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Note moyenne 3.53 /5 (sur 62 notes)

Nationalité : Mexique
Né(e) à : Tampico, Tamaulipas , 1970
Biographie :

Martin Solares est un écrivain.

Parallèlement à son travail de recherche et d'écriture, il travaille depuis 1989 comme critique, professeur et éditeur de littérature.

En 1992, il a reçu la mention honorifique du Prix national Periodismo Cultural Fernando Benítez.

En 1998, il a obtenu le Prix national Efrain Huerta pour la fiction. Il est publié dans de nombreuses revues.

De 2000 à 2007, il a vécu à Paris ou il a effectué un doctorat en littérature à la Sorbonne.

Animateur d’ateliers littéraires, tel celui de Paris fondé en 2002 à l’Instituto de México, il est l’auteur d’une anthologie de nouvelles et de chroniques sur l’impunité des crimes politiques au Mexique : "Nuevas líneas de investigación : 21 relatos contra la impunidad" (2003).

"Les minutes noires" (Los minutos negros, 2006), son premier roman, a connu un succès immédiat.
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Source : 10/18
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Elmer Mendoza y Martín Solares .
Librairie El Salón del libro 21 rue des Fossés Saint-Jacques Paris 5e www.salondellibro.fr

Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B   02 septembre 2018
Comment dessiner un roman de Martin Solares
Tout artiste véritable est un aveugle qui ignore où il va mais arrive toujours à destination.



VOYAGE AUTOUR D'UN RÉCIT.
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Nastasia-B   26 octobre 2018
Comment dessiner un roman de Martin Solares
À l'intérieur de l'œuvre, si tant est que celle-ci soit cohérente, se trouve l'auteur, ses idées sur l'art du récit, donc pourquoi les répéter en alourdissant le déroulement de l'intrigue ? « Il faut craindre les romans qui s'efforcent de nous transmettre un message, […] toute œuvre qui a un point de vue nous le communique, puisque toute œuvre est le total de la vie d'un être humain. »



VOYAGE AUTOUR D'UN RÉCIT.
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Pecosa   31 janvier 2020
Quatorze crocs de Martin Solares
Depuis quelques temps, des êtres surnaturels de toute sorte venaient vivre ici, en provenance de toute l'Europe. Ils n'étaient pas seulement attirés par le magnifique climat français, plus agréable que celui de Londres ou de la Roumanie, mais aussi par les restaurants, les bars et les cafés qui servent à toute heure et sans poser de questions des clients au visage blafard.
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fbalestas   25 novembre 2018
N'envoyez pas de fleurs de Martin Solares
- Qu'est-ce qui est arrivé à ta jambe ?

L'homme fit une grimace qui dévoila ses canines supérieures. L'enquêteur pensa à un chien qui se sent agressé. Sans chercher à dissimuler son amertume, il expliqua qu'il avait déjà réussi à contrer cinq attaques quand il lui avait fallu repousser un assaut des Anciens, le gang aux Trois Lettres. Avec moins de succès cette fois. Le pire, c'est qu'un unijambiste ne détonnait pas vraiment dans le coin. Ciuadad Miel était en train de devenir une ville d'éclopés. En voyant ses habits tout rapiécés, Trevino comprit que, depuis cet épisode, ses chefs l'avaient mis au placard. Ramiro suivit son regard et tenta de dissimuler une brûlure de cigarette sur le devant de sa veste.

- Avant de commencer, dis-moi, tu bosserais pas pour la police judiciaire ou les stups américains, par hasard ?
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tolstoievski   09 septembre 2018
Comment dessiner un roman de Martin Solares
Il nous arrive fréquemment d'inventer un personnage qui nous rappelle quelqu'un, alors on en prend soin, on en dit du bien et, au bout du compte, le récit qui en découle est d'un effroyable ennui. Si des personnages te rappellent des membres de ta famille ou les êtres que tu aimes le plus au monde, tue-les sur-le-champ ou mets-les en danger. Sinon, le lecteur sentira que tout ce qui est dit sur eux n'est rien d'autre qu'un hommage interminable et complaisant. Le roman est la quête de l'inattendu, de l'inconnu, de l'amusant, de l'effroyable.



CE SOMBRE DOUBLE HORS DE LA NUIT DE NOTRE VIE.
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Charybde2   01 juin 2020
Quatorze crocs de Martin Solares
Vers quatre heures et demie d’une nuit sans lune, l’agent Karim Khayam, qui était de garde, a frappé à la porte de ma chambre.

« Pierre, le patron a appelé la Brigade nocturne. Ça urge. »

Je ne m’attendais pas à ce qu’on m’appelle pour une enquête car, ces dernières semaines, j’avais surtout été chargé de classer les dossiers du commissariat pendant le service de jour, comme si le chef ne me faisait pas confiance ou ne voulait pas me savoir dans la rue. Et puis les anciens voyaient d’un mauvais œil l’arrivée dans la Brigade de personnes de mon âge et de mon origine, habitués qu’ils étaient aux policiers vétérans, qui n’avaient fait qu’un passage éclair à l’école, et aux survivants de la dernière guerre, qui avaient de nombreux contacts dans les bas-fonds. J’ai donc sauté dans mes vêtements en un temps record et j’ai attendu que nous soyons en chemin pour tenter de soutirer quelques informations à Karim :

« Où est-ce qu’on va ?

– Au bar La Perla, dans le Marais.

– Le Rouquin est de retour ?

– Non, on ne sait toujours rien de lui.

– Et le Photographe ?

– Il doit déjà y être.

