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Note moyenne 3.62 /5 (sur 160 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint Cyr-en-val , le 04/08/1940
Mort(e) à : Beaugency , le 24/01/2006
Biographie :

Originaire d’un village de Sologne, Michèle Desbordes grandit à Orléans. À l’issue d’études littéraires en Sorbonne, elle devient conservateur de bibliothèques. Elle exerce d’abord dans des universités parisiennes, puis en Guadeloupe en lecture publique. En 1994, elle est nommée directrice de la Bibliothèque de l’université d’Orléans. Elle décède en janvier 2006 à Beaugency en Sologne.

Source : http://www.editions-verdier.fr
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Ecrits intimes : Michèle Desbordes : La Robe bleue
Olivier BARROT présente "La Robe bleue", de Michèle DESBORDES. Elle y relate l'ascension et la chute de Camille Claudel.Lecture d'un passage du livre par Jacques BONNAFFE.Musique classique en fonds sonore (non identifiée)Lieu de tournage : Cabourg, Calvados

Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
estrella_oscura   08 février 2012
La demande de Michèle Desbordes
Plus que jamais elle se taisait, et le silence et le regard détourné parlaient mieux que n'auraient fait les paroles, ils disaient l'habitde et la résignation, en elle parlaient toutes celles qui s'asseyaient sans rien dire près des fenêtres et croisaient les mains dans leurs jupes, comme en lui qu'elle regardait d'un regard fatigué vivaient tous les idiots, ce qu'ils voyaient n'était qu'un infime, misérable fragment du temps, sans fin ni commencement, depuis longtemps et pendant longtemps encore des gens comme eux s'arrêteraient dans une rue ou un jardin pour regarder un vieil âme ou un idiot, les observeraient en se disant qu'ils regardaient un âne et un idiot de tous les temps, inchangés, éternels comme le ciel et le soleil, les profondeurs effrayantes de la terre, le malheur, le bonheur.
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OumG   08 avril 2017
Le Lit de la mer de Michèle Desbordes
Elle battait son aire, précise et lourde. Indéfectible. Présentant le front, la tempe infinie. Les profondeurs étaient cachées. Mortelles, tranquilles.

Ils la regardaient, lui trouvaient des allures de femme inquiète, délaissée sur sa couche, pliant et dépliant ses linges dans des nervosités profondes, d’impérieux mouvements.

Ils s’inclinaient devant elle. Ne pouvaient la réfuter ni seulement la contredire. Elle parlait haut et fort. Personne ne parlait si haut et si fort qu’elle. Ne tuait ni ne berçait de cette manière.

Il n’y avait rien d’autre que cela, ce sentiment profond, inoubliable. Chacun et sans mot dire, s’y donnait.
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mandarine43   12 mars 2012
La demande de Michèle Desbordes
[ Incipit ]



Ils étaient arrivés par les coteaux, par la route qui après les derniers villages et les vignes rejoignait le fleuve, de loin ils avaient vu les toits gris et la crête des falaises et plus bas entre les saules des pêcheurs sur une barque. Par les sentiers et le petit bois ils avaient longé le fleuve, ils allaient lentement et menaient leurs chevaux au pas, ils regardaient les eaux claires, presque bleues dans le soleil et de l'autre côté du fleuve la plaine immense. C'était un dimanche matin et les cloches sonnaient, joyeuses dans le ciel d'avril, dans le vent frais qui chassait les nuages vers la mer. Des villageois menaient leurs bêtes sur la rive. Derrière, du côté de la Sologne, ils entendaient les aboiements d'une meute.
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ivredelivres   22 février 2014
La robe bleue de Michèle Desbordes
les cèdres et les tamaris dont on sentait les parfums sur toute la colline, et s’il faisait beau ils partaient sur les allées et marchaient dans le parc, parfois même sur les sentiers qu’il y avait après les pavillons, ils marchaient ensemble comme autrefois, foulant les broussailles et les petites garrigues, les odeurs très chaudes, et s’arrêtant pour reprendre souffle ils contemplaient les Alpes et le Lubéron.
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litolff   17 mai 2010
La demande de Michèle Desbordes
Il la regardait comme on regarde ce que l’on découvre, sans faveur ni complaisance. Aux derniers jours du printemps elle dut prendre l’habitude du regard sur elle, se dire que le maître pouvait observer le serviteur comme il observait un arbre ou une couleur de ciel, un cadavre dans un fossé, parfois les choses les plus inattendues tranquillement et sans histoires devenaient si banales et ordinaires que si elles venaient à manquer la vie en était encore plus difficile, quand il se détournait elle le remarquait, puis l’air de rien se détournait à son tour. Il parlait des habitudes, de ce qui commençait et de ce qui finissait.

