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Note moyenne 3.92 /5 (sur 93 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Londres , le 11/06/1877
Mort(e) à : Paris , le 18/11/1909
Biographie :

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Elle était la fille d’une américaine et d’un britannique fortuné (John Tarn) qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin.

Elle voyagea beaucoup à travers le monde. Ainsi, le Japon, Mytilène et Constantinople figuraient au nombre de ses destinations préférées.

En 1899, elle s’installe définitivement à Paris et prend un nom de plume : René Vivien, prénom qu’elle féminise ensuite en Renée.

En 1901, paraît son premier recueil : Études et préludes.

De 1901 à 1909, l’intense production littéraire et poétique se mêle à des tentatives de suicide. Renée vit le spleen baudelairien, se drogue, boit de plus en plus d’alcool en solitaire.

Renée Vivien fut la première poétesse francophone à exprimer ouvertement son amour physique pour les femmes et la deuxième femme francophone ; après Mme Dacier au XVIIe siècle, à traduire l’œuvre de Sappho en français.
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Vidéo de
Renée VIVIEN – Redécouverte de la poétesse (France Culture, 1986) L’émission « Nuits Magnétiques », par Anne-Marie Chapoullie et Françoise Werner, diffusée le 14 novembre 1986 sur France Culture. Invité : Berthe Cleyrergue et Jean-Paul Goujon.
Citations et extraits (163) Voir plus Ajouter une citation
palamede   03 décembre 2016
À l'heure des mains jointes de Renée Vivien
A la bien-aimée



Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,

Et ma voile de soie et mon jardin de lys,

Ma cassolette d’or et ma blanche colonne,

Mon parc et mon étang de roseaux et d’iris.



Vous êtes mes parfums d’ambre et de miel, ma palme,

Mes feuillages, mes chants de cigales dans l’air,

Ma neige qui se meurt d’être hautaine et calme,

Et mes algues et mes paysages et mer.



Et vous êtes ma cloche du sanglot monotone,

Mon île fraîche et ma secourable oasis…

Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,

Et ma voile de soie et mon jardin de lys.
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Malaura   09 novembre 2012
Poèmes 1901-1910 de Renée Vivien
La marée, en dormant, prolonge un souffle égal,

L’âme des conques flotte et bruit sur les rives…

Tout m’est hostile, et ma jeunesse me fait mal.

Je suis lasse d’aimer les formes fugitives.

Debout, je prends mon cœur où l’amour fut hier

Si puissant, et voici : je le jette à la mer.



Qu’une vague légère et dansante l’emporte,

Que la mer l’associe à son profond travail

Et l’entraîne à son gré, comme une chose morte,

Qu’un remous le suspende aux branches de corail,

Que le vouloir des vents contraires le soulève

Et qu’il roule, parmi les galets, sur la grève.



Qu’il hésite et qu’il flotte, un soir, emprisonné

Par la longue chevelure des algues blondes,

Que le songe de l’eau calme lui soit donné

Dans le fallacieux crépuscule des ondes…

Et que mon cœur, soumis enfin, tranquille et doux,

Obéisse au vouloir du vent et des remous.



L’heure est vaste, les morts charmantes sont en elles,

Et je donne mon cœur à la mer éternelle.

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Renée Vivien
Piatka   26 août 2016
Renée Vivien
CHAIR DES CHOSES



Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,

Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix,

L'harmonie et le songe et la douleur profonde

Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.



Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,

Je partage leur vie intense en les touchant,

C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles

De noble, de très doux et de pareil au chant.



Car mes doigts ont connu la chair des poteries

La chair lisse du marbre aux féminins contours

Que la main qui les sait modeler a meurtries,

Et celle de la perle et celle du velours.



Ils ont connu la vie intime des fourrures,

Toison chaude et superbe où je plonge les mains !

Ils ont connu l'ardent secret des chevelures

Où se sont effeuillés des milliers de jasmins.



Et, pareils à ceux-là qui viennent des voyages.

Mes doigts ont parcouru d'infinis horizons,

Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages

Et m'ont prophétisé d'obscures trahisons.



