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Note moyenne 4.27 /5 (sur 170 notes)

Nationalité : Japon
Né(e) à : Ôdate (préfecture d’Akita) , le 13/10/1903
Mort(e) à : Tokyo , le 20/02/1933
Biographie :

Takiji Kobayashi est un écrivain et militant communiste.

Il grandit à Otaru, ville portuaire et industrielle de l'île de Hokkaido. Il étudie à l'École Supérieure de Commerce d'Otaru, l'une des plus prestigieuses écoles du pays à cette époque, puis il travaille à la Banque du Développement de Hokkaido.
Pendant ses études il publie plusieurs nouvelles et des poèmes. La découverte des conditions de vie effroyables des paysans et des ouvriers dans l'île de Hokkaido ainsi que la lecture des textes marxistes le rendent sensible au communisme.

En 1928, il acquiert une certaine notoriété littéraire en publiant le "15 mars 1928", un roman décrivant une journée de violente répression dirigée contre le Parti Communiste. Deux romans publiés en 1929, "Le bateau-usine" (Kanikōsen) et "Le propriétaire absent", font de lui la figure majeure de la littérature prolétarienne japonaise.

Ayant perdu son emploi à cause de ses écrits, il s'installe à Tôkyô en 1930 pour se consacrer à l'écriture et à l'action politique clandestine. Il passe l'année 1930 presque entièrement en prison. Il est emprisonné une deuxième fois pour "écrit irrévérencieux envers l'empereur". Libéré début 1931, il vit dans la clandestinité et continue à écrire.
Kobayashi participe à des manifestations et adhère au Parti communiste japonais en 1933. Le 20 février 1933, il est arrêté. Conduit dans un commissariat, il décède en fin de journée, après avoir été torturé. Officiellement, il est décédé d'un arrêt cardiaque.
Cette fin tragique, qui suscite une vive émotion au Japon et dans le monde entier, est notamment dénoncée par l'écrivain chinois Lu-Xun et par Romain Rolland en France.

"Le Bateau-usine" est considéré comme un chef d'œuvre de la littérature prolétarienne. Suite à la crise financière de 2008, ce dernier est élu livre de l'année au Japon.
Un film est tourné par Tanaka Hiroyuki en 2009, sous le titre “Kanikosen”, remake d'un vieux film de Yamamura Sô, datant de 1953 (titre français : Les bateaux de l’enfer) et un manga de Gô Fujio paru en 2006.
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Source : www.gillesparis.com
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Vidéo de

Trailer de Kanikosen (2009)


Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
HordeduContrevent   09 juin 2021
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Pour consolider les parois des galeries, on superposait des pans de chair de mineurs, comme des tranches de thon rouge en sashimi.



L’éloignement des villes était, là aussi, un prétexte bien commode pour justifier les pires atrocités. Dans les chariots de charbon, on retrouvait parfois des pouces ou des auriculaires amalgamés au minerai.
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HundredDreams   20 juin 2021
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Une fois le travail terminé, les matelots retournaient tous les uns après les autres dans le "merdier". Leurs membres pendaient raides et gelés, pareils à de gros radis blancs. Chacun retournait vers sa couche comme un ver à soie à son casier, et se réfugiait dans le silence. Affalés sur le flanc, ils se tenaient aux montants en fer. Le bateau se secouait violemment comme un cheval qui se débat pour se débarrasser d'un taon accroché à son dos. Les pêcheurs tournaient leur regard vague vers la plafond blanc couvert d'une couche jaunâtre, ou vers les hublots bleu-noir presque entièrement sous l'eau… Certains tombaient dans un état quasi comateux, immobiles, la bouche entrouverte. Tous avaient la tête vide. Une angoisse indicible leur imposait un pénible silence.
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HundredDreams   23 juin 2021
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Et voilà la mer du Kamtchatka, qui semble les défier d'un : "Ah, vous voilà !"

Les vagues étaient maintenant des lions affamés, au milieu desquels le navire plus vulnérable qu'un lièvre frayait sa route.

La neige avait envahi le ciel tel un grand étendard blanc soumis aux caprices du vent.
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HordeduContrevent   10 juin 2021
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
L’attente du cargo était plus obsédante encore que l’attente d’une femme. C’est que ce bateau était la seule chose qui ne sentait pas l’eau salée.
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Snail11   20 juin 2021
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Chacun retournait vers sa couche comme un ver à soie à son casier, et se réfugiait dans le silence.
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Osmanthe   07 septembre 2015
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
L'entreprise de pêche prenait d'infinies précautions dans le recrutement des hommes. Ils demandaient aux maires des villages et aux chefs locaux de la police de leur recommander des "jeunes gens modèles". Afin que tout soit irréprochable, et que rien ne vienne gripper l'engrenage, ils sélectionnaient des travailleurs dociles qui ne s'intéressaient pas aux syndicats. Mais finalement le "travail" tel qu'il était organisé à bord des bateaux-usines aboutissait au résultat inverse de celui qu'ils recherchaient. Les conditions de travail intolérables poussaient irrémédiablement les travailleurs à se rassembler - à se syndiquer. Les capitalistes, tout "irréprochables" qu'ils fussent, n'avaient malheureusement pour eux pas assez de discernement pour comprendre ce paradoxe.
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Erik35   13 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Accrochée au mur à côté de la table, il y avait une affichette couverte de caractères tracés d'une main maladroite :



