AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 3.46 /5 (sur 201 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Langres , 1958
Biographie :

Thierry Beinstingel est un écrivain français.

Il débute sa vie professionnelle à La Poste, puis devient cadre au Central Téléphonique de Saint-Dizier. Il est cadre dans les télécommunications et exerce le métier de Conseiller en mobilité dans le Service de Ressources Humaines.

Tout en poursuivant sa carrière sur divers postes et divers lieux, il se lance dans l’écriture en développant principalement deux thèmes : le monde rural et l’univers du travail.

Il reçoit le Prix Eugène Dabit du roman populiste 2012 et le Prix Jean Amila-Meckert 2013 pour son ouvrage "Ils désertent" (2012).

son site : http://www.feuillesderoute.net/

Ajouter des informations
Bibliographie de Thierry Beinstingel   (16)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Thierry Beinstingel - Yougoslave

Podcasts (4) Voir tous


Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
latina   22 février 2017
Vie prolongée d'Arthur Rimbaud de Thierry Beinstingel
Tous les ressuscités vous le diront : l’amour est le plus important. A l’ultime instant où le cœur s’apprête à vous lâcher définitivement, on réalise combien nous avons joué à l’économie avec lui. Toutes ces hésitations, ces atermoiements, ces tergiversations, ces balancements incessants pour en arriver là, à ces faibles battements qui vont s’éteindre, est un constat navrant.

Mieux aurait valu vivre plus intensément encore, ne pas rejeter l’extase d’une promise, ne pas laisser s’éteindre des feux ardents, ne pas récuser l’inclination vers un ami, ne pas, ne pas, ne pas...

Dernières pulsations du sang, passion, ferveur, adoration s’en vont par une porte dérobée. Ah, si seulement on pouvait refaire sa vie !
Commenter  J’apprécie          250
sabine59   02 mai 2017
Ils désertent de Thierry Beinstingel
Vous aussi, la route vous avait désuni d'une certaine réalité. Les paysages filants s'accordent très bien à la virtualité des pensées. En voiture, on erre dans un no man's land imaginaire qui finit par se substituer aux gestes, à la sensation même du corps.
Commenter  J’apprécie          140
Ziliz   27 août 2012
Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel
Il avait perdu la faculté d'évaluer le temps, les distances. Les milliards de mouvements qu'il avait accomplis depuis le lycée professionnel avaient brutalement quitté sa mémoire. Son travail était devenu abstrait, réduit au simple déplacement d'une souris de plastique. Ce qui se passait dans les entrailles de la machine était inconnu, parfois incompréhensible. (p. 61)
Commenter  J’apprécie          120
Kathleene   29 décembre 2010
Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel
- X (nom de l’entreprise), bonjour, Eric, que puis-je pour votre service (préenregistré)

- Bonjour, je suis client chez vous et j’aimerais changer mon contrat.

- Nous allons regarder ensemble, vous êtres bien monsieur/madame/mademoiselle X ? Vous habitez bien numéro/num de rue/ville ? (page d’accueil en couplage téléphonie informatique)

- Oui c’est cela.

- Donc si j’ai bien compris vous souhaitez modifier votre contrat.

- Oui c’est cela.

- Vous bénéficiez en ce moment de notre offre Optimum plus, est-ce exact ? (page « services du client », onglet « reformulation »)

- Oui c’est cela.

- Et que désirez-vous modifier mon sieur/madame/mademoiselle ? (page «services du client », question ouverte)

- Je trouve ma facture disproportionnée par rapport à ce que j’utilise

- Notre offre Optimum vous donne droit à. (énumartion des privilèges clients, page « services du cleint », onglet « argumentaire »). Etes-vous au courant de ces avantages ?

- ………

- Ai-je bien répondu à votre demande ?

- Oui

- Désirez-vous autre chose ?

- Non.

- X vous remercie de votre appel. Nous vous souhaitons, mon sieur/madame/mademoiselle une excellente fin de journée (page « savoir prendre congé », onglet « autre demandes », onglet « formules de politesse)



- X (nom de l’entreprise), bonjour, Eric, que puis-je pour votre service (préenregistré)

- Bonjour, je voudrais un renseignement.