Ils ont connu la peau subtile de la femme,

Et ses frissons cruels et ses parfums sournois...

Chair des choses ! j'ai cru parfois étreindre une âme

Avec le frôlement prolongé de mes doigts...
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Malaura   02 novembre 2012
Etudes et préludes ; Cendres et poussières ; Sapho de Renée Vivien
L’Eternelle Vengeance



Dalila, courtisane au front mystérieux,

Aux mains de sortilège et de ruse, aux longs yeux

Où luttaient le soleil, l'orage et la nuée,

Rêvait: "Je suis l'esclave et la prostituée,

La fleur que l'on effeuille au festin du désir,

La musique d'une heure et le chant d'un loisir,

Ce qui charme, ce qu'on enlace et qu'on oublie.

Mon corps sans volupté se pâme et ploie et plie

Au signe impérieux des passagers amants.

Parmi ces inconnus qui, repus et dormants,

Après la laide nuit dont l'ombre pleure encore,

De leur souffle lascif souillent l'air de l'aurore,

C'est toi le plus haï, Samson, fils d'Israël !



Mon sourire passif répond à ton appel,

Mon corps, divin éclair et baiser sans empreinte,

A rempli de parfums ta détestable étreinte:

Mais, malgré les aveux et les sanglots surpris,

Ne crois pas que ma haine ait moins d'âpres mépris,

Car, dans le lit léger des feintes allégresses,

Dans l'amère moiteur des cruelles caresses,

J'ai préparé le piège où tu succomberas,

Moi, le contentement bestial de tes bras !"

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Renée Vivien
Piatka   24 août 2016
Renée Vivien


Les algues entr’ouvraient leurs âpres cassolettes

D’où montait une odeur de phosphore et de sel,

Et, jetant leurs reflets empourprés vers le ciel,

Semblaient, au fond des eaux, des lits de violettes.



La blancheur d’un essor palpitant de mouettes

Mêlait au frais nuage un frisson fraternel ;

Les vagues prolongeaient leur rêve et leur appel

Vers la tiédeur de l’air aux caresses muettes.



Les flots très purs brillaient d’un reflet de miroir…

La Sirène aux cheveux rouges comme le soir

Chantait la volupté d’une mort amoureuse.



Dans la nuit, sanglotait et s’agitait encor

Un soupir de la vie inquiète et fiévreuse…

Les étoiles pleuraient de longues larmes d’or.



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Malaura   28 octobre 2012
Etudes et préludes ; Cendres et poussières ; Sapho de Renée Vivien
Parle-moi, de ta voix pareille à l’eau courante,

Lorsque s’est ralenti le souffle des aveux.

Dis-moi des mots railleurs et cruels si tu veux,

Mais berce-moi de ta mélopée enivrante.



De ce timbre voilé qui m’attriste et m’enchante,

Lorsque mon front s’égare en tes vagues cheveux,

Exprime tes espoirs, tes regrets et tes vœux,

O mon harmonieuse et musicale amante !



Et moi, j’écouterai ta voix et son doux chant.

Je ne comprendrai plus, j’écouterai, cherchant,

Sinon l’entier oubli, du moins la somnolence.



Car si tu t’arrêtais, ne fût-ce qu’un moment,

J’entendrais… j’entendrais au profond du silence

Quelque chose d’affreux qui pleure horriblement.

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Renée Vivien
sabine59   20 juin 2018
Renée Vivien
Voici: mon coeur est plein de chuchotements tristes

Et mes yeux sont remplis de brume vers le soir...



En vain le couchant fait pleuvoir ses améthystes

Et me promet la nuit et le silence noir...



Rien ne peut alléger le poids lourd qui m'oppresse

Et m'inflige soudain une étrange paresse.



Je sens la vanité de tout ce que j'aimais,

Et qui ne me sera plus si cher désormais...



Puisque mes souvenirs deviennent infidèles,

Que je m'enfuie enfin! Qu'on me prête des ailes!
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Renée Vivien
Aurel82   30 août 2018
Renée Vivien
Jardin abandonné



Ma douce, entrons dans le jardin abandonné,

Dans le jardin sauvage, exquis et funéraire

Où l’autrefois se plaît à roder, solitaire

Et farouche, tel un vieux roi découronné.



