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Note moyenne 4.2 /5 (sur 130 notes)

Nationalité : Japon
Né(e) à : Ôdate (préfecture d’Akita) , le 13/10/1903
Mort(e) à : Tokyo , le 20/02/1933
Biographie :

Takiji Kobayashi est un écrivain et militant communiste.

Il grandit à Otaru, ville portuaire et industrielle de l'île de Hokkaido. Il étudie à l'École Supérieure de Commerce d'Otaru, l'une des plus prestigieuses écoles du pays à cette époque, puis il travaille à la Banque du Développement de Hokkaido.
Pendant ses études il publie plusieurs nouvelles et des poèmes. La découverte des conditions de vie effroyables des paysans et des ouvriers dans l'île de Hokkaido ainsi que la lecture des textes marxistes le rendent sensible au communisme.

En 1928, il acquiert une certaine notoriété littéraire en publiant le "15 mars 1928", un roman décrivant une journée de violente répression dirigée contre le Parti Communiste. Deux romans publiés en 1929, "Le bateau-usine" (Kanikōsen) et "Le propriétaire absent", font de lui la figure majeure de la littérature prolétarienne japonaise.

Ayant perdu son emploi à cause de ses écrits, il s'installe à Tôkyô en 1930 pour se consacrer à l'écriture et à l'action politique clandestine. Il passe l'année 1930 presque entièrement en prison. Il est emprisonné une deuxième fois pour "écrit irrévérencieux envers l'empereur". Libéré début 1931, il vit dans la clandestinité et continue à écrire.
Kobayashi participe à des manifestations et adhère au Parti communiste japonais en 1933. Le 20 février 1933, il est arrêté. Conduit dans un commissariat, il décède en fin de journée, après avoir été torturé. Officiellement, il est décédé d'un arrêt cardiaque.
Cette fin tragique, qui suscite une vive émotion au Japon et dans le monde entier, est notamment dénoncée par l'écrivain chinois Lu-Xun et par Romain Rolland en France.

"Le Bateau-usine" est considéré comme un chef d'œuvre de la littérature prolétarienne. Suite à la crise financière de 2008, ce dernier est élu livre de l'année au Japon.
Un film est tourné par Tanaka Hiroyuki en 2009, sous le titre “Kanikosen”, remake d'un vieux film de Yamamura Sô, datant de 1953 (titre français : Les bateaux de l’enfer) et un manga de Gô Fujio paru en 2006.
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Source : www.gillesparis.com
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Trailer de Kanikosen (2009)

Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Osmanthe   07 septembre 2015
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
L'entreprise de pêche prenait d'infinies précautions dans le recrutement des hommes. Ils demandaient aux maires des villages et aux chefs locaux de la police de leur recommander des "jeunes gens modèles". Afin que tout soit irréprochable, et que rien ne vienne gripper l'engrenage, ils sélectionnaient des travailleurs dociles qui ne s'intéressaient pas aux syndicats. Mais finalement le "travail" tel qu'il était organisé à bord des bateaux-usines aboutissait au résultat inverse de celui qu'ils recherchaient. Les conditions de travail intolérables poussaient irrémédiablement les travailleurs à se rassembler - à se syndiquer. Les capitalistes, tout "irréprochables" qu'ils fussent, n'avaient malheureusement pour eux pas assez de discernement pour comprendre ce paradoxe.
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Erik35   13 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Accrochée au mur à côté de la table, il y avait une affichette couverte de caractères tracés d'une main maladroite :



> Ceux qui se plaignent de la nourriture ne sont pas bien respectables.

> Ne gâchons pas la nourriture. Chaque grain de riz est le fruit du sang et de la sueur.

> Sachons endurer les contraintes et les souffrances.



Dans le blanc sous le texte, il y avait des graffitis obscènes, comme ceux des toilettes communes.
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Erik35   12 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
L'intendant pris la parole : "Je ne serai pas long." Il avait une stature imposante de chef de chantier. Un pied posé sur le rebord d'une couchette, il triturait l'intérieur de sa bouche avec un cure-dents, et de temps en temps il en extirpait ce qui s'y trouvait coincé.

"Comme on a déjà dû vous l'expliquer, vous êtes embarqué sur ce bateau-usine pour des raisons qui dépassent de loin les profits d'une entreprise donnée, n'est-ce pas, c'est une affaire de la plus haute importance pour les relations internationales... Il s'agit de montrer qui est le plus fort : le peuple du Grand Empire nippon, ou les Russkofs. C'est un duel entre eux et nous ! Et s'il arrivait que, - je dis bien "si" parce que évidemment c'est impossible -, si le Japon perdait, alors vous, fils de l'Empire, vous vous retrouveriez les couilles ballantes et n'auriez plus qu'à vous tailler le ventre avant d'aller finir au fond de la mer du Kamtchatka. On est moins grands qu'eux, mais c'est pas une excuse pour plier devant ces lourdauds de Russkofs."
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Erik35   15 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Les palans de ce rafiot étaient aussi solides que des genoux nécrosés. De temps en temps, l'une des poulies se bloquait, tandis que l'autre continuait à laisser filer le câble. La chaloupe victime de ce palan éclopé se retrouvait alors pendue en oblique, comme un hareng fumé. Dans ce genre de cas, les pêcheurs postés en dessous couraient un assez grand risque s'ils ne réagissaient pas assez vite. - C'est précisément ce qui arriva ce matin-là. «Ah ! Attention !» cria quelqu'un. La chaloupe lui tomba en plein sur le crâne, enfonçant sa tête dans le tronc comme un pieu en terre.

