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3.98/5 (sur 1305 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Limoges , 1953
Biographie :

Mathieu Belezi, de son vrai nom Gérard-Martial Princeau, a vécu en Louisiane, au Mexique, au Népal puis en Inde. En 2004 il a quitté la France pour aller vivre dans le sud de l'Italie.

Son roman, "C'était notre terre", paraît dans le cadre de la rentrée littéraire 2008 et obtient le Prix des lecteurs du Livre de Poche / coup de coeur 2010.

Source : /livres.fluctuat.net
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Soyez sûrs, braves gens ici rassemblés, que le gouvernement de la République veillera sur vous comme un père veille sur ses enfants. Le jour comme la nuit, en toutes occasions il sera là pour vous donner un coup de main. Quoi qu'il arrive ne désespérez jamais du gouvernement de la République. Il a les yeux grands ouverts, l'oreille aux aguets de la moindre de vos plaintes, et il fera tout ce qui est en son pouvoir – absolument tout ! – pour que la rude besogne de chacun soit récompensée à son juste prix. Parce que vous êtes la force, l'intelligence, le sang neuf et bouillonnant dont la France a besoin sur ces terres de barbarie. Et que cette force, cette intelligence et ce sang neuf sont infiniment précieux.
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comme si nous étions sourds, et débarqués de la dernière pluie, et encore tout empotés sous le joug du barda militaire, alors que depuis notre débarquement à Sidi-Ferruch nous en avons fait du chemin, mis le feu aux villages, tranché des têtes, éperonné le ventre de pas moins de cent mille femelles et troué à la baïonnette combien de centaines de milliers de poitrines barbares ? combien ? en quinze ans de conquêtes sur ces terres de malheur nous sommes bien incapables d’en faire le compte
(pages 29-30)
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- N’y aura-t-il donc jamais de justice sur cette terre ?
Et en moi-même je me disais que la justice était un mot inventé par les riches pour calmer la colère des pauvres, mais que tout bien réfléchi ça n’existait pas la justice, qu’il fallait apprendre à vivre sans elle et accepter le sort que Dieu réserve à tout être humain qui pose les pieds sur la terre.
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- Le gouvernement de la France, conscient des luttes quotidiennes que vous devez mener, s’occupe et de votre santé, et de votre sécurité, soyez-en sûrs !
S’occupait-on vraiment de nous dans les bureaux des palais d’Alger et dans les ministères parisiens ? Nous n’en étions pas si sûrs, nous tous colons d’Algérie, et c’est sans doute pour cela qu’un beau jour on a vu arriver le gouvernement de l’Algérie en personne, et le général Mac-Mahon, et le général Canrobert, en grandes tenues militaires sur leurs beaux chevaux piaffant d’impatience, ils nous ont félicités, flattés, encouragés, du haut de leurs montures sur lesquelles ils se tenaient comme des pachas ils voyaient loin, ils voyaient grand, prêts à verser sans compter le sang de leurs soldats pour que nous puissions récolter fortune et bonheur.
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je m'efforçais de croire que tout ça n'était qu'un mauvais rêve, et que pour en sortir il me suffisait de rejeter les draps qui me couvraient et le cauchemar prendrait fin,
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Et sans qu’il nous soit demandé notre avis, sans que nous puissions émettre une quelconque protestation, nous autres colons qui n’avions rien fait de mal avons été plongés dans les flammes d’un enfer à peine imaginable
enfer qu’avec ma naïveté de femme je croyais limité aux dessous de la terre, là où règnent le diable et ses démons aux fourches assassines, et que j’ai vu de mes propres yeux sortir de ses obscurités malfaisantes pour envahir la terre et y semer la terreur, triompher de notre communauté de colons en fauchant à grands coups de faux hommes, femmes et enfants dans leurs cabanes de planches, et cela en toute impunité, je dis bien en toute impunité puisque le ciel et ses représentants divins jamais ne sont intervenus
sainte et sainte mère de Dieu, pourquoi nous avez-vous abandonnés ?
Jamais ne se sont portés à notre secours pour éteindre ces flammes qui nous dévoraient
dites-moi au moins pourquoi
jamais n’ont fait un geste pour retenir la lame de cette faux qui nous coupait le souffle
oui, dites-moi au moins pourquoi.
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Il était loin le paradis que le gouvernement de la République nous avait promis, et on n’était pas près de l’atteindre, nous tous entassés sous les tentes militaires au milieu de nulle part, dans ce trou perdu que l’autorité militaire avait osé appeler colonie agricole, on n’était pas près de l’atteindre, et peut-être qu’on ne l’atteindrait jamais, ce paradis tant vanté, peut-être qu’on ne l’atteindrait jamais parce qu’il n’existait pas, qu’il n’avait jamais existé et qu’il n’existerait jamais, tout au moins pour des gens comme nous.
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non, nous ne sommes pas des anges, mais des soldats foutredieu ! des soldats !
des soldats qui ont un besoin urgent de sang, de ce sang chaud, de ce sang frais pour combattre palu, chiasse et fièvre jaune, autrement plus efficace que le sulfate de quinine qu’on vend pourtant à prix d’or aux colons pataugeant dans la puanteur des marais de Boufarik
- Alors gorgez-vous de sang, mes braves !
(page 36)
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(…) il pointe le doigt en direction des nuages qui pèsent de tout leur poids d’un bord à l’autre de l’horizon, et qui laissent si peu d’espace entre la terre et le ciel que nous nous demandons si nous aurons encore la place d’avancer debout, s’il ne faudra pas ramper sur les coudes dans cette chienne de poussière que le vent touille comme un brouet de sorcier (…)
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Suffit ! Suffit ! Quel miracle devrait donc venir du ciel ! les miracles c’est nous soldats qui nous en occupons, c’est nous soldats qui débarrassons cette terre d’Algérie de ses fanatiques, qui créons des villes, des routes, asséchons vos marais de malheur, inventons le sulfate de quinine, plantons des milliers d’arbres pour sucer les miasmes de vos terres maudites, alors ne venez pas nous reprocher de forcer la porte de quelques maisons pour réchauffer nos os qui ont froid et sont fatigués, ne venez pas nous reprocher d’égorger quatre ou cinq moutons pour donner à manger à nos ventres qui ont faim, laissez-nous au contraire nous vautrer sur la paille sèche, nous rouler tranquille dans la laine des tapis, nous remplir les poumons de ce tabac turc qu’on trouve à tous les étals des boutiquiers d’Alger
- Si nos jours sont de plus en plus sombres et sanglants, qu’au moins nos nuits se dépoitraillent et s’ouvrent à tous les débordements de nos corps ragaillardis !
Crient les uns
- Oui, que nos nuits pétaradent !
Répondent les autres
- Qu’elles débordent de foutre et de cris étouffés !
Répondent et s’excitent quelques-uns.
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