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Evelyne Lesigne-Audoly (Traducteur)
ISBN : 2916209646
Éditeur : Editions Yago (09/10/2009)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Dans les années 20, au Japon… L'industrialisation du pays fait rage, tandis qu'en Russie, la Révolution vient de s'achever. Au port de Hakodate, c'est l'effervescence : le bateau-usine s’apprête à partir en mer, pour pêcher des crabes qui seront revendus à prix d'or. Mais les ouvriers-pécheurs ne se doutent pas encore du destin qui les attend… Exploités, battus et spoliés par Asakawa, l'intendant du navire qui ne pense qu'aux bénéfices de l'entreprise qu'il représen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  14 février 2017
Manga découvert grâce à ma fille aînée. C'est une adaptation d'un grand classique de la littérature japonaise des années 1920 : le "Bateau-usine" de Takiji Kobayashi, mort torturé pour avoir soutenu et participé au mouvement culturel prolétarien.
En plein essor industriel, le Japon rivalise avec son ennemi russe au large de la mer du Kamtchtka. La pêche au crabe se fait à bord de bateaux-usines, où les ouvriers sont surexploités, maltraités, assassinés, sans que personne ne s'en soucie ou ne réagisse. C'est précisément le récit de l'une de ces embarcations pour l' "enfer" qui nous est conté. Le traitement inhumain, les sévices, la peur de mourir, l'épuisement, la maladie, mais aussi la solidarité, le courage, la révolte...
Un témoignage historique fort et une adaptation-hommage émouvante, illustrés par une iconographie dense et réaliste.
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raton-liseur
  04 avril 2014
« le bègue lança : « Pour la grève : Banzai ! » le cri fut repris en choeur par trois cent hommes, trois fois de suite. » (p. 124, Chapitre 10) le bateau-usine fait des conserves de crabe, et c'est lui faire honneur que de le comparer à une galère. Les conditions de travail sont inimaginables (au sens littéral, je ne peux pour ma part m'imaginer que ce qui est décrit est réel), les pêcheurs et les travailleurs sont traités avec une inhumanité poussée à l'extrême, peu importe les pertes humaines tant qu'elles meurent en travaillant encore. L'intendant qui représente la compagnie affréteuse incarne le système capitaliste poussé à son paroxysme, où les intérêts financiers d'un petit nombre sont plus importants que la vie du plus grand nombre. Dans ce contexte, le mécontentement sourd, la révolte prend forme.
Il est intéressant de lire la postface pour comprendre un peu mieux le contexte dans lequel ce livre a été écrit. L'auteur, Takiji Kobayashi, a laissé peu d'oeuvres littéraires, d'une part du fait de son engagement actif pour la cause communiste et d'autre part du fait de sa mort prématurée à l'âge de 29 ans, suite à un interrogatoire de police dont on peut imaginer les conditions. On était en 1933, une période marquée au Japon par un expansionnisme militaire à tout va et un conservatisme social qui ne souffrait guère les remises en cause.
La Bateau usine est son oeuvre la plus connue, tant à l'époque de l'auteur qu'aujourd'hui, suite à une redécouverte en 2008 par les jeunes générations touchées par la crise économique et cherchant de nouvelles marques dans une société japonaise en besoin de mutation.
Il me faut avouer que cette lecture ne m'a pas captivée. J'ai trouvé le trait trop forcé, mais je ne sais si c'est l'auteur qui noircit le tableau ou moi qui suis trop naïve. Par ailleurs, le traitement narratif m'a peu plu. Un peu trop didactique et prévisible, me donnant la sensation de lire une oeuvre de propagande. Mais aussi un manque de continuité dans la narration, et une fin que je ne peux m'empêcher de trouver bâclée.
En lisant l'analyse littéraire en postface, expliquant au lecteur en quoi cette oeuvre est fantastique, j'ai compris pourquoi je n'en avais pas apprécié la lecture : tout ce qui y est décrit comme de splendides trouvailles littéraires et tout ce que je déteste en général : Kobayashi aurait voulu utiliser dans ce court roman les procédés du cinéma récent, et aurait voulu mettre en pratique les valeurs communistes : des plans fixes qui se succèdent, sans pour autant assurer une continuité narrative ; pas de personnages qui ressortent, mais une description de la foule, du groupe comme une entité en soi, et j'en passe.
