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Note moyenne 3.6 /5 (sur 73 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Blois , le 27/08/1977
Biographie :

Mathieu Larnaudie, né à Blois en 1977, est un écrivain français.

Il a grandi dans le Sud-Ouest de la France, a vécu à Bordeaux et New York. Il partage désormais son temps entre Paris et Berlin.. Après des études de lettres et de philosophie, il publie son premier roman en 2002. Depuis 2004, il co-dirige la revue et les éditions Inculte. Il a également fondé aux éditions Burozoïque une collection consacrée au thème de l'utopie et intitulée « Le Répertoire des îles ».

Il collabore depuis 2003 avec le compositeur Pierre-Yves Macé : chanson pop (sous le nom d'Anita Drankhsal), lecture / performance (Hong Kong Police Terroriste Organisation) et composition radiophonique (Krinein et la Stratégie). Macé a d'ailleurs réalisé une adaptation musicale du roman de Larnaudie Pôle de résidence momentanée.
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Source : Wikipédia
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« INCULTE & MICHARD, UNE HISTOIRE LITTÉRAIRE » - Arno Bertina, Claro, Maylis de Kérangal, Mathieu Larnaudie, Mathias Enard & Hélène Gaudy En marge du colloque consacré à la revue Inculte et au collectif du même nom, il nous a semblé nécessaire de réécrire l'histoire de la littérature à notre sauce. « Inculte et Michard » sera donc l'occasion de reparcourir l'histoire littéraire en plaçant au premier plan des oeuvres étranges ou dissidentes, potaches, superbement libres. du Moyen de parvenir, de Béroalde de Verville (présenté par Arno Bertina), publié en 1616, au Jérôme de Jean-Pierre Martinet (présenté par Claro), en passant par Casanova (Mathias Enard) Louise Labé (Maylis de Kérangal) le groupe des Hydropathes (Mathieu Larnaudie) et Lydia Tchoukovskaïa (Hélène Gaudy), nous tenterons de faire les funambules sur ces branches qui n'ont pas donné de fruits, qui étaient en même temps la branche et le fruit. À lire – Jean-Pierre Martinet, Jérôme, Finitude – Béroalde de Verville, le Moyen de parvenir, Folio – Giacomo Casanova, Histoire de ma vie, édition complète (Bouquins, Laffont) ou Anthologie Livre de poche – Louise Labé, Oeuvres complètes : Sonnets, Elégies, Débat de folie et d'amour, éd. de François Rigolot, Flammarion, « GF » – Lydia Tchoukovskaïa, La Plongée et Entretiens avec Anna Akhmatova, éd. le bruit du temps. Le vendredi 7 février 2020 - 20h

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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Bookycooky   12 avril 2020
Blockhaus de Mathieu Larnaudie
Il y a dans ces restaurants de bord de mer, dès lors qu’ils ne se satisfont pas d’être des bouis-bouis de bout du quai et affichent la prétention d’un standing amélioré, un doux mélange de kitsch contemporain, impersonnel –idem sur toutes les côtes –et de vieille auberge maritime, de tanière où se donne en partage l’archaïque nourriture des hommes tirée de leur hostile et chère adversaire abyssale.

C’est dû aux poissons que l’on y fait griller, qu’on dirait tout juste extraits de l’étendue obscure qui prend sous les fenêtres, sautés aussitôt dans l’assiette après un bref détour par les cuisines où les ont vidés, préparés et mis à cuire des mains candides et chevronnées, répétant des gestes sans âge ; c’est dû aux huîtres qui sortent de leurs casiers trempés à quatre cents mètres de là, aux coquillages ramassés sur les plages d’à côté par d’autres mains calleuses, gercées, entaillées de cicatrices dans et malgré leurs gants de protection. Une caravelle ou un chalutier vogue à l’intérieur d’une grosse bouteille sur une étagère. Les serviettes sont tire-bouchonnées dans les verres à pied ; on les retire pour verser le vin blanc qui accompagnera les bulots, les crevettes.