Entrons dans le jardin qu’un vent d’automne accable,

Où le silence est lent comme une femme en deuil,

Où les ronces d’hier font un mauvais accueil

A qui n’apporte point le regret adorable.



Dans le jardin où nul ne promène jamais

Son importun loisir et sa mélancolie,

Parmi les fleurs sans fraîche odeur et qu’on oublie,

Taisons-nous, comme au temps lointain où je t’aimais.



Assises toutes deux, amèrement lassées,

Sous les vieux murs que les brouillards lents font moisir,

Et n’ayant plus en nous l’espoir ni le désir,

Evoquons la douceur des tristesses passées.



Ici, les jeunes pas se font irrésolus,

Ici, l’on marche avec des fatigues d’esclave

En goûtant ce qu’il est de tristement suave

A sourire en passant à ce qu’on n’aime plus.



Puisque ici l’herbe seule est folle et vigoureuse,

Attardons-nous et rassemblons nos souvenirs.

Te souviens-tu des soirs dorés, des longs loisirs,

Et des contentements de ton cœur d’amoureuse ?



O mon amour ! quel beau passé nous fut donné

Cependant ! Respirons sa bonne odeur de rose

Dans ce jardin où le souvenir se repose,

Dans le calme du beau jardin abandonné…
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sabine59   16 novembre 2017
La Vénus des aveugles de Renée Vivien
Comme un vol de cygnes sauvages,

Battement d'ailes vers le Nord,

Passe le vol des blancs nuages,

Chassés par la bise qui mord.
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Renée Vivien
Aurel82   09 février 2018
Renée Vivien
Toi, notre Père Odin



Le vent d’hiver s’élance, audacieux et fort,

Ainsi que les Vikings, en leur nobles colères.

La tempête a soufflé sur les pins séculaires

Et les flots ont bondi… Venez, mes Dieux du Nord !



Vos yeux ont le reflet des lames boréales,

Les abîmes vous sont de faciles chemins,

Et vous êtes grands et sveltes comme les pins,

O maîtres des cieux froids et des races loyales !



Mes Dieux du Nord, hardis et blonds, réveillez-vous

De votre long sommeil dans les neiges hautaines,

Et faites retentir vos appels sur les plaines

Où se prolonge au soir le hurlement des loups.



Venez, mes Dieux du Nord aux faces aguerries,

Toi, notre père Odin, toi dont les cheveux d’or,

Freya, sont pleins d’odeurs, et toi, valeureux Thor,

Toi, Fricka volontaire, et vous, mes Valkyries !



Ecoutez-moi, mes Dieux, pareils aux clairs matins :

Je suis la fille de vos Skaldes vénérables,

De ceux qui vous louaient, debout auprès des tables

Où les héros buvaient l’hydromel des festins.



Venez, mes Dieux puissants, car notre hiver est proche,

Nous allons rire avec les joyeux ouragans,

Nous abattrons le chêne épargné par les ans,

Et les monts trembleront jusqu’en leur cœur de roche !



Nous poserons nos pieds triomphants sur les mers,

Et nous réjouirons de la danse des vagues ;

Pour nous s’animeront les brumes, formes vagues,

Et pour nous nous brilleront les sillons de l’éclair.



Les mouettes crieront vers nous et vers l’otage

Que nous apporterons dans le creux de nos mains…

Or voici qu’on entend les combats surhumains

Et le cri des vaincus sur le blême rivage.



Voici, mes Dieux, que vous riez comme autrefois

Et que l’aigle tournoie au-dessus de son aire.

Nous avons déchaîné la meute du tonnerre,

Et les falaises ont reconnu notre voix.



La terre écoutera nos farouches musiques,

Et les cieux révoltés ploieront sous notre effort…

Venez à moi qui vous attends, mes Dieux du Nord !

Je suis la fille de vos Skaldes héroïques…
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