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4.26/5 (sur 358 notes)

Nationalité : Japon
Né(e) à : Ôdate (préfecture d’Akita) , le 13/10/1903
Mort(e) à : Tokyo , le 20/02/1933
Biographie :

Takiji Kobayashi est un écrivain et militant communiste.

Il grandit à Otaru, ville portuaire et industrielle de l'île de Hokkaido. Il étudie à l'École Supérieure de Commerce d'Otaru, l'une des plus prestigieuses écoles du pays à cette époque, puis il travaille à la Banque du Développement de Hokkaido.
Pendant ses études il publie plusieurs nouvelles et des poèmes. La découverte des conditions de vie effroyables des paysans et des ouvriers dans l'île de Hokkaido ainsi que la lecture des textes marxistes le rendent sensible au communisme.

En 1928, il acquiert une certaine notoriété littéraire en publiant le "15 mars 1928", un roman décrivant une journée de violente répression dirigée contre le Parti Communiste. Deux romans publiés en 1929, "Le bateau-usine" (Kanikōsen) et "Le propriétaire absent", font de lui la figure majeure de la littérature prolétarienne japonaise.

Ayant perdu son emploi à cause de ses écrits, il s'installe à Tôkyô en 1930 pour se consacrer à l'écriture et à l'action politique clandestine. Il passe l'année 1930 presque entièrement en prison. Il est emprisonné une deuxième fois pour "écrit irrévérencieux envers l'empereur". Libéré début 1931, il vit dans la clandestinité et continue à écrire.
Kobayashi participe à des manifestations et adhère au Parti communiste japonais en 1933. Le 20 février 1933, il est arrêté. Conduit dans un commissariat, il décède en fin de journée, après avoir été torturé. Officiellement, il est décédé d'un arrêt cardiaque.
Cette fin tragique, qui suscite une vive émotion au Japon et dans le monde entier, est notamment dénoncée par l'écrivain chinois Lu-Xun et par Romain Rolland en France.

"Le Bateau-usine" est considéré comme un chef d'œuvre de la littérature prolétarienne. Suite à la crise financière de 2008, ce dernier est élu livre de l'année au Japon.
Un film est tourné par Tanaka Hiroyuki en 2009, sous le titre “Kanikosen”, remake d'un vieux film de Yamamura Sô, datant de 1953 (titre français : Les bateaux de l’enfer) et un manga de Gô Fujio paru en 2006.
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Source : www.gillesparis.com
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Trailer de Kanikosen (2009)


Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
Juste au-dessus de leur tête, le hurlement de la sirène les interrompit. Ils levèrent les yeux vers l’énorme cheminée en surplomb au-dessus d’eux, large comme un baquet à bain, qui par un effet d’optique leur semblait chanceler. La sirène émanait d’un sifflet en forme de casquette allemande, saillant du ventre de la cheminée. Que son cri était funeste au milieu de la furie des bourrasques ! – Les chaloupes sorties au loin pour la pêche devait se fier à son signal ininterrompu pendant qu’elles luttaient contre la tempête pour retrouver le navire.

Chapitre III
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C'étaient des hommes qui autrefois avaient travaillé dans les champs avant le lever du jour, mais comme leur labeur ne suffisait pas à nourrir tout le monde, ils avaient été forcés de s'en aller. Au pays, seul restait le fils aîné - et même comme ça, il n'avait pas de quoi manger; on envoyait les filles à l'usine, le deuxième et le troisième fils travailler un peu n'importe où. Comme quand on met des fèves à griller dans une casserole: ceux qui étaient de trop étaient projetés dans tous les sens, bien obligés de quitter leur terre pour échouer en ville.
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Pour consolider les parois des galeries, on superposait des pans de chair de mineurs, comme des tranches de thon rouge en sashimi.

L’éloignement des villes était, là aussi, un prétexte bien commode pour justifier les pires atrocités. Dans les chariots de charbon, on retrouvait parfois des pouces ou des auriculaires amalgamés au minerai.
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Les bateaux pour la pêche au crabe, tous partis en même temps de Hakodate, s’étaient peu à peu éloignés les uns des autres. Mais lorsque le navire montait brusquement sur une crête, on pouvait apercevoir au loin deux mâts qui se balançaient, semblables aux deux bras levés d’un noyé. […]
Le bateau secouait violemment comme un cheval qui se débat pour se débarrasser d’un taon accroché à son dos.

