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ISBN : 2213668825
Éditeur : Fayard (22/08/2012)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Ses collègues l'appellent l' "ancêtre" ou l' "ours", peu importe le surnom, pourvu qu'on lui concède sa vie de solitude sur les routes. Il est VRP en papier peint depuis quarante ans. Soudain sa hiérarchie voudrait qu'il vende aussi des canapés. Mais quand il songe au temps qu'il a fallu à l'espèce humaine pour apprendre à se tenir debout, il juge cette évolution déshonorante. D'où lui vient une telle idée. Peut être de la correspondance de Rimbaud... Car, en chemin... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  02 mai 2017
J'ai beaucoup aimé ce roman atypique et émouvant , mettant en jeu deux solitudes du monde moderne .
Atypique par la forme: deux voix s'entrecroisent, rendues presque anonymes par l'utilisation neutre et dérangeante du "tu" pour la jeune femme qui cherche à s'élever socialement et du "vous" pour le représentant en papier-peint qu'elle est chargée de licencier, "l'ancêtre" comme on le surnomme.
Atypique aussi quant aux personnages, à priori antinomiques, fort éloignés l'un de l'autre. L'ancêtre trace la route depuis des années, et s'use, malgré un don certain pour la vente.Il voit peu sa famille et se passionne pour Rimbaud. La femme mandatée pour l'évincer est elle perdue , sans motivation réelle ,en dépit de son désir de revanche sociale.
Émouvante,la traversée de ce désert urbain, de ces êtres fermés en eux-mêmes, de la laideur des banlieues, du gris du bitume.
Émouvantes, les phrases pour mimer ce vide, ce quotidien où les jours sont calqués les uns sur les autres, mais où l'esprit parfois se rebelle et cherche autre chose, une lueur, un espoir ténu, " juste l'impérieuse envie de s'arrêter comme ça, pour rien, que tout cela cesse, vitesse, déplacement, juste parce que dans le soir, entre chien et loup, le bitume semblait devenir plus épais, plus consistant, étalé en flocons irréguliers, presque vivant, un pelage de fauve dans le mauve du crépuscule. "
Surprenante, la fin, et il faut l'avouer, trop idyllique, mais si séduisante ...
" Elle dit: ils désertent. Et toi, tu comprends île déserte. " Une île déserte, au milieu du béton et du noir anonymat , mais une île déserte où le coeur reverdit et et se trouve ...
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caro64
  28 février 2013
Avec Ils désertent, Thierry Beinstingel nous fait pénétrer dans une petite entreprise. Cette dernière distribuait jusqu'ici du papier peint, article un peu démodé. Elle entend désormais se diversifier. Pourquoi ne pas proposer, par exemple, des canapés ? Un des représentants s'y refuse. Il s'agit de "l'Ancêtre". Il y a quarante ans qu'il est là. Il a ses fidèles clients. Son système a beau sembler obsolète, il fonctionne. Seulement voilà ! L'actuelle direction, qui entend frapper un grand coup, veut tout réformer. Elle a engagé une jeune femme. Elle se retrouve responsable des changements. Pour cette débutante, qui s'est faite toute seule et qui végétait, il s'agit d'une aubaine. Sa première mission sera donc de liquider en douceur "l'Ancêtre", qui n'entend pas se laisser faire. Pour tout dire, elle-même n'est pas convaincue. C'est encore lui qui compte le plus dans le chiffre d'affaires qu'elle a consulté. Alors, faut-il vraiment frapper ce grand coup psychologique ? Elle suit donc cet homme, en début de soixantaine, au risque de sympathiser…
Rythmé par le "vous" et le "tu" avec lesquels l'auteur aborde ses personnages sans nom , le roman observe la société à travers le regard de deux solitaires attachants. Lui accroché à ses chambres d'hôtel, à sa voiture et à Rimbaud qu'il vénère; elle, "l'intello de la famille", à son appartement perdu au milieu de nulle part et à son désir d'ascension sociale. Thierry Beinstingel nous met le dilemme entre les mains et appuie gentiment là où ça fait mal : malaise économique, malaise existentiel, malaise d'une société. L'écriture est serrée, précise, sans fioritures, ancrée dans le réel. Un roman bien conduit dont le dénouement est inattendu mais qui tient quand même un peu du mirage.
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pilyen
  25 septembre 2012
"Ils désertent" est un livre dont j'aurai aimé dire que je l'avais adoré alors que je ne l'ai que simplement aimé. C'est un livre enrichissant, formidablement bien écrit, qui m'a happé dès les premières lignes mais qui hélas m'a un peu lâché avant sa conclusion.