Ses compagnons le portèrent à l'infirmerie. Parmi eux, il y avait certains jeunes pêcheurs qui voulaient en découdre avec "le salaud 'intendant". Ils étaient bien décidés à demander au médecin un certificat médical car ils étaient certains que l'intendant, qui n'était qu'une vipère déguisée en humain, chercherait à prouver qu'ils étaient dans leur tort. Un certificat médical serait alors précieux pour contrer ses arguments. Et puis, le médecin s'était toujours montré compréhensif.

Une fois, il avait même avoué son étonnement. "Sur ce bateau, il y a beaucoup moins de blessures et de maladies dues au travail proprement dit que de complications liées à des coups ou à des mauvais traitements". Il avait même ajouté qu'il faudrait qu'il note scrupuleusement tout cela sur son registre pour en conserver la preuve. Il était donc plutôt bienveillant envers les pêcheurs et les ouvriers qui le consultaient.

Cependant, au mot de certificat, il eut l'air de tomber des nues. Il répondit en bredouillant :

" Ah... Un certificat médical... C'est à dire que... Euh...

- Ecrivez tout simplement ce que vous constatez".

La tension se faisait palpable.

" C'est que sur ce bateau, on n'a pas le droit de délivrer des certificats médicaux. Je sais, ça peut sembler arbitraire... C'est pour parer aux conséquences."
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Erik35   12 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Un étudiant s'était assis un instant derrière les caisses, à l'abri du vent, pour faire une pause. L'ancien mineur apparut au détour d'un angle et vint le rejoindre en soufflant dans ses mains.

«On risque not'peau, pas vrai ?!»

L'étudiant fut estomaqué par ce cri du cœur.

«Bien vrai, c'est comme à la mine, ici ! Toujours vivre en s'disant qu'on va crever. J'avais la trouille du grisou, mais les vagues, ça fout la trouille aussi.»
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MahaDee   07 mars 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
"C'est parti! En route pour l'enfer!"

Accoudés au bastingage, les deux pêcheurs contemplaient Hakodate. La ville embrassait la mer de son corps d'escargot s'étirant hors de sa coquille. L'un des deux cracha une cigarette fumée jusqu'à la base des doigts, qui fit plusieurs pirouettes en tombant le long de la haute coque du navire. L'homme puait l'alcool de la tête aux pieds.
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Erik35   12 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Exténués par les cadences infernales, les hommes avaient de plus en plus de mal à se lever le matin. Ce jour-là, l'intendant parcourait le dortoir en tapant de toutes ses forces sur un bidon d'essence vide, tout près des oreilles des dormeurs, jusqu'à ce qu'ils ouvrent les yeux et se lèvent. Un homme qui soufrait du béribéri leva un peu la tête et dit quelque chose. Mais l'intendant fit semblant de ne pas le voir et continua à taper sur son bidon. L'homme, dont la voix était couverte par le tintamarre, ouvrait et fermait la bouche comme un poisson rouge qui gobe de l'air à la surface de l'eau dans son aquarium. Après avoir tapé pendant un bon moment, l'intendant se mit à tonitruer : «Qu'est-ce qui vous arrive ? Je vais vous faire lever de gré ou de force, moi ! N'oubliez pas que le travail, c'est la patrie ! C'est comme la guerre ! Soyez prêts à donner votre vie ! Au travail, bandes d'imbéciles !»
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Erik35   14 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
«Moi aussi, j'ai été stupéfait d'apprendre ça, mais on m'a raconté qu'en fait, toutes les guerres menées par le Japon, si on gratte un peu pour voir ce qui se cache au fond du fond, eh bien dans tous les cas, elles ont toujours été décidées par deux ou trois gros riches (mais alors des très très riches), et pour le prétexte ils trouvent toujours quelque chose. Ces types-là, quand ils guignent "une zone prometteuse", ils font des pieds et des mains pour l'avoir. - On est mal barrés.»
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Alice_   27 septembre 2015
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Un pêcheur d'âge mûr pose nonchalamment son regard faiblard et brumeux sur le poêle, derrière des paupières flasques, plissées à la manière des coquilles d'huîtres, et lança un crachat. En tombant sur le poêle, le crachat s'enroula sur lui-même, grésilla bruyamment, sauta en l'air comme un haricot grillé, fondit à vue d’œil pour disparaître en laissant un minuscule dépôt de suie. Les autres gars regardaient tout cela distraitement.
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Osmanthe   04 septembre 2015
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Les bateaux-usines étaient des "usines" avant d'être des "navires". La loi sur la navigation ne s'y appliquait donc pas. On choisissait pour cet usage des épaves laissées à l'abandon pendant plus de vingt ans, avant d'être repeintes et revendues à Hakodate, telles des prostituées syphilitiques dissimulant habilement leurs disgrâces sous d'épais fards.
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