Chapitre II
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L'entreprise de pêche prenait d'infinies précautions dans le recrutement des hommes. Ils demandaient aux maires des villages et aux chefs locaux de la police de leur recommander des "jeunes gens modèles". Afin que tout soit irréprochable, et que rien ne vienne gripper l'engrenage, ils sélectionnaient des travailleurs dociles qui ne s'intéressaient pas aux syndicats. Mais finalement le "travail" tel qu'il était organisé à bord des bateaux-usines aboutissait au résultat inverse de celui qu'ils recherchaient. Les conditions de travail intolérables poussaient irrémédiablement les travailleurs à se rassembler - à se syndiquer. Les capitalistes, tout "irréprochables" qu'ils fussent, n'avaient malheureusement pour eux pas assez de discernement pour comprendre ce paradoxe.
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Un étudiant attiré depuis Tôkyô par les recruteurs grommelait que ce n’était pas ce qu’il avait imaginé.
« Rien que des boniments ! Ils avaient dit que je pourrais dormir seul.
- Eh bien tu vois, c’était vrai : on dort ‘seuls’. En bons célibataires ! »
Ils étaient dix-sept ou dix-huit ex-étudiants. On leur avait avancé soixante yens au départ, mais une fois payé le billet de train, les frais de pension, le couchage, et bien sûr la commission du recruteur, ils s’étaient retrouvés endettés (!) de sept ou huit yens chacun avant même d’avoir foulé le pont du bateau.

Chapitre III
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Accrochée au mur à côté de la table, il y avait une affichette couverte de caractères tracés d'une main maladroite :

> Ceux qui se plaignent de la nourriture ne sont pas bien respectables.
> Ne gâchons pas la nourriture. Chaque grain de riz est le fruit du sang et de la sueur.
> Sachons endurer les contraintes et les souffrances.

Dans le blanc sous le texte, il y avait des graffitis obscènes, comme ceux des toilettes communes.
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L’attente du cargo était plus obsédante encore que l’attente d’une femme. C’est que ce bateau était la seule chose qui ne sentait pas l’eau salée.
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Les palans de ce rafiot étaient aussi solides que des genoux nécrosés. De temps en temps, l'une des poulies se bloquait, tandis que l'autre continuait à laisser filer le câble. La chaloupe victime de ce palan éclopé se retrouvait alors pendue en oblique, comme un hareng fumé. Dans ce genre de cas, les pêcheurs postés en dessous couraient un assez grand risque s'ils ne réagissaient pas assez vite. - C'est précisément ce qui arriva ce matin-là. «Ah ! Attention !» cria quelqu'un. La chaloupe lui tomba en plein sur le crâne, enfonçant sa tête dans le tronc comme un pieu en terre.
Ses compagnons le portèrent à l'infirmerie. Parmi eux, il y avait certains jeunes pêcheurs qui voulaient en découdre avec "le salaud 'intendant". Ils étaient bien décidés à demander au médecin un certificat médical car ils étaient certains que l'intendant, qui n'était qu'une vipère déguisée en humain, chercherait à prouver qu'ils étaient dans leur tort. Un certificat médical serait alors précieux pour contrer ses arguments. Et puis, le médecin s'était toujours montré compréhensif.
Une fois, il avait même avoué son étonnement. "Sur ce bateau, il y a beaucoup moins de blessures et de maladies dues au travail proprement dit que de complications liées à des coups ou à des mauvais traitements". Il avait même ajouté qu'il faudrait qu'il note scrupuleusement tout cela sur son registre pour en conserver la preuve. Il était donc plutôt bienveillant envers les pêcheurs et les ouvriers qui le consultaient.
Cependant, au mot de certificat, il eut l'air de tomber des nues. Il répondit en bredouillant :
" Ah... Un certificat médical... C'est à dire que... Euh...
- Ecrivez tout simplement ce que vous constatez".
La tension se faisait palpable.
" C'est que sur ce bateau, on n'a pas le droit de délivrer des certificats médicaux. Je sais, ça peut sembler arbitraire... C'est pour parer aux conséquences."
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Un étudiant s'était assis un instant derrière les caisses, à l'abri du vent, pour faire une pause. L'ancien mineur apparut au détour d'un angle et vint le rejoindre en soufflant dans ses mains.
«On risque not'peau, pas vrai ?!»
L'étudiant fut estomaqué par ce cri du cœur.
«Bien vrai, c'est comme à la mine, ici ! Toujours vivre en s'disant qu'on va crever. J'avais la trouille du grisou, mais les vagues, ça fout la trouille aussi.»
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