Nous faisons d'abord la connaissance d'une jeune femme, fière d'avoir pu grimper sur l'échelle sociale grâce à son embauche au poste de chef des ventes dans une société de papiers peints et de décoration. Son premier travail sera de virer un de ses VRP, surnommé l'ancêtre, quarante ans de boîte mais aussi celui qui fait toujours les meilleurs chiffres de vente. Ces deux là, malgré leur différence d'âge, leurs fonctions, ont finalement d'infimes choses en commun que Thierry Beinstingel va nous faire découvrir en observant leur vie avec de subtils chapitres en parallèle.
La première moitié du roman est une brillante mise en place du récit, brossant avec pertinence et sensibilité le mal être de ces deux personnes solitaires et broyés par le travail en entreprise, troisième personnage de cette histoire. le monde du management, de la recherche du profit, des décisions imbéciles au nom de la sacro-sainte économie libérale sont ici la toile de fond devant laquelle se débattent ce presque vieil homme et cette jeune femme. Leur vie est un désert, affectif, relationnel et même architectural puisque la jeune chef des ventes habite un de ces appartements pour investisseurs, construit au milieu d'un champ, au bout du bout d'une ville sinistre. Tous deux ne sont que les pions d'un système rendu fou et qui ne garde que les plus malléables. Elle, ancienne lectrice d'Hannah Arendt, se demande comment on peut encore travailler après avoir lu "Condition de l'homme moderne". Lui, est un admirateur de Rimbaud, surtout de sa correspondance, depuis qu'il a appris que, comme lui, il avait été un voyageur de commerce.
Toute cette première partie est tout simplement admirable par son acuité, par la totale empathie de l'écriture avec les personnages. Et soudain, après un chapitre un peu étrange mêlant Rimbaud et l'auteur, le livre bascule doucement vers un final, comment dire, un peu trop sucré. C'est comme si, pour rester avec des auteurs récents, on avait débuté le livre avec Jérôme Ferrari et terminé avec Grégoire Delacourt (deux auteurs aux univers très différents mais dont j'ai apprécié les ouvrages cette année) et du coup cela ne fonctionne pas vraiment. Même si la thèse de la culture sauvant l'humain du néant est forcément séduisante, elle détonne quelque peu après une mise en place si tendue, si âpre et si intense. C'est dommage, mais je ne suis peut être pas très bon juge, puisque, ô surprise, les jurés Goncourt ont inscrit ce roman dans leur première liste.
Un peu plus sur le blog
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livr-esse
  18 septembre 2012
Lui est surnommé l'ancêtre.
Il était présent à la naissance de l'entreprise, seul employé avec le patron.
Depuis les premiers jours, il sillone les routes avec, sous le bras, ses échantillons de papiers peints reliés comme un beau livre et aussi, c'est son petit secret, les oeuvres de Rimbaud.
Des années qu'il connait ses clients, qu'il aime leur présenter ses nouveautés. Et la réciproque est vraie, ses clients sont impatients de voir, de toucher les nouveaux échantillons et surtout d'écouter les arguments de " l'ancêtre ".
C'est sûrement cette alchimie qui fait de lui le meilleur VRP de sa boite.
Elle, ex-étudiante en école de commerce, ex-employée d'un magasin de sport et nouvellement embauchée comme directrice des ventes.
Fière de sa réussite sociale, elle va pourtant très vite en voir le revers de la médaille avec cette première mission qui consiste à virer l'ancêtre.
Deux générations, deux destins qui vont se croiser dans les méandres du monde du travail.
Mon avis :
coeur
J'aurais écrit mon billet juste après ma lecture, je n'aurais probablement pas mis de coup de coeur. Mais avec quelques semaines de recul et un peu de réflexion, je lui trouve toutes les qualités pour un tel roman.
Bien sûr, il faut aimer ce genre de sujet, ce qui est mon cas. Même si professionnellement j'ai tourné la page, le rapport entre l'humain et l'entreprise continue d'exercer une certaine fascination chez moi.
Dans ce roman, qui pourrait d'ailleurs être un document, l'auteur maîtrise parfaitement son sujet.
Ancien cadre chez France Telecom, Thierry BEINSTINGEL connaît sur le bout des doigts les rouages du monde de l'entreprise. Ainsi, il réussit une description très exact du management actuel et aussi de cette relation très malsaine entre employeur et employé.
Mais ce roman ce n'est pas que cela, c'est aussi un hommage aux commerces de Province (Jean-Pierre PERNAUD sort de ce corps !!!), à la vie sur les routes et dans les hôtels, à la réussite sociale... En fait, c'est un livre sur nous, notre époque dans ce qu'elle a de bon et aussi de moins bon. Un texte qui m'a parlé et qui continue de me faire réfléchir des semaines après l'avoir refermé.
Je pourrais parler de ce roman pendant des pages car je n'ai fait qu'effleurer les sujets évoqués, mais le but du jeu c'est plutôt que vous le découvriez. Alors...
Lien : http://www.livr-esse.com/art..