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Mathieu Larnaudie
Flodopas78   15 mai 2016
Mathieu Larnaudie
J'éprouve une vraie mélancolie, presque une souffrance, à l'idée de n'avoir qu'une seule vie à vivre. Or, écrire est la seule façon que j'ai trouvée pour essayer de remédier à cela, pour échapper à ce que tout me destinait à être et pour me donner les moyens de vivre plusieurs vies.
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rkhettaoui   30 août 2015
Notre désir est sans remède de Mathieu Larnaudie
On dit que les gens qui vivent sous un volcan ou sur une faille sismique ont une perception différente du temps, qu’une sorte d’urgence existentielle les habite et les pousse. Ils ont intériorisé l’imminence permanente de la catastrophe, l’idée qu’à chaque instant tout peut s’arrêter, tout peut être recouvert de cendres ou glisser vers les entrailles de la Terre ; ils vivent en conséquence, en sursis, en suspens
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CeCedille   19 novembre 2015
Strangulation de Mathieu Larnaudie
La fidélité des affections sidère ceux qui les éprouvent autant que ceux qui les réclament ou les suscitent. (Gallimard nrf p. 89)
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Charybde2   10 mai 2018
Les jeunes gens de Mathieu Larnaudie
Chaque phrase prononcée par ces jeunes gens semble ainsi rigoureusement contrôlée. Car les Senghor n’ignorent pas que les mots sont l’autre matière première du pouvoir. Il y a ce que l’on peut dire et ce que l’on tait, chez les uns ce qu’on laisse filtrer tout en prenant l’air de ne pas y toucher, chez d’autres le soi-disant franc-parler habilement calculé. On connaît les exigences de la communication politique, des discours formatés, des éléments de langage. Mais c’est un talent plus saisissant encore que d’être capable d’une telle maîtrise dans des situations moins officielles. Quand, me demandais-je parfois en dialoguant avec eux, quand se relâchent-ils vraiment, quand fendent-ils l’armure ?
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rkhettaoui   30 août 2015
Notre désir est sans remède de Mathieu Larnaudie
La légende dorée n’a pas son envers sombre – on ne sait quelle légende noire qui en serait le récit alternatif et antagonique, une autre histoire plus ou moins secrète, et forcément plus réelle parce que souterraine, honteuse, exsudant le scandale, les blessures et les vices, tout ce qu’il est soi-disant préférable de taire et qui passe donc pour le fond véritable des choses mais qui fait couler bien plus d’encre encore, excite la chronique, éperonne notre désir, attise sans jamais suffire à l’assouvir notre soif de spectacle avec plus de violence que les versions officielles, enchantées.
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Charybde2   10 août 2015
Notre désir est sans remède de Mathieu Larnaudie
Il commente à l’emporte-pièce les nouvelles du monde (le monde restant généralement circonscrit à quelques kilomètres alentour), les ragots du jour amplifiés à sa guise et tordus selon les besoins de son éloquence particulière – mais, après tout, faire subir des torsions à la réalité est son métier. Les autres studios, un par un, en prennent pour leur grade. Quand il rit, son corps est secoué par un tressautement qui fait crisser le cuir de son fauteuil et l’oblige à s’agripper aux accoudoirs. Il dispense à la ronde ses anathèmes et ses congratulations ; dans l’assistance, il compte bien sûr ses souffre-douleurs et ses favoris, qui tous connaissent leur partition, le personnage dont ils se doivent d’endosser les attributs, et s’en acquittent avec la docilité calculatrice dont est tissé le quotidien de toutes les cours – puisque les empires sont des théâtres : celles et ceux qui essuient ses remontrances ou ses sarcasmes savent aussi qu’ils ne sont pas les moins nécessaires ni les moins chers au cœur du patron qui, ainsi, assied son pouvoir à leurs dépens et, grâce à eux, rappelle chaque soir à ses visiteurs, aux réalisateurs, aux stars même que, s’il accepte volontiers sur les plateaux d’être relégué au second plan et de s’effacer derrière d’autres volontés que la sienne, ici, au cœur du sanctuaire, là où se prennent les décisions, dans l’œil du cyclone du spectacle, il est bien l’unique maître de la loi sauvage.
