que cette reconstitution du fait historique. Par-delà les faits, il y a l'idée qu'on s'en fait, la manière dont on les "parle" ou les écrit. Toutes sortes de facteurs contribuent à les distordre. Les premiers, et non les moindres, sont politiques. La façon d'écrire l'Histoire est un enjeu de première importance. A travers la manière de rendre compte de leur conduite passée, les pouvoirs justifient dans le présent l'autorité qu'ils entendent conserver ou conquérir.
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art-bsurde   06 novembre 2014
Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe, 1939-1943 de Jacques Semelin
Le génocide n'est pas un accident de l'histoire. Il est le syndrome le plus grave de la pire maladie de l'homme : sa violence. Comme la guerre, le génocide est la manifestation spectaculaire de la faculté de l'homme à s'autodétruire. A cet égard, il est comparable à une forme de cancer qui ronge le corps social. En dépit de l'abondante littérature consacrée au sujet, rares sont les tentatives qui ont appréhendé le génocide comme une maladie de l'humanité. Or, c'est en commençant par avoir une bonne connaissance du génocide, en tant que phénomène pathologique, qui peut saisir n'importe quelle société humaine, que l'on pourra peut-être avoir quelques idées de thérapeutiques.

Le drame de l'homme est qu'il ne semble pouvoir se constituer une identité sociale qu'en niant celle d'un autre, à des degrés divers. Ainsi, la constitution d'un groupe humain conduit généralement à une hiérarchie sociale au sein de ce groupe, celui-ci prenant corps parallèlement par la désignation d'un ennemi commun. La guerre est traditionnellement le moyen d'affirmer l'identité du groupe belligérant contre cet Autre, dangereux, ennemi désigné.

D'une façon générale, l'observation historique montre au moins trois formes de cette affirmation de soi – d'un Soi collectif – par négation de l'Autre. Elles peuvent être interprétées comme des réductions de l'Autre à soi :

- l'assimilation : le groupe dominant oblige le groupe dominé à adhérer à ses propres valeurs, c'est-à-dire à épouser sa propre culture, sa religion, moyennant quoi les membres du groupe dominé peuvent conserver certains droits limités. C'est une sorte « d'absorption » de l'Autre par le Soi.

- l'asservissement : le groupe dominé est placé dans une position de totale servilité à l'égard du groupe dominant. Il contribue à son enrichissement et ses membres ne possèdent aucun droits. C'est la figure de « l'instrumentalisation » de l'Autre.

- l'extermination : c'est évidemment la forme la plus extrême de la « réduction » de l'Autre, celle de son éradication.

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art-bsurde   03 septembre 2014
Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe, 1939-1943 de Jacques Semelin
La barbarie des hommes a accompagné bien des guerres. Mais après celle-ci, on éprouva le besoin de créer, pour dénommer ce qui venait de se passer, un nouveau mot, aussi nouveau que le phénomène qu'il désigne : ce fut celui de génocide. Certains s'irritent de la volonté de réserver une place à part à l’extermination des juifs européens. Il est vrai que bien d'autres personnes disparurent dans les camps nazis : des tziganes, des homosexuels, des slaves et, en fin de compte, des homme de toutes sortes de nationalités. Mais il reste que le base de ce processus exterminatoire, ce qui lui a donné sa dynamique, c'est l'antisémitisme nazi. La caractéristique fondamentale du régime nazi, son trait sui generis, réside dans cette planification industrielle de l'élimination de catégories particulières de populations civiles, principalement juives. A cet égard, le génocide doit occuper une place centrale dans l'interprétation de la politique nazie envers les nations tombées sous son influence.
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art-bsurde   04 septembre 2014
Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe, 1939-1943 de Jacques Semelin
Lutter sans armes ne va pas de soi. Sans armes, on s'imagine sans défense. Aucun individu n'est spontanément prêt à prendre des risques. Or, susciter la terreur et l'isolement des individus est l'arme favorite des tyrannies. Paralysé par la peur des sanctions les plus graves, l'individu se soumet. Aussi la paix des tyrannies est-elle la paix de la peur, la paix de la mort. Dans de telles conditions, lutter sans armes exige d'abord de dépasser sa peur. Pour prétendre vaincre l'ennemi en quelque point, ou du moins rivaliser avec lui, il convient au préalable de vaincre sa peur. La peur la plus profonde que l'homme puisse ressentir : celle de perdre la vie. Affronter la violence totalitaire, les mains nues, commence par cette maîtrise de la peur qui n'est autre que l'angoisse de sa propre mort. C'est là l'une des choses les plus difficiles que l'on puisse demander à un être humain et qui fait que le combat sans armes n'est pas si commun.

