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ISBN : 2864324792
Éditeur : Verdier (31/08/2006)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 6 notes)
Résumé :

Livre des commencements et du temps qui s'achève, L'Emprise est une confidence poignante, doucement consentie, des éblouissements et des déchirements premiers qui vont rythmer toute une vie. Ce qui, dans la retenue, se dévoile pourtant d'histoires tenues secrètes ne se légitime que de convoquer, à travers ces instants d'absolue félicité ou de désastre, les êtres aimés. Je doute et je trébuch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
nadejda
  23 novembre 2010
C'est un livre qui s'ancre au fond de soi. Michèle Desbordes a écrit ce livre alors qu'elle savait sa mort prochaine et il y a un accent qui ne trompe pas, une sincérité. Elle nous amène au bord des larmes car c'est un adieu à tout ce qu'elle a aimé, souffert. C'est aussi un hymne à la vie
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michelekastner
  25 août 2012
Dans un texte d'une écriture très travaillée, exigeante et poétique, l'auteur explore son enfance, les secrets, les rares bonheurs fous, les souvenirs lointains et brumeux liés à la guerre, elle parle de cette enfant qu'elle était comme d'une étrangère dont elle essaierait de percer les mystères de l'âme, les tourments, la soif d'amour, les égarements de la mère, les absences du père, les tragédies qui ont marqué la famille. le texte est empreint d'émotion retenue, de sensibilité à fleur de peau, de douleur et de solitude dans une tentative de réconciliation avec ce passé idéalisé et perdu pour toujours. Comme Hélène Lafon, elle donne vie et humanité aux « taiseux » avec des mots touchants, justes et d'une beauté lumineuse. C'est d'autant plus poignant que l'on sait que ce texte-là sera l'ultime avant sa mort et qu'elle le sait.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   25 août 2012

C’est qu’écrire a toujours été un partage. Comme du temps où l’on vous demandait de vous taire et de ne plus bouger, de n’y être pour personne. On vous demandait à force de silence et d’immobilité de vous faire oublier, et alors le pendule, c’était un pendule, se mettait à osciller (il oscille encore) entre la mesure, le peu de mots, le peu de gestes, et l’excès, le débordement, bouger, proférer, dire et dire encore. Comme si tout cela qui déchirait et divisait n’était pas qu’une seule et même chose, et que marcher sans fin ne revînt pas à être immobile. Qu’à force de marcher encore on ne finissait pas par se trouver là comme figé, pétrifié dans son propre mouvement, son propre élan. Il faudrait du temps pour comprendre, mais que l’on comprenne ou non n’aurait pas d’importance. Ni ce lieu, ce moment où tout se jouerait de la profération ou non du silence, du epu de mots et du peu de gestes.
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nadejdanadejda   23 novembre 2010
Cette façon qu'a le monde en silence et dans une grande douceur, de se défaire d'un coup, de dire en peu de choses et peu de temps ce qu'il y a à dire. Que mourir n'était peut-être rien d'autre que s'étendre à demi sur un lit comme dans Rome il y a deux mille ans aux soupers de fête et regarder la mer tout le temps qu'il faudrait. Mourir dans les yeux de la mer un jour qu'elle serait bleue.
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michelekastnermichelekastner   25 août 2012
Lui ne sait rien de tout ça. De ses départs à elle, de la porte derrière laquelle on attend le cœur à rompre. Il travaille, il rentre de plus en plus tard, de plus en plus souvent à présent nous dînons sans lui, nous sommes là dans la cuisine face à la chaise, à l’assiette vides, la serviette roulée dans l’anneau de buis qui porte son nom. Nous l’attendons, je l’attends, d’une attente éperdue, impatiente, et de cette attente, de ce manque se fabrique une absence absolue, et telle que chacun de nous autour de la table, même le petit me semble-t-il, en mesure la conséquence. Du manque, de la déception se fabrique cette chose démesurée qui peu à peu envahit l’espace autour de nous, là dans la cuisine, dans la maison tout entière qui soudain n’est plus la même, elle n’est plus la maison où la vie se passe sans trop d’encombres, avec ennui sans doute mais l’ennui est tolérable, mesurable, peut-être même non dénué d’agrément, il n’entrave ni le cœur ni le cours ordinaire des choses, il y a des joies, du contentement, cette grande impatience que le monde bouge.
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michelekastnermichelekastner   25 août 2012
On a sept ans, huit ans peut-être, dans la pénombre d’un grenier où parmi les piles de « Confidences », c’est le nom du magazine, on rêve la beauté et le mystère, on cherche là à même ces regards et ces visages très beaux, et plus loin entre lignes un secret quelle doit connaître puisqu’elle est, elle, et pas une autre, la femme qu’il aime, et le matin quand on la voit s’installer à sa coiffeuse, on vient rôder autour des crèmes et des parfums, on se souvient, les formes, les couleurs et les odeurs, le verre et la porcelaine des pots et ce flacon de « Fleurs de rocaille » qu’un printemps il lui offre, la laque et le carton peint des boîtes à poudre, le rouge qu’elle se passe sur la bouche avant de l’estomper du doigt, de le mouillé d’une rapide torsion des lèvres.
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michelekastnermichelekastner   25 août 2012
Je faisais ce rêve que là dans ma maison, après des années d’absence, d’effacement, une cuisine réapparaissait, et le bonheur était infini, il était incomparable, il était à soi seul la somme de tous les bonheurs jamais rêvés : c’était au cœur de la maison, de l’intime et du familier, et se résorbant entre ses murs, un endroit qui m’était révélé dans une félicité sans commune mesure avec la découverte que je faisais, qui n’était rien qu’une grande et douce cuisine d’autrefois, oubliée, disparue, et qui par on ne sait quelles secrètes métamorphoses soudain réapparaissait, comme à même la terre le tracé d’une cité ancienne, ou l’on ne sait quelle ville engloutie.
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Video de Michèle Desbordes (2) Voir plusAjouter une vidéo

Ecrits intimes : Michèle Desbordes : La Robe bleue
Olivier BARROT présente "La Robe bleue", de Michèle DESBORDES. Elle y relate l'ascension et la chute de Camille Claudel.Lecture d'un passage du livre par Jacques BONNAFFE.Musique classique en fonds sonore (non identifiée)Lieu de tournage : Cabourg, Calvados
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