> Ceux qui se plaignent de la nourriture ne sont pas bien respectables.

> Ne gâchons pas la nourriture. Chaque grain de riz est le fruit du sang et de la sueur.

> Sachons endurer les contraintes et les souffrances.



Dans le blanc sous le texte, il y avait des graffitis obscènes, comme ceux des toilettes communes.
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Erik35   15 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Les palans de ce rafiot étaient aussi solides que des genoux nécrosés. De temps en temps, l'une des poulies se bloquait, tandis que l'autre continuait à laisser filer le câble. La chaloupe victime de ce palan éclopé se retrouvait alors pendue en oblique, comme un hareng fumé. Dans ce genre de cas, les pêcheurs postés en dessous couraient un assez grand risque s'ils ne réagissaient pas assez vite. - C'est précisément ce qui arriva ce matin-là. «Ah ! Attention !» cria quelqu'un. La chaloupe lui tomba en plein sur le crâne, enfonçant sa tête dans le tronc comme un pieu en terre.

Ses compagnons le portèrent à l'infirmerie. Parmi eux, il y avait certains jeunes pêcheurs qui voulaient en découdre avec "le salaud 'intendant". Ils étaient bien décidés à demander au médecin un certificat médical car ils étaient certains que l'intendant, qui n'était qu'une vipère déguisée en humain, chercherait à prouver qu'ils étaient dans leur tort. Un certificat médical serait alors précieux pour contrer ses arguments. Et puis, le médecin s'était toujours montré compréhensif.

Une fois, il avait même avoué son étonnement. "Sur ce bateau, il y a beaucoup moins de blessures et de maladies dues au travail proprement dit que de complications liées à des coups ou à des mauvais traitements". Il avait même ajouté qu'il faudrait qu'il note scrupuleusement tout cela sur son registre pour en conserver la preuve. Il était donc plutôt bienveillant envers les pêcheurs et les ouvriers qui le consultaient.

Cependant, au mot de certificat, il eut l'air de tomber des nues. Il répondit en bredouillant :

" Ah... Un certificat médical... C'est à dire que... Euh...

- Ecrivez tout simplement ce que vous constatez".

La tension se faisait palpable.

" C'est que sur ce bateau, on n'a pas le droit de délivrer des certificats médicaux. Je sais, ça peut sembler arbitraire... C'est pour parer aux conséquences."
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Erik35   12 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
L'intendant pris la parole : "Je ne serai pas long." Il avait une stature imposante de chef de chantier. Un pied posé sur le rebord d'une couchette, il triturait l'intérieur de sa bouche avec un cure-dents, et de temps en temps il en extirpait ce qui s'y trouvait coincé.

"Comme on a déjà dû vous l'expliquer, vous êtes embarqué sur ce bateau-usine pour des raisons qui dépassent de loin les profits d'une entreprise donnée, n'est-ce pas, c'est une affaire de la plus haute importance pour les relations internationales... Il s'agit de montrer qui est le plus fort : le peuple du Grand Empire nippon, ou les Russkofs. C'est un duel entre eux et nous ! Et s'il arrivait que, - je dis bien "si" parce que évidemment c'est impossible -, si le Japon perdait, alors vous, fils de l'Empire, vous vous retrouveriez les couilles ballantes et n'auriez plus qu'à vous tailler le ventre avant d'aller finir au fond de la mer du Kamtchatka. On est moins grands qu'eux, mais c'est pas une excuse pour plier devant ces lourdauds de Russkofs."
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Erik35   12 novembre 2017
Le bateau-usine de Takiji Kobayashi
Un étudiant s'était assis un instant derrière les caisses, à l'abri du vent, pour faire une pause. L'ancien mineur apparut au détour d'un angle et vint le rejoindre en soufflant dans ses mains.

«On risque not'peau, pas vrai ?!»

L'étudiant fut estomaqué par ce cri du cœur.

«Bien vrai, c'est comme à la mine, ici ! Toujours vivre en s'disant qu'on va crever. J'avais la trouille du grisou, mais les vagues, ça fout la trouille aussi.»
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