– Qu’est-ce qui s’est passé ? Encore un coup des anarchistes ? »

Presque à bout de souffle, Karim a crié :

« Le Blanc faisait sa ronde dans le Marais, han, et il a vu un homme allongé dans la ruelle, han, j’en peux plus de ces rues en pente, han. Il a d’abord cru qu’il était ivre, il l’a secoué, han, et le corps a roulé sur le côté.

– Des traces de coups de feu ?

– Non, han, han… Han… Il a une blessure au cou… »

Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, la foule encerclait encore le cadavre. Karim s’est agenouillé.

« Va te, han, présenter pendant que moi, je reprends, han, mon souffle. Han. »

Nous nous trouvions dans la rue Vieille-du-Temple, qui abrite tous les lieux de perdition du quartier. À en juger par la foule présente, le corps avait été jeté presque aux portes du bar La Perla, dans la ruelle d’à côté.

L’un des collègues m’a bousculé en passant.

« Espèce de morveux ».

Rares sont ceux qui tolèrent notre présence. Karim, le Photographe et moi sommes les plus jeunes de la maison. Pas facile de faire ses débuts chez les policiers de Paris.

« Allez, messieurs. Les coupables, vous restez ici ; les autres, vous rentrez chez vous ! »

C’est le commissaire McGrau qui venait de hurler, le directeur de la Brigade des homicides. Il est toujours le premier à débarquer sur la scène du crime. Encore dans un demi-sommeil, il m’a semblé que le patron était auréolé de cette brume que l’on distingue au-dessus de la Seine au petit matin, j’en ai déduit que j’allais peut-être devoir porter des lunettes.
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tolstoievski   09 septembre 2018
Comment dessiner un roman de Martin Solares
En général, un grand personnage n'arrive jamais seul. À peine l'entrevoit-on que l'on découvre sur ses talons toute une meute qui tantôt l'attaque, tantôt le met à l'épreuve, éclairant ainsi différents aspects de sa personnalité. Fernando Savater affirme d'ailleurs qu'un héros a besoin de deux choses : d'un ami fidèle et d'un ennemi implacable.

Un grand personnage est une constellation, un centre aimanté possédant son propre système solaire. S'il est bien conçu, il entraîne deux sortes de magnétisme : il a, d'une part, la capacité d'attirer à lui d'autres êtres, complices ou adversaires, qui enrichissent l'histoire ; et il peut, selon sa réponse aux défis qui lui sont lancés, émouvoir la lecteur, faire en sorte que ce dernier éprouve des sentiments à son égard.



CE SOMBRE DOUBLE HORS DE LA NUIT DE NOTRE VIE.
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cocon94   05 avril 2021
Quatorze crocs de Martin Solares
Je n'en croyais pas mes oreilles.

"Les morts aussi émigrent ?"

Mariska eut l'air vexé.

"Évidemment ! Nous voyageons beaucoup plus que les vivants !

- Et vous avez un service pour ça ?

- Pas moyen d'échapper à la bureaucratie, très cher ; nous sommes en France."
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Charybde2   01 juin 2020
Quatorze crocs de Martin Solares
« Je vais te charger d’une autre mission. Observe la blessure attentivement. »

Le commissaire a soulevé du bout de sa canne la nappe à carreaux rouges et blancs, prêtée par un restaurant voisin, dont on avait recouvert le cadavre. Le mort était un homme d’une trentaine d’années arborant de longues moustaches blondes et un sourire narquois, comme si juste avant de mourir il s’était moqué de son assassin. Mais il y avait autre chose, bien plus impressionnant : le visage de la victime était vert olive. Et, pour couronner le tout, il y avait sur le côté gauche de son cou une série de points rouges de la taille d’un clou. Comme une déchirure. Ou plutôt une morsure. Je n’avais jamais rien vu de tel.

« Quatorze orifices bien alignés, a précisé le commissaire.

– Quel genre d’arme peut faire ça ? » ai-je balbutié.

Le commissaire a craché un nuage de fumée vers le ciel.

« Observe mieux, il y a quelque chose d’encore plus étrange, Le Noir, regarde : la blessure a été faite au cou, au niveau de la jugulaire, pourtant le cadavre n’a pas une seule goutte de sang sur ses vêtements. »

Il avait raison. J’ai dit la première chose qui m’est venue à l’esprit :

« Ils l’ont tué ailleurs et ils sont venus le larguer ici ? Vous croyez qu’ils l’ont transporté dans un véhicule ? »

Le commissaire a examiné son cigare, presque entièrement consumé, et a jeté ce qu’il en restait au fond de la ruelle.

« Tu raisonnes toujours comme un humain, Le Noir. Réfléchis aux autres possibilités : c’est ça qui nous distingue, à la Nocturne. Je t’ai appelé parce que tu connais pas mal de monde par ici. Dépêche-toi d’aller leur demander s’ils ont vu quelque chose. »

Je suis reparti la queue entre les jambes et je me suis mis au boulot.

Il n’existe pas de manuel à l’usage de ceux qui travaillent dans cette brigade, et c’est bien dommage. Tout serait plus simple, mais non, il faut se laisser guider par l’intuition. Ou par les frissons.
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tolstoievski   09 septembre 2018
Comment dessiner un roman de Martin Solares
Au bout du compte, peu importe que le roman que l'on est en train de lire ait été écrit vite ou lentement, l'essentiel est qu'il nous transporte ailleurs, là où la vie est plus intéressante qu'au quotidien.



L'AUTOMOBILE DU ROMAN.
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