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Cielvariable   08 février 2019
Les Effondrés de Mathieu Larnaudie
Et puis un jour, alors même que, depuis plusieurs décennies déjà, la chute de ce que l’on avait désigné sous le nom de bloc communiste, autrement dit de la seule opposition prétendue au modèle dont ils étaient les garants, de la seule alternative possible ou, en tout cas, de ce que l’on avait fait passer pour telle (parce qu’il faut bien – de cela certains penseurs d’alors avaient entériné l’idée – un ennemi pour justifier un état de guerre, quand bien même non déclarée, quand bien même dite froide) le temps d’un règne lapidaire, manqué, destructeur (ils dirent : barbare), soixante-dix années à peine au cours desquelles (comme si, depuis le début ou presque, il n’avait été, ce règne, que la macabre répétition du processus de son deuil amorcé) toutes les promesses dont la révolution qui l’avait institué s’était réclamée avaient été une à une, inéluctablement, annihilées par la révélation pathétique de leur inadéquation à l’existence concrète des hommes et de leurs communautés ; alors que cette chute, donc, avait précipité l’avènement de l’ordre qui était le leur, qui était celui de leur camp, de leur manière de façonner le monde, nécessairement bonne parce que seule conforme à ce qu’ils appelaient la réalité et qui était, ainsi, devenu le signe de leur victoire, du couronnement final de cet ordre désormais invincible et unique ; alors que, dans le même temps, ceux-là qui avaient mené cette guerre et avaient triomphé avaient décrété que le démantèlement définitif de leur adversaire, cette fois, en mettant à bas le péril majeur qui les avait menacés, en vainquant les principaux motifs de fourvoiement des esprits, en ravalant désormais au titre de péripéties nécessaires les obscurs soubresauts venant, comme de simples rappels du hasard et du chaos dont nous sommes tous issus, secouer, le temps d’une discorde vite résorbée, le cours ordinaire du monde immuablement apaisé, avait marqué la fin de toute guerre qui vaille, de tout conflit d’importance ayant pouvoir de se hisser à la hauteur de ce grand récit maintenant passé, relégué, frappé d’obsolescence, qu’ils continueraient d’appeler l’Histoire, et que pour cette raison même leur ordre serait, à jamais, le nôtre et celui de tous, et que ne pas le reconnaître comme un état de fait, comme la marche indépassable et naturelle (indépassable parce que naturelle) des choses ne pourrait plus relever que de la nostalgie morbide, incorrigible, portée vers le lyrisme absurde et déraisonnable d’utopies sanguinaires heureusement enfoncées ; alors que les triomphateurs, ceux qui menaient cet ordre (ce système, avaient-ils pris coutume de le nommer, c’est-à-dire ce fonctionnement autonomisé, libre, qui était le Bien même, puisqu’il avait surpassé – survécu à – toutes les négations qui s’étaient dressées contre lui, qu’il avait su de lui-même, selon sa force et sa vertu propres, abattre tout ce qui prétendait en différer) et se plaisaient, dès lors, à se revendiquer en tant qu’héritiers directs et zélés d’autres vainqueurs, leurs semblables, leur famille spirituelle pensaient-ils (aimaient-ils à penser), des hommes et des femmes nombreux, plus ou moins illustres, plus ou moins discernables, dont les costumes et les robes, les mines sévères, hilares ou graves, photographiés sur le parvis de palaces, de grands hôtels particuliers ou de châteaux, dans les huis clos solennels de bureaux armoriés, détachés sur des fonds ornés d’or, de volutes peintes ou de motifs tapissés, de bannières diversement colorées ou étoilées, de logos designés, signifiaient aux yeux de leur descendance élective l’auguste privilège des lois économiques insubmersibles et des raisons d’Etat qui les coordonnent et les autorisent, qui érigés en panthéon diffus habitaient les mémoires, les nôtres aussi bien, les triomphateurs reconnaissants, donc, se félicitaient de concert d’avoir su échapper à (débarrasser la planète de) ce fléau nommé “idéologie” (ainsi avaient-ils désormais pris l’habitude d’appeler leur ennemi, ce mirage évaporé, disaient-ils, ce véhicule de tous les dangers, de toutes les folies), se louaient d’avoir été face à l’idéologie