Il dessinait un visage, ni homme ni femme ni enfant, cherchait dans les cartons d’anciens dessins, le regard clair sous la paupière transparente, l’amas de boucles, recommençait, comparait, en Italie ils avaient parlé de l’ange, des délicatesses de fleur meurtrie à peine éclose, du creux du cerne sur la joue, cette impression de chaleur, de peau brûlante, l’émotion, le plaisir, comment savoir, tout parfois avait été si magnifique.
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nadejda   23 novembre 2010
L'emprise de Michèle Desbordes
Cette façon qu'a le monde en silence et dans une grande douceur, de se défaire d'un coup, de dire en peu de choses et peu de temps ce qu'il y a à dire. Que mourir n'était peut-être rien d'autre que s'étendre à demi sur un lit comme dans Rome il y a deux mille ans aux soupers de fête et regarder la mer tout le temps qu'il faudrait. Mourir dans les yeux de la mer un jour qu'elle serait bleue.
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michelekastner   03 février 2015
La robe bleue de Michèle Desbordes
Car ce ne serait pas cette robe qu'on a dite, et qu'on voit sur les photographies, la robe triste et morne qu'elle revêt les jours qu'elle veut paraître bien mise, ce ne serait pas cette robe-là de vieille proprette et bien mise avec ses rayures pâles dans le sombre de l'étoffe, ce serait une autre, et qu'il ne lui aurait jamais vue, bleue comme ses yeux, bleue comme la mer où ils sont ce jour-là, une robe longue et bleue, si légère dans le vent, qu'elle lui paraît d'un autre temps, une robe comme autrefois lui semble-t-il, et d'un coton, d'une toile qui dit le radieux d'un jour d'été, une étoffe qui se lève dans le vent, légère bat les chevilles, et parfois d'un grand mouvement vole autour d'elle. Un calicot, une étamine bleue. Une toile douce où passe l'air, la brise du bord de l'eau.
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coco4649   14 décembre 2016
Un été de glycine de Michèle Desbordes
 

 

 UNE maison.

 Un jour je me suis bâti une maison dans l'Yokna-

patawpha, et bien avant que je sache ce nom-là, si

compliqué, ni même tout à fait ce qu'était une mai-

son, je me suis bâti une maison parmi les grands

champs de coton et de maïs et les collines vertes

plantées de pins, avec le fleuve et les vieux nègres fati-

gués et les femmes qui marchaient, n'en finissaient

pas de marcher dans les grandes chaleurs de là-bas,

une maison dans les printemps, dans les étés de gly-

cine, et les tonnelles où pour quelques temps, avant

que tout ne fût que décombres, on buvait le vin sous

les treilles muscates.



p.7

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michelekastner   25 août 2012
L'emprise de Michèle Desbordes


C’est qu’écrire a toujours été un partage. Comme du temps où l’on vous demandait de vous taire et de ne plus bouger, de n’y être pour personne. On vous demandait à force de silence et d’immobilité de vous faire oublier, et alors le pendule, c’était un pendule, se mettait à osciller (il oscille encore) entre la mesure, le peu de mots, le peu de gestes, et l’excès, le débordement, bouger, proférer, dire et dire encore. Comme si tout cela qui déchirait et divisait n’était pas qu’une seule et même chose, et que marcher sans fin ne revînt pas à être immobile. Qu’à force de marcher encore on ne finissait pas par se trouver là comme figé, pétrifié dans son propre mouvement, son propre élan. Il faudrait du temps pour comprendre, mais que l’on comprenne ou non n’aurait pas d’importance. Ni ce lieu, ce moment où tout se jouerait de la profération ou non du silence, du epu de mots et du peu de gestes.

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juana   14 novembre 2014
La demande de Michèle Desbordes
Lorsqu'elle remontait l'allée, elle souriait. La petite silhouette claire brillait dans le matin. Il lui en était reconnaissant. Il pensait qu'elle ignorait les images folles, rêves de bonheur ou de plaisir. Qu'elle n'avait connu ni le trouble ni l'attente. Ni la peur de tout perdre. Qu'elle s'était tenue à l'écart, par prudence, heureuse des jours tranquilles, du bol de soupe et du pain frais dans son torchon le matin sur le coin de la table, et le soir de l'odeur qui montait des terres, du pas des chevaux qui rentraient.
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