- Nous allons regarder ensemble, vous êtres bien vous êtres bien monsieur/madame/mademoiselle X ? Vous habitez bien numéro/nom de rue/ville ? (page d’accueil en couplage téléphonie informatique)

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
brigetoun   27 novembre 2010
Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel
À moins que ce voyeurisme de la mort montre seulement la sauvagerie et la perversité des rapports humains. Peut-être valoriser son propre corps en le découpant en actions à vendre est-il la seule manière qui reste à l'homme libéral pour atteindre la postérité. Enfin rompre l'identité du corps. Le dépecer sur une table métallique. Un employé heureux est plus performant, un salarié malheureux ne crée pas de valeur : phrases réelles, publiées lors des tristes événements, autant de preuves d'un totalitarisme entièrement dévoué au profit, corps et âme.
Commenter  J’apprécie          80
hcdahlem   02 septembre 2016
Vie prolongée d'Arthur Rimbaud de Thierry Beinstingel
«Les poètes ne meurent jamais. Il ressuscite donc, Arthur Rimbaud. Au début, c’est une conscience aléatoire, parfois un œil ouvert sur la jeune religieuse qui nettoie la chambre. On met cela sur le compte d’un réflexe, d’un sens encore présent, l’ouïe peut-être. Puis ces éclairs deviennent plus fréquents. Un matin où elle le rase, il ouvre complètement les deux yeux. Le médecin vient, braque la lampe dans la pupille qui cligne par réflexe, puis s’ouvre à nouveau, regard inexpressif. Quelques jours plus tard, on le retrouve en bas du lit. On l’attache. Le médecin revient, regarde les plaies : toujours l’aspect cartonneux, brun, mais comme figé, comme si la tumeur ne progressait plus. Le lendemain, le blessé bouge la bouche, fait mine de parler. La religieuse rapporte le fait, prononce le mot « miracle » à la mère supérieure. Comme vous y allez, ma fille ! Il faut pourtant se rendre à l’évidence. Un jour où la jeune religieuse humecte les lèvres entrouvertes de l’amputé, elle croit entendre « merci ». Elle recommence et il prononce encore le même mot. On appelle le médecin. La jeune religieuse refait le geste, verse cette fois un peu trop d’eau qui déborde sur le drap. On entend distinctement « pardon ». On retire les liens qui l’attachaient. La suite va très vite. Un après-midi, il examine longuement sa main et son bras abîmés, les tourne dans tous les sens. Les progrès sont étonnants. Il arrive à redire « merci » et « pardon » et aussi d’autres mots dans une langue qu’on ne comprend pas. Il parle surtout lorsque la jeune religieuse est là. On la fait venir souvent, la mère supérieure reste parfois derrière elle et aussi le médecin. Encore deux semaines et le voilà assis sur son lit, calé sur des oreillers. La jeune religieuse lui donne à manger de la soupe à la cuillère. Il veut essayer tout seul, mais il renverse l’assiette. Le directeur finit aussi par venir. Il examine à son tour les plaies figées dans une sorte d’attente, recouvertes de cette étrange substance faite de peaux desquamées et de corne brunâtre qui ressemble aux écailles d’un serpent. Extraordinaire ! Il faudrait faire une communication à la société des sciences, lance-t-il au médecin, tout en pensant aux retombées certaines pour sa future rosette. Il l’oubliera vite : le député lui annonce peu après sa nomination prochaine à un plus vaste hôpital.

Rimbaud retrouve assez vite l’usage de la parole. La première chose qu’il demande, c’est de se dresser. On l’aide à se lever, mais c’est difficile. Il lui faut plusieurs jours pour trouver la force de rester en équilibre, échassier tenant d’une main le rebord de la table de nuit, le plat du mur. Un homme debout et la mort s’éloigne, la guérison si inattendue devient possible. La jeune religieuse joint les mains avec ferveur, regarde souvent le ciel : Oui mon Dieu, vous existez ! Une étrange langueur la soulève quand elle regarde l’objet du miracle, le visage émacié, les yeux gris, mobiles, bien vivants. Bien sûr, la jambe en moins, d’accord, l’étrange peau de serpent qui recouvre son côté droit, mais enfin, merveille que cette vie ! Le soir, elle prie longtemps dans la solitude de sa cellule. Ses dévotions sont infinies et douces, ne cessent que lorsque la chandelle vacille. L’amputé ressuscite par sa ferveur, le blessé renaît par sa dévotion, l’homme aux beaux yeux gris guérit par ses extases. Il revit parce qu’elle aime Dieu.