les bras armés du réel, d’avoir accompli et pour ainsi dire refermé l’Histoire, de l’avoir portée à son point d’aboutissement et, partant, de perfection, d’avoir permis l’advenue de toutes les fins et de se faire les gardiens de cet achèvement ; alors même, enfin, que ces temps bénis d’après les vicissitudes du temps s’étaient ouverts devant eux, devant nous, conditions inaltérables du seul monde futur possible, soudain, tout s’est effondré : tout ce en quoi ils avaient fait profession de croire, ou plutôt dont ils avaient fait profession d’exploiter, de justifier et de propager partout, au travers du monde unifié par elle et par ses effets, la croyance tandis qu’eux-mêmes, probablement, de cette croyance, profondément, n’avaient cure, réduite au simple culte d’une déité magnanime et sans exigences sacrificielles, sans loi ni revendications, qu’ils appelaient tour à tour la confiance ou le marché, tout occupés qu’ils étaient, plutôt qu’à croire, à tirer les dividendes de cette étrange foi devenue injonction, devenue horizon providentiel, et non qu’elle fût, cette croyance, à leurs yeux et dans l’usage qu’ils en faisaient bonne uniquement pour les autres, et pareille en cela à un appât lancé à la meute indistincte du peuple, un simple os à ronger, ou un leurre modelé pour faire diversion pendant qu’ils se réservaient l’apanage de diriger la marche effective des choses, pendant qu’ils s’enrichissaient, non plus qu’elle ne fût pas, en tant que seule efficace, par eux parfaitement partagée, intériorisée, vécue intégralement dans leur âme et conscience, mais bien plutôt qu’elle les libérât précisément du souci d’en rendre compte et de l’interroger, d’en discuter les raisons, les fondements, les us et les principes, et que dès lors leur cynisme ne résidât plus que dans cette acceptation inconditionnelle, absolue et favorable à leurs bénéfices ; toute la prospère et inaltérable stabilité sur laquelle ils avaient compté parce qu’ils n’avaient seulement pas envisagé qu’elle pût n’être pas indéfectible ; tout ce qui avait structuré leur bonne foi et ses logiques impérieuses, autrement dit sa magie, ses mots d’ordre bien connus, répétés à longueur de discours, collant à l’air du temps, aux flux ininterrompus des capitaux et des marchandises (puis des capitaux, sans même qu’il y eût plus besoin de quelconques marchandises pour en supporter ni en légitimer la circulation), au langage qui les colportent et les renforcent, articulations incantatoires et obligées de toute parole publique réputée respectable (ils disaient : réaliste), le profit, le libre-échange, l’investissement, le crédit, la croissance, des mots comme des sésames, des talismans, irréfutables, rhétorique une et incontestable s’imposant, par son autorité douce, par sa sempiternelle, obsessionnelle reprise, comme base et critère de la validité de tout propos ; toute cette scolastique de l’inéluctable (ils disaient : de la modernisation), cette invocation de l’accroissement du capital par tous les moyens disponibles, le dogme qui les accompagnait et les inconséquences qui les soutenaient ; tout ce qui avait fonctionné, ou semblé fonctionner par la grâce d’un acte de foi continu, sans cesse renouvelé, sur la seule force motrice d’un sentiment diffus, de la crédulité, de la très sainte confiance comme d’un pari, et qui avait œuvré à son mouvement plan, régulier, universel, son mouvement sans mouvements, à son déploiement globalisé, partout identique, tout ce qui s’était instauré pour faire définitivement monde dans le temps laissé vacant par la synthèse achevée des convulsions et des luttes, tout cela avait volé en éclats, sous la puissance de son propre délitement et de la brusque proclamation panique de son inanité première avait implosé : la fin de l’Histoire était finie, et l’on vit une main, portant à l’annulaire une alliance en or, au poignet une montre de fabrication suisse, se poser sur un miroir pour en balayer la pellicule opaque déposée par la condensation, au-dessus des lavabos, dans les chiottes du London Stock Exchange, et y faire apparaître une face blafarde, à la fois pouponne et défaite, juvénile et déconfite, aux joues rondes, au menton pendant, aux pommettes gonflées, aux orbites enfoncées