Je comprends donc à la fin de cette lecture que ce livre n'était pas fait pour me plaire. Ne pouvant juger de sa valeur en tant que témoignage d'une situation qui a réellement existé, je n'ai pas non plus su l'apprécier pour son éventuelle valeur littéraire. Cela reste cependant pour moi une lecture intéressante. Intéressant de lire un roman japonais qui tranche par rapport aux livres emblématiques comme ceux de Kawabata ou Soseki, et qui m'a fait découvrir une autre facette de la littérature de ce pays, plus en prise avec la réalité sociale ; intéressant aussi de lire un livre qui a eu un tel succès au Japon dans les dernières années, cela jette une lumière inattendue sur les tensions et les questionnements qui agitent cette société que je connais très mal pour ne pas dire pas du tout.
Une lecture instructive donc, utile peut-être, mais je m'arrêterai là.
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christinebeausson
  28 décembre 2016
Ah ces masses critiques qui savent si bien attiser notre curiosité !
Merci aux éditions Akata pour cet envoi.
Se retrouver à lire un manga .... ce n'est pas vraiment mon habitude mais, un manga anticapitaliste, monument de la littérature contestataire cela ne se refuse pas.
Bon je me rappelle les commentaires du plus jeune de mes fils .... tu commences par la fin et tu lis les bulles de gauche à droite !
Il suffit de faire attention sinon l'histoire coule nettement moins bien !
Réaliser à quel point il y avait de haine entre deux peuples, les japonais et les russes !
Réaliser à quel point le patronat japonais a été terrorisé par l'idée que la révolution russe allait contaminer le pays du soleil levant !
Réaliser que pour certains, conserver une chaloupe sur une mer déchaînée avait beaucoup plus d'importance que de sauver des vies humaines !
Lire que pour certains, un rafiot rapportera plus d'argent en faisant naufrage, même si l'équipage péri avec !
Découvrir qu'un bateau usine, n'est pas considéré comme un bateau de croisière, ni comme une usine, donc, qu'aucune réglementation ne s'applique !
Surprise, parfois au milieu des planches dépeignant la dure vie des pêcheurs, une reproduction d'une photo avec des vrais hommes, glaçant !
Littérature prolétarienne, apologie du collectif, seul moyen d'action en face d'un patronat très très énergique et pas du tout paternaliste !
Autant la description de vie sur ces bateaux usines dans les années 20 avec les aléas du temps, des bancs de crabes, est très réussie,autant la mise en avant des moyens de lutte contre le capitalisme dans ces conditions l'est beaucoup moins. Aucune marge de manoeuvre pour l'individu et ses sentiments individuels. Tout est à la gloire des masses laborieuses qui lorsqu'elles se lèvent entraînent ...
Le livre commence et fini par une description de la fin de vie de Takiji Kobayashi, mort torturé suite à l'écriture de son oeuvre qui a été interdite pendant très longtemps.
Une chose est sûre plus jamais je ne mangerai de crabes du kamtchatka !
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jamiK
  22 janvier 2018
J'ai aimé l'aspect roman social, militant ce ce manga. L'histoire se passe dans les années 20, sur un bateau usine japonais, véritable bagne flottant. C'est un pamphlet contre le capitalisme brutal de l'époque. Mais, quite à passer pour un vieux dinosaure, j'ai beau avoir retenté l'expérience plusieurs fois, j'ai vraiment beaucoup de mal avec les mangas : je trouve le format désagréable à lire, je ne parle pas uniquement du fait de lire à l'envers, il y a aussi le graphisme stéréotypé, les gros plans sur les visages avec la bouche ouverte, le noir et blanc avec ses trames grossières, et aussi les caractères extrêmes des personnages, les méchants et les gentils, usant d'un manichéisme basique, sans nuance. Bref, peut-être que je lirais un jour le roman de Kobayashi dont cette BD est l'adaptation, mais je ne suis toujours pas convaincu par les mangas (c'est quand même la première fois que j'arrive à en lire un jusqu'au bout).
