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Note moyenne 3.86 /5 (sur 60 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Anderlecht , le 12/11/1959
Biographie :

Vinciane Despret est une philosophe des sciences belge, actuellement en poste à l'Université de Liège.

Vinciane Despret a suivi une formation de psychologue, avant de reprendre des études de philosophie. Après avoir commencé, un peu par hasard, à s'intéresser à l'éthologie, elle s'oriente vers la philosophie des sciences. Inspirée dans sa démarche par Isabelle Stengers et Bruno Latour, elle se propose de suivre les scientifiques sur leurs terrains, dans leur pratique, et de comprendre comment ils rendent leurs objets d'études intéressants.

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Toutes les semaines Les Rencontres Philosophiques de Monaco vous proposent une question d'enfant à laquelle répond un philosophe. Cette semaine Vinciane Despret répond à la question d'Agathe, 6 ans : «Maman quand tu mourras, tu resteras avec moi, mais comment ?»
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Vinciane Despret
Jean-Daniel   08 mars 2020
Vinciane Despret
Nous reste-t-il assez d'incertitudes

Pour garder aux possibles un peu d'espoir ?

Nous reste-t-il de l'imagination, assez l'habitude

Pour voir des lucioles briller dans le noir ?
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Vinciane Despret
colimasson   16 octobre 2013
Vinciane Despret
Il faut beaucoup de patience pour observer les moutons, qui ne bougent pas beaucoup. Ils ont des gestes très éloignés des nôtrres et pour en comprendre la signification, il faut souvent les voir manifester des dizaines de fois tel ou tel comportement, suivi de telle ou telle conséquence. Prenons l’exemple d’un mouton couché dans l’herbe, et qui se lève, le visage en avant. On peut penser qu’il hume l’air, qu’il apprécie la force du vent… Eh bien, Thelma a fini par comprendre après des centaines d’observations qu’en réalité ce mouton propose aux autres de partir dans la direction qu’il indique avec sa tête pointée.
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psycheinhell   29 mai 2012
Penser comme un rat de Vinciane Despret
(...) les expérimentateurs expérimentés conseillent aux jeunes scientifiques de ne pas travailler avec les chats. Il semblerait en effet que, dans certaines circonstances, si vous donnez à un chat un problème à résoudre ou une tâche à exécuter pour trouver de la nourriture, il va le faire assez rapidement, et le graphique qui donne la mesure de son intelligence dans les études comparatives connaîtra une courbe ascendante assez raide. Mais, [Vicky Hearn] cite ici un de ces expérimentateurs, « le problème est que, aussitôt qu’ils ont compris que le chercheur ou le technicien veut qu’ils poussent le levier, les chats arrêtent de le faire. Certains d’entre eux se laisseront mourir de faim plutôt que de continuer l’expérience ». Elle ajoute laconiquement que cette théorie violemment anti-behavioriste n’a jamais été, à sa connaissance, publiée. La version officielle devient : « n’utilisez pas de chats, ils foutent les données en l’air ».
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letilleul   15 février 2020
Habiter en oiseau de Vinciane Despret
Il s’est d’abord agi d’un merle. La fenêtre de ma chambre était restée ouverte pour la première fois depuis des mois, comme un signe de victoire sur l’hiver. Son chant m’a réveillée à l’aube. Il chantait de tout son cœur, de toutes ses forces, de tout son talent de merle. Un autre lui a répondu un peu plus loin, sans doute d’une cheminée des environs. Je n’ai pu me rendormir. Ce merle chantait, dirait le philosophe Étienne Souriau, avec l’enthousiasme de son corps, comme peuvent le faire les animaux totalement pris par le jeu et par les simulations du faire semblant2. Mais ce n’est pas cet enthousiasme qui m’a tenue éveillée, ni ce qu’un biologiste grognon aurait pu appeler une bruyante réussite de l’évolution. C’est l’attention soutenue de ce merle à faire varier chaque série de notes. J’ai été capturée, dès le second ou le troisième appel, par ce qui devint un roman audiophonique dont j’appelais chaque épisode mélodique avec un “et encore ?” muet. Chaque séquence différait de la précédente, chacune s’inventait sous la forme d’un contrepoint inédit.