Face à la violence qui le menace, l'homme estime que la seule réponse qui vaille est celle de la contre-violence. Une arme à la main, à tort ou à raison, il se sent rassuré. La possibilité qu'il a de lui-même donner la mort lui semble une manière de se protéger d'elle. Mais lorsque l'individu ne possède pas d'arme, sur quoi peut-il s'appuyer pour affronter la situation? Il ne dispose de rien, sinon de son intelligence et de sa détermination. La ruse peut être le moyen de surmonter le danger. Mais elle ne suffit jamais à juguler l'angoisse de la mort qui menace. A la place de la force des armes qu'il n'a pas, un homme isolé, qui entend se confronter à la violence, sans fuir ni se soumettre, n'a d'autre solution que de faire preuve d'une force morale assez exceptionnelle. Croire à un idéal moral, être habité par une foi religieuse, sont deux des principales voies par lesquelles l'homme peut parvenir à dépasser sa peur. Il faut qu'il soit convaincu que certaines valeurs sont plus importantes que la vie "physique" de sa propre vie. Il faut qu'il se persuade que la force de l'esprit est plus forte que la force de la brute. Aussi a-t-il la possibilité de défier la mort à travers la transcendance de la vie. Il y a là quelque chose qui parait de l'ordre du sacrifice et qui fait que celui qui se montre "doué de non-violence" est souvent qualifié de martyr ou de saint. Que ce jugement soit fondé ou non, il est clair qu'un tel engagement n'est pas donné à tout le monde.
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art-bsurde   09 septembre 2014
Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe, 1939-1943 de Jacques Semelin
Le mouvement le plus remarquable de solidarité de toute l'histoire du génocide fut sans conteste le sauvetage des juifs du Danemark. La célébrité de ce cas tient à sa réussite quasi totale (plus de 95% de la population fut sauvée) et en ce qu'il prit l'allure d'une épopée (évacuation des juifs par bateau vers la Suède).

"L'histoire des juifs danois est très particulière et le comportement du peuple et du gouvernement danois envers les juifs est unique, écrit Hannah Arendt. Qu'il fut occupé, partenaire de l'Axe, neutre ou vraiment indépendant, aucun pays d'Europe ne réagit de cette manière. On est tenté de recommander cette histoire à tout étudiant en sciences politiques qui désirerait mesure la force de l'action non violente et de la résistance passive quand l'adversaire dispose de moyens violents et beaucoup plus puissants."
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art-bsurde   02 octobre 2015
Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides de Jacques Semelin
En fin de compte, l'incapacité de l'État souverain moderne à tolérer d'importantes minorités à l'intérieur de ses frontières conduit soit à des programmes d'assimilation forcée, soit à des opérations de « nettoyage ethnique ». Tout dépend des circonstances politiques et du contexte historique. Mais cette ardeur à rendre homogène traverse toute l'histoire du XXe siècle. Comment alors ne pas inscrire le développement de cet État, aux ambitions totalisantes, dans une histoire plus longue, telle que Michel Foucault l'a mise au jour? En particulier, je pense ici à ses analyses sur la naissance d'un « bio-pouvoir » incarné dans cet État qui surveille, contrôle, intervient dans la vie des familles,identifie et met à l'écart les populations dangereuses, etc. Or le XXe siècle donne précisément à voir bien davantage que la mise en place de ce contrôle social des corps. L'État ne s'y contente plus de « surveiller et punir ».