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TRIEB
  15 septembre 2012
Deux personnages, dans ce roman, sont centraux : il y a d'abord « l'ancêtre » surnommé ainsi par ses pairs en raison de son ancienneté dans le métier .Il est VRP en papiers peints depuis plusieurs décennies …Un crime, aux yeux des dirigeants de son entreprise qui veulent le faire licencier car il refuse de vendre, en sus des papiers peints, des canapés.
Une toute jeune femme , surnommée dans le roman « la petite sportive» est chargée par les dirigeants de faire licencier « l'ancêtre » .cette jeune femme, archétype du cadre dynamique aux dents qui rayent le parquet , peu regardante sur les méthodes au service de son ambition , arriviste, cynique, s'investissant au-delà du raisonnable dans son travail , est chargée de cette basse besogne .
La forme de narration du récit est originale : les paragraphes, dont les phrases de début sont souvent rédigées à la deuxième personne du singulier ou du pluriel, donnent au roman un côté décalé, en retrait de la vie de ses personnages. On y découvre, par la confrontation de ces deux individus et au-delà d'eux, deux conceptions du monde : celle que l'on veut nous imposer dans le monde du travail, dont l'absurdité et la cruauté sont admirablement décrites par l'auteur, et une autre vision, réconciliant la culture, au sens large, et l'homme au travail.
« L'ancêtre « éprouve ainsi une similitude entre certains aspects de sa profession et celle de Rimbaud, voyageur de commerce, poète qu'il admire et qui l'inspire jusque dans l'accomplissement de son métier…
Ce que nous dit Thierry Beinstingel, avec une grande force de conviction qui emporte notre adhésion de lecteur, c'est que l'être humain se mutile, s'appauvrit, se suicide s'il se coupe de la culture ,qui n'est pas un ornement inutile mais une composante essentielle de nos vies d'hommes .La fin du roman est optimiste sans être édifiante , elle décrit le possible aboutissement d'une désertion d'un certain monde , celui du management imbécile, inhumain , hypocrite , au profit de rapports humains enfin restaurés dans leur vérité première .
Bravo pour ce roman !
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Les critiques presse (2)
Lhumanite   15 octobre 2012
C’est écrit fin, avec précision. Thierry Beinstingel sait se mettre à la portée de tous sur le même plan, avec la plus totale sincérité. On sent tout du long son empathie avec ses créatures immergées dans le monde du travail et de l’exploitation qui se modifie sans cesse.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Liberation   10 septembre 2012
Rien de plus poétique que ce roman du travail, rien de plus profondément original que ces deux individus pris comme tout un chacun dans la marche de l’entreprise.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine59   02 mai 2017
Vous aussi, la route vous avait désuni d'une certaine réalité. Les paysages filants s'accordent très bien à la virtualité des pensées. En voiture, on erre dans un no man's land imaginaire qui finit par se substituer aux gestes, à la sensation même du corps.
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BazartBazart   16 septembre 2012
Elle dit : Ils désertent. Et toi tu comprends « île déserte . C’est seulement quand tu t’attardes sur la silhouette de la femme appuyée d’un air las sur la carrosserie du vieux break, indifférente aux enfants pourtant en plein soleil dans l’habitacle, scrutant l’immeuble bardé de pancartes « à vendre » ou « à louer », c’est seulement à ce moment précis que tu comprends le véritable sens. »
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TRIEBTRIEB   15 septembre 2012
Aucun des griefs ne pèsera dans la balance.Insuffisance de résultats? Je n'ai même pas d'objectifs de vente.Désaccord avec la nouvelle direction? Je n'ai reçu aucune lettre et la formation des vendeurs que j'assurais en plu de mon travail m'a été retirée sans explication .Vous êtes nouvelle et j'imagine que vous avez reçu des consignes me concernant .Je vous le dis tout net, je refuse de partir.
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michelekastnermichelekastner   28 septembre 2013
Ainsi, c'est cela, l'espace, l'existence, quelque chose de réel, d'humain, une terre cultivée, patiemment retournée, et non pas ce qu'on désigne par bas-côté, bas morceau d'une vie que la vitesse rétrécit de jour en jour. Et vous avez compris tout ce qui était caché dans la peau des viyages, tout ce qui s'était trouvé étouffé dans le bruit d'une modernité. Et cette immobilité retrouvée, soudaine, décidée, provoquait des sensations, élevait des sentiments, engendrait des mots nouveaux. J'ai seul la clé de cette parade sauvage, disiez-vous à haute voix, hilare, en redescendant le talus.
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LaurentoLaurento   25 octobre 2012
"Comment ai-je pu oublier cela? Plus de murs, plus d'angles, plus de réticences, les mots, les sentiments, tout ce qui était jusqu'alors enfoui s'étalait, traversait les pièces, l'appartement, rejoignait l'immeuble d'en face et ses pancartes "a vendre" ou "a louer".
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