Ma fenêtre est restée, à partir de ce jour, chaque nuit ouverte. À chacune des insomnies qui ont suivi ce premier matin, j’ai renoué avec la même joie, la même surprise, la même attente qui m’empêchait de retrouver (ou même de souhaiter retrouver) le sommeil. L’oiseau chantait. Mais jamais chant, en même temps, ne m’a semblé si proche de la parole.
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Vinciane Despret
BigDream   23 octobre 2019
Vinciane Despret
La joie est une condition pour aller vers le savoir.
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psycheinhell   29 mai 2012
Penser comme un rat de Vinciane Despret
Or, ce que ne pouvait manquer Smuts, de son côté, c’est que les babouins la regardaient souvent et que, plus elle ignorait leur regard, moins ils semblaient satisfaits. Si le processus d’habituation semblait voué à l’échec, c’est parce qu’il repose sur un présupposé un peu simpliste : il mise sur le fait que les babouins sont indifférents à l’indifférence. Il semblait finalement que la seule créature pour laquelle la scientifique, soi-disant neutre, était invisible n’était qu’elle-même. Ignorer les indices sociaux, c’est tout sauf être neutre. Les babouins devaient percevoir quelqu’un en dehors de toute catégorie – quelqu’un qui fait semblant de ne pas être là – et se demander si cet être pouvait être ou non éducable selon les critères de ce qui fait l’hôte poli chez les babouins. Ce type de recherches, en somme, commente Haraway, consiste à se demander si les babouins sont des êtres sociaux sans penser que les babouins se demandent la même chose à propos de leurs observateurs, et doivent en conclure que non, au vu de leur attitude. La question qui finalement affecte, traverse, le plus intensément le terrain n’est pas « est-ce que les babouins sont des sujets sociaux », mais bien « est-ce que les humains le sont ? » La question de qui est sujet, en somme, se renverse : c’est à l’humain qu’elle est renvoyée.
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psycheinhell   29 mai 2012
Penser comme un rat de Vinciane Despret
(...) ce qu’a fait Watson, dans une procédure qui, si l’on pense qu’elle s’apparente à l’examen, devrait conduire les malades chez un tortionnaire sadique plutôt que chez leur médecin : il a retiré au rat ses yeux, son bulbe olfactif et ses vibrisses, essentiels au sens du toucher chez le rat, avant de le lancer à la découverte du labyrinthe. Et comme le rat ne voulait plus ni courir dans le labyrinthe ni aller chercher la récompense de nourriture, il l’a affamé : « il commença à ce moment à apprendre le labyrinthe et finalement devint l’automate habituel. » Certes. Tout ce que cela prouve c’est que, si on enlève à un psychologue sa conscience, il continue à écrire. Qui est devenu l’automate dans cette histoire ?
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lanard   16 septembre 2017
Le Chez-soi des animaux de Vinciane Despret
"(…) Notre territoire, notre chez-moi, alors, n’est pas tellement quelque chose que nous dirions « c’est à moi », mais ce morceau d’espace que chacun de nous transforme en y laissant un peu de soi : chez moi, ce n’est pas à moi, mais c’est moi."

C’est ce qui peut expliquer cette étonnante habitude qui conduit de petits oiseaux à construire leur nid dans le même arbre que leur prédateur, qu’il soit faucon, chouette, buse, busard ou épervier, et à vivre au pas de la porte de l’ennemi. On remarque que les oisillons des parents qui ont fait ce choix sont bien moins souvent victimes de prédation que les oiseaux qui nichent plus loin. Une première explication est assez simple à comprendre : en fait, le prédateur chez qui ils habitent empêche les autres prédateurs de s’approcher (ne fût-ce que parce que lui-même doit défendre ses propres petits). Mais comment se fait-il que le faucon, la buse ou l’épervier, qui ne se privent généralement pas de manger les petits oiseaux, n’attaquent pas ceux qui sont à portée de bec ?

Pour l’expliquer, le spécialiste des animaux Jakob von Uexküll proposait d’essayer de comprendre d’abord comment chaque animal perçoit les choses qui l’entourent : une fleur dans un champs pour nous, animaux humains, a la signification « printemps » ou « bouquet », ou « chose à peindre », ou « magnifique tableau ». Pour un abeille, elle signifie tout autre chose (et s’il s’agit d’une orchidée, elle signifiera encore autre chose pour le mâle de certaines abeilles solitaires, puisqu’il croit voir sa femelle dans le cœur de la fleur). Chaque chose que chaque animal perçoit dans son environnement prend pour lui une signification particulière. Ainsi, pour l’épervier ou pour l’oiseau buse, ce qui entoure son nid, ce qui porte son odeur d’oiseau épervier ou buse, c’est encore son nid, c’est-à-dire que c’est encore une extension de soi, on ne l’attaque pas, même si on a très faim.
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Cyril_lect   20 septembre 2018
Au bonheur des morts de Vinciane Despret
Une femme du village de Mansfield, en Angleterre, avait promis à une amie proche alors très malade, qu'elle déposerait dans son cercueil un paquet de lettres autrefois écrites par son fils défunt. Dans le désarroi du chagrin, elle a oublié. Elle resta désemparée jusqu'à ce que, peu après, le facteur du même village décède. Elle alla voir la famille du facteur et lui demanda la permission de déposer les lettres dans le cercueil de ce dernier. Elle savait qu'elle pouvait avoir confiance : il serait aussi diligent comme facteur dans l'autre monde qu'il l'avait été dans celui-ci.

[p. 43]
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CS_Constant   11 janvier 2016
Que diraient les animaux si... on leur posait les bonnes questions ? de Vinciane Despret
Ces animaux ont l'air passif, de "laisser faire", mais quand les choses deviennent difficiles avec eux, quand ils réagissent, on se rend compte que la collaboration se fonde sur une extraordinaire capacité à l'abstention, une retenue active, une détermination à se "contenir" qui ne se perçoivent pas, parce que justement elles ont pris l'allure de ce "qui va de soi". Dans les observations de Jocelyne, tout ce qui paraissait comme allant de soi atteste à présent de tout un travail de collaboration avec l'éleveur, un travail invisible. Ce n'est qu'en prêtant attention aux multiples manières dont les vaches résistent à l'éleveur, contournent ou transgressent les règles, traînent ou font le contraire de ce qui est attendu d'elles que les deux chercheuses ont clairement pu voir que les vaches comprennent très clairement ce qu'elles doivent faire, et qu'elles s'investissent activement dans le travail. En d'autres termes, c'est dans la "mauvaise volonté" qu'apparaissent, par contraste, la volonté et la bonne volonté ; dans la récalcitrance que devient perceptible la coopération, dans l'erreur prétendue ou le malentendu feint qu'apparait l'intelligence de la pratique , une intelligence collective. Le travail est invisibilisé quand tout fonctionne bien ou, pour le dire autrement, quand tout fonctionne bien l'implication que requiert le fait que tout fonctionne bien est invisibilisée.
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