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3.53/5 (sur 274 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 2/01/1960
Biographie :

Jean-Christophe Duchon-Doris, né le 2 janvier 1960, est un écrivain français. Ancien élève de l'ENA, il est vice-président du Tribunal administratif de Toulon et réside à Marseille avec son épouse et ses trois enfants.

Outre des activités juridiques (publications juridiques, enseignements) il est écrivain.

Il a reçu le Prix Goncourt de la nouvelle en 1994 pour les Lettres du baron. Son roman le plus connu, Les nuits blanches du chat botté, mêle habilement intrigue policière au début du XVIIIe siècle et contes de Perrault.

Son dernier roman "Le cuisinier de Talleyrand" sous-titré "Meurtre au congrès de Vienne" propose, au prétexte d'une enquête policière, une plongée dans les charmes de la Vienne de 1814 ainsi que dans l'univers tout de sensualité de la grande cuisine française mêlé à la subtilité des tractations politiques du congrès.
Jean-Christophe Duchon-Doris est un des écrivains les plus réputés de la sphère méditerranéenne française. Auteur entre autres petits bijoux de "L'ordure et le soleil" et des Nuits blanches du chat botté", il s'y entend à merveille pour faire sonner les mots avec un humour décalé légèrement cynique.
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Source : Wikipédia
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
"On parle plus facilement à un curé que l'on ne connaît pas."
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Les filles Pothier, de l'avis unanime, cela avait été de sacrées gamines, des petites vives comme la flamme, avec des yeux d'un bleu sauvage, des cheveux toujours pleins de guêpes, habiles à s'élever toutes seules et à repousser les conseils du père en se moquant de lui et en le couvrant de baisers.
Et femmes, elles étaient devenues de superbes femelles, avec des ruades de pouliche, des hanches solides et balancées , des rires de torrent et une soif d'embrasser la vie qui avait fait peur à plus d'un. Et lui, effrayé et fier tout de même, il n'avait pu que se laisser emporter par leur force et par leur sève. Au matin, gonflées de robes et de jupons, elles se sauvaient en l'embrassant et disparaissaient au-delà de la barrière, frémissantes sous le vent du large comme de somptueux vaisseaux à l'entrée de la haute mer. Le soir, elles s'en retournaient, du luisant dans les yeux, des odeurs dans les voilures.
- A ce jeu là, chuchotait l'abbé Jorisse d'un air réprobateur, à rechercher sans cesse les frissons des grandes tempêtes, on ne peut, comme cette pauvre Amélie, que finir par s'échouer.
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Delphine soupira. Dehors, quelques vapeurs bleues et fines montaient parmi les arbres légers. Dans le grand parc, perdues au milieu de pelouses gorgées d'eau, des statues grelottaient dans le dénuement des quinconces.
Peut être suis je comme elles, se dit-elle, immobile dans le savoir, endormie entre le froid des pierres et le bruit engourdi des fontaines. Elle avait grandi auprès de sa mère, bercé par le silence et le recueillement, dans le souvenir imprécis et lumineux d'un père rêveur.
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Jean-Christophe Duchon-Doris
- C'est un loup, dit Isaac Scarole, le chirurgien.
C'était un homme trapu, de petite taille, le visage sombre, la peau molle et les bajoues flottantes. Il s'habillait toujours de noir, cachait sa calvitie naissante sous une petite calotte d'ecclésiastique qui, ajoutée à ses lunettes rondes, lui donnait des allures d'insecte. Il avait dû ôter ses bottes et remonter le bas de ses chausses pour atteindre le cadavre. Et là, ses mollets décharnés émergeant de l'eau verte, il avait l'air un peu ridicule.
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Quand les yeux de Naïsse se posèrent sur elle et cherchèrent les siens, elle ne se déroba pas. Elle s'accrocha même à ce regard qui lui tendait la main. Elle ne s'offusqua pas du sourire, du mouvement soudain plus saccadé des reins auquel on tentait de l'associer, de ces jambes qui par défi cherchaient à se croiser plus haut encore. Le soldat maintenant, la tête en arrière, le visage crispé, poussait de tous ses muscles. Il grognait en se déchaînant. Il se laissait emporter par un terrible va-et-vient, d'une énergie aussi désespérée que s'il luttait dans le secret du ventre de la femme contre une bête mystérieuse, dévoreuse et cannibale qui tentait de l'engloutir et qu'il ne pouvait terrasser qu'en cherchant à l'écraser au pilon de son sexe. Cela semblait devoir durer un temps interminable.
Quand l'homme enfin, au cri final, s'écroula, que son corps moite épuisé recouvrit tout entier celui de sa partenaire, il fallut toute la persuasion de la Naïsse, du geste et du regard, pour que Delphine sortit de sa torpeur et consentît à rejoindre sa cachette.
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C'était en haut un spectacle magnifique de filles presque nues, splendides sous le ruissellement du soleil, tapant, frottant, tordant à pleins bras des chemises et des torchons, avec des chairs rougies par l'effort, des robes remontées jusqu'au milieu des cuisses, des corsages débordant de mamelles une chorégraphie d'écume et de vie, d'éclaboussures et de rires. Et tout cela dans un vacarme assourdissant de palabres et de frottements de brosses, de cris de peine et de plaisir, de battoirs s'abattant lourdement sur les planches.
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Guillaume écarta les rideaux et regarda la lumière de l'aube peu à peu prendre possession des grandes allées et des rangées de buis. Il avait froid et se sentait fatigué. Dans moins d'une heure, il lui faudrait encore reprendre la route vers la capitale. Ces séjours à Paris et à Versailles l'épuisaient et il s'en revenait à chaque fois un peu plus aigri et dégoûté de l'époque. Dans quelque direction qu'il se tournât, il ne trouvait matière qu'à découragement. Le règne de Louis le Quatorzième n'en finissait pas. Le royaume de France sentait l'automne, la nature en décomposition, les feuilles mortes. Il n'était plus qu'une vaste machine à lever l'impôt et faire la guerre, une immense machinerie dont les rouages cliquetaient dans le vide. Etait-ce d'avoir respiré l'air des grands espaces américains ? D'avoir connu le Nouveau Monde ? Guillaume se sentait désormais à l'étroit dans cette France vieillissante et malade. La plaie ouverte par la révocation de l'édit de Nantes n'en finissait pas de saigner. La guerre de Succession d'Espagne dans laquelle le roi avait entraîné le royaume dressait contre le pays la coalition redoutable de l'Empire, de l'Angleterre et des Provinces Unies. La milice était rétablie. La disette revenait dans les campagnes. L'on ne parlait plus à Versailles que de la révolte des camisards. Oui, pensa-t-il, la France se meurt lentement, comme son roi, fatigué de tant de batailles.'
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L'animal avait depuis toujours excité l'imagination de ceux qui voulaient explorer la face noire du monde. Les sorcières enfilaient des jarretières en peau de loup et chevauchaient des mâles pour se rendre au sabbat. La moelle du pied gauche de la bête était, disait-on, un philtre d'amour ; la verge servait à nouer l'aiguillette. Et le Grand et le Petit Albert n'enseignaient ils pas que la chair, le coeur, le foie et même les excréments du loup étaient d'efficaces médecines contre l'épilepsie, l'hydropisie et les fausses couches ?
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"La lune avait pris son pas, harmonisant sa fuite avec la sienne, s'arrêtant quand il s'arrêtait, accélérant quand il accélérait. Et lorsque, voulant couper par une ruelle qui montait de la rue Basse, son pied se déroba et qu'il glissa sur le dos, il la vit qui trébuchait aussi et allait s'empaler sur la pointe accérée du clocher du couvent des dominicains. "
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La lune avait pris son pas, harmonisant sa fuite avec la sienne, s'arrêtant quand il s'arrêtait, accélérant quand il accélérait. Et lorsque, voulant couper par une ruelle qui montait de la rue Basse, son pied se déroba et qu'il glissa sur le dos, il la vit qui trébuchait aussi et allait s'empaler sur la pointe accérée du clocher du couvent des dominicains.
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