dans une crevasse profonde, sombre, forée par la peur, l’état d’alarme et la fatigue, et qui, de se rencontrer soudainement dans ce reflet, interdite, de se voir ainsi, se fixait elle-même avec une insistance désarmée ; l’on vit au même instant, à quelques rues de là seulement, au quatorzième étage d’un building de la City, regardant défiler, s’intervertir, se corriger les colonnes de chiffres actualisées en temps réel, se digitaliser les fluctuations des valeurs sur lesquelles il avait décidé, parce que sa compétence l’y inclinait, parce que l’analyse technique qu’il avait menée, parce que les renseignements dont il disposait, parce que son intime conviction l’y incitaient, de porter la part du fonds d’investissement dont sa profession consistait à garantir le rendement, puis se renversant en arrière sur son fauteuil pour jeter un œil sur le grand cadre lumineux de la télévision, appliqué contre un mur de son bureau – entre une porte capitonnée et le pan d’une lourde bibliothèque de bois sombre supportant les trophées et les médailles glanés dans diverses compétitions sportives, la photographie des rangs, étagés sur trois niveaux pyramidaux, de la promotion d’une grande école anglaise, le portrait d’une femme, celui d’un enfant, et un choix restreint d’ouvrages juridiques, d’actualité et de référence – et branché sur Bloomberg, pour y voir se confirmer les tendances dont il constatait les effets sur son poste, pour vérifier, donc, d’un plan numérique à l’autre, la concordance des informations, par elles la seule validation possible de la réalité, un jeune homme vêtu d’un pantalon de flanelle grise et d’une chemise pâle,
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Charybde2   10 août 2015
Notre désir est sans remède de Mathieu Larnaudie
C’est ici que les films sont écrits, négociés, tournés, montés, retouchés, et d’où ils partent à la conquête de la Nation, à la rencontre d’un peuple pour en irriguer les consciences et y véhiculer la bonne parole, celle bienfaitrice, qui commande aux bonheurs de l’american way of life et raconte les récits qui la fondent. Cette même année – l’homme au cigare connaît les chiffres – plus de cent millions de citoyens se sont massés dans ces salles noires qui, serties au cœur battant de chaque ville, sont alors, dit-on, les nouvelles cathédrales de l’humanité. La foule des spectateurs y vient pour son édification aduler la geste de saints dont une bonne partie est remplacée chaque saison, canonisée de neuf pour les besoins de la cause et pour la multitude, autrement dit pour nous qui trouvons notre extase à n’être plus rien d’autre qu’un simple regard, avidement dardé sur les icônes façonnées au secret du gigantesque sanctuaire où œuvre une armée de scribes, d’artisans, de casuistes et de peintres d’un genre nouveau, et dont l’homme au cigare et au borsalino est quelque chose comme, à la fois, l’intendant, l’ingénieur et l’archimandrite.
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Charybde2   10 août 2015
Notre désir est sans remède de Mathieu Larnaudie
La lumière n’exauce pas les corps, elle les massacre.

La main de l’éclairagiste qui agrippe la poignée du projecteur et, pour préparer l’entrée dans le champ de l’actrice dont il va illuminer le mouvement, fait pivoter sur son axe la caisse de métal d’où jaillit le faisceau aveuglant, cette main n’est pas moins cruelle que celle du tueur à gages qui pointe une arme à feu ou qui abat une arme blanche, ni moins impitoyable que celle du bourreau qui actionne le courant de la chaise électrique. Elle est l’instrument assermenté d’une loi sauvage : elle livre un être en pâture à notre regard.

Ni partenaire ni décor, rien ; le plus extrême dénuement ; l’image décharnée – réduite, comme on dit à sa plus simple expression : il nous faudrait ainsi imaginer une femme seule avec sa robe noire, les épaules et le visage diaphanes, préparés à scintiller, qui s’avance au centre du plateau, dans la crudité géométrique de l’espace découpé pour elle par la lumière. Elle se fige à l’emplacement exact que le metteur en scène lui a désigné, attribué, où il a pensé sa présence ; et les rayons comme des lames lacèrent sa peau fardée.
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