Enfin, vient le jour où il demande où est sa sœur. Le directeur est bien ennuyé. Il redoute depuis longtemps cet instant. Il a compris la méprise et l’enchaînement des circonstances ne lui est pas favorable : il avait déserté son poste pour aller à la chasse. Le médecin en avait profité pour prendre la poudre d’escampette et le seul employé qui restait était cet alcoolique incapable, tout juste bon à larmoyer ses « pauvre homme ! » ou « pauvre femme ! ». Comment annoncer à quelqu’un qu’il est mort et enterré, à la suite d’une négligence, d’une erreur, d’une lamentable substitution avec un cadavre inconnu, réclamé par personne ? »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Kathleene   29 décembre 2010
Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel
- Boulangerie Au Bon Pain, bonjour, que puis-je pour votre service ?

- Bonjour, je suis client chez vous et j’aimerais une baguette et deux croissants.

- Nous allons regarder ça ensemble. Vous êtes bien mon sieur/madame/mademoiselle X ? Vous habitez bien dans le quartier ?

- Oui, juste en haut de la rue.

- Donc, si j’ai bien compris, vous souhaitez acquérir une baguette et deux croissants.

- Oui, c’est cela.

- Désirez-vous profiter de notre pain à farine traditionnelle Optimum plus ?

- Oui, avec deux croissants, s’il vous plaît.

- Etes vous au courant de tous les avantages de notre farine Optimum plus ?

- Non, mais je viens surtout pour les croissants.

- C’est tout à fait possible, mon sieur/madame/mademoiselle. Je regarde les conditions de vente et je calcule votre prix

- …

- Je peux vous proposer un prix total de deux euros quatre-vingt-neuf centimes. Êtes-vous d’accord avec notre offre ?*

- Et avec une baguette à farine Optimum confort, ça reviendrait à combien ?

- Je calcule cette nouvelle option

……..



- J’effectue le nécessaire immédiatement. Ai-je bien répondu à votre demande ? Désirez-vous autre chose ?

- Non, ce sera tout.

- La boulangerie Au Bon Pain vous remercie. Nous vous souhaitons, mon sieur/madame/mademoiselle une excellente fin de journée.



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
claraetlesmots   29 novembre 2010
Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel
Pourtant, en juillet, à Marseille, dans la même torpeur estivale, avec la mer scintillante des calanques, le ciel d’airain comme un couvercle brûlant, tout cela n’avait pas suffi à faire taire le drame qui s’était déroulé et les mots implacables de celui qui avait affirmé : Je me suicide à cause de mon travail. A cause de. Origine, fondement, raison, motif. Retour brutal aux mots sauvages.
Commenter  J’apprécie          70
DOMS   15 juillet 2016
Vie prolongée d'Arthur Rimbaud de Thierry Beinstingel
Il dit : Je voudrai me marier...

Elle le regarde, les yeux embués, les mains sur les joues.

...avec vous.

Il y a eu une sorte d'affaissement progressif, son tablier sembla s'évaser, la course lente vers le sol continua, puis Marie bascula du côté du couchant comme une poupée de chiffon, exactement au même endroit qu'Isabelle sept mois plus tôt.
Commenter  J’apprécie          70
Bazart   16 septembre 2012
Ils désertent de Thierry Beinstingel
Elle dit : Ils désertent. Et toi tu comprends « île déserte . C’est seulement quand tu t’attardes sur la silhouette de la femme appuyée d’un air las sur la carrosserie du vieux break, indifférente aux enfants pourtant en plein soleil dans l’habitacle, scrutant l’immeuble bardé de pancartes « à vendre » ou « à louer », c’est seulement à ce moment précis que tu comprends le véritable sens. »
Commenter  J’apprécie          60

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Véronique Olmi

Née à Nice en...

1942
1952
1962
1972

12 questions
18 lecteurs ont répondu
Thème : Véronique OlmiCréer un quiz sur cet auteur