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Note moyenne 3.83 /5 (sur 1699 notes)

Nationalité : Japon
Né(e) à : Tôkyô , le 24/07/1886
Mort(e) à : Tôkyô , le 30/07/1965
Biographie :

Jun'ichirō Tanizaki est un écrivain japonais.

Né dans une famille aisée de marchands, fortune due à l'ingéniosité de son grand-père, il fait de brillantes études à l'Université impériale de Tôkyô, mais en 1910 la ruine de son père le contraint à les interrompre. Il considéra son père comme un être faible qu'il transposera dans ses écrits. La même année, il publie son premier texte, une nouvelle cruelle et raffinée, "Le Tatouage", dans la revue qu'il a fondée avec quelques amis. L'histoire de la belle courtisane et de son tatouage en forme d'araignée fait scandale et lance sa carrière d'écrivain.

En 1913, il rassemble toutes ses nouvelles dans un recueil intitulé "Le Diable" et subit les foudres de la censure qui les juge « immorales ». Il publie sans trêve drames, comédies et scénarios à une époque où le cinéma en est encore à ses balbutiements, il traduit également la pièce d'Oscar Wilde "L’Éventail de Lady Windermere".

Installé à Yokohama, il fréquente les résidents étrangers et découvre l'image de la femme occidentale. Lorsqu'un terrible tremblement de terre détruit la ville en 1923, il s'installe définitivement dans le Kansai. Le séisme le bouleverse profondément : alors qu'il puisait son inspiration dans un Occident et une Chine exotiques, il revient vers le Japon à partir de 1924, date à laquelle paraît son premier roman, "Un amour insensé".

Dans les années 30, il multiplie les publications : "Yoshino" (1931), "Le Récit de l’aveugle" (1931), "Histoire secrète du sire de Musashi" (1932), "Le Coupeur de roseaux" (1932), "Shunkin, esquisse d’un portrait" (1933), "Éloge de l'ombre" (1933).

Il se consacre ensuite à la traduction en japonais moderne de "Le Dit du Genji" de Murasaki Shikibu. En 1943, la publication en feuilleton de son chef-d'œuvre "Quatre sœurs" est interdite car jugée inconvenante en temps de guerre. Après la guerre, Tanizaki publie des romans audacieux comme "La Mère du général Shigemoto" (1950) et "La Clef : La Confession impudique" (1956).

Son état de santé s’aggrave après 1960. Sa souffrance et son obsession de la mort apparaissent dans son "Journal d’un vieux fou" (1961).

En 1964, il fait partie des six derniers candidats retenus de la short list du comité Nobel.

Décerné en son honneur, le prix Tanizaki est l'une des principales récompenses littéraires au Japon.
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Source : Shunkin, Éditions Folio-Gallimard
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Bibliographie de Junichirô Tanizaki   (34)Voir plus

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Émission “Une vie une oeuvre” de Matthieu Garrigou-Lagrange diffusée sur France Culture et consacrée, le 15 décembre 2012, à l'évocation de l'écrivain japonais Jun'ichirō Tanizaki. “Jun'ichirō Tanizaki, l'emprise des sens”. Par Michel Pomarède. Réalisation : Jean-Claude Loiseau. Jun'ichirō Tanizaki est le seul écrivain japonais publié en Pléiade, seul à faire l'unanimité parmi les spécialistes de littérature japonaise, dont il est l'enfant terrible. Alors que Mishima se mêle de l’histoire de son pays en fondant une milice paramilitaire, que Kawabata signe un appel en 1967, un an avant de recevoir le Nobel de littérature, contre la révolution culturelle en Chine, Tanizaki se tient en retrait de la vie publique. S’il est engagé, c’est dans son œuvre. Son obsession : donner libre cours à ses intrigues, ses narrations et ses fantasmes. Ceux-ci apparaissent sont révélés dès sa première nouvelle, publiée en 1910, à l’âge de 24 ans, et intitulée « Le Tatouage ». Il y met en scène des rapports sadomasochistes et fétichistes du pied. Adepte dans sa vie de relations triangulaires, il cède sa femme à un ami et l’annonce dans les journaux ! Il fait scandale en incarnant lui même son œuvre. À sa mort en 1965, il est au panthéon des lettres japonaises. En France, c'est surtout pour son court essai intitulé « Éloge de l’ombre », qu'il est connu. Une vie, une œuvre pénètre au cœur des fantasmes de cet ogre littéraire et met en lumière cet obsédé textuel. Avec les traductrices et professeurs de japonais, Anne Bayard Sakai, Cécile Sakai, Jacqueline Pigeot, les romanciers René de Ceccaty et Michael Ferrier, le spécialiste du cinéma japonais underground Julien Sévéon et Agnès Giard, auteur des “Histoires d’amour au japon (des mythes fondateurs aux fables contemporaines)” et aussi du dictionnaire érotique au Japon, publiés chez Glenat. Bibliographie : Les 2 volumes de Tanizaki dans la Pléiade Le volume In-quarto Tanizaki , publié chez Gallimard Les livres d’Agnès Giard chez Glénat Le cinéma enragé au Japon, publié par Rouge Profond, par Julien Sévéon Sites internet : www.shunkin.net/tanizaki/accueil/accueil.html (bio et biblio complète) www.plathey.net/livres/japon/tanizaki.html (bio et adaptations cinématographiques) Thèmes : Arts & Spectacles| Asie| Littérature Etrangère| Jun'ichirō Tanizaki Source : France Culture

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Citations et extraits (380) Voir plus Ajouter une citation
Sachka   12 janvier 2021
Le tatouage et autres récits de Junichirô Tanizaki
Aux concours de tatouages qui, de temps à autres se tenaient à Ryôgoku, les participants, tapotant chacun son épiderme, échangeaient leurs critiques, exaltaient l'originalité du motif de leur invention.