Commenter  J’apprécie          105
Pixie-Flore
  09 janvier 2017
"En route pour l'enfer", c'est à peu près de cette façon que commence cette histoire. Le ton est donc donné dès le départ.
Je ne connaissais pas cet auteur, ni son histoire révoltante - c'est le cas de le dire. Et c'est avec un immense plaisir, et beaucoup de colère que j'ai découvert son oeuvre adaptée. L'histoire est déchirante, vous sentez le désarroi de ces ouvriers/pêcheurs/machinistes qui ne sont plus considérés comme des êtres vivants mais comme du matériel alors que le potentiel de rendement ne dépend finalement que de ces hommes. C'était ce que dénonçait Takiji Kobayashi, et malheureusement, s'il était né à notre époque, il aurait encore de quoi écrire à ce sujet...
L'adaptation en manga est une bonne idée. le but était de rendre ce récit accessible aux plus jeunes: je pense que c'est réussi. D'autant plus que les illustrations de Gô Fujio sont travaillées et réalistes, très suggestives aussi. Mais j'ai tout de même envie de lire le roman dont est tiré ce manga, pour avoir plus de détails, peut-être pour en apprendre encore davantage.
Comme pour chaque Masse-critique, je remercie Babelio pour m'avoir permis de découvrir une nouvelle oeuvre. Et merci aux éditions Akata d'avoir publié en français ce manga judicieux.
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critiques presse (3)
Telerama   16 novembre 2016
Gô Fujio, dans cette adaptation, a parfaitement rendu le souffle âpre et l'originalité narrative de l'oeuvre originale.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDZoom   10 octobre 2016
Un remarquable témoignage, superbement mis en image, qui vous prend forcément aux tripes.
Lire la critique sur le site : BDZoom
ActuaBD   13 septembre 2016
Adaptation réussie d’un classique de la littérature prolétaire japonaise, un puissant récit qui revient sur la place des travailleurs pauvres dans le jeu du capitalisme effréné.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   04 avril 2014
Afin que tout soit irréprochable et que rien ne vienne gripper l’engrenage, ils sélectionnaient des travailleurs dociles qui ne s’intéressaient pas aux syndicats. Mais finalement le « travail » tel qu’il était organisé à bord des bateaux-usines aboutissait au résultat inverse de celui qu’ils recherchaient. Les conditions de travail intolérables poussaient irrémédiablement les travailleurs à se rassembler, à se syndiquer. Les capitalistes tout « irréprochables » qu’ils fussent, n’avaient malheureusement pour eux pas assez de discernement pour comprendre ce paradoxe. C’est presque comique, envisagé de ce point de vue. S’ils avaient voulu faire exprès de mettre ensemble des travailleurs non encore syndiqués et les pires soûlards pour leur donner le mode d’emploi du rassemblement, ils ne s’y seraient pas pris autrement.
(p. 98-99, Chapitre 8).
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rabannerabanne   14 février 2017
Chaque année, quand la campagne de pêche touchait à sa fin, on préparait des "offrandes" de boîtes de conserve de crabe destinées à l'empereur.
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christinebeaussonchristinebeausson   26 décembre 2016
Qui vous a donné l'ordre de faire un détour inutile ?!
Il est à qui, ce bateau ?
Il est à l'entreprise qui paie pour l'affréter !
Alors ceux qui ont le droit de l'ouvrir ici, c'est M.Suda, le patron et moi !
Tu fais le fier en disant que t'es le capitaine mais tu vaux pas plus que le papier pour essuyer la merde !
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christinebeaussonchristinebeausson   25 décembre 2016
Si jamais on perdait, alors les jeunes japonais que vous êtes, avec vos couilles ballantes, vous n'auriez plus qu'à vous ouvrir le ventre et vous jeter dans la mer du Kamtchatka ! Pas question de se laisser vaincre par ces lourdauds de russkofs !
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JevousdisquecestmoiJevousdisquecestmoi   09 avril 2012
A Hokkaïdo, chaque traverse de voie ferrée était taillée dans le cadavre bleui d'un travailleur. Ceci n'est pas une figure de style. Sur les chantiers portuaires, les travailleurs victimes du béribéri étaient ensevelis vivants dans les terres gagnées sur la mer.
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