Avec la multiplication des pratiques de « nettoyage ethnique », il franchit une nouvelle étape au XXe siècle : celle de purifier et chasser les population jugées indésirables ou dangereuses. Car l'État s'autorise désormais à découper le corps social : il en rabote les aspérités, en enlève les éléments contagieux et impurs, à moins qu'il ne les écrase sans plus de scrupules ; bref, il modèle le corps social à sa façon, à son idée. Il peut d'autant plus faire ce travail de jardinier, ou plutôt de chirurgien, du politique qu'il dispose désormais de nouveaux instruments d'identification et de dénombrement (comme la statistique pour connaître la masse et agir sur elle à sa guise). Jamais auparavant les pouvoirs n'ont pu en effet disposer de ces outils puissants permettant de gérer les masses (administration), de leur parler (radio), de les déplacer (trains). En vue de ce grand refaçonnage politique, on voit donc apparaître une nouvelle forme d'ingénierie sociale, qui ne consiste plus seulement à soumettre un peuple rebelle (comme on l'a vu précédemment), mais bien à le découper, à en détacher les éléments indésirables, à les déposer, quitte à les laisser mourir en chemin.
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art-bsurde   11 août 2015
Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides de Jacques Semelin
L'approche « structuraliste » consiste à s'interroger d'abord sur la nature même des principes juridiques qui régissent le système international. Celui-ci n'est-il pas conçu de telle manière qu'il laisse faire le massacre et même qu'il rende licite le massacre d’État ? Selon le principe de l’État souverain territorial, qui se développe à partir du traité de Westphalie de 1648, l’État peut faire ce que bon lui semble à l'intérieur de ses frontières. Pour le sociologue américain Leo Kuper, pionnier des études comparées sur le génocide, « il n'y a pas de doute : l’État souverain territorial revendique, comme une partie intégrante de sa souveraineté, le droit de commettre des génocides ou d'entreprendre des massacres génocidaires contre des populations sous sa domination, et les Nations unies, pour toutes sortes de raisons pratiques, défendent ce droit ». Bien entendu, précise-t-il, « aucun État ne revendique explicitement un tel droit – cela ne serait pas acceptable moralement, même dans les cercles internationaux -, mais ce droit s'exerce sous d'autres prétextes, principalement à travers le devoir de maintenir la loi et l'ordre ou la prétendue mission sacrée de défendre le territoire de l’État ». Et de citer comme exemples les massacres des Indiens Aché au Paraguay, ceux perpétrés par Amin Dada en Ouganda ou par Pol-Pot au Cambodge.

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art-bsurde   31 août 2015
Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides de Jacques Semelin
Or la guerre aussi a une histoire. Dans quelle mesure cette histoire pèse-t-elle sur ce qui se joue alors à Berlin, Belgrade ou Kigali ? Bien souvent, l'histoire de la guerre a été racontée comme une épopée, à l'instar du grec Homère, ou pensée du point de vue de la stratégie, comme, en des temps tout aussi anciens, par le chinois Sun Tse. De manière plus provocante, on pourrait parler de l'histoire d'amour que les hommes entretiennent avec la guerre. Qu'on le déplore ou non, les hommes, du moins certains d'entre eux, aiment faire la guerre. Il ne sert à rien de nier ce penchant de l'être humain à chercher dans la guerre tout autant la gloire que la mort. «Il faut garder à l'esprit, écrit l'historien militaire israélien Martin Van Creveld, que le combat a souvent été considéré non pas comme un simple spectacle, mais comme le plus grand de tous.»
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ErnestLONDON   11 août 2019
Face au totalitarisme. La résistance civile de Jacques Semelin
Les bouleversements de 1989 ne sont pas des « révolutions » au sens habituel du mot, mais une implosion du système.
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