Un jeune tatoueur du nom de Seikichi était orfèvre en la matière. Célébré comme étant au moins aussi habile que Charibun d'Asakusa, que Yappei et Konkonjirô de la rue de Matsushima, que d'autres encore, c'est par dizaines que les clients déployaient le satin vierge de leur épiderme sous la pointe de ses pinceaux.

La plupart des tatouages les plus hautement prisés lors des concours étaient des oeuvres de sa main.

Si Darumakin passait pour le spécialiste des tons dégradés, si de Karakusagonta on portait aux nues les tatouages au cinabre, Seikichi les surpassait encore en réputation par ses singulières compositions et la souplesse voluptueuse de ses tracés.
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Sachka   14 janvier 2021
Le tatouage et autres récits de Junichirô Tanizaki
La nuit printanière fit place au point du jour dans les bruits d'avirons des barges remontant et descendant la rivière. À l'heure où, parmi la brume en train de s'effilocher au-dessus des voiles blanches gonflées par la brise matinale et glissant vers l'aval, étincelèrent les toits de tuiles de Nakasu, de Hakozaki, de Reiganjima, Seikichi laissa retomber son pinceau et resta en contemplation devant l'araignée incrustée dans le dos de la jeune fille. Oui, toute sa vie avait passé dans ce tatouage, et maintenant qu'il avait achevé son travail, il se sentait dans l'âme un vide immense.

Un moment encore les deux silhouettes demeurèrent ainsi complètement immobiles. Et puis très faible, un peu rauque, une voix vibra entre les quatre murs de la chambre :

- Pour faire de toi une femme vraiment belle , c'est toute mon âme que je t'ai instillée avec mes encres. Désormais, dans tout le Japon, aucune femme ne te surpassera. Te voilà délivrée de ce qu'il y avait de pusillanime en toi. Tous les hommes, oui tous, seront ta riche pâture.
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Fabinou7   12 avril 2021
Louange de l'ombre de Junichirô Tanizaki
"Décidément, quel que soit le pays les vieux disent tous la même chose, me disais-je, il semble bien que l’homme, au fur et à mesure qu’il avance en âge, soit toujours prêt à trouver que c’était mieux avant"
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Junichirô Tanizaki
Cricri124   15 décembre 2018
Junichirô Tanizaki
La véracité des êtres se trouve dans le mensonge.
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ster   11 mai 2011
Eloge de l'ombre de Junichirô Tanizaki
Avez-vous jamais,vous qui me lisez, vu "la couleur des ténèbres à la lueur d'une flamme"? Elles sont faites d'une autre matière que celles des ténèbres de la nuit sur une route, et si je puis risquer une comparaison, elles paraissent faites de corpuscules comme d'une cendre ténue, dont chaque parcelle resplendirait de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
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Alice_   22 novembre 2014
Journal d'un vieux fou de Junichirô Tanizaki
Je tiens un journal simplement parce que cela m'intéresse de l'écrire. Je n'ai pas l'intention de le montrer à qui que ce soit. Ma vue s'est affaiblie terriblement de sorte que je ne peux pas lire autant que je le voudrais, alors, n'ayant pas d'autre moyen de me distraire, j'écris pour tuer le temps. J'écris au pinceau en gros caractères pour être lisible. Pour qu'il ne tombe pas sous les yeux d'indiscrets j'enferme mon carnet dans un coffre-fort. J'en ai déjà accumulé cinq maintenant. Je crois que je devrais brûler le tout un de ces jours mais j'ai peut-être avantage à les conserver. De temps en temps j'en ouvre un vieux, je suis étonné de voir combien je perds la mémoire. Les événements d'il y a un an me paraissent nouveaux ; je ne trouve pas que leur intérêt ait diminué.
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ivredelivres   18 juin 2011
Eloge de l'ombre de Junichirô Tanizaki
Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses. De même qu’une pierre phosphorescente qui, placée dans l’obscurité émet un rayonnement, perd, exposée au plein jour, toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd son existence si l’on supprime les effets d’ombre.

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andman   13 août 2013
Svastika de Junichirô Tanizaki
Elle me dépassait de quelques centimètres, et de plus, les femmes qui sont belles, même si elles n'ont pas l'intention de se vanter de leur apparence, se révèlent tout de même par leur comportement sûres d'elles, à moins que ce ne soit qu'une impression chez quelqu'un qui, comme moi, est intimidé.
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Sachenka   26 mars 2015
Le goût des orties de Junichirô Tanizaki
Certains diront qu'un art entre en décadence quand il se fixe, s'emprisonne dans des formes stéréotypées.
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andman   22 mars 2013
La Clef : La Confession impudique de Junichirô Tanizaki
Une moitié de moi-même déteste violemment mon mari, mais une autre l'aime tout aussi violemment. Nous ne sommes en réalité pas faits pour nous entendre, mais je ne suis pas pour autant disposée à aimer quelqu'un d'autre. Je suis engluée dans de vieux idéaux de fidélité, et par nature incapable de les transgresser. Certes, cette façon perverse et insistante de me caresser m'est insupportable, mais, d'un autre côté, comme il est évident qu'il m'aime à la folie, je me sentirais coupable de ne pas le récompenser d'une manière ou d'une autre.
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