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3.73/5 (sur 181 notes)

Nationalité : Maroc
Né(e) à : Marrakech , 1959
Biographie :

Mahi Binebine (ماهي بنيبين) est né en 1959 à Marrakech. Il s'installe à Paris en 1980 pour y poursuivre ses études de mathématiques qu'il enseigne pendant huit ans.

Puis il se consacre à l'écriture et à la peinture. Il écrit plusieurs romans traduits en une dizaine de langues.

Il habite à New York de 1994 à 1999. Ses peintures font partie de la collection permanente du musée Solomon R. Guggenheim de New York.

En 2002, Mahi Binebine s'établi à Marrakech où il collabore avec le peintre Miguel Garanda.


Source : Wikipédia
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Bibliographie de Mahi Binebine   (13)Voir plus

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Video et interviews (2) Voir plusAjouter une vidéo

Mahi Binebine : Cannibales
Depuis un café de la banlieue de Fes au Maroc, Olivier BARROT présente "Cannibales" de Mahi Binebine, la destinée funeste de candidats à l'exil vers l'Europe.

Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
Pour Ne Pas Oublier
       
J'ai appris que la guerre contient tous les éléments d'une spirale qui se nourrit d'elle-même. Voilà pourquoi la violence est si insatiable et la paix si éphémère. ...
Laborieuse, minutieuse, attentive, quotidienne, vigilante. ... Je persiste à croire que la paix ne s'obtient que si l'on est persuadé qu'elle n'est pas dans notre naturel, mais dans notre désir, un désir construit.
...
Il faut que les pays s'évertuent à promouvoir de nouvelles ententes, de nouvelles discussions, une nouvelle hiérarchie de valeurs, qu'ils exigent en permanence et activement des éclaircissements.
       
– Lídia Jorge
(Traduit du portuguais par Geneviève Leibrich)
       
*
       
L'Immortel
       
Je me nomme la Paix. Je suis immortel puisque je suis sans mémoire. J'ai traversé toute l'histoire, seul, fuyant d'une contrée vers une autre. Cependant, je ne me souviens de rien de ma longue vie. ...
Ne craignez rien ! Mes attributs sont humains : j'ai une date de naissance, mais hélas oubliée, je porte un nom propre, j'aime la vie... j'habite sur la terre depuis la nuit des temps. C'est moi l'inventeur de la flûte de roseau, j'ai appris aux premiers hommes l'art de la semence. C'est moi le créateur de l'amitié entre le cheval, le chameau et l'homme. C'est moi qui ai martelé les premiers métaux bien avant Vulcain, créant ainsi la charrue et le pendentif. J'ai sculpté la pierre et fait cuire la brique, j'ai dessiné la première lettre sur l'argile, je suis toujours vivant et je ne mourrai pas.
Je suis de la dynastie des immortels comme les arbres, les nuages et les cieux. Je suis un immortel sans mémoire, car la mémoire est donnée aux hommes éphémères. Je suis parmi vous, je vous suis antérieur, et ceux que je rencontre me racontent mes périples. La mémoire de la veille n'est pas effacée encore, et le jardinier qui m'accompagne m'en rapporte les détails. ... Et je ne veux plus quitter ce jardin. Les bûchers se préparent de toute part. Savez-vous que le feu annonce la fin de mon immortalité ? Moi qui ai traversé le temps en fuyant les brasiers.
Je ne suis pas lâche, mais comme les hommes j'aime la vie. Je veux me reposer en aimant la fleur, dans un grand jardin comme la terre.
       
– Jabbar Yassin Hussin
       
Extraits, pp. 46-9 / 40-5
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« Des artistes, disais-tu, les gens ne retiennent que les paillettes, la bonne humeur, la poésie, l’ivresse. Ils ne voient rien des coulisses hantées par le doute, la solitude, l’angoisse, la pitance incertaine, les chutes inévitables quand les muses traînent la patte… » Et tu ajoutais, péremptoire : « Les saltimbanques ne meurent jamais parce que nous avons tous besoin de rêves… »
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Mais s'il concevait le moindre soupçon de vol, le coupable était perdu. On l'entraînait la nuit vers l'esplanade des puisards et, tandis que deux gaillards le maîtrisaient, un troisième lui ôtait son pantalon en un tournemain. C'était toujours Omar qui, dégainant son sexe raide, enfourchait en, premier le malheureux. Venait ensuite le tour du reste de la bande chauffée à blanc, rugissant face au gamin qui avalait la poussière, nu, à demi conscient. Puis, on ébruitait l'affaire pour que la victime disparaisse à jamais de la Grand-Place.
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Le temps passe plus vite lorsqu'on a des repères.Les repères de Dada étaient ses lunes. La nuit l'esclave rêvait les yeux grands ouverts.
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En enfilant le gilet bardé d'explosifs j'étais déjà poussière. Cela me procurait une sensation étrange. Je faisais corps avec la terre, le ciel et les étoiles qui mitraillaient la nuit noire. Les paroles du chaikh scintillaient dans mon esprit et je me sentais invincible. Non, on ne peut rien contre un homme qui veut mourir. Et moi je le voulais ardemment. Nabil, Azzi, Khalil, Fouad, Hamid voulaient aussi mourir. En vivant à Sidi Moumen, cernés de macchabées, d'éclopes et de rampants, nous étions en réalité, presque morts. Alors un peu plus ou un peu moins, quelle importance!
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"- Dites-moi, maître, comment un homme de votre stature dont la culture islamique est connue de tous peut-il boire du vin? Au jour du jugement dernier, ce chapelet que vous égrenez témoignera devant Dieu que vous avez bu du vin!
Le poète éleva son chapelet sans quitter des yeux l'importun et plongea lentement les perles dans le verre. Nous le regardâmes, interloqués.
- Lui témoignera que j'ai bu du vin, et moi je témoignerai qu'il a nagé dedans!"
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Ghizlaine était de plus en plus belle. Je regardais ses seins que ses larges tuniques ne parvenaient plus à dissimuler. Deux poires, presque mûres, surmontées de raisins secs qui piquaient la toile brodée, et qui paraissaient frustrées de ne pouvoir s'épanouir au grand jour. Je les devinais malheureuses, ces poires, et rêvais de les consoler de mille caresses, de mordre dans leur chair fondante, d'y enfouir mon nez et ma raison et de m'y oublier.
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Du fin fond de ma solitude, quand les souvenirs de mon naufrage m'assaillent et me tourmentent,quand le poids de mes fautes devient trop lourd à porter et que mon esprit, déjà vieux et fatigué, se met à tournoyer tel un manège infernal,quand les pleurs de Yemma tombent sur moi comme une averse de feu et que la douleur de Ghizlane dilue dans mon âme son funeste poison, je m'en vais rôder dans le ciel de mon enfance.
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Ainsi est faite la mémoire des hommes : des tiroirs qui s’ouvrent et qui se referment par un mot, un parfum, une couleur, un frisson.
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En fait, les gens sont assez partagés à mon sujet. Les vieux, par exemple, pensent que ma folie - assez douce, à dire vrai - est due exclusivement au printemps. Ou plutôt aux petites graines du printemps que tout un chacun respire dans nos parages. Ces graines là, affirment-ils, ont dû s'incruster à tout jamais dans ma tête. Pire : elles ont sans doute germé dans mon esprit et envahi peu à peu jusqu'aux derniers recoins de mon être. Je suis donc devenu à leurs yeux une sorte de compromis entre humain et plante. Dans un sens, ils n'ont pas tort, vu que ma vie à Kétama se réduit à sa plus simple expression : je végéte de l'aube au couchant entre le